Aether

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18/20
Nom du groupe Hemelbestormer
Nom de l'album Aether
Type Album
Date de parution 19 Fevrier 2016
Style MusicalSludge Atmosphérique
Membres possèdant cet album9

Tracklist

1. After Us the Flood
2. Starless
3. The Purging
4. On Desolate Plains

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Hemelbestormer


Chronique @ Icare

03 Mars 2016

Une musique à la cohérence et à la fluidité sans faille qui nous ballotte sans cesses entre ombres et lumières

Hemelbestormer, voilà un nom qui ne vous dira probablement rien, et c’est bien normal. Le groupe, formé en 2012 à Diepenbeek, est resté discret depuis sa formation, évoluant dans des sphères plutôt underground : après un split avec Vanessa Van Basten et une compilation confidentielle de deux titres, les Belges sont repérés par Debemur Morti, qui sort en ce mois de février 2016 leur premier full length, Aether.

Le nom du groupe, assez sombre et sibyllin et à la coloration clairement extrême (tempête céleste si j’en crois mes médiocres connaissances en flamand), la pochette magnifique et énigmatique - qui me fait personnellement pas mal penser à celle de Ritu des compatriotes de Saille - et bien sûr, la signature sur un label réputé qui met généralement en avant des formations à la musique très sombre et atypique, tout cela a attiré mon attention, et en sélectionnant pour la première fois les MP3 sur mon lecteur Multimédia, j’avoue que je m’attendais à écouter un album de black metal atmosphérique…


Que nenni. Pourtant, l’illusion pourrait persister quelques secondes, After Us the Flood s’ouvrant sur une intro ambiant et quelques chuchotements mystérieux, avant que des guitares grondantes ne viennent plaquer un accord gras et implacable de puissance, sur fond de chœurs liturgiques et de claviers discrets. La batterie arrive alors, lourde et massive, et les riffs se font plus dissonants, toujours aussi lents et impériaux dans leur pesanteur.
On attend alors le déferlement de blasts, la voix criarde qui va venir nous déchirer les tympans, et l’attaque purement black qui déclenchera définitivement les hostilités, mais au bout de quelques minutes, on comprend qu’il n’en sera rien et qu’on s’est magistralement planté : Hemelbestormer n’a strictement rien de black et évolue dans un post metal moderne et accrocheur totalement instrumental, mêlant influences post hardcore, post rock, doom, et atmosphériques.

Du sludge atmosphérique ? Non, pas vraiment, n’allez pas prendre au pied de la lettre l’étiquette réductrice sous laquelle, faute de mieux, j’ai classifié la musique du groupe, (faute de grives, on mange des merles comme dirait l’autre), ceci dit, la musique du quatuor, reposant principalement sur l’alternance entre riffs lourds et fangeux et passages éthérés aux ambiances intimistes est sans cesse tiraillée entre ces deux extrêmes.

On sent l’ombre de combos tels Cult of Luna (surtout sur Starless, avec ces riffs terrassants sur lesquels il ne manquerait que les hurlements de Klas Rydberg pour qu’on croie entendre les Suèdois), Pelican, The Ocean et Years of No Light planer sur ces quatre compos s’étalant entre 12 et 19 minutes, mais les mélodies lunaires de God Is An Astronaut voire Mogwaï ne sont jamais loin non plus. Quoi qu’il en soit, pour un premier full length, Aether nous propose une musique extrêmement mature à la cohérence et à la fluidité sans faille qui nous ballotte sans cesses entre ombres et lumières. A la fois entraînantes, puissantes et mélodiques, dispersant une myriade de notes inspirées et lumineuses sur une rythmique toujours lourde qui nous rappelle douloureusement à notre existence terrestre, Hemelbestormer oscille constamment entre l’immensité céleste incarnée par la pochette et les vicissitudes matérielles d’un monde trop humain. Le tout est enveloppé d’une aura sombre et mystérieuse sans jamais être vraiment violent - on a un unique blast très court à 8 minutes de Starless, sinon, le rythme reste principalement cantonné à un mid tempo contemplatif et solennel servi par un son énorme et écrasant - et le groupe n’hésite pas à développer un art plus intimiste lors de longues parties atmosphériques (les deux dernières minutes ambiant de Starless, à la beauté énigmatique et troublante, calme après la tempête ; la fin de The Purging avec ces notes de guitares béates et ces arrangements électroniques discrets flottant paisiblement dans l’infinité d’un cosmos qui ne nous a jamais paru si paisible ).

Ainsi, au milieu d’After Us the Flood, suivant une lente progression parfaitement maîtrisée qui nous transporte dans un univers lointain et nébuleux légèrement anxiogène, le bourdonnement du silence hurlant dans la vacuité d’une plaine désolée vient résonner dans notre cortex vide, précédant une partie acoustique apaisante qui vient éclairer les ténèbres de la nuit. Dès 10,56 minutes, on a une reprise puissante qui nous ramène brutalement à la réalité, et l’influence d’un Cult of Luna se fait sentir lorsque la pesanteur des guitares se fait tellurique et grondante.

Les titres sont longs et progressifs, avec de nombreuses montées en puissance savamment amenées, des plages acoustiques qui viennent nous bercer de douces notes de guitares rêveuses et irréelles ainsi que des silences judicieux qui permettent de repartir sur un autre thème ou d’imposer une atmosphère différente en cours de morceau, le tout entièrement dépourvu de vocaux.

On notera donc la performance des musiciens qui parviennent à nous transporter le long de ces 59 minutes sans que l’ennui ne vienne jamais pointer le bout de son nez, et ce grâce à leur seule performance musicale et à leur talent de composition. Mention spéciale au batteur qui, par la variété de son jeu, tantôt jupitérien, aérien ou tribal, aère ou alourdit considérablement l’ensemble en fonction des ambiances voulues par le groupe.
Aether s’achève sur un On Desolate Plains de plus de 19 minutes au début doom pachydermique, et aux riffs simples et hypnotiques se répétant lors de boucles inlassables pour mieux nous noyer dans cet océan de distorsion. Les dernières minutes nous laissent sur un bourdonnement et des larsens inquiétants, des chuchotements et grognements extraterrestres avant que le silence ne reprenne ses droits.


Hemelbestormer nous propose donc un voyage de toute beauté dans un univers lointain aussi fascinant qu’inquiétant, une immersion dans le silence solennel d’une nuit totale et pleine de mystères où la vie terrestre semble s’être figée pour laisse placer au ballet des comètes et des étoiles.
Pas foncièrement originale, et sans prétendre masquer les influences assez évidentes qui la façonnent, la musique des Hollandais allie maîtrise instrumentale parfaite et sensibilité hors norme, faisant de ce premier full length un album indispensable pour tous les amateurs de ce genre de metal ainsi que des groupes précités. Votre vie est trop morne, trop triste, trop grise et vous aspirez à épancher votre soif d’aventures en explorant des univers vierges et mystérieux ? Offrez-vous 59 minutes d’évasion dans l’Aether

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