Petite par sa superficie mais grande par son importance historique, la Grèce fut et demeure un pays étonnant. Par sa richesse culturelle et gastronomique, par son attrait touristique et les exploits de ses sportifs, la Grèce ne cesse de rayonner dans le monde. En ce qui nous rassemble ici, il en va de même pour sa scène
Metal. Que ce soit en Black, Death, Heavy,
Doom et Stoner, nombreuses sont les formations de talent qui nous régalent régulièrement les oreilles.
Rien d’étonnant alors qu’Alex de Dolorem Records, grand dénicheur de talent, soit parti moissonner les terres fertiles de l’Attique pour y récolter Serement. Comme l’indique la note promotionnelle, le groupe a éclos en 2022 sur le terreau laissé par
Blessed of Pervesion (2 albums au compteur) autour de Vaggelis Nanos (basse), Manoulis Kouelo (guitare), Andreas Moschopoulos (growl) et Vagelis Vasilopoulos (batterie). Animés par l’envie de faire ce qu’ils connaissent le mieux, jouer du Death
Metal, ils publient d’abord l’EP 2 titres Deviaton From
God en 2022 et reviennent en 2024 avec leur 1er full-lenght intitulé
Abhorrent Invocations.
Ce qui impacte de prime abord l’auditeur avec ces invocations peu amènes, c’est la puissance du son prodigué par le solide travail d’enregistrement et de mixage signé George Christoforidis. Une puissance moderne mais qui ne sonne ni aseptisée ni trop clinique. Il y a une bonne odeur de soufre et d’emblée, grâce à
Stench of
Torment, on sait qu’on va se prendre une bonne dérouillée. Gros riffs vicieux, basse bien avant, super growl gras et parfois doublé, batterie conquérante, on est certes en terrain balisé tout en apparaissant frais. La fin du morceau est plus mélodique, avec une belle touche black.
Ce blackened death hargneux, on le retrouve sur les missiles précis Sworm et
Malevolent Mist Over the Mount of the
Deceased, qui balancent blast-beats, double pédalage et multiples cassures de rythme. Vasilopoulos y abat un sacré boulot de concassage, promettant par son jeu de joyeux carnages dans les pits. Avec toujours ce souci d'apporter des touches mélodiques qui reprennent le côté poignant du Black
Metal (la fin de Forging de
Darkness devrait vous être plus explicite que ma pauvre prose).
Serement ne s'arrête pas en si bon chemin en proposant Honor of The
Leech, morceau tout bonnement excellent . Mix étonnant entre
Morbid Angel,
Belphegor ,
Malevolent Creation et
Immolation, voilà un sacré parpaing au riffing excellent, qui se permet même un refrain qui vous rentre direct dans le crâne (« We are the Enemy »), à scander comme un malade l'index tendu. Un sérieux concurrent au morceau death de l'année.
Sans dévier de son objectif de faire un maximum de victimes, nos compères, tels des spartiates, continuent leur œuvre de démolition avec No
Reflection For His
Shadow (quelle basse!!) et
Frozen Dawn of Death.
Seul le titre final et instrumental Κατάβαση Ψυχών apporte une relative accalmie mais continue de charmer par ses mélodies mélancoliques (Vaggelis Nanos est un bassiste vraiment doué!!).
Une atmosphère volontairement sombre et guerrière enveloppe la thématique générale, sans non plus être foncièrement explicite. Cette menace indicible et maléfique est bien représentée par l'ombre en arrière plan de la belle pochette signée
Misanthropic -Art.
Bravo alors à Dolorem Records d'avoir judicieusement exploré le royaume d'Hadès pour nous amener Serement en pleine lumière.
Abhorrent Invocations est typiquement le style d'album qui se dévoile le long des écoutes successives, avec toujours ce fort goût de reviens-y. J'espère sincèrement qu'il en sera de même pour vous.
Tu fais chier Armel, un de plus dans le panier
Merci pour tes chros toujours agréables à lire
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire