Après dix ans d'existence, le quatuor français
Breed Machine sort à l'automne 2013 son quatrième album,"A l'aube du 8ème jour". Deux ans après le sobrement intitulé "3", ce nouveau disque bénéficie d'une distribution plus conséquente puisqu'en plus du label fondé par le groupe (Label 44) celui-ci sera distribué par Send The Woods et le label français incontournable, j'ai nommé Season Of
Mist. L'artwork de ce quatrième album est, il faut le souligner, une réussite totale. Soigné, mystérieux et mettant en avant une esthétique aussi raffinée que déroutante, cette première impression est très alléchante. Côté musique cependant, qu'en est-il ?
La première chose que l'on remarque, c'est que
Breed Machine n'est pas près de se mettre au prog. 12 titres pour quarante minutes tout juste, soit des morceaux tournant autour des 3 minutes chacun. On s'attend donc à ce que le groupe envoie sévèrement sur ces formats relativement courts. Et à vrai dire quand débute "Shinra Tensei" on est plutôt satisfaits par ce titre aux couplets tapageurs et "groovy" et dont le refrain, pas foncièrement original, fait pourtant bien le boulot.
Malheureusement ça ne sera qu'un feu de paille. Car si l'exécution de ce quatrième album se fait sans accroc et avec une certaine maîtrise, l'ennui vient cependant vite pointer le bout de son nez. Et pour cause, les morceaux proposés manquent bien souvent d'accroche et d'originalité pour retenir l'attention de l'auditeur. Là où l'an dernier The Arrs proposait un "
Soleil Noir" plus cohérent et convaincant dans un style relativement similaire, là-même où le précédent album de
Breed Machine pouvait se targuer de posséder plusieurs refrains entêtants, on ne retrouve souvent que de la platitude, des riffs génériques et des enchaînements prévisibles.
Cependant tout n'est clairement pas à jeter dans cet album. Quelques morceaux réussissent à tirer leur épingle du jeu et prouvent que le groupe a tout à fait le talent pour composer du très bon. Citons "La Volonté" et son riffing à la coloration presque atmosphérique, l'entraînant "Le Sourire de l'Ange" où l'on sent, une fois n'est pas coutume, la rage du vocaliste s'exprimer avec sincérité et surtout le très convaincant "Sous Mon Bouclier", lâchant quelques riffs bien malsains et un refrain en mid-tempo du plus bel effet.
En somme
Breed Machine nous offre un album en demi-teinte. En optant pour des titres relativement courts, le quatuor n'avait d'autre choix que d'offrir de l'efficacité, pari pas vraiment tenu. L'album tient tout de même la route et n'hypothèque en rien le potentiel des français. A eux de l'exploiter pour le mieux dans le futur.
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