Si le nom d’
Acathexis est encore relativement peu connu, les musiciens qui composent ce nouveau groupe sont loin d’être anonymes dans le monde du black metal puisqu’on y retrouve Jacob Buczarski de
Mare Cognitum, l’infatiguable Déhà qui trempe à peu près dans les trois quarts des groupes de metal du Plat-Pays ainsi que Day Tee, vocaliste de
In Element et
Seelenmord, deux combos bien connus en Argentine.
Initialement, ce premier album éponyme était sorti l’année dernière sur
Fallen Empire Records, mais Amor Fati a eu la bonne idée de le rééditer, et c’est franchement une aubaine pour tous les amateurs de black atmo qui, comme moi, étaient passés à côté l’an passé.
Déjà, la superbe pochette, à la symbolique sombre et mystérieuse, nous met dans l’ambiance, avec ce jeu d’ombres et de lumières qui esquissent des silhouettes menaçantes, et musicalement, ces quatre titres ne sont pas non plus en reste :
Acathexis évolue dans un black atmosphérique d’excellente qualité, intense et poignant, nous faisant voyager à travers les astres et les étoiles. Un black qui en effet, musicalement parlant, se rapproche de cette vague de black spatial, mais qui contrairement à la flopée de groupes qui tentent de singer
Darkspace avec plus ou moins de réussite, a une production et une identité propres, et dont les thématiques tournant autour de la douleur et la dépression lorgnent plus du côté du DSBM. Ce premier album est en effet muni d’un son puissant et dense qui rend les différents instruments parfaitement audibles, avec la réverb’ et l’écho lointains qui sient au style, à des années lumières de l’indigence volontaire de bon nombre de groupes de « space metal » qui cachent un manque d’inspiration et une pauvreté riffesque derrière un son grésillant dégueulasse.
Pour le coup, la musique est loin d’être minimaliste, s’appuyant avant tout sur un très bon riffing, à la fois mélodique et puissant, gonflant le cœur et l’âme de ce sentiment doux amer qui mêle inextricablement mélancolie, fierté, grandeur et tristesse.
Intense, violent, déchiré, avec une puissance mélodique et émotionnelle saisissante à foutre le tournis (on pense par moments à des groupes comme
Svarti Loghin ou
Colossus),
Acathexis n’hésite pas à mélanger blasts impitoyables et guitares aériennes à la beauté subjugante dans un équilibre parfait. La voix de Day Tee accompagne le tout à merveille, sonnant comme un instrument à part entière, émergeant de ce tourbillon de percussions et de cordes pour porter ces atmosphères majestueuses et créer un magma bouillonnant d’émotions avec quelques moments réellement saisissants qui nous emportent très loin (le long passage central de
Life Only Festers, lent et mélancolique, et sa reprise superbe, Veins Hallowed au riffing aussi épique que grandiose qui me rappelle le meilleur de
Luna Field par moments).
L’atmosphère est très présente et nous enveloppe constamment, onirique et impalpable, un peu comme cet artwork aux couches de couleur successives qui suggère plus qu’il ne dévoile; les riffs et les tempos sont finalement assez variés pour le genre (Immurment, tout en blasts explosifs s'oppose à l’intro de Veins Hollowed tout en langueur) et finalement, on n’a pas le temps de s’ennuyer à l’écoute de cette galette, qui mêle le meilleur de deux univers a priori opposés, à savoir le DSBM et le space metal; mieux : avec quatre compos pour 39 petites minutes, on en redemande, et on s’en serait clairement repris une petite tranche vue la qualité de l’ensemble.
Evocant des groupes aussi divers que
Helrunar,
Svarti Loghin,
Eoront,
Mare Cognitum ou
Darkspace tout en gardant une cohérence admirable,
Acathexis signe donc un premier album en tous points remarquable, qui mérite une écoute attentive.
Vous vouliez des ambiances à la fois froides et oniriques sans vous embarquer pour un énième voyage stellaire grésillant et répétitif?
Pas de problème,
Acathexis vous offre unvoyage intemporel de 39 minutes avec vos deux meilleures amies, la souffrance et la tristesse.
In search for understanding
We walk through endless roads
Tirelessly dragged by the desire
to set us free from the burden of existence
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