Art(s) et littérature >> Vos compositions littéraires...
Share to Facebook Share to Myspace Share to Twitter Stumble It Email This More...

   
Vendredi 30 Décembre 2011 - 12:59:07
LES MARCHANDISES DE LA NUIT [ -16 ]


Une sombre avenue durant une Nuit Noire
Une adolescente qui a vu son avenir consumé en quelques minutes
Toute trace de son passé envolé et disparu
Tenant trop à la vie pour vouloir crever au bord du trottoir
Et ne disposant que du monde de la nuit pour survivre
Pas d'autres solutions
Elle se présente devant le bâtiment
Sachant parfaitement ce qui l'attend derrière les murs tagués
Les habitués s'approchent d'elle en Silence
Prêts à placer leurs billets dans les poches de la cliente
La désespérée entre dans le bâtiment
Une barrière d'hommes bloque sa fuite éventuelle
La fille avance vers la scène
Tout les regards rivés sur elle
Les lumières et les caméras sont rivées sur elle
Le Vacarme étouffe les moindres paroles de la cible
Et chacun de ses gestes est acclamé
Quelques hommes montent sur la scène
Leurs mains effleurent et caressent dangereusement la peau convoitée
Les habits de la nouvelle soumise tombent un à un
Les cris redoublent d'intensité
La peau tant convoitée de la proie exposée aux yeux de tous
Molestée et arrosée par la sueur
Pendant que la cible gémit de plaisir et de douleur
L'argent ne s'achète que par le sexe
Les lumières faiblissent
Les hommes entrainent la fille dans une salle annexe
La ligotent pour la pénétrer en toute tranquillité
Profiter d'une chair fraiche qui s'est offerte à eux
Des heures entières la chatte humide remplie de bites
Et les litres de foutre qui circulent au fond de la gorge
Le nouveau cycle de sa vie
Et jusqu'au bout de la nuit
La machine à sperme continuera de tourner pour générer des sous
Toujours prête à sucer pendant qu'elle se fait pénétrer
A l'affût de la moindre occasion de gagner un centime
La fontaine blanche qui circule sur ses cheveux et son corps
Quelques heures durant
Jusqu'à ce que de nouveaux outils apparaissent
Le sang se mêlera au foutre
Quelques paires de ciseaux pour découper sa peau
Des pointes percant ses points vitaux
Et jusqu'à lui crever les yeux et couper sa respiration
Pénétrée même dans la douleur la plus extrême
Et encore une qui s'est aperçue bien trop tard
Qu'elle ne gagnera pas un centime
Mais qu'elle y laissera sa peau
Pendant que sa peau se déchire et que son sang coule sur le sol
Pendant que les hommes en noir rient de son pauvre sort
Et prennent des photos qui circuleront dans un réseau noir
La fille expire
Une trappe s'ouvre
Elle termine aux oubliettes
Le Silence revient dans le quartier
Ils peuvent dormir tranquillement
Se racontant diverses anecdotes lorsque le jour viendra
Les souvenirs rapidement oubliés
Le spectacle doit absolument être rejoué
Il faut qu'une fille se présente à eux
Prête à donner son corps et du plaisir

Voilà que la nuit qui suit dans cette avenue
Une fillette silencieuse se présente devant la foule
Sans famille ni études et âgée de sept ans
Lentement encerclée par les imposants hommes en noir
Les dévisageant de son regard angélique
Sans un mot elle entre dans le bâtiment
Son chemin continue jusque sur la scène
Elle se présente sous les yeux de tous
Les spectateurs avancent lentement jusque sur la scène
Le cercle autour de la fillette se referme
Lentement les lumières s'éteignent et le spectacle commence



Vendredi 06 Janvier 2012 - 01:04:41
Chap 1 d'une nouvelle qui en compte 13.

Chap 1 - Burning Angel
These are dark times/Suspicious minds breed like rats./Guardians of corrupt morality/Spread their filthy lies again

 
  Après plusieurs kilomètres de forêt, le changement était brutal. La taïga s'arrêtait brusquement pour donner naissance à une série de petits vallons. Au bout de quelques kilomètres, ils s’aplanissaient et se transformaient en une plaine de glace. Cette dernière venait mourir aux pieds d'une chaîne montagneuse. Une impression d'espace et d'isolement dominait les lieux.   

