Février est un mois décidément très prolifique en matière de death metal. Cela fait un bon moment que je connais
The Argent Dawn mais étant donné qu’ils n’avaient rien proposé de neuf depuis leur précédente démo (datant quand même de 2007), je les avais un peu zappés… Et voilà qu’aujourd’hui sort leur premier album qui plus est chez le label grimpant
Rising Records (
Trigger the
Bloodshed,
Bleed From Within). En voilà une surprise !
Venus tout droit d’Angleterre, nos jeunes brutal-boys en ont dans le ventre. Bien décidés à s’immiscer dans la scène death metal actuelle, ils ont fait les premières parties de
Despised Icon,
Dying Fetus,
Annotations Of An Autopsy et
Abigail Williams et ont à leur actif pas moins que sept tournées. Autant dire qu’ils n’ont pas chômé en matière de live. Rôdés, appréciés par le jeune public, soignant leur image et travaillant sans relâche, ils ont enfin enregistré leur premier album nommé
A Blank Eternity.
Dire que cet album est une tuerie monumentale serait mentir, les jeunes Anglais ne révolutionneront pas le death metal. Mais force est d’admettre que ce premier disque a plus d’un tour dans son sac… Le style est conforme à ses propres règles : pas d’initiatives incongrues, rien d’osé, on reste dans les clous tout en apportant aux morceaux la puissance nécessaire qui nous prend directe par les oreilles et nous fait valdinguer la tête de droite à gauche.
The Argent Dawn proposent donc du classique et par conséquent de l’efficace, du lourd, avec du blast-beat en veux-tu en voilà, des riffs rapides, des saccades lourdissimes ("
Veil of
Disgust" en est le parfait exemple) et un solo (oui oui, un seul) bien mis en place. Tout cela est hélas plutôt couvert par une voix certes très bonne, caverneuse, gutturale, venant directement des tripes, mais éclipsant quelque peu le reste. Premier regret, le fait que les instruments soient autant en retrait par rapport à la voix. Que l’on se rassure, c’est parfaitement audible et le son est plutôt net : pas de bouillis baveuse à l’horizon.
Dès le premier morceau, on en prend plein la poire avec un roulement de batterie net qui amorce le titre éponyme, un des meilleurs morceaux de la galette. Le combo enchaine donc des chansons violentes, soutenues, très souvent glauques grâce à des mélodies inspirées (celle sur la fin de "
The End" reste en tête et provoque un sacré mal de cou). On pense à
Vile, à
Cannibal Corpse époque
Bloodthirst voire même au dernier
Misery Index… L’originalité n’est donc pas de mise, seule l’efficacité règne à travers ces 10 titres et c’est le principal.
Si certains morceaux paraissent peu extraordinaires voire classiques ("Soul
Infection" et l’interlude à moitié-acoustique "
Earth Angel" sont plutôt dispensables), il faut reconnaitre qu’
A Blank Eternity propose également des petits bijoux du genre, alliant la technique à l’efficience ; des titres remarquables comme "
Shadow of Intent" et surtout "Shwatguns", celui-ci étant tiré de leur précédente démo. Par ailleurs, sans forcer sur la durée, ne mettant en boîte que le strict minimum, les British savent correctement doser leurs chansons sans tomber dans l’excessivité inutile. Ainsi, la durée moyenne des titres n’excède quasiment pas les 4 minutes.
Sans m’éterniser sur le sujet, je dirais que le groupe doit encore persévérer et nous servir un second opus un poil plus personnel. Mais pour un premier full-length,
The Argent Dawn ont fait leurs preuves en la matière et, à défaut d’être original,
A Blank Eternity reste un très bon album bourrin et professionnel.
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