Anamnesis

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15/20
Nom du groupe Elegia (SWE)
Nom de l'album Anamnesis
Type Album
Date de parution 24 Juin 2016
Labels Spinnup
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1. Prelude 00:53
2. The War in Me 03:57
3. Cary 04:27
4. Children of the Dark 04:23
5. Miss Halloween 04:35
6. I'm Sorry 03:42
7. Lament for the Dead 04:51
8. Queen of the Damned 04:09
9. I'll Be Here 04:30
10. Ugly 03:20
11. Jennifer's Body 03:09
12. Dressed in Black 04:25
13. Broken 03:34
Total playing time 49:55

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Elegia (SWE)


Chronique @ ericb4

16 Septembre 2016

Il ne lui manque qu'un peu de caractère pour l'emporter, à moins que...

Aujourd'hui plus qu'hier, les nouvelles recrues en metal symphonique à chant féminin sont légion, et ce n'est pas votre humble serviteur qui démentira ce constat. Les Suédois d'Elegia en font bel et bien partie, venus à leur tour défendre ardemment leurs chances tout comme nombre de leurs homologues générationnels ont pu le faire. Inspirés par les œuvres de Nightwish, Evanescence, Within Temptation, notamment, les cinq membres du combo natifs de Göteborg, envoient un message clair à la concurrence, à l'aune des 50 délectables minutes que compte ce premier album full length, sorti chez SpinnUp, pas moins de 4 ans suite à la constitution du groupe. Nous abordons ainsi une synthèse atmosphérique des sources sus-mentionnées, et ce, dans une logique metal mélodico-symphonique aux relents progressifs et gothiques avérés propre au collectif, tout au long des 13 pistes de la généreuse rondelle.

A la lumière d'un enregistrement soigné, d'un mixage exigeant, de finitions passées au crible, les compositions finement élaborées, aux rigoureux accords et à la technicité éprouvée prennent tout leur sens, tout comme les paroles les jouxtant, basées sur nos expériences de vie et les sentiments mélancoliques qu'elles peuvent engendrer. Oscillant entre une avenante dynamique rythmique, voire quelques effusions, et un touchant romantisme, Karin Härefelt (chant), Matthias Nyberg (guitare et chant), Johan Gustavsson (guitare), Lars Skjuttorp (basse) et Eric Skjuttorp (batterie) nous conduisent vaillamment en des espaces mélodiques sereins, le fil conducteur du propos, en somme.
On comprend alors mieux le choix du concept graphique relatif à la pochette. Ainsi, s'impose au regard une cover d'inspiration néo-romantique via Ana Cruz Arts, au trait effilé et aux douces tonalités bleu gris, plaçant en son centre et au clair de lune, une jeune femme de noir vêtue dont un miroir se fait le reflet à la fois de son apparence et de son âme.

On observe tout d'abord l'habileté dont a fait preuve le quintet pour restituer ses complexes et subtiles partitions, dont certaines, au tempo plus ou moins alerte, s'inscrivent déjà parmi les incontournables du genre.
Après quelques gracieux arpèges au piano distribués sur l'instrumentale entame de rigueur « Prelude », le spectacle peut commencer. Et il démarre sous les meilleurs auspices à l'aune du tubesque et entraînant « The War in Me », inspiré par les vibes de Within Temptation, dans l'ère de « Mother Earth », avec un zeste de Amberian Dawn (dernière mouture) et un soupçon de The Murder Of My Sweet. Avec élégance et chatoyance, la belle nous plonge dans le bouillon goûteux des couplets, relayés par des refrains immersifs à souhait. On ne passera pas outre un solo de guitare aux petits oignons se calant opportunément entre les attaques de riffs saturés et celles d'un serpent synthétique en substance. Bref, une tonitruante et rayonnante entrée en matière. Pour sa part, le vivifiant « Queen of the Damned » ne manquera pas de nous attirer par ses fondants couplets, mis en relief par les félines impulsions et ondulations de la maîtresse de cérémonie. Une fluide ligne mélodique parcourt tous les espaces d'une plage taillée par les charts, et ce, dans le sillage de Delain, avec un soupçon de Sirenia (dernière mouture). Apte à déclencher inconsciemment un headbang, ce lumineux passage marque un autre temps fort de l'opus. Quant à l'invitant « Dressed in Black » il recèle lui aussi quelques armes de séduction aptes à retenir l'attention d'un inconditionnel d'Evanescence, source d'influence principale de ce brûlot. D'un ravissement de tous les instants, magnifié par les patines oratoires délicieusement ondulatoires de la princesse, l'instant posé laissera d'autant moins indifférent qu'il se dote d'un cheminement mélodique quasi imparable et d'une technicité guitaristique de très bonne facture. Autre gemme d'un opus qui en compte déjà quelques uns à son actif.

