All Hail the Swinelord

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18/20
Nom du groupe This Gift Is A Curse
Nom de l'album All Hail the Swinelord
Type Album
Date de parution 16 Octobre 2015
Style MusicalSludge Metal
Membres possèdant cet album13

Tracklist

1. Swinelord 03:38
2. New Temples 03:31
3. Rites 05:54
4. XI: For I Am the Fire 08:27
5. Hanging Feet 07:57
6. Old Lies 03:59
7. We Use Your Dead As Vessels 04:32
8. Askrådare 11:11
Total playing time 49:09

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This Gift Is A Curse


Chronique @ growler

06 Janvier 2016

This Gift Is A Curse accouche avec « All Hail The Swinlord » d’une œuvre magistrale à l’intensité incroyable

Originaire de Stockholm et formé en 2008 par Jonas A. Holmberg et Johan Nordlund, This Gift Is A Curse sort son premier Ep éponyme en 2010, enregistré au cultissime Sunlight Studio en compagnie du non moins culte Tomas Skogsberg. Mais c’est en 2012, que les Suédois bousculèrent les codes, en publiant le phénoménal « I, Guilt Bearer », qui réussira le pari d’une mixture improbable entre sludge, hardcore et black-metal, pour un rendu d’une violence inouïe, qui laissera votre serviteur complètement pantois. Trois ans après cet exploit, This Gift Is A Curse a décidé de revenir sur le devant de la scène extrême avec une nouvelle offrande intitulée « All Hail the Swinelord », dont la production est une nouvelle fois concoctée par Magbjork et enregistrée dans une maison abandonnée (dixit Season Of Mist).

Un blast furieux, un cri inhumain, et voilà les hostilités lancées. This Gift Is A Curse nous happe instantanément dans un monde de violence non retenue, peuplé de malades mentaux atteints de pathologies sévères, enveloppé d’une obscurité épaisse et glauque. « Swinelord » poursuit sur la voie empruntée par « I, Guilt Bearer », à savoir, une brutalité sans limites. Les blasts hystériques sont entrecoupés de quelques césures, le tout enrobé d’une lourdeur poisseuse, inhérente au sludge, sans oublier la sauvagerie typique du black. Et cela sera également le cas sur « New Temples », « Rites » et « We Use Your Dead As Vessels ». Ces trois compositions envoient le bois (et les dents volées) et font preuve d’une intensité rare. Malgré la violence ambiante, il en ressort un univers morbide dérangeant où l’auditeur se sentira traqué de toutes parts par des êtres totalement aliénés, venus pour assouvir leur soif meurtrière et sanguinaire.

Contrairement à « I, Guilt Bearer » où le groupe se concentrait essentiellement sur l’agression sonore, This Guift Is A Curse choisit de prendre son monde à contre-pied, en ralentissant considérablement la cadence avec, comme point de départ, la fin assez expérimentale/drone de « Rites ». Elle sera d’ailleurs le tournant de l’album car, hormis « We Use Your Dead As Vessels », les titres seront tous d’obédience mid-tempo pachydermique et puissant comme le lourdingue « Having Feet », le magnifique « Xi For I Am The Fire » qui prend des allures de doom majestueux à certains moments, mais également, le très aérien « Akrådare » et le catchy « Old Lies ». Outre la férocité déchaînée des compositions les plus alambiquées, la grande force de This Guift Is A Curse est, également, de savoir maintenir une tension maximale, et ce, même quand le tempo ralentit, en conservant toujours la souffrance comme ligne directrice. Et, c’est paradoxalement quand la musique de la formation se fait plus rampante qu’elle en devient véritablement inquiétante. La morbidité des ambiances est donc mise en exergue, le combo nous entraînant dans les profondeurs abyssales de leur esprit torturé.

This Gift Is A Curse poussant la lame ensanglantée de son couteau de boucher jusqu’au manche, le groupe propose même des vocaux féminins sur « XI For I Am The Fire », une sorte de chant des sirènes (ou plutôt des Nixes), nous attirant inexorablement vers le fond ou du chant clair sur « Askrådare ». Ces voix angéliques pourraient représenter un espoir, une sorte d’échappatoire pour l’auditeur, mais cette lumière est un leurre, elle vous amènera encore plus bas dans les abimes de la folie mises en place par le quatuor.

Malgré cette atmosphère poisseuse au possible, le combo sait également rendre son propos beau, car oui, certains passages sont tout simplement magnifiques et prennent complètement aux tripes comme le break et le final de « IX For I Am The Fire », d’où émane une tristesse et une mélancolie suicidairement belles, ainsi que « Askrådare », dont la mélodie sous-jacente s’avère très addictive, ce titre renvoyant, par moments, à Cult Of Luna, avec un côté bien plus torturé et dérangé. Aussi, et fait très surprenant au regard des compositions que renferme « All Hail the Swinelord », le morceau « Old Lies » pourrait presque passer pour un tube (toutes proportions gardées, bien sûr). Ce titre est basé sur un riff puissant et massif, au groove entraînant, et possède une grosse accroche, sa structure simple et directe fait de ce dernier le plus immédiat et le plus efficace de l’opus.

La production de Magbjork, semblable à celle du split avec Hexis, est volontairement brumeuse, charbonneuse et très épaisse, rehaussant à merveille le côté aliéné de la chose et appuyant le déchaînement de brutalité qui ressort de cet album. Le groupe est également au diapason, semblant totalement habité, déclamant sa souffrance et sa haine à travers leurs instruments, sans compter les éructions arrachées de Jonas A. Holmberg, qui vocifère tous boyaux à l’air, conférant aussi bien à l’aliénation qu’au désespoir. Il faut dire que le bougre en connait un rayon en matière de pathologies mentales puisqu’il exerce au sein de département suédois de la criminalité psychiatrique.

Le principal grief que j’adresserai à l’encontre de « All Hail the Swinelord » est qu’il est d’une homogénéité tellement compacte qu’il demande, soit de posséder des cages à miel aguerries depuis de nombreuses années à l’art musical extrême, soit une multitude d’écoutes attentives afin de pouvoir pénétrer ce bloc épais. Un bon nombre de néophytes resteront assurément sur le carreau, à moins d’avoir une curiosité et une abnégation à toute épreuve.

This Gift Is A Curse accouche avec « All Hail The Swinlord » d’une œuvre magistrale à l’intensité incroyable, à la fois violente, obscure, dérangeante, dérangée et glauque. Même si une pléiade de formations s’était engouffrée dans la brèche ouverte par « I, Guilt Bearer », This Gift Is A Curse vient de reconquérir son trône. « All Hail the Swinelord » prouve que « I, Guilt Bearer » n’était pas un feu de paille, mais une véritable confirmation.

A ne pas mettre entre toutes les oreilles !!

3 Commentaires

2 J'aime

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vinyard - 06 Janvier 2016: Je ne connaissais pas...hé bé mon cochon,quelle tuerie!pourtant adepte de Nails,Light Bearer,Anaal Nathrakh(pour la violence et le côté malsain)...belle découverte de début d'année,merci.
Molick - 06 Janvier 2016: Bonne découverte. Effectivement le côté très malsain de la violence de l'album peut rappeler Anaal Nathrakh, même si le style est différent.

En tout cas j'aime bien. Merci pour la chronique !
 
hemistes - 21 Janvier 2016: Juste une tuerie! Je suis assez d'accord avec toi quand tu dis que le groupe à ralenti le tempo. Je trouve que cela donne une trame de fond à l'album beaucoup plus profonde. Ils prennent le temps de développer leurs atmosphères. Bref du très lourd cet album! Groupe à suivre de près!
Merci pour cette chronique
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