Abbath

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Nom du groupe Abbath
Nom de l'album Abbath
Type Album
Date de parution 22 Janvier 2016
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album123

Tracklist

1.
 To War
Ecouter05:35
2.
 Winter Bane
Ecouter06:49
3.
 Ashes of the Damned
Ecouter03:51
4.
 Ocean of Wounds
Ecouter04:44
5.
 Count the Dead
Ecouter04:57
6.
 Fenrir Hunts
Ecouter04:38
7.
 Root of the Mountain
Ecouter05:40
8.
 Endless
Ecouter04:36

Bonus
9.
 Riding on the Wind (Judas Priest Cover)
 03:04
10.
 Nebular Ravens Winter (Immortal Cover)
 04:16

Durée totale : 48:10

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Abbath



Chronique @ Icare

02 Fevrier 2016

Abbath est encore trop proche d’un Immortal en pilotage automatique, et sonne bien trop propre et aseptisé.

Quoi qu’on en dise, Abbath est quand même un personnage incontournable de la scène black. Dieu vivant pour les uns, véritable bouffon pour les autres, l’ancien frontman d’Immortal laisse rarement indifférent, et si ses gimmicks quelque peu grotesques, son corpse paint dégoulinant et ses poses légendaires ont fait couler beaucoup d’encre et s’esclaffer bon nombre de metalleux, force est de reconnaître que le monsieur possède quand même un certain talent pour composer des mélodies glaciales et épiques et qu’il a écrit avec Immortal une page essentielle du black metal norvégien.

Sans revenir sur la polémique puérile qui a vu Immortal se déchirer une seconde fois et Abbath prendre un nouvel envol sans ses petits camarades de jeu, il convient tout de même de souligner que ce premier album éponyme, des dires même du sieur Eikemo, possède quelques morceaux qui auraient dû atterrir sur le prochain album studio de la troupe norvégienne. La filiation entre les deux groupes est donc évidente et la ressemblance musicale logique et inévitable, vous voilà prévenus.


Rentrons donc maintenant dans le vif du sujet : quelques bruits de pas crissant dans la neige, une clameur confuse et guerrière, et c’est To War ! qui démarre par ce rugissement de guitares crachant un riff froid, carré, ronflant et mécanique rappelant presque Sepultura période Roots. Le son est énorme, à la fois limpide et glacial, mettant en avant une batterie métronomique qui évolue en une sorte de mid tempo efficace et propice au headbang. Un petit break, et c’est parti pour le bon vieux blast des familles et la fameuse voix de corbeau du sieur Abbath.

Oui, on l’a dit, la parenté avec Immortal est indubitable, ne serait-ce que par les vocaux et ce grain de guitare si typique, mais on sent que le frontman se fait plaisir, avec un soli de guitare certes pas inoubliable, ainsi que quelques parties plus originales - toutes proportions gardées ! - dans les harmoniques de guitares, qui sortent un peu du carcan immortalien ; un titre bien torché, avec ces petites touches épiques en arrière fond et cet arrière-goût de montagnes et de fjords qui va bien.

Abbath continue à explorer une voie plus personnelle avec un Winterbane entraînant et groovy au joli pont acoustique, qui, même si le riffing n’est pas franchement original, fait gentiment taper du pied et secouer la tête (la basse est discrète mais délectable) et qui rappelle que le bougre est allé tâter du rock burné chez les affreux de I. Vers la fin du morceau, Olve Eikemo tente même de pousser la chansonnette de sa voix lugubre, rappelant bizarrement un Inquisition qui s’essayerait au hard rock blackisant, l’aura occulte en moins. Pas spécialement réussi, mais on appréciera la prise de risque.

Mention spéciale à Fenrir Hunts, meilleur titre de l’album, avec le couple basse/grattes qui bourdonne bien comme il faut, nous servant des riffs à la sauce thrash sur une rythmique implacable, avec des accélérations bien senties, et ces chorus de guitare majestueux, épiques et guerriers qui nous donnent envie de prendre une hache et d’aller dézinguer du cureton.

