After Apocalypse

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Nom du groupe After Apocalypse
Nom de l'album After Apocalypse
Type Album
Date de parution 09 Novembre 2015
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1.
 After Apocalypse
 03:36
2.
 World of Marzipan
 04:14
3.
 Dark Side
 07:03
4.
 Glorious Way
 03:15
5.
 Insight
 03:46
6.
 Crying Moon
 03:12
7.
 One Day
 04:59
8.
 White Page
 05:04
9.
 Mechanical Mask
 04:09
10.
 Sentence
 05:58

Durée totale : 45:16


Chronique @ ericb4

20 Avril 2018

Une petite flamme s'allume, pas encore une étincelle...

Nouvel entrant dans l'enceinte déjà surinvestie du metal symphonique à chant féminin, ce jeune groupe italien originaire de Brescia compte à son tour faire entendre le cristal de sa voix et le mordant de ses riffs. Ce projet naît en 2014 de l'impulsion créative de la mezzo-soprano Elena Lorenzi, du guitariste et arrangeur Seba et du vocaliste et clarinettiste Varghar. Le line up se voit complété, dans la foulée, par l'arrivée de Megres à la basse, de Zendra à la lead guitare et d'Al à la batterie. De cette collaboration émane un concept musical basé sur de forts contrastes instrumentaux -la limpidité du son de la clarinette répondant aux massives rythmiques- et vocaux (schéma de la Belle et la Bête). Le sextet transalpin nous mène alors au cœur d'un rock'n'metal mélodico-symphonique gothique et progressif, aux relents power. Aussi voyage-t-on entre Nightwish (première période), Xandria, Amberian Dawn, Ancient Bards et Imperia.

Déterminés à jeter un pavé dans la mare, nos acolytes n'auront pas attendu bien longtemps pour accoucher de leur premier bébé. Et ce, à l'instar d'un épique et vibrant « After Apocalypse » : album full length éponyme, d'une durée quasi optimale de 45 minutes, sorti chez Logic(il)logic Records quelques seize mois suite à la fondation du collectif italien. Enregistré, mixé et mastérisé au Atomic Stuff, cet introductif effort témoigne d'une belle profondeur de champ acoustique tout en ne concédant que peu de sonorités résiduelles. Une ingénierie du son particulièrement soignée procurant un confort auditif susceptible de nous retenir jusqu'à la note ultime de la dernière des dix pistes du fringant manifeste. Mais entrons plutôt dans les entrailles du vaisseau amiral, en quête de quelques trésors profondément enfouis.

Parvenant à encenser le tympan sur quelques hits en puissance, le plus souvent sur une rythmique vitaminée, nos compères témoignent d'une inspiration féconde et qui a pour corollaire une technicité instrumentale difficile à prendre en défaut. Ainsi, on retiendra d'une part « After Apocalypse », énergique piste cinématique et symphonique aux relents power, dotée de riffs corrosifs doublés d'un tapping martelant et d'enveloppantes nappes synthétiques. A mi-chemin entre Nightwish et Imperia, cette sémillante offrande se pare des sculpturales inflexions de la déesse, mises en exergue sur un refrain immersif à souhait et venant en contre-point des growls ombrageux de son comparse. D'autre part, l'entraînant et ''xandrien'' « Mechanical Mask » se cale sur une sente mélodique avenante dont se nourrissent abondamment les couplets, un peu moins les refrains. Si les rayonnantes modulations de la frontwoman font mouche, il eût été judicieux, cette fois, de faire l'économie de growls qui ne s'imposaient pas.

Là où l'accroche s'opère encore sans avoir à forcer le trait, sans pour autant chercher à taquiner les charts, concerne le champ power symphonique progressif. Ainsi, la bande des six fait montre d'une extrême sensibilité et d'une insoupçonnée finesse dans l'enchaînement de ses accords sur « Crying Moon » ; frondeur méfait à la croisée des chemins entre Ancient Bards et Nightwish, où une galvanisante montée en puissance du corps orchestral doublée d'une gracieuse et virevoltante clarinette sauront faire vibrer plus d'un aficionado du genre. Parallèlement, les gradations vocales de la sirène interpellent d'abord, puis nous aspirent dans un tourbillon de saveurs exquises d'où il s'avère illusoire de pouvoir se soustraire. Dans une moindre mesure, on retiendra « Sentence » eu égard à la qualité de ses arrangements instrumentaux et à son indéfectible énergie percussive. Ses growls rageurs, venus opportunément donner le change aux angéliques ondulations de la douce, contribuent à nous interpeller pour ne plus nous lâcher.