Des pics rocheux fermaient les trois autres côtés de la péninsule. Les eaux glaciales de la mer du nord venaient s'y briser. La violence des courants et les arrêtes tranchantes de la roche rendaient tout accostage impossible. La majesté du paysage n'avait d'égal que son hostilité. Trois mois par an, un ersatz de printemps réchauffait la péninsule. Le paysage changeait radicalement. La Toundra se recouvrait d'herbe tendre et de fleurs multicolores. Une débauche frénétique de couleurs et de vie se réveillait avant de se figer à nouveau dans un décor de givre. La glace et le froid reprenaient alors leurs droits pour le reste de l'année. Blancheur et Silence en étaient les maîtres mots. 

   Ces conditions extrêmes avaient déterminé son choix. Elle s'y était exilée, fatigué de la compagnie des hommes. Ce n'était qu'un ramassis de tartufes. Tous cachés derrière une armada de convenances, portant bonnes moeurs et bonnes manières comme des étendards, attributs de leur vertu. Condamnant à l'infamie tous ceux qui déviaient de « Leur » droit chemin. Mais rongés par l'envie, crevant sous le poids de la jalousie, ils déversaient leurs haines derrière des masque de probité, sanctifiant la morale mais s'empressant de la foulée au pied derrière les portes closes de leurs demeures. Plus la morale était vertueuse plus les bordels fleurissaient. Plus les discours appelaient aux bonnes moeurs plus les exutoires étaient morbides.

   Leur vrai visage se révélait lors des exécutions publics. Ils se regroupaient, masse grouillante, serré les uns contre les autres, se touchant, se frôlant, la concupiscence déformant leurs traits. Vibrant d'une fièvre malsaine, ils attendaient. Lorsque le condamné apparaissait, la foule se déchaînait. Vociférant, éructant, bandant. Ils ne devenaient plus qu'un. Chacun poussant l'autre, l'accompagnant, l'encourageant dans la monstruosité. Tous complices donc tous innocents.    

Toute la ville réclamait sa ration de sang. Se rejoignant dans une extase morbide lorsque le bourreau enflammait le bûcher. Savourant chaque étape du supplice du pauvre bougre, ils assistaient avide à la transformation des suppliques en hurlement et des hurlements en silence. Lorsque la mort délivrait le « monstre » de ses souffrances, ils retournaient à leurs occupations, rassasiés, puant la mort, attendant avec impatience la tombée de la nuit l'excitation chevillée au corps. Ce soir de nouveaux êtres seraient ensemencés dans le sein de leur mère. Fils et filles de la laideur humaine. Et, indécence suprême, les os du condamné seraient vendus à pris d'or comme talisman. Misérable.
   
Elle consomma sa rupture avec le monde des hommes lors d'une tentative d'annexion de son territoire par un des nobliaux frontalier. Elle avait sollicité une audience afin de lui demander de renoncer à son projet. Il lui avait ri au nez, lui proposant d'intégrer son harême en dédommagement. Elle s'était retenue de ne pas lui trancher la gorge.  Ravalant sa rage, elle le défia de venir la chercher dans ses montagnes, arguant qu'il était bien trop couard pour oser les escalader. Elle savait qu'il relèverait le défi. Ce genre d'hommes étaient tellement imbus d'eux même qu'ils étaient près à toutes les stupidités. Surtout si le défi venait d'une femme. Comme elle l'avait prévu, il se lança à l'assaut des contreforts. Lorsque l'armée fut à mi-chemin, elle déclencha une avalanche. La coulée engloutie les hommes. Une poignée de survivants tenta de se dégager de la gangue de neige. Désorientés et paniqués, ils étaient des proies faciles et elle une chasseuse implacable. Ce soir là, elle rentra chez elle, un goût de sang dans la bouche, son bras tremblant de s'être tant de fois abaissé pour donner la mort.
    
Des patrouilles furent envoyées pour savoir ce qui était advenue. Ne trouvant ni corps ni trace de bataille, l'idée d'une intervention surnaturelle fit son chemin. Elle veilla à alimenter cette théorie en effrayant les quidams qui s'aventuraient sur son territoire à l'aide de quelques tours de chimie. Au bout de quelques temps, légendes et histoires en tout genre circulèrent dans la région. Les lieux furent déclarés maudit. 

 A partir de ce moment, rare furent ceux qui s'aventurèrent au delà de la forêt. Les plus audacieux montaient leur campement aux niveaux des premiers vallons mais jamais plus loin. La peur lui garantissait sa tranquillité. Si ils n'avaient pas quitté les lieux au bout de trois jours, elle déclenchait les hostilités. Rien de bien méchant, tours de passe passe, mise en scène fantasmagorique suffisamment effrayante pour des esprits superstitieux. En générale, ils déguerpissaient à l'aube, terrifiés. Cependant si ils ne comprenaient pas la manière douce et persistaient à violer son territoire, la mort était la finalité à leur entêtement. Par deux fois elle avait dû en arriver à cette extrémité. Comme sur son nouvel univers, une chape de glace s'était déposée sur son cœur.


Mercredi 25 Janvier 2012 - 21:15:10
Ca faisait un mois que j'avais pas écrit, voici un brouillon :



Vengeance

- Vous pensez tous que la haine ne sert qu'à enlever des vies. Vous pensez tous que la haine ne règle aucun problème. Vous pensez tous qu'on peut arranger tout les problèmes de façon douce et diplomatique. Vous pensez vous pensez mais vous n'agissez pas, leur avait-il expliqué.
Ils écoutaient attentivement chacun des mots de celui qu'ils appelaient l'ange noir.
- C'est trop facile, lorsqu'on a toujours eu la belle vie, de dire aux autres de vivre d'amour et d'eau fraiche. C'est toujours plus facile de parler de ce qu'on ne connaît pas que de tenter de se mettre à la place de quelqu'un qui a vu la douleur en face et l'a touchée. C'est toujours plus facile de dire qu'il faut prendre des mesures de sécurité pour qu'un criminel potentiel oublie son passé. C'est toujours plus facile de dire à quelqu'un qui s'apprête à sauter d'une falaise que la vie est belle plutôt que de lui demander quel est le problème. La société est faite comme ça. Lorsqu'un problème fait des ravages, ceux qui parlent et débattent ne sont jamais ceux qui en souffrent.
Un Silence s'est installé entre eux. Il faisait froid, et l'ambiance située quelque part entre l'angoisse et le sérieux n'aidait pas à réchauffer le climat. L'un d'eux demanda alors à l'ange noir.
- Soit. Tu es en train de dire qu'il vaut mieux te demander pourquoi tu es devenu comme ça, plutôt que de tenter de te raisonner. Alors expliques-nous.
- Notre vie n'est fait que de ce que nous apprenons. Quand j'étais enfant, mes parents me répétaient qu'il fallait être intelligent et travailleur pour s'en sortir. Je ne sais pas s'ils pensaient réellement ce qu'ils disaient, mais cela n'a pas très bien marché. Durant les années collège, j'étais le souffre-douleur de toutes les classes. Penses-tu. J'étais intelligent, j'étais Solitaire, j'étais différent et je ne savais pas me battre. Forcément, j'étais une proie facile. Mais quand j'étais enfant, mes parents m'ont aussi dit qu'en cas de conflit ou de problèmes, il fallait que je parle. Alors je parlais. Mais on ne m'écoutais pas. Les surveillants du collège me disaient que si on me frappait et m'humiliait, cela était uniquement de ma faute. J'ai fini par comprendre, au vu de faits relativement uniques, que les surveillants en question étaient soient pris d'indulgence envers mes bourreaux, parce qu'ils avaient des soi-disant problèmes familiaux, soient soudoyés pour qu'ils regardent de l'autre côté. Les années ont passées. J'ai tenté de noyer ces mauvais souvenirs et construire une nouvelle vie. Mais ces souvenirs dans cette cour étaient indestructibles. Par-dessus le marché, j'ai appris que certains de mes agresseurs s'en sont très bien sortis, disposaient d'un bon salaire, d'un bon travail et d'une belle femme à leurs côtés. Alors j'en ai tiré un enseignement. Pour réussir dans la vie, il ne faut pas être fort ni être intelligent. Pour réussir dans la vie, il faut être malhonnête, calculateur et manipulateur.
Un Silence glacial s'installait entre eux. On ne sut quoi répondre. L'un d'eux se risqua :
- Tu va trop loin dans l'erreur. Tu ne pourra jamais vivre réellement une vie si tu t'enfermes dans la vengeance.
- Laisses-le parler. Et ne perds pas Ton temps. S'il y avait un moyen de le convaincre, la Justice l'aurait trouvé avant nous.
L'ange noir reprit avec son habituel Ton froid et mécanique.
- J'ai aussi appris à ne faire confiance en personne, et surtout pas en la justice. La Justice qui se veut le sauveur de la veuve et de l'orphelin mais qui n'est devenu qu'un consommable. Je vous l'ait déjà dit : si les surveillants du collège disaient que c'était de ma faute c'est parce qu'on leur demandait de faire comme ça. Vous voulez me faire comprendre que je ne peux pas vivre dans l'ombre. Soit, alors moi, je vais vous faire comprendre que je ne peux pas vivre heureux dans votre monde. On ne vit que de ce qu'on apprend. A force de vivre une certaine chose, j'ai fini par comprendre que cette chose-là était normale. Ainsi, je me moque des autres parce qu'on se moquait de moi. J'ignore les autres parce qu'on m'ignorait. J'insulte les autres parce qu'on m'insultait. Me forcer à oublier ma rancoeur, c'est me forcer au suicide, car ma rancoeur fait partie intégrante de ma vie. Maintenant que vous disposez de toutes les informations nécessaires, disparaissez de ma vue.
Ils se regardaient, hésitants. L'un d'eux prit la parole.
- Tout le monde est prêt à te pardonner. Tout le monde a encore l'espoir de te revoir épanoui parmi les autres. Te voir sourire comme tu souriais il y a quelques années. Ils veulent même t'envoyer un message. Ils veulent te dire qu'ils te pardonnent et qu'ils t'aiment, et feraient l'impossible pour toi, pour t'aider. Ils savent que c'est de leur faute si tu es déchiré, et veulent se repentir.
- Alors tu leur renverra un message.
Un nouveau silence s'installa. L'ange noir se contenta de prononcer ces quelques mots :
- Allez tous vous faire foutre.


