A World of Silence

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15/20
Nom du groupe Aria Flame
Nom de l'album A World of Silence
Type EP
Date de parution 19 Octobre 2014
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1.
 My Muse
Ecouter05:02
2.
 Realm of Hate
Ecouter06:08
3.
 A World of Silence
Ecouter06:44
4.
 My Own Little Hell
Ecouter06:27
5.
 The Lonely Phoenix
Ecouter04:52
6.
 Divine World
Ecouter05:57

Durée totale : 35:10

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Aria Flame



Chronique @ ericb4

18 Décembre 2019

Première et vibrante étincelle générée par la formation étasunienne...

Encore un énième groupe metal symphonique à chant féminin, voué comme tant de ses pairs à une disparition prématurée, me direz-vous et vous auriez raison, à quelques nuances près... Loin de se lancer tout de go dans l'arène, ce jeune quintet étasunien natif de Grand Rapids (ville du Midwest située dans le Michigan) a pris soin de ne pas brûler les étapes, construisant pierre par pierre son édifice, judicieuse stratégie destinée à lui assurer de solides fondements compositionnels et textuels. En effet, créé en 2011 par l'auteure/compositrice et mezzo-soprano libano-égyptienne Aziza Poggi (ex-Dendura) et le batteur Erik Sales (ex-Ultrathrash, ex-Dendura), ce n'est que trois années plus tard que le groupe accouche de son premier bébé, l'EP « A World of Silence » ; auto-production et concept album à la fois introspectif et inspiré par l'évolution et l'essor du Phoenix, où 6 titres se succèdent sur une bande auditive de 35 généreuses minutes. Quelles seraient alors ses armes pour espérer voir ce collectif bousculer l'âpre concurrence continuant d'agiter ce registre metal ?

Dans cette aventure, pour les accompagner, Aziza et Erik ont requis les talents de : Greg Cloon (ex-Dendura) à la basse ; Daniel Cruzan aux guitares et Alicia Menninga (ex-Dendura) aux claviers. De cette étroite collaboration émane une œuvre rock'n'metal symphonique gothique un brin néo-classique à la fois racée, frondeuse, énigmatique, théâtrale et romantique, dans le sillage d'After Forever, Revamp, Amberian Dawn, Epica, Imperia et Aesma Daeva. Produit et enregistré par Greg Cloon, mixé et mastérisé par un certain Neil Kernon, connu pour avoir oeuvré auprès de Judas Priest, Queensrÿnche, Nevermore, Nile, parmi tant d'autres, l'opus témoigne d'une péréquation de l'espace sonore entre lignes de chant et instrumentation, de finitions passées au peigne fin et d'une confondante profondeur de champ acoustique. Mais entrons plutôt dans la goélette en quête de pépites profondément enfouies...

C'est le plus souvent au cœur d'un volcan en fusion que nous projette la troupe, avec, pour effet, d'aspirer le tympan sans avoir à forcer le trait. Ainsi, c'est sur un torrent de lave que l'on déambule à l'aune de « My Muse », pulsionnelle et mélodieuse offrande dans la droite lignée de Revamp, incessamment réalimentée par un riffing crocheté et une basse éminemment vrombissante. Dans ce champ de turbulences, les puissantes et limpides inflexions de la sirène, alors apparentées à celles de Floor Jansen (Nightwish, ex-After Forever, ex-Revamp...), font mouche où qu'elles se meuvent. On ne sera guère moins happé par l'infiltrant cheminement d'harmoniques exhalant de « Realm of Hate », mordant et théâtralisant méfait à mi-chemin entre After Forever, Epica et Amberian Dawn (première période). Disséminant de sémillantes rampes synthétiques et d'insoupçonnées accélérations de son corps orchestral, la tumultueuse proposition se pare, en prime, d'une orientalisante et sulfureuse atmosphère, mise en exergue par les ensorcelantes et chatoyantes modulations de la déesse.

Répondant à un souci de diversification de ses ambiances, nos acolytes ont parfois emprunté la voie opératique pour tenter de nous rallier à leur cause. Ce qu'illustre précisément « A World of Silence », intrigant et énergisant manifeste à la confluence entre Aesma Daeva et Nightwish. Octroyant de délicats arpèges au piano doublés d'un fin legato à la lead guitare, le message musical joue avec habileté sur les effets de contraste rythmique pour asseoir son aura. Ainsi, de saisissantes montées en régime du convoi instrumental alternent avec d'inespérées décélérations sous-tendues par l'un ou l'autre pont d'inspiration néo-classique. Dans cette tourmente, sous couvert d'envolées lyriques aux faux airs de Liv Moon, la maîtresse de cérémonie fera voler en éclat toute tentative de résistance à ses magnétiques volutes. Dans cette dynamique s'inscrit également « Divine World », fougueux, énigmatique et seyant méfait opératico-progressif dans la veine coalisée d'Amberian Dawn et After Forever. Autre espace d'expression susceptible, lui aussi, de laisser quelques traces dans les mémoires de ceux qui y auront goûté...

Quand nos gladiateurs nous octroient leurs mots bleus les plus sensibles, ils se muent alors en de véritables bourreaux des cœurs. Aussi, la petite larme au coin de l'oeil que l'on feindrait d'ignorer perlera sur la joue de l'aficionado du genre sous l'impact des vibes enchanteresses libérées par « My Own Little World », délicieuse ballade aux airs d'un slow qui emballe, au carrefour entre Aesma Daeva et Revamp. Déversant de délicats arpèges au piano ainsi qu'un bref mais vibrant solo de guitare, l'instant privilégié se teinte, par ailleurs, d'une sente mélodique des plus pénétrantes sur laquelle viennent se greffer les ensorcelantes patines d'une frontwoman que l'on croirait volontiers touchée par la grâce. Bref, un intimiste moment aux subtiles variations rythmiques et d'une force émotionnelle difficile à endiguer, y compris pour les âmes les plus rétives. Pourtant doté d'harmoniques plus difficiles à dompter, « The Lonely Phoenix », pour sa part, distille des couplets finement ciselés enjolivés par les puissantes et ondoyantes impulsions de la belle, qui ne sont pas sans rappeler celles d' Helena Iren Michaelsen (Imperia). Se chargeant en émotions au fur et à mesure de sa progression, cette ballade atmosphérique gothique aux airs d'un Imperia estampé « Queen of Light » ne ratera pas davantage sa cible...

Au final, le combo nord-américain réussit le pari de maintenir l'attention constante de bout en bout de notre périple. Concédant certes quelques séries d'accords convenues et ne parvenant pas encore à s'affranchir totalement de l'empreinte de leurs maîtres inspirateurs, nos acolytes nous octroient toutefois un message musical diversifié sur les plans atmosphérique, rythmique et vocal, tout en témoignant d'un potentiel technique difficile à prendre en défaut et d'insoupçonnées qualités mélodiques. Atouts auxquels s'ajoutent une ingénierie du son aux petites oignons, une empreinte vocale à la fois chatoyante et troublante, et pas l'ombre d'un bémol venu ternir l'ambiance de cette œuvre puissante, sensible et surtout bien inspirée. Pour un premier jet, en dépit du peu de prises de risques consenti, la formation étasunienne s'en sort avec les honneurs, et laisse à penser qu'elle est loin d'avoir refermé l'ultime chapitre de son histoire. L'avenir seul nous le dira...

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