Adventure One

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10/20
Nom du groupe Throne Of Iron
Nom de l'album Adventure One
Type Album
Date de parution 21 Fevrier 2020
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 A Call to Adventure
 05:56
2.
 Past the Door of Death
 08:25
3.
 Dark Shrine of Rituals
 03:59
4.
 The Power of Will
 03:52
5.
 Lichspire
 05:12
6.
 The Fourth Battle of the Ash Plains
 06:10
7.
 The Allure of Silver
 05:34
8.
 Wish
 03:20

Durée totale : 42:28


Chronique @ Hibernatus

10 Fevrier 2020

dans la catégorie « à écouter en période de famine »

« Roll for initiative » (bruits de dés roulant sur la table) « Fuck ! » : voici un des petits dialogues introduisant ou concluant les titres de l' « Adventure One », premier album du jeune Throne of Iron. Dans l'assistance, les vieux au passé de rôliste reconnaîtront aisément le plus ancien jeu de rôle sur plateau, Dungeons & Dragons, à la traduction française impropre mais facile de Donjons et Dragons. Heavy épique et D&D ont une complémentarité naturelle qu'ont bien comprise les compères de l'Indiana : le clip vidéo promotionnel du titre Lichspire met en scène une partie moitié sur table et moitié grandeur nature, au déroulement aussi hilarant que kitch ; j'adore le T-shirt « Keep calm, I'm a Cleric ».

Après, les connaisseurs vous le diront : dans D&D, former un groupe d'aventuriers sans clerc, c'est vraiment chercher la loose (pour les profanes : le clerc possède des sorts de guérisons). C'est un peu comme former un groupe de Heavy Metal sans inspiration et sans chanteur.

Bon, ben voilà, m'sieurs-dames, merci d'être passé, je vais rendre l'antenne... Ah, on me signale à l'oreillette que c'est pas encore l'heure de la pub et qu'il faut que je vous tienne encore un peu la jambe. Je suis bien embêté, là. Vous allez comprendre : comme moi vous êtes hardos. Hormis quelques broutilles comportementales, style avaler un grand bol de sang de bébé non baptisé au p'tit déj et sacrifier sa vierge tous les dimanches, je suis le gars parfaitement normal, sociable et gentil. Notamment, j'ai horreur de dire du mal de mon prochain. Là, ça va être duraille.

Throne of Iron, donc. Mais où sont-ils allé chercher ça ? L'hiver viendra, les gars l'hiver viendra, la jument de Michoa elle s'en repentira... Heu non, c'est pas ça, je m'égare, faut dire que la fraîcheur intemporelle des ritournelles bretonnes garde une intangible authenticité, préférez les valeurs sûres pour l'interprétation : le grand Tri Yann plutôt que Nolwenn Leroy. Mais je digresse, je digresse.

Tucker Thomasson, guitariste chanteur de Thorr-Axe, a le mauvais goût de mettre sa décision de fonder Throne of Iron en relation avec le décès de Mark Shelton. Il y a loin de la coupe aux lèvres et on ne marche pas sur les traces d'une légende armé de seules bonnes intentions. Tout feu tout flamme, ce multi-instrumentiste pas foncièrement manchot le démontre en sortant seul une démo dont les trois titres se retrouvent dans « Adventure One » : la répétition ad nauseam de riffs simplistes peut engendrer de l'intensité dramatique à condition d'être transcendés par une inspiration qui n'est pas ici au rendez-vous ; on baille carrément sur The Allure of Silver. Surtout, Thomasson rompt avec les vocaux éraillés et limite growlés de Thor-Axe, dans lesquels il se sortait correctement. Mais chantant en voix claire sur Throne of Iron, il se révèle juste catastrophique.

Il étoffe son groupe en s'adjoignant le batteur de Thorr-Axe, Jacob Lett, le bassiste Evan Pruitt et un second guitariste, Corwin Deckard : on se dit chouette, il va prendre un vrai chanteur, mais non, il persiste. Errare humanum est, sed perseverare diabolicum. Sous ce format sort « The Crypt of Blades », un split album avec Hillsfar, un groupe de Dungeon Synth. Plutôt mieux, j'aime bien les morceaux de Hillsfar... D'ailleurs, l'instrumental onirique Wish, qui n'est pas sans présenter quelque accointance avec ce type de musique, est sans doute le meilleur titre de « Adventure One » (bah oui, au moins Tucker ne l'ouvre pas).

