Äio

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Nom du groupe Metsatöll
Nom de l'album Äio
Type Album
Date de parution 03 Mars 2010
Style MusicalFolk Metal
Membres possèdant cet album28

Tracklist

1. Ema Hääl Kutsub
2. Kui Rebeneb Taevas
3. Tuletalgud
4. Vaid Vaprust
5. Äio
6. Vihatõbine
7. Kuni Pole Kodus, Olen Kaugel Teel
8. Vägi Ja Võim
9. Minu Kodu
10. Nüüd Tulge, Mu Kaimud
11. Roju
12. Kabelimatsid
13. Verijää
14. Jõud

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Metsatöll


Chronique @ AlonewithL

26 Mars 2010

On retrouve à la fois imperfection et perfection sur ce Äio

"Metsatöll" est une formation qui s'impose timidement dans la scène folk, bien qu'elle soit de loin la formation Metal la plus connue d'Estonie, modeste et plus petit pays des états baltes. Avec "Äio", 4ème opus du groupe, faisant suite à "Livakivi" sorti en 2008, on nous propose de nouveau une oeuvre folk à souhait, jusqu'à la couverture minimaliste et rupestre, qui transcendera un effet mystique. La formation entre-temps a signé chez le géant finlandais Spinefarm records, forme de consécration en soi.

Concernant l'album en lui même, l'avis risque d'être plus contrasté. Les premiers titres ont effet de se suivre et de se ressembler malgré une bonne introduction à la guitare accoustique sur le rustique "Ema Hääl Kutsub". Une voix rude manquant parfois d'un certain élan, suivant trop souvent le martellement d'une musique qui se montre chaotique, assez peu ambitieuse et ayant peu d'entrain. Cela nous donnerait immanquablement une impression de linéarité. Dans le même bastion des groupes comme "Heidevolk" font bien mieux et la voix est véritablement travaillée. La voix peu articulée de Markus a effet de rajouter à cette linéarité. Les instruments traditionnels apporteront un renfort nécessaire de mélodicité, notamment sur "Tuletalgud" ou encore sur le morceau suivant "Vaid Vaprust", qui bénéficiera d'une voix plus posée, qui fera d'ailleurs penser à "Heidevolk" pour le coup. Le titre profite de l'implication de choeurs et d'un rythme imitant la houle des vagues. Une chanson de marins ou une simple invitation à boire dans une taverne.

Néanmoins cette première partie de l'album, bien que marquée par quelques petits moments de plaisir, grâce aux interventions de la flûte et de la cornemuse, n'a qu'une saveur mesurée. Pire parfois, on s'adonne à des expérimentations douteuses plus qu'à de véritables élaborations. L'éponyme "Äio" dissonant et cacophonique, ou encore le plat et vaseux "Vihatõbine" n'auront qu'une qualité très relative. Ils constitueront le ventre-mou de l'album.
Le groupe se rattrape en revanche sur la deuxième partie, et de façon magistrale, contrebalançant les impressions sur la première moitié de l'album. Il offrira quelque chose de bien plus structuré et subtil, qui pourrait même le placer au niveau d'un certain "Korpiklaani". Et cela à partir du puissant hymne "Minu Kodu" soulevé par un riffing acéré et un refrain des plus enchanteurs. Markus nous offre ici un chant plus fluide et nous démontre, contrairement au reste de l'album, que l'estonien n'est pas une langue si rustre à chanter. Le traditionnel "Nüüd TUlge, Mu Kaimud" nous fera chavirer avec son tempo lent et son rythme de balancier, bien appuyé par la cornemuse.

Les guitares maintiendront un jeu plus agressif dans cette deuxième partie. Le chant est également bien plus impliqué. "Kabelimatsid" nous donne droit à de puissants à-coups des grattes, où seule la flûte parviendra à rafraichir l'intensité de la chaleur dégagée. Ce sentiment toutefois ne sera pas retenu pour les deux derniers titres de l'album, qui rejoindront grossièrement ce qui a été fait en première partie. Plus étouffé et rugueux donc.

L'ensemble est correct, marqué par des insuffisances très localisées. On retrouve à la fois imperfection et perfection sur ce "Aïo". Reflétant bien du coup l'image de couverture rupestre et abstraite. C'est terriblement frustrant, on retient des possibilités de la part du groupe. Surtout quand on privilégie en plus d'une bonne qualité de production. La principale difficulté proviendra de la composition, très inégale au sein de cet album composé de 14 titres. Le mieux aurait été sans nul doute de se limiter à moins et de se concentrer davantage là dessus. Les instruments ont tendance à se confronter, à s'étouffer plutôt que de constituer un ensemble harmonieux. Le chant rugueux et poussif fait parfois simplement penser à du sous-"Heidevolk" (voix caverneuse avec fond de choeurs guerriers). Elle est toutefois séduisante lorsqu'elle est continue ou stabilisée. On retiendra de très bons titres dans son début de seconde partie, peut-être de ce qui se fait de meilleur dans le folk des Etats baltes.

14/20

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