Il n’est pas évident pour un groupe pratiquant un death metal d’obédiance old-school de se démarquer actuellement, tant le nombre de groupes s’étant engouffré dans cette voie est immense. D’autant plus si le groupe est allemand, les formations talentueuses n’y manquant pas à l’appel (
Obscure Infinity,
Venenum …). Alors qu’en est-il pour
Carnal Tomb, jeune formation créée en 2014 à Berlin ?
Les parutions d’une démo en 2014 et d’un E.P. en 2015 ont rapproché la formation du label
Memento Mori, grand dénicheur de talent, pour la sortie de leur premier album Rotted
Remains en 2016. Un premier effort assez scolaire mais qui laissait entrevoir de solides capacités d’interprétation et d’écriture et augurer de bonnes choses pour l’avenir.
S’étant rapproché du jeune label allemand
Testimony Records,
Carnal Tomb sort son deuxième full-length
Abhorrent Veneration en juillet 2019, avec 7 titres au compteur pour une durée de 45 mn.
De prime abord, la durée des morceaux s’est allongée et aucun titre ne
Descend en dessous de la barre des 5 minutes. Et d’emblée, le groupe lâche une première bombe avec un Putrid Fumes ravageur. Parfait exercice d’équilibre entre lourdeur et sauvagerie, le morceau se pare aussi d’une coloration malsaine et ménage des passages mid-tempos très dangereux pour les cervicales. Le clou est enfoncé dans une veine similaire avec le monstrueux Cryptic
Nebula et le véloce
Feeding Mold. Le groupe propose aussi un moment de pure lourdeur avec l’écrasant
Dissonant Incubation et sa partie finale envoûtante, où la basse est bien mise en avant. Et quand résonne le sample introductif du final Sepulcral Descent, classiquement tiré d’un film d’horreur, on ne s’imagine pas la superbe claque de death metal qui attend tapie dans l’ombre. Remarquable dans sa construction, son sens du riff, son ambiance glaciale et son interprétation, ce titre conclut idéalement cet album pétri de qualités.
La production générale est idéale, laissant respirer chaque instrument, avec une belle basse bien audible. On peut souligner l’excellent travail de Tobias Engl (enregistrement) et Laurent Teubl (mastering). L’interprétation est aussi un gros plus, notamment dans les soli de Goat Eviscerator, nouveau venu dans le groupe mais qui délivre ici un travail essentiel à leur identité sonore. Le growl de Cryptic
Tormentor est glaireux et sombre, tout en restant articulé. Précisons aussi l’apport au growl de David Mikkelsen (
Phrenelith) sur Putrid Fumes, preuve supplémentaire de leur bon goût.
Thématiquement, le groupe reste fidèle aux standards du genre (mort, putréfaction, créatures lovecraftiennes). Par contre, l’artwork signé par l’artiste islandais Skaðvaldur est plutôt moyen à mes yeux. Pour ceux qui voudraient acheter le format CD, attention car le label l’a sorti en digipack limité à 500 exemplaires (les formats cassette et vinyles splatter étant déjà épuisés...ah le consumérisme …)
Bref, je ne vais pas passer par 4 chemins pour annoncer que cet album est une de mes meilleures surprises en death metal cette année. J’avoue avoir un faible pour tout ce qui est
Old School Death
Metal (et surtout O.S.D.M. allemand) mais franchement, quand ce niveau qualitatif est atteint, je m’incline forcément. Je vous invite donc chaleureusement par cette lecture à aller découvrir et écouter cet album qui le mérite vraiment.
Tu n'aimes pas ce genre de death Jéjé !!?
Pourtant c'est du bon death à l'ancienne, j'ai écouté ça hier sur youtube et j'ai beaucoup aimé.
Oui Armel ta chro est super on en attend d'autre ^_^
Merci les potos, c'est toujours un plaisir de partager mes coups de coeur avec vous. Et j'ai d'autres chroniques en vue.
Cool bah on attend tes coup de cœur alors!^_^
Ah il faut que je me le fasse celui-ci ! Ta chronique me met l'eau à la bouche... d'autant que pour le moment je n'ai aps été particulièrement conquis par les sorties Death Metal de cette année...
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