« …
And you will face the sea of darkness and all therein that may be explored. ». Cette phrase sortie du film « The
Beyond » du maître du gore transalpin Lucio Fulci présente sur le dos de la pochette de cet album se marie parfaitement quand à la teneur sonore de ce nouvel album sobrement intitulé «
Abysmal ». Les films du réalisateur italiens bien que reconnus pour leurs débordements sanglants qui ont fait leurs réputations ne peuvent se dépareiller de cette ambiance particulière, mélange d’angoisse volcanique et de terreur pure. La crainte de l’ouverture des portails aux forces surnaturelles sur notre monde est une des clés à la compréhension de ces longs-métrages tels que « L’au-delà » ou « Frayeurs ». Cette ambiance particulière justement revient perceptiblement sur le titre unique constituant cet album.
Profound As a Thousand Nights suit à la lettre les règles de la terreur propre à Lucio Fulci sans se dénaturer face à son premier album et à Nether (du même auteur : Mu). C’est ainsi que nous nous trouvons face à un titre à la durée faramineuse de cinquante-deux minutes (ce qui est tout de même plus court que les albums précédents, Té !). Mu ne change en rien sa technique d’immersion dans l’ouverture des enfers, aux ténèbres environnantes ainsi qu’à la chute d’une humanité dépérie, incapable de contrôler ce flux de vibrations négatives et malsaines. Le contenu se fait minimaliste, répétitif voir monolithique (comme son prédécesseur) chargé d’une tension vaporeuse telle des sillons d’une mer de nébulosités aux couleurs anormales et fantasques dont les sons se transforment en allégories sonores de ces tourments aquatiques…
Là où cet album se différencie du précédent enregistrement se trouve dans la faculté du groupe a jouer habilement avec la perception de son auditeur jusqu’à la manipulation des émotions. Nul doute que l’impression reste adéquate : l’atmosphère nous fait naviguer dans un espace surréaliste, sans limites et d’une circonférence non quantifiable. Cependant, on remarquera certains sons parasites sur le début du disque risquant de surprendre jusqu’aux plus téméraires (à tel point que l’on a l’impression que le disque est rayé). Mais c’est au moment où ces « bruits » disparaissent que la tension sonore prend toute son ampleur, toujours ponctuée par ces voix fantomatiques d’une résonance crépusculaire (dont la rareté force d’autant plus l’implication au disque), faisant de cet album une traversée cauchemardesque plongée dans une physique obscurité.
Ces « puncta » disparus donnent une ambiance supplémentaire à ce disque (le disque lui-même n’est qu’un immense « punctum ») qui ne se sépare jamais de sa ligne conductrice de tourmente lunatique et arbitraire. Rarement l’on aura entendu de tel titre malsain et d’une détresse, d’une apathie semblant durée une éternité faisant toute la force d’évocation du titre «
Abysmal ». «
Abysmal » n’est ce pas d’ailleurs le meilleur titre que l’on pouvait donner à cet album sorti des limbes ? Ce lieu où l’on se trouve plongé de notre gré et cette descente dans les ténèbres résonne dans notre esprit comme la fin inéluctable d’un processus mortuaire et claustrophobique déjà dans son enchaînement final…
L’implication est la source première de la communication avec une telle œuvre (et je l’assume complètement). La signification de ce disque est personnelle à chacun et «
Abysmal », outre son caractère indigeste d’ordre structurel est une véritable projection mentale et surréaliste dans les recoins les plus obscurs de notre âme. Ceci est n’est plus un disque, mais le médiateur à l’exploration de notre être… Et les ruses du Petit Poucet ne vous seront d’aucuns secours.
Mort et Vie en une seule entité…
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Éthéré…
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