Dans l’ensemble, Abbath évolue dans un metal très rythmé ponctué par une batterie à la fois puissante, mécanique et dynamique – la prestation de Kévin Foley, alias Créature, est impériale, et on constate que le batteur a su parfaitement adapter son jeu à la musique du Norvégien), oscillant entre mid tempos (Ocean of Wounds, Root of the Mountain) et blasts effrénés (Ashes of the Damned, dévastateur, avec ce riff immortalien, et ces cuivres synthétiques – pour ne pas dire plastiques – qui donnent un petit côté épico-kitch à la musique de notre affreux grimé, Endless, au nom mal choisi puisqu’il conclut l’album, rapide, tranchant, puissant et efficace, au riff en aller-retour joué à toute blinde, et proposant un break assez savoureux ; ce dernier morceau nous fait secouer la crinière sur ses mid tempo très n’ roll et nous fout la trique sur les parties blastées, se finissant sur ce fade out où les mélodies de guitares expirent avec ce blast démoniaque).

Les riffs sont froids, lourds, et entraînants, dans la plus pure tradition Immortal, appuyés par un King qui rajoute une profondeur non négligeable à l’ensemble, et le tout est parfaitement exécuté, terriblement carré, presque mécanique. Une sorte de suite logique à All Shall Fall en fait.


Et c’est justement là que le bât blesse: le premier album du frontman norvégien est, malgré quelques petites touches d’innovation timides, totalement prévisible, encore trop proche d’un Immortal en pilotage automatique, et sonne bien trop propre et aseptisé. Le full length est plus que correct, les titres sont bons, on reconnaît la patte du compositeur, mais tout est trop contrôlé, balisé, gentillet, pas un poil de cul ne dépasse, et on a du mal à retrouver la fougue haineuse et blasphématoire ainsi que cette âme gelée qui nous pétrifiaient sur place sur les premiers albums du trio. Au lieu d’hymnes au grand Nord au feeling glacial et sacré, on a ici 40 petites minutes sympathiques qui font taper du pied et secouer la tête mais qui ne laisseront probablement pas de souvenirs impérissables dans nos cortex de metalleux aguerris.

Alors oui, Abbath sait jouer, Abbath sait composer et Abbath sait visiblement s’entourer, n’empêche que tout cela ne suffira pas à recréer la magie intemporelle que notre homme touchait du bout du doigt au début des années 90. Comme quoi, même les légendes ne sont pas immortelles…

22 Commentaires

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Kjellson - 18 Mars 2016: perso, j'adore, Abbath fait ce qu'il sait faire, je ne m'attendais pas à du rap ou de la techno, donc je ne comprends pas comment on peut être déçu, car Abbath fait du black qui ressemble à Immortal, faut dire qu'il faisait beaucoup dans ce groupe mythique, donc aimant Immortal, je ne suis pas surpris et c'est bien ainsi.
Avis perso bien sûr:)
bababatoubatbat - 03 Juillet 2016: perso, j ai bien aimé, maintenant assez d 'accord avec le côté "en mode pilotage automatique" mais c'est ça qu'on aime, immortal !! abbath !!
1001nuits - 12 Juillet 2017: Comme (très) vieux fan d'Immortal un peu désappointé par la tournure très Bathory des derniers opus, je le trouve pas mal cet album. C'est vrai que ça pourrait être un album d'Immortal...
PhuckingPhiphi - 21 Septembre 2017:

J'aime bien cet album ; c'est vrai qu'il est facile d'accès, sans surprise, mais ça le fait.

Ça sonne certes très Immortal, mais d'après les ex-copains d'Abbath (car, rappelons-le, Immortal n'est finalement pas mort !), Abbath ne se serait pas privé de piller allégrement des compos prévues pour le prochain album et en aurait changé les paroles pour les intégrer à son propre disque.

Bon après, allez savoir qui a tort, qui a raison, j'm'en fous un peu, surtout qu'on n'est pas à l'abri d'une bonne surprise de la part de Demonaz et Horgh. Si au final on a deux bons groupes, j'achète.

Merci pour la kro ! :)

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