Lundi 13 Fevrier 2012 - 14:35:58
Day To End

Les premiers temps furent un supplice. Chaque fois qu'elle repérait des traces de pas dans la neige, son cœur cognait plus fort dans sa poitrine. Chaque fois la déception était au rendez vous. L'espoir s'était transformé en déchirure perpétuelle. 

Les jours et les mois se succédèrent. Elle repris ses habitudes, oubliant sans vraiment oublier. Le temps avait endormi la douleur mais un voile de mélancolie restait accroché à ses pas. 

Un soir, elle aperçu une lueur au niveau de la grotte. Oubliant toute prudence, elle s'y précipita. Arrivé à proximité, elle aperçue plusieurs hommes. Cette fois encore son espoir fit son désespoir. Elle aurait pu faire demi tour. Elle aurait dû faire demi tour mais quelque chose en elle se réveilla. Tous ses sentiments de Rage et d'amour, qu'elle avait réussi à refouler depuis des mois, déferlèrent en elle et se cristallisèrent en une onde destructrice. Elle lança avec fureur son cheval à l'assaut de la colline. Arrivée au milieu des hommes, elle sauta à terre l'épée à la main. Elle frappa sans retenu,tranchant, éventrant, étripant. Avide de plaies béantes et de corps déchiquetés. 

Elle donna la mort comme elle avait fait l'amour, avec volupté et abandon. Amante funeste, elle vibrait de plaisir chaque fois que son épée pénétrait les chairs. Chaque goutte de sang sur ses lèvres était une caresse, chaque râle d'agonie, une jouissance. Elle buvait leur vie pour chasser sa douleur,cherchant dans leur sang le remède au Poison qui la crucifiait depuis des mois. Une seule chose comptait: faire mal comme elle avait mal.

Lorsque le dernier toucha terre, elle attendit. Scrutant son âme, sondant son cœur. Rien. Elle avait offert son bras à la mort, espérant qu'elle accepterait l'offrande et la délivrerait de sa souffrance mais cette catin s'était repue de sang et l'avait laissé à sa peine.

