Abhorrence in Opulence

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14/20
Nom du groupe Ophis
Nom de l'album Abhorrence in Opulence
Type Album
Date de parution 05 Septembre 2014
Style MusicalDoom Death
Membres possèdant cet album10

Tracklist

1.
 Disquisition of the Burning
 14:54
2.
 Among the Falling Stones
 12:53
3.
 A Waltz Perverse
 09:16
4.
 Somnolent Despondency
 11:52
5.
 Resurrectum
 11:49

Durée totale : 01:00:44

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Ophis


Chronique @ Icare

09 Septembre 2014

Abhorrence In Opulence restera un excellent album de genre, ni plus, ni moins.

Ophis, soit serpent en grec, est un groupe allemand qui évolue depuis 2001 dans un doom death tout ce qu’il y a de plus classique. La seule particularité du groupe, qui le distingue assez largement de ses homologues dépressifs, est au niveau des lyrics, politiques et engagés, dénonçant les innombrables dérives de notre société malade, bien loin des cimetières, des histoires de vampires et autres joyeusetés du genre. Nos quatre fossoyeurs hambourgeois nous reviennent donc en ce début septembre, toujours sous la bannière de Cyclone Empire, pour nous abreuver de cinq nouveaux titres compilés sous le doux nom d’Abhorrence in Opulence. Niveau musique, rien de bien nouveau : on a toujours un rythme lent et désolé incarné par ces guitares lourdes et plaintives et cette batterie à la réverbération sourde, bref, on nage toujours allègrement dans du doom death classique de chez classique.

Le premier titre, Disquisition of the Burning, long de presque 15 minutes, s’ouvre sur un pattern de batterie lourd et sec sur lequel viennent se greffer des guitares mélancoliques. Le riff évolue au bout de 2,45 minutes, toujours aussi désolé, évoluant sur un rythme plombé, avec une batterie toujours aussi massive et réverbérée et une basse dont les sanglots cafardeux achèvent de vous enfouir six pieds sous terre. Les éructations death résonnent au bout de 4,10 minutes, particulièrement profondes et gutturales, parfois doublées d’une voix black criarde, et le titre se met lentement en branle, alternant parties purement contemplatives fleurant bon la dépression avec arpèges larmoyants, lenteur morbide typiquement doom et passages plus lourds et saccadés pouvant flirter avec le mid tempo catatonique. A 8,20 minutes, le titre s’emballe un peu, avec un riff plus saccadé, supporté par une basse infernale et une double pédale qui sort le morceau de sa douloureuse léthargie, et Ophis nous propose un passage gorgé d’une mélancolie addictive qui prend réellement à la gorge autour des 10 minutes, d’autant plus efficace qu’il est d’une simplicité désarmante. Le constat est simple dès cette première pièce d’un quart d’heure : ce Abhorrence in Opulence n’offrira pas de grande surprise à l’amateur de doom death, les Allemands évoluant dans un style extrêmement galvaudé dont les barrières sont très clairement balisées, mais si ces 5 titres s’inscrivent droit dans la moyenne du genre, sans exubérance, il faut tout de même souligner qu’ils sont un parfait condensé du style, techniquement et qualitativement irréprochables.

L’album déroulera lentement ses méandres charbonneux, jouant à l’envi sur ces sonorités un brin désuètes qui firent le bonheur du genre durant les années 90 : Ophis ne fait clairement pas dans l’originalité, et les influences sont plus qu’évidentes, My Dying Bride en tête, auquel on pourrait rajouter Morgion ou le early Anathema, mais il faut souligner que le groupe n’utilise pas de claviers et développe ses ambiances avec les seuls instruments metalliques traditionnels. Ainsi, on retrouvera un long passage en arpèges sur Among The Falling Stones, tout en sensibilité, pas particulièrement immersif, mais offrant tout de même une montée en puissance progressive et subtile sur des percussions au rythme militaire dont l’ampleur sonore augmente sensiblement au fur et à mesure que la guitare égraine ses notes désolées, et qui viendra expirer sur un passage plus intense, avec un riff réellement touchant porté par le grunt de Philipp Kruppa, plus terrassant que jamais. Le morceau se terminera même sur les plaintes d’un violon de rigueur, histoire de rester fidèle au genre et d’appuyer le sentiment d’abattement et de deuil que l’auditeur ne manquera pas de ressentir à l’écoute de ces 5 longues complaintes désolées.
Nous noterons également A Waltz Perverse, au tempo plus soutenu, morceau plus énergique appuyé par quelques parties de guitares plus rythmées et mélodiques ainsi qu’une double pédale efficace, ainsi que la fin de Somnolent Despondency, particulièrement lourde et rampante, avec cette basse tellurique, ces guitares aux notes aigres et des vocaux particulièrement abyssaux pour un rendu vraiment suffocant.
Mention spéciale au dernier titre, Resurrectum, tout en torpeur, qui ne voit apparaître le chant qu’au bout de 3 minutes d’arpèges lancinants et de guitares déprimantes au possible, et qui parvient à instaurer un véritable malaise avec ces vocaux black extrêmement criards et ces chuchotements et hurlements confus au bord de la démence qui s’insinuent dans l’esprit affolé de l’auditeur à 4,45 minutes. Quelques voix claires et désolées à la Stainthorpe viennent encore plomber l’ambiance sur ces riffs funéraires à faire pleurer un clown, et cette partie, d’une simplicité touchante et expressive, parvient réellement à nous immerger dans un monde d’horreur et de larmes. La fin du morceau se mue en un death metal d’autant plus jouissif qu’il est inattendu vu la lenteur poisseuse de l’ensemble, avec ce blast qui déboule sans crier gare : la claque est vraiment délectable, et on ne peut que regretter que le groupe n’ait pas plus varié les plaisirs au vu de la maîtrise de ce passage plus percutant , les parties doom, au demeurant parfaitement chiadées, n’en seraient sans doute que mieux ressorties !

Pour conclure, cet album est incontestablement bon, Ophis maîtrise indéniablement son sujet, et l’amateur de doom devrait trouver son bonheur dans cette heure de musique sombre et dépressive. Ceci dit, force est de constater que cette dernière livraison des Allemands ne surprend jamais, n’innove pas d’un iota, et, au final, n’apporte pas grand-chose au schmilblick. Si l’album est tout à fait cohérent sur la durée, il manque peut-être de moments forts et de passages réellement envoûtants, le parti pris du groupe de ne pas utiliser de claviers étant peut-être à ce titre préjudiciable à la création d’ambiances vraiment prenantes. En tout état de cause, Abhorrence in Opulence restera un excellent album de genre, ni plus, ni moins.

1 Commentaire

4 J'aime

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Jibe - 12 Octobre 2023:

Vu en concert samedi dernier, c'est très bon ! Je recommande leurs albums tout comme leur version live.

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