2012

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15/20
Nom du groupe Edvian
Nom de l'album 2012
Type Album
Date de parution 20 Décembre 2012
Style MusicalMetal Progressif
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1. Progress of Death
2. 2012
3. This is War
4. Cradle of Life
5. Time
6. Storm
7. For the Sake of Love
8. Crazy World

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Edvian


Chronique @ Eternalis

23 Mars 2013

Dans un style aussi exigeant que le metal progressif, "2012" est une complète réussite.

Une année charnière. De transition. Qui marquera peut-être, et sans doute, l’histoire à travers les âges. Une date que nous vivrons, en amont et en aval pour en subir et en analyser les conséquences annoncées depuis des temps immémoriaux. 2012

Les travaux conceptuels et documentaires sur le 21 décembre 2012 furent pléthoriques à l’approche de cette date, chacun y allant de son analyse, qu’elle soit historique ou théologique.
On se souvient par exemple de Epica qui, dès 2005, s’attaquait déjà au sujet avec son ambitieux "Consign to Oblivion", et mettait en avant les prédictions mayas qui annonçaient non pas la fin du monde, mais un bouleversement inévitable et inéluctable qui servirait d’articulation entre l’avant et l’après 2012.
Il ne s’est finalement rien passé de particulier, même si rien n’a néanmoins évolué positivement dans notre rapport à la planète et aux ressources.

Edvian, jeune groupe russe formé en 2011, avait à cœur d’évoquer ce sujet dès sa première sortie, en l’intitulant simplement du nom de l’année, et en revisitant de nombreux thèmes évoqués par la destruction du monde, qu’ils soient naturels, humains ou technologiques.
Officiant dans un metal progressif inspiré par Dream Theater notamment, c’est pourtant dans une ambiance proche d’un Amaseffer que "Progress of Death" débute, avec une inspiration plus ethnique et une coloration de claviers tribale qui, si elle choque lors de la première écoute, finit par amadouer l’auditeur pour démontrer ses qualités intrinsèques. La production, sans être monstrueuse de puissance, est carré et organique, replaçant dans le spectre sonore chacun des instruments. Si la technique est au centre de la musique, elle n’en est pourtant jamais étouffante, les compositions tournant notamment autour des mélodies vocales. Alexey Serov est à ce titre très à l’aise dans son chant, entre clair et passages parfois un peu plus agressifs, lui que l’on pourrait trouver également juste mais qui se révèle au fur et à mesure du disque.

Les choses s’accélèrent dès "2012", plus technique et direct tout en étant parfaitement orchestré. Une accélération redoutable à la batterie débute le titre avant que les vocaux ne prennent des faux airs de James Labrie. Le guitariste/compositeur Victor Plitkin-Cherkasov démontre qu’avant de faire parler la poudre, il sait également composer des mélodies et des morceaux simples d’accroches, même s’ils ne sont pas techniquement si simples que ça. Le pont, surmonté d’un énorme riff, rappelle encore plus les américains à leurs jeunes heures des "Awake" ou "Images and Words" dans les sonorités de claviers notamment.
Metal progressif certes, mais aucun morceau ne dépasse ici les six minutes, et ne se perd donc dans des dédales trop vastes pour un groupe se cherchant encore un peu. "Time" par exemple, aurait largement pu être allongé mais Edvian a préféré bénéficier d’une certaine compacité pour ne retenir que le meilleur et le plus accessible finalement. Chose plutôt réussie puisque, sans être parfait ni novateur dans le genre, on passe plutôt un bon moment avec ce 2012 qui augure de très jolis espoirs pour l’avenir.

Parfois plus moderne et agressif, notamment sur "Storm", les russes se donnent à fond pour prouver qu’ils ne sont pas de vulgaires clones. La composition s’ouvre sur un cri du vocaliste avant un riff direct et rapide, puis une progression plus syncopée et moderne (ces halos de lumières en guise de claviers, évoquant la scène death mélodique), jusqu’à un break vraiment intéressant même si on aurait souhaité le voir encore plus percutant et intense. Encore une fois, difficile de ne pas voir l’ombre de Jordan Rudess dans les sonorités de claviers, à la fois bizarres et kitsch, modernes et vicieuses. Edvian va encore plus loin avec le final "Crazy World", quasi industriel et se bardant de multiples sonorités électroniques et aliénantes. Presque proche d’un Nine Inch Nails ou d’un Marylin Manson de la grande heure dans ses aspects dérangeants, les russes ne reculent devant rien et montrent peut-être là une clé future de leur évolution, dans laquelle ils pourraient bien trouver une certaine plénitude artistique puisque le prog industriel n’est, à priori, pas un genre très convoité (on a vu l’effet que cela a pu donner lorsque Karelia a tenté la chose sur "Restless"). Pourtant, dans ce déluge de sons, les mélodies vocales d’Alexey ressortent considérablement, contrastant énormément avec le milieu clinique et glacial de cette rythmique martiale et annihilatrice. Des cris se font entendre au loin, des halètements bruyants, des souffles troublants…jusqu’à ce que ce soit finalement un mantra qui terminent l’album dans une ambiance plus ésotérique et mystique que jamais (impossible de ne pas penser au "The Art is Dying" de Gojira à cet instant).

Edvian, dans une totale discrétion dû à son origine et son label encore confidentiel, n’a clairement pas fait de bruit mais avec une exposition plus forte, ils sont capables de bien plus dans l’avenir. Certes, des points sont encore à travailler mais pour un premier disque, de plus dans un style aussi exigeant que le metal progressif, "2012" est une complète réussite. Il suffit d’écouter "This is War", où l’influence de Symphony X ressort de manière évidente (cette entame vocale est d’ailleurs très empruntée à Russell Allen), autant dans le chant que le placement moderne et syncopée de certaines rythmiques ou des claviers. Le groupe y démontre tout son savoir-faire pour les mélodies mais aussi d’un point de vue technique et créatif.
"2012" n’est qu’un début, mais déjà porteur d’espoir. Le meilleur est à espérer pour ces jeunes musiciens…la fin du monde est encore loin pour eux, qu’ils en tirent la maximum pour revenir avec un second opus encore plus abouti et complet. Ils pourraient dès lors venir frapper à nos portes bien plus tôt que prévu…

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