Par ailleurs, la troupe a opté pour de plus complexes espaces d'expression, et force est d'admettre que, là encore, la sauce ne tarde pas à prendre. Ainsi, tant la basse vrombissante que les riffs crochetés du mid tempo progressif et syncopé « World of Marzipan » s'imposeront à nos pavillons alanguis. Les âmes sensibilisées aux vibes des maîtres inspirateurs de la formation italienne, Nightwish et Xandria en tête, y trouveront matière à se sustenter, la sirène prenant ici de faux airs d'une Tarja des premiers émois. Une stupéfiante maîtrise vocale qui trouve son point d'achoppement dans un refrain catchy que n'auraient renié ni Imperia, ni Amberian Dawn. Dans cette mouvance s'inscrit l'impulsif et un tantinet énigmatique « White Page » ; piste symphonique gothique alternant couplets finement ciselés et refrains enchanteurs. D'hypnotiques gammes à la clarinette complètent un tableau instrumental richement orné et délivrant de complexes séries d'accords, et ce, sans pour autant nous désarçonner. Et ce ne sont pas les solaires volutes de la belle qui terniront la toile.

Quand il flirte avec d'amples tirades, le club des six se transcende, nous livrant ici une pièce d'anthologie susceptible de marquer durablement les esprits de ceux qui y ont auront plongé. Ainsi se déploie majestueusement « Dark Side » qui, au long de ses 7 minutes d'un spectacle symphonique progressif aux multiples péripéties, aspirera en son sein le chaland d'un battement d'aile. A la fois enjoué et mélancolique, offensif et apaisant, le corpulent méfait offre une large palette de contrastes rythmiques et oratoires ; la belle livrant de saisissantes envolées lyriques, dans le sillage d'Helena Michaelsen (Imperia), à peine contenues par une bête coléreuse. Doté d'arrangements nightwishiens et voguant sur une sente mélodique ''xandrienne'', le brûlot fera plier l'échine à plus d'une âme rétive.

Toutefois, malgré ses mérites, cette œuvre n'aura pu éluder quelques bémols venus la ternir, atténuant d'autant ses effets. A commencer par « Glorious Way » ; dynamique proposition aux riffs massifs, accusant un répétitif cheminement harmonique et une ligne mélodique manquant cruellement de cohérence. Ni les puissantes impulsions de la maîtresse de cérémonie, ni la muraille de choeurs l'escortant, ni même le grisant solo de guitare, ne sauveront le bateau du naufrage. Enfin, « Insight » tout comme « One Day » ne trouveront pas plus grâce à nos yeux, souffrant tous deux d'un duo mixte en voix de contrastes à l'incertain positionnement et non exempt de faussetés. On restera tout aussi déconcerté par un convoi instrumental se plaisant à nous bringuebaler au risque de nous perdre, effet généré le plus souvent. On passera donc son chemin.

Au final, on effeuille une œuvre plutôt agréable, aux accords parfois peu convenus, aux lignes mélodiques dans l'ensemble accessibles même si une impression de déjà entendu se fait sentir. Dotée d'une technicité instrumentale mesurée mais déjà éprouvée, dont de subtiles variations à la clarinette, doublée de captatrices lignes de chant lyrique, cette galette se parcourt d'un seul tenant. Et ce, en dépit de quelques passages encore taillés dans la roche, mais qui, aux fins d'un travail mélodique plus approfondi auraient pu se hisser au même rang que leurs voisins.

Encore trop proches de leurs maîtres inspirateurs pour déceler une quelconque trace de personnalité dans leurs compositions, à l'avenir, nos six gladiateurs se feront fort de témoigner d'un projet ayant gagné en épaisseur artistique pour espérer s'imposer dans cet impitoyable registre metal. De plus, pour répondre à de légitimes attentes en la matière, il serait souhaitable de diversifier encore la palette des exercices de style, notamment par l'un ou l'autre instrumental et/ou ballade. On comprend que si un réel potentiel s'esquisse, il lui faudra s'affiner pour nous happer plus immédiatement encore. Peut-être à l'aune d'un second album full length ?...

2 Commentaires

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JeanEdernDesecrator - 22 Avril 2018:

Fine chronique ! Effectivement, le rush du groupe pour faire ses compos et son album s'entendent : Quelques riffs où le batteur et le reste sont pas synchro, des approximations a droite et a gauche. La complexité des compos nécessite une maitrise qui ne vient qu'avec le temps et une connivence de groupe.

Même si c'est pas mon style, il y a des passages intéressante qui laissent augurer un deuxième lp bien meilleur...

ericb4 - 22 Avril 2018:

Merci à toi! Je pense également que si le potentiel technique est là et que l'ensemble demeure agréable, et même propice à une écoute sur la durée, les lignes mélodiques, en revanche, devront gagner en attractivité pour espérer voir ce combo s'imposer dans un tel registre.Effectivement, avec davantage de maturité compositionnelle, il se peut que l'inspiration mélodique soit au rendez-vous de nos attentes. Wait and see...

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