Haaaa, du grind de chez Bizarre
Leprous Prod, ça faisait longtemps ! Les groupes signés sur ce label vont des plus abominables (S.M.E.S, REEK OF SHIT) au pas mal du tout (STICKOXYDAL, JIG-AI). Pour entamer l’écoute d’un album issu de leur écurie, mieux vaut avoir l’estomac solide, on ne sait jamais trop sur quoi on va tomber…
Rien que le nom du groupe vaut à lui seul le détour : MINCING FURY
AND GUTTURAL CLAMOUR OF QUEER DECAY. Un nom pareil, ça prend très vite toute la place sur une affiche de concert ! J’ai eu la flemme de traduire, mais j’imagine que le résultat doit être quelque chose de très poétique. Le nom de l’album est quant à lui très court : -7-, comme le film
Seven dont le groupe a apparemment l’air d’être fan. Le livret du cd est truffé de clichés tirés du film et plusieurs chansons ont pour titre un des 7 pêchés capitaux,
Blind, Pride, Wrath…etc. Comme je suis parfois un chroniqueur faignant, j’ai également eu la flemme de me pencher sur les paroles des morceaux, mais j’imagine qu’ils traitent de séquences du film. Et puis, je vous l’accorde, on s’en fout un peu des paroles dans ce style musical !
Et la musique dans tout ça, me demandez vous avec vos grands yeux ébahis ? Et ben figurez vous que les mecs de M.F.A.G.C.O.Q.D. savent jouer, ouai m’dame ! C’est fou, même en ne mettant que les initiales, le nom du groupe reste trop long. Les zicos savent donc tout à fait magner leurs instruments et nous balancent au final des compos partagées entre grind et gros death bien gras, le tout parsemé de breaks complètement barrés et de riffs réellement entraînants. MINCING FURY… ajoute à sa sauce une bonne dose de délire, ce qui donne parfois une dimension presque psychédélique aux morceaux. Des exemples ?
Outre quelques effets barjots sur les grattes et des vocaux volontairement caricaturaux, des parties de trompettes viennent par exemple agrémenter plusieurs titres. Le résultat est… particulier ! Le groupe ne se prend pas au sérieux et ça fonctionne complètement. Le dernier morceau atteint quant à lui les 15 minutes ! Bon ok, il y a un blanc de 4’30 à 11’30, mais ce titre vaut le détour. Il s’arrête et redémarre pas moins de 7 fois (vrai, j’ai compté !) sur une petite phrase robotique aux accents russes qui donne à peu près : « Hé-Erman Koner Branick ». Entraînez vous à la prononcer avec l’accent ruskoff, ça finit par être relativement convaincant.
Si les musiciens avaient été d’un niveau médiocre, cet album aurait probablement pu tomber dans le ridicule et le pitoyable, ce n‘est pas du tout le cas. Cette réalisation est au final à la fois bien délirante et très costaude musicalement, ce qui aura de quoi ravir tous les amateurs de musique extrême. Bien joué ! Une des meilleures signatures de chez Bizarre
Leprous Prod que j‘ai pu écouter.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire