7 Steps to Nothingness

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17/20
Nom du groupe Memories Of A Lost Soul
Nom de l'album 7 Steps to Nothingness
Type Album
Date de parution 2004
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album7

Tracklist

1. The Art of Never
2. Sleeping Bad Consciousness
3. Nekroantimateria
4. Seeds of Chaos
5. Love Damned Story
6. The Curse of Eternity
7. Religion of the End
8. Tales from Kadath

Chronique @ Icare

09 Septembre 2011

Une musique originale, sombre, envoûtante, puissante et au fort impact émotionnel, que demander de plus?

Memories of a Lost Soul, ce nom ne vous dira sans doute rien, et je suis mal placé pour vous jeter la pierre, car je dois vous avouer qu’avant d’être tombé complètement par hasard sur 7 Steps to Nothingness dans un magasin non spécialisé, je n’avais strictement jamais entendu parler de ce groupe. Vous m’excuserez donc de ne pas vous proposer la présentation de rigueur, car mis à part que ce groupe nous vient d’Italie, est signé sur le label montpelliérain Deadsun Records et pratique sur ce dernier album en date un death mélodique d’excellente facture et aux influences multiples, frais, racé, entraînant, et d‘une originalité et d‘une profondeur rares, je ne peux pas vous dire grand-chose.

Voilà pour les préambules, maintenant que vous en savez un peu plus, il est grand temps de se pencher sur cette excellente galette. Et c’est qu’il y a à en dire, ce qui, vous en conviendrez, dénote notablement vu le style pratiqué ici…
Par où commencer? Et bien par le commencement, essayons tout d’abord de définir le style complexe et personnel des Italiens afin de donner quelques repères au lecteur venu s’égarer sur cette page: la base musicale de cet effort est incontestablement death mélodique, avec des guitares saccadées et véloces distillant des riffs à la fois mélodiques et mordants, accords qui peuvent parfois plus lorgner vers le black ( les refrains de The Art of Never et de Seeds of Chaos pour ne citer que deux exemples). Les grattes sont justement l’un des nombreux points forts de cet album, alternant riffs lourds et hachés avec d’autres plus fluides et agressifs quand ce ne sont pas des moments d’accalmie majestueux où arpèges et soli nous plongent dans une torpeur onirique( le sublime passage dès 2min50 de The Art of Never ou celui à 2min37 de Religion of the End).

Les claviers jouent également un rôle important, pas comme dans la majorité des groupes de death mélo scandinaves où ils ne sont là que pour rehausser une ligne de guitare ou appuyer une ambiance, mais tissant leur propre trame musicale et épique, et créant des atmosphères très variées, de la traditionnelle partie de piano parfaitement chiadée et mélancolique à la mélodie angoissante et horrifique (confer Love Damned Story, instrumentale amère et contemplative aux forts relents de nostalgie, uniquement égrainée au clavier). Le rythme change sans arrêt (à ce niveau, le batteur fait un bon boulot, imposant sa présence et son savoir-faire sans en faire trop, et insufflant une dynamique appréciable à l’ensemble des morceaux), on passe aisément de passages blastés et jouissifs à d’autres bien plus intimistes et mélancoliques suivant le ton des guitares et l’ambiance que le groupe tente d’imprimer. Les voix elles-mêmes suivent habilement ce schéma, le chanteur officiant dans un style écorché et grave à mi chemin entre le death et le black, mais sachant aussi passer en voix claire ou murmurée lorsque la musique l’exige (comme sur le somptueux The Art of Never ou Seeds of Chaos, moins réussi au niveau des vocaux…). De même, une chanteuse vient faire son apparition à la fin de Sleeping Bad Consciousness et pousse la chansonnette sur Nekroantimateria, et même si son timbre n’est pas très assuré, elle apporte une petite touche de variation et de lumière dans un univers musical suffocant de tristesse et de mélancolie.

La musique de Memories of a Lost Soul est incontestablement sombre et travaillée, possédant même si sa musique s‘en éloigne, une âme résolument gothique, mais ne se perd jamais dans une débauche de violence ou de technique gratuite. Ici, tous les éléments ont leur place pour servir l’ensemble cohérent et poignant que composent les 9 chansons de l’album, et malgré une musique très riche qui n‘hésite pas à aller piocher ses idées à droite à gauche, il n’y a aucun élément superflu.
En fait, les Italiens mélangent habilement les influences et les styles pour créer leur propre musique, identifiable immédiatement tant elle reste homogène et personnelle. On peut par exemple citer Nekroantimateria avec son intro que ne renierait pas un groupe de prog’ et son refrain à la mélancolie poignante sur fond de synthé gorgé de spleen, le riff et la rythmique très power débutant The Curse of Eternity ou les allers retours black qui parsèment régulièrement l’album, surtout lors de refrains blastés.

Alors certes, tout n’est pas parfait sur cet album, à commencer par un son qui manque de puissance sur les guitares, des vocaux parfois un peu approximatifs et irritants, quelques parties de clavier frôlant le kitsch ou certains passages un peu mièvres et détonnant parfois dans un ensemble étonnamment compact.
Mais on ne peut pas nier ici que la musique est de qualité, très pro, que les zicos maîtrisent leurs instruments sur le bout des ongles et que le tout est sincère, fouillé et patiemment travaillé (il n’y a qu’à jeter un œil à la superbe pochette de l’album, complexe, sombre et mystérieuse comme la musique du groupe, pour s‘en persuader).

Pour conclure, on pourrait dire que 7 Steps to Nothingness est un très bon album de musique extrême difficilement classable et d’autant plus délectable, oscillant entre death mélo, black et prog’ pour le plus grand plaisir de l’auditeur, une sorte de dark metal très mélodique à forts relents gothiques. Une musique originale, sombre, envoûtante, puissante et au fort impact émotionnel, que demander de plus? Un album à écouter au plus vite si ce n’est déjà fait!



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