A bout de souffle, écœuré, elle s'agenouilla dans la neige. Les mains à plat sur ses cuisses, elle tenta de rassembler ses esprits. Sa pensée la fuyait. Elle ne savait plus si le voile qui lui brouillait la vue était dû à son sang qui lui tambourinait les tempes ou au sang de ses victimes qui lui ruisselait sur le visage. Son cœur finit par se calmer. Elle se redressa et contempla son œuvre. Sur la neige immaculée, les traînées
de sang dessinaient des arabesques barbares. Elles s'harmonisaient pour former d'étranges enluminures autour des corps inanimés. Sous l'éclat de la lune, le spectacle était terrible et envoûtant.

Elle sentie la nausée lui monter au bord des lèvres. La violence des spasmes lui firent mettre genou à terre. Elle vomie encore et encore, terrifié par sa propre folie. Lorsque la crise prie fin, elle se nettoya le visage avec une poignée de neige et se leva, épuisée. Elle pénétra dans la grotte, se saisie d'une branche enflammée et mis le feu à l'intérieur. Elle rendit au néant les vestiges d'un amour perdu. 

De retour chez elle, elle anesthésia ses pensées à grand renfort de drogues et d'alcool. Elle savait l'inutilité de la chose. Un cataplasme psychique aussi délétère qu'éphémère mais ce soir, elle avait besoin d'arrêter le temps, d'oublier ne serait ce qu'une nuit. Au bout de quelques minutes, ils firent effet. Elle accueilli avec reconnaissance le bien être artificiel qu'ils lui procuraient. Elle se déshabilla et jeta ses vêtements souillés dans la cheminée puis, elle se dirigea vers la terrasse et fini son rituel de Purification en se plongeant dans les eaux chaudes de la source.

Elle se laissa couler tout au fond, laissant à la nature le soin de la laver. Les drogues, la chaleur et l'eau conjuguèrent leurs efforts pour l'emporter loin d'elle même. Sa perception se fragmenta. Les yeux perdus dans la voûte céleste, elle avait la sensation que son corps s'était dissout dans l'univers. Elle lâcha prise, savourant sa perdition. 

L'aube. De nouveau seule. Ni rancœur, ni regrets ne viennent entacher son âme. Il n'y a rien à dire, rien à faire. C'est juste la fin d'une histoire ordinaire, la fin d'un conte sans espoir.


Epilogue

Elle veut mourir et renaître
Sans oublier ses blessures passées

Elle veut que la déraison
La conduise jusqu'à l'abandon

Elle veut s'y perdre
Et s'y brûler

Elle veut sentir ses griffes
Broyer son cœur glacé

Elle veut à nouveau vibrer
Jusqu'à se briser

Elle veut souffrir et pleurer
Si c'est le prix à payer

Elle veut encore et toujours
Mourir d'Amour





Lundi 13 Fevrier 2012 - 23:36:07
Excellent (ça me donnerait presque envie de me remettre à l'écriture) !


Lundi 13 Fevrier 2012 - 23:52:45
Merci 


Lundi 13 Fevrier 2012 - 23:54:26



Jeudi 16 Fevrier 2012 - 15:28:10
Ca pourrait être la fin du prologue de la page précédent.

Allez, on va faire revenir l'ange noir.
Fusion de deux chapitres que j'avais écrit cet été.
Il y a pas mal de dialogues, mais tant pis.


-----------------------


L'ange noir et Bryan remontèrent au niveau "moins trois", le Grade le plus en bas de la hiérarchie. Puis ils refirent le même trajet que précédemment pour retourner dans le petit bâtiment qui servait de Refuge aux guides. Mais le garçon morbide ne fit pas le trajet de la même manière. En effet, il savait que sous ses pieds se tramait un grand théâtre macabre. En cours de route, il soupira.

- Bryan, j'ai faim.

Le guide se retourna. Ce garçon semblait l'intriguer de plus en plus.

- Suis-moi, tu pourra recharger tes ressources vitales. Je t'expliquerai après.

L'ange noir fut à la fois étonné et effrayé. Plus il entendait parler les citadins de New Gahz, plus cette ville l'effrayait. Sa peur a déjà atteint son paroxysme lors de la visite du niveau maudit, mais le language verbal tenu par les personnes qu'il rencontrait lui laissait penser que dans New Gahz, il n'y a plus de sentiments. Les deux hommes arrivèrent vers un grand parallélépipède posé à la verticale, situé entre quelques ruines, dans une ruelle qui sentait l'urine.