Dans une mouvance progressive, le combo ne s'avère pas maladroit non plus, loin s'en faut. Soyeuse sérénade progressive, réservant son lot de surprises rythmiques, que « Miss Halloween », dispensée par une interprète aux faux-airs d'Anneke van Giersbergen qu'accompagne un corps orchestral, parfois pris d'une grisante impulsivité. A mi-morceau, lorsque le convoi imprégné de riffs corrosifs et de nappes synthétiques s'emballe, plus rien ne semble pouvoir le freiner, l'ensemble finissant crescendo. On ne quittera pas d'un iota une piste où l'émotion pourra nous gagner là où on ne l'attend pas nécessairement. Dans cette veine stylistique, un délicat piano/voix introduit « Lament for the Dead », somptueuse piste à la rythmique progressive enjolivée par de suaves accords à la guitare acoustique. On ne résistera pas bien longtemps à la chatoyance des arpèges autant qu'à un tracé mélodique coulé dans le béton, à la façon d'Arven ; la belle, quant à elle, n'a de cesse de parcourir cet espace pour mieux en asseoir son impact. Et la sauce prend, assurément...

Sur un tempo un tantinet ralenti, nos acolytes dévoilent d'autres atouts compositionnels complétant le tableau déjà richement esquissé. Ainsi, le mid tempo « Children of the Dark » nous embarque pour un engageant moment où les célestes volutes de la sirène nous accompagnent, offrant en outre nombre de changements de tonalité, rendant couplets et refrains radieux. Ce serait omettre l'éblouissant déferlement de perles de pluie dispensé par un lead guitariste au taquet, bien installé sur un pont technico-mélodique qu'on ne quittera qu'à regret. A l'aune des arrangements, on croirait voir planer l'ombre d'un Nightwish des premières heures. Mid tempo soufflant de brio, « Ugly », quant à lui, offre ses couplets qu'on effeuille en frissonnant et ses refrains de pure jouissance auditive, octroyés en duo mixte. Secondés de riffs émoussés, ces magnétiques espaces sonores curieusement embrayent sur une rythmique plus incisive qui ne s'imposait pas forcément.

Mais, nos compères n'ont pas encore dit leur dernier mot, nous offrant de rayonnants moments intimistes, où les mots bleus prennent tout leur sens. Ainsi, une féérique ballade nous est insufflée à l'instar de « Cary », limpide et touchante jusqu'au bout des ongles, non sans évoquer Kingfisher Sky. Ce faisant, nous est octroyé un sillon mélodique d'une extrême précision tout le long, aux amples oscillations mais sans succomber à de trop mielleuses infiltrations. En outre, un jubilatoire solo de guitare prestement pris en étau par une attaque en reprise sur la crête du refrain, mise en habits de lumière par une inspirée et câlinante déesse, livrant quelques variations bien senties au passage, sont autant d'éléments qui taquineront nos âmes jusqu'au plus profond de nous-mêmes. De même, on n'éludera que malaisément « I'll Be Here », émouvante ballade où finesse des accords rime avec parfaite harmonie des éléments. Ce tendre moment entonné en duo mixte en voix de cristal, aux airs d'un slow qui emballe, se pare de couplets ouatés et de refrains au charme indéfectible, judicieusement enchaînés et difficiles à prendre en défaut. Par ailleurs, un sensible duo mixte en voix claires en parfaite osmose nous est adressé sur « I'm Sorry », ballade atmosphérique où les nuances mélodiques abondent, même si quelques petites répétitions sur le refrain se font jour. Cela dit, comment rester de marbre face au solo de guitare à l'expert picking, sur une plage propre à la recevoir ? On se sent alors irrémédiablement attiré et caressé par la petite brise d'une chaude soirée d'été eu égard à l'intimiste instant. Enfin, aérien et sensible îlot, « Broken » s'offre comme un velouté moment de clôture, cette fois, en voix masculine claire, qui ne sera pas moins apte à procurer quelques émois. De graveleuses attaques à la guitare rythmique s'insinuent dans la trame, ce qui n'entravera pas la marche en avant d'un prince mélancolique.

Malgré tant de qualités, le groupe accuse toutefois une baisse de régime : Suave et énigmatique ritournelle, « Jennifer's Body » est une fausse ballade gothique misant sur ses bondissants refrains pour tenter de s'imposer. C'est précisément cette soudaine accélération qui dessert une piste naturellement orientée vers l'apaisement de nos âmes. Pourtant interprétée avec justesse et finesse, cette composition un poil déconcertante aura quelques difficultés à tirer son épingle du jeu.

La troupe a semble-t-il digéré ses sources au point de singulariser la majeure partie du propos, propos qui s'avère techniquement convaincant, d'une élégante mélodicité, aux lignes de chant affutées, qui pourront recueillir l'adhésion des aficionados des sources d'influence sus-mentionnées. A réserver toutefois aux férus de moments tamisés, cet opus en recélant un certain nombre. Il conviendra pour la bande suédoise de gagner en épaisseur artistique et de diversifier encore son offre rythmique pour impacter un auditorat élargi, et ce, même si elle nous a concocté une production de bonne facture d'un point de vue logistique, avec des arrangements efficaces en prime. Une impression de déjà entendu affecte quelques passages mais ne saurait nullement entraver le plaisir de nos sens. Au gré des pérégrinations de nos belligérants, on suit le mouvement, sans sourciller, et même avec l'indicible espoir d'y revenir aussitôt le parcours achevé...

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