En 2019, les Grecs de No Remorse, qu'on a connus plus inspirés, les signent et préparent donc la sortie de ce premier album « Adventure One ». Il illustre toutes les limites, pour ne pas dire les tares, de cette pseudo catégorie U-Tubesque qu'est la « New Wave of Traditional Heavy Metal ». On peut y affilier des réussites (Eternal Champion ou Legendry, pour rester sur le sol américain), mais on se contente souvent de rabâcher de vieilles recettes en oubliant totalement la vista du grand chef, ce petit grain de génie qui sépare la boustifaille de cantine du plat d'un restaurant étoilé. Et ce faisant, on donne bien sûr raison aux grincheux tenants du « c'était mieux avant ».

Qu'on ne se méprenne pas : les gars de Throne of Iron savent jouer (on oublie le chanteur, hein), mais les compositions sont poussives, répétitives, sans la moindre surprise. Leur déroulé est souvent insipide (Lichspire, The Power of Will, The Allure of Silver). On peut s'amuser à compter les inspirations mal digérées, comme l'intro de A Call to Adventure, qui rappelle trop furieusement son Judas. Le groupe a du mal à s'évader plus de quelques mesures d'un mid tempo confortable et trop rebattu pour emporter la conviction. Le sens épique de Throne of Iron, c'est Homère ânonné par Nabila.

Allez, ne soyons pas trop méchant. Certains titres pourraient être potables, avec un jeu instrumental acceptable sinon supérieurement enthousiasmant : Past the Door of Death présente plus de variété dans les tempi, des riffs de Dark Shrine of Rituals émulent un (très) lointain cousinage avec Manilla Road, le rythme un poil plus enlevé de The Fourth Battle of the Ash Plains est plaisant, de même que l'ambiance de son long passage instrumental vers les ¾ du titre.

Mais voilà, la voix de Tucker vient tout fiche en l'air. On a envie de l'aider sur ses timides montées dans les aiguës (A Call to Adventure), mais ce n'est pas le pire : il ne fait passer aucune émotion dès qu'il tient une note un tant soit peu prolongée, ses lignes vocales sont niaiseuses et gâchent le peu de souffle que susciterait la musique : flagrant dans Past the Door of Death. Il s'en sort mieux dans The Fourth Battle..., où sa voix est plus scandée, mais ses tentatives d'emphase sur le refrain sont complètement ratées. Il n'est guère mieux sur Dark Shrine of Rituals, où pourtant des chœurs viennent judicieusement épauler la trop grande légèreté de son organe, et où par ailleurs, il sauve l'honneur sur un (trop bref) passage grondé. C'est d'ailleurs là où son choix de positionnement vocal interroge le plus : pourquoi adopter une voix claire qu'il n'est pas capable d'assumer quand il démontre avec Thorr-Axe une aisance bien supérieure en voix rauque ? Justement un type de vocaux qui conviendraient à ce Dark Shrine... Je n'ai pas la réponse.

Bon, 10/20, surtout grâce au clip qui m'a bien fait marrer. Sans être inaudible, « Adventure One » brille plus par l'humour sous-jacent et les bonnes intentions affichées que par sa qualité musicale. On le rangera dans la catégorie « à écouter en période de famine » : imaginez qu'un méchant magicien, aussi pervers que facétieux, fasse disparaître toute votre collection et la remplace par ce premier album de Throne of Iron. Pour lutter contre l'irrépressible sensation de manque qui vous tordra les tripes, vous serez bien contents de vous rabattre sur les 42 minutes d'un disque peu inspiré, mais sonnant indubitablement Metal.

Ah, la régie me signale que c'est enfin le moment de la pub, je m'empresse d'abréger l'émission. M'en vais écouter un bon vieux Manilla Road, tiens.

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