- C'est un distributeur. Je te paye la tournée, prend ce que tu veux.

Bryan placa sa carte dans un capteur qui semblait prévu à cet effet. L'ange noir s'approcha de ce distributeur insolite. Il y avait écrit, en gros, sur la face de devant : "Super-miam". A droite, il y avait plusieurs boutons. Le garçon morbide examina chacun d'entre eux. En fait, il y avait trois colonnes. Sur la première colonne, il y avait comme inscriptions : "Force manuelle". "Intelligence". "Endurance". "Résistance à la douleur". "Vitesse". "Points de bonheur". "Points de vie". "Goût". "Prix total". L'ange noir ne comprenait absolument rien.

- C'est quoi ça, c'est un jeu vidéo ?

Il examina la deuxième colonne. Il y avait deux boutons par inscription sur la colonne de gauche. Le bouton de gauche était marque du signe moins, le bouton de droite était marqué du signe plus. La troisième colonne étaient des écrans digitaux sur lesquels s'inscrivaient des chiffres, tous indiquaient le chiffre zéro. Le garçon morbide ne tarda pas à comprendre. Il appuya sur le signe "plus" correspondant à "Intelligence". Mais un voyant s'alluma et le compteur resta bloqué à zéro. Sur un écran était inscrit : "Opération interdite : accès refusé.".

- Tu n'a pas le droit de manger des points d'intelligence avec ma carte inscrite du niveau "moins trois". Je t'expliquerai après.

Le garçon morbide appuya sur les boutons pour obtenir deux points de vie, qui firent monter le voyant "prix" à 500. Puis il monta d'un cran les voyants "Force manuelle" et "Endurance", ce qui mit le prix à 1500. Il appuya sur le bouton situé tout en bas des autres : "Valider." Quelques bruitages mécaniques se firent entendre, et un sachet apparut devant le distributeur. L'écran principal indiquait "Terminé."

L'ange noir prit le sachet et déchira l'emballage plastifié. A l'intérieur de celui-ci se trouvait une sorte de biscuit carré d'une dizaine de centimètres de côté.

- Viens, tu le mangera en cours de route.

L'ange noir croqua dans le biscuit. Il ne le trouva pas délicieux. Il ne l'avait toujours pas terminé une fois leur marche terminée. Bryan s'installa derrière son bureau et l'ange noir sur une chaise devant, s'intérrogeant sur la fabrication de la nourriture. Il lui fallut une demi-douzaine de minutes pour terminer le biscuit. Il était en réalité très bourratif.

- Ange noir. Si tu as la moindre question, n'hésites pas.
- Pourquoi vous dites "récharger les ressources vitales" au lieu de "se nourrir".

Bryan éprouvait de plus en plus de sympathie envers l'ange noir. L'être le plus étranger à la ville serait sans doute celui qui apporterait un changement. Bien qu'un changement, il le savait, était impossible.

- Nous n'avons pas faim. Nous n'avons pas soif. Lorsque nous naissons, il y a tout un processus qui se crée et qui doit être minutieusement respecté. Mais je n'en sais pas plus sur ce sujet, les citadins à partir du niveau "moins deux" ont l'honneur de le savoir par contre. J'ai oublié de te dire : lorsqu'un citadin baisse d'un niveau, on le place d'abord dans "l'oublieur". Je te donnerai des informations en temps voulu. Pour l'instant, je peux te dire que dès la naissance, nous sommes créés de façon à ne pas avoir faim, ni soif. Cela régla le problème des famines et de la soif, mais pas celui des ressources vitales du corps qui a besoin de protéines et de fibres. C'est pourquoi, une fois par jour, nous mangeons un biscuit. Bien souvent, le contenu du biscuit est défini pour toi en fonction de ta carte. Sur ta carte se trouve une puce magnétique qui contient toutes les informations sur toi, y compris ton métier. Par exemple, si ton métier nécessite de la force manuelle, alors le biscuit contiendra les protéines nécessaires. A condition que tu puisses en payer le prix.

Bryan n'était pas enchanté d'en parler. Il ne se plaisait pas dans cette société. Mais un signal retentit, comme une petite alarme. Alors il prit un bocal de pastilles qui trainait sur son bureau, avala une bastille bleue et referma le bocal. Le signal cessa.

"J'ai déjà vu cette scène quelques heures plus tôt..."

- Je t'explique, j'espère que cela ne sera pas trop rébarbatif. Ici, tu gagnes un salaire journalier. Ce salaire varie en fonction de ton rendement. Plus ton rendement est bon, plus haut est ton salaire. Naturellement, si tu ne travailles pas ou pas assez, tu n'a plus assez de crédits pour t'acheter à manger, ce qui peut te mener à l'étage moins quatre. Il faut aussi noter qu'il faut travailler au moins treize heures par jour pour quelqu'un dans la moyenne afin qu'il puisse seulement espérer obtenir assez de crédits pour se nourrir. C'est comme cela que ca fonctionne à cet étage, mais les lois sont évidemment plus clémentes pour les niveaux qui se trouvent au-dessus de nos têtes. Nous, on est vus comme des bons à rien. Cet étage n'est composé que de travaux simples, mais très chiants et ennuyeux. Personne ne s'y plait. C'est pourquoi cet étage est effrayant.

L'ange noir analysa chacun des mots de son nouvel ami, son guide. Il fut effrayé, mais serait prêt à payer le prix pour survivre. Il s'est rendu compte dans quel piège il est tombé en traversant la frontière.

- Comme je suis un guide, j'ai une liberté sur la nourriture. Je peux mettre ce que je veux à condition que je ne délaisse pas une caractéristique au profit d'une autre. C'est parce que je dois être polyvalent. Pour la majorité des autres métiers, il y a des restrictions. Par exemple, un soudeur doit être doté de force manuelle, de résistance et de points de vie. S'il n'a pas assez d'argent pour tout acheter, il doit se rabattre sur les points de vie, sinon il est susceptible de ne plus fonctionner. Le problème, c'est qu'il n'aura plus assez d'énergie pour travailler, ce qui peut le mener à l'étage inférieur. Tu comprends ?

L'être macabre laissait parler, trouva cette discussion intéressante et nécessaire afin de comprendre le fonctionnement des lieux.

- Les membres de ce niveau n'ont pas le droit de manger des particules d'intelligence. Parce qu'ils n'en ont pas besoin. Cela serait du gâchis, des crédits perdus et pour nous, et pous les étages supérieurs. Ces derniers disent qu'il faut se priver d'intelligence pour privilégier la force manuelle ou la résistance afin de ne pas baisser le rendement. De plus, trop d'intelligence pourrait pousser un ouvrier à se poser des questions et des idées de révolte ou de curiosité pourraient naître dans son esprit, ce qui est aussi consideré comme un frein au développement du pays.

L'ange noir n'en revenait pas ses oreilles. Mais tant pis, il fallait accepter cette réalité pour le moment. Alors il posa une nouvelle question.

- Cette malbouffe, elle sort d'où ?

- Tu peux améliorer le goût avec le critère goût. Mais c'est très cher en crédits, 300 points je crois, seuls les travailleurs les plus endurcis peuvent s'offrir le privilège d'améliorer ce critère. Mais ils ne le font jamais. Avant que je te dise d'où vienne la malbouffe, il faut que je te parle du système de New Gahz. Il est appelé le capitalisme amélioré, une société dans laquelle chacun à sa place quel qu'il soit, et peut s'épanouir en fonction de ses centres d'intérêts. Il y a un équilibre écologique dans ce pays, c'est le cycle de la vie. Tout a besoin de deux ressources pour fonctionner : la première est soit la nourriture, soit le travail humain. La deuxième ressource, nous n'avons pas le droit de le savoir au niveau moins trois. Bon. La nourriture est l'une de ces ressources. Elle est fabriquée avec de la chair animale ou végétale, ou des humains malchanceux. Est-ce que tu comprends ce que cela signifie ?

L'ange noir était triste. Non seulement parce que ce pays disposait d'une façon de fonctionner qu'il jugea totalement immonde, mais aussi parce que Bryan parlait d'un ton parfaitement neutre et dénudé d'émotions. Tout ce qu'il disait lui semblait si banal et si quotidien qu'il semblait habitué à cette routine.

- Le niveau moins quatre nourrit les niveaux supérieurs.

- C'est exact. Tu as sans doute vu des hommes dans des machines. Chacun de ces hommes est relié à des machines appelés les trocs, par des fils appelés vulgairement les échangeurs. Certains fils donnent des ressources à l'homme pendant que d'autres en retirent. Ainsi, certains fils donnent de l'oxygène et de la nourriture animale diluée à ces hommes. Les autres fils s'occupent d'extraire les différentes ressources de ces hommes : le sang, la chair, la viande. La quantité de ressources donnée et extirpée est calculée de façon optimale afin qu'il y ait le moins de pertes et le plus de rendement possible. Elle passe par les étages supérieurs où certains métiers décortiquent et analysent minutieusement les produits extraits, pour en faire les points de caractéristiques : intelligence, force etc. Mais tu me posera la question : d'où vient la chair animale ? Hé bien elle vient aussi du niveau moins quatre, dans la section de droite.

- Mais il n'y a pas de nature dans New Gahz. Alors où trouvez-vous ces animaux ?

Bryan ne savait pas grand chose. Il y a des tas de questions auxquelles il aimerait répondre, mais il ne put le faire faute de connaissance.

- Demande aux niveaux supérieurs.

Aussitôt un téléphone se mit à sonner. Bryan décrocha.

- Allo ?
- Non, pas encore. Il pose beaucoup de questions.

L'ange noir entendit que de l'autre côté du téléphone, on se mettait en colère.

- C'est entendu. Je pense lui avoir trouvé un métier.

Bryan regarda l'ange noir.

- On ne peut pas discuter plus longtemps, sinon je descend d'un étage. Viens, je t'emmène à ton travail.

Ils sortirent du bâtiment qui servait d'office pour les guides.


Vendredi 17 Fevrier 2012 - 02:58:11
C'est franchement très bon, ça me rappelle 1984 d'Orwell ...


citation :
AngelsShallFall dit :
L'ange noir n'en revenait pas ses oreilles. Mais tant pis, il fallait accepter cette réalité pour le moment. Alors il posa une nouvelle question.

A la place du mot "revenait", je mettrais "croyait" .


Samedi 18 Fevrier 2012 - 00:28:51
C'est le but, c'est une contre-utopie
Avec ce que je sais faire de mieux : du sang, des meurtres et des viols. J'ai pris un passage dans lequel il n'y avait rien. Et ca me fait penser qu'il faudra bien que je la reprenne là ou je l'ai arrêtée...


Bon bah juste pour le fun, je colle un texte engagé

HOLOCAUSTE

Progrès et extermination
Deux mots l'un à côté de l'autre
Peuvent prendre tout leur sens

Un désert glacé dans un pays reculé du monde
Se retrouve souillé par le sang du bébé phoque
Il a été pourchassé il a tenté de s'échapper
Abattu suite à de multiples coups de masses
Dépécé avec soin pour récupérer un morceau
De ce qu'ils osent appeler matière première

La vie d'un bébé Animal a été sacrifiée
Pour permettre la fabrication d'une veste
Le consommateur appartenant à la bourgeoisie
Achète car il trouve la fourrure très jolie

Et les animaux vivant dans les glaciers ne sont pas
Les seules victimes de la grande machinerie capitaliste
Le problème de la faim dans le monde est toujours là
Pourtant les abattoirs sont pleins de tripes et de sang
Mais ce qui importe du point de vue des entreprises
C'est d'améliorer le rendement et de tout optimiser
Et que chacun gagne son salaire pour pouvoir bouffer
Ce que rapporte un holocauste prémédité depuis le début

La publicité meurtrière joue sur la psychologie
L'étudiant trop fatigué pour préparer à manger
S'empiffre de fast food parce qu'il ne sait pas
Et que la seule chose qui l'importe est s'amuser

Les camps de concentration sont là pour les animaux
Sous prétexte de produire un peu plus de nourriture
Les camps de concentration sont là pour les animaux
Pourtant l'enfant africain crève toujours la dalle
Les camps de concentration sont là pour les animaux
Pour produire divers soins et produits de maquillage
Les camps de concentration sont là pour les animaux
Le film d'horreur grandeur nature passe bien inaperçu

Production industrielle ainsi que rentabilité en hausse
N'ont aucun autre synonyme que meurtre et exploitation
Tes produits de beauté et tes repas rapides au Mac Do
Ont le goût amer d'un monde Animal en train de s'éteindre


.


Voilà, et en bonus, ce qui sera certainement la plus petite composition littéraire