Distillant un death metal sombre et écrasant,
Corpsessed parcourt les contrées glaciales de la Finlande depuis maintenant 7 ans. Leur premier album bien nommé "
Abysmal Thresholds" voit le jour en cette année 2014, sous la bannière de
Dark Descent Records et propose 7 morceaux inédits ainsi que 2 pistes de leur EP éponyme paru en
2012.
Premier constat, le disque est mis en valeur de la plus belle des manières grâce à un artwork de qualité, représentation pertinente de la tourmente et de l’effroi, véritable trouble de l’esprit qui grignote peu à peu nos pensées pour brouiller la perception du réel.
Pas de surprise, le contenu de l’offrande des Finlandais est du même calibre. Le quintet délivre une musique blasphématoire, très sombre, servie par une production abyssale qui sied parfaitement au style du groupe. L’ambiance développée tout le long de l’album est la carte maîtresse de
Corpsessed, ambiance morbide qui atteint son paroxysme sur des morceaux tels que "
Sovereign" et son intro tout simplement jouissive, ou "The
Threshold" qui pendant plus de 7 minutes nous invite à un voyage initiatique dans les tréfonds de l’enfer à l’aide de discrètes mélodies inquiétantes avant une accélération centrale fulgurante.
Au niveau du riffing, la paire Lustig/Mäkelä pioche dans des influences telles qu’
Incantation,
Entombed ou Grave tout en ajoutant une certaine profondeur à leur jeu grâce à des thèmes longs et variés, évitant ainsi de répéter chaque riff plusieurs fois avant d’en changer comme sur le final de "
Desolation". De plus, le groupe utilise de temps en temps des nappes de synthés ("
Ravening Tides" et son intro, "
Sovereign") servant la cause de leur musique avant tout (comme l’a fait
Panzerchrist sur "Roomservice" en 2003 par exemple), ce qui renforce l’atmosphère instaurée par le quintet pendant les 47 minutes de l’album.
On regrettera peut-être la (légère) mise en retrait des vocaux dans le mix, qui semblent enregistrés au fond d’une caverne mais qui sont d’une profondeur remarquable. L’offrande des finlandais présente aussi quelques riffs rapides et violents, sans réels points de repères pour l’auditeur, brouillés par la production sépulcrale de l’album mais qui, en contrepartie, ont le mérite de contraster avec les parties lentes et monolithiques qui sont légion comme sur "
Transcend Beyond Human" qui alterne blasts ravageurs et mid-tempos écrasants.
Disma avait créé la surprise en 2011 avec son "Towards the
Megalith", mais en 2014, c’est au tour de
Corpsessed de reprendre le flambeau du death occulte dans sa forme la plus obscure de l’autre côté de l’Atlantique avec ce "
Abysmal Thresholds". Les Finlandais ont toutes les cartes en main pour faire mûrir leur musique et ainsi espérer s’imposer sur la scène death scandinave à l’avenir…
Merci pour ta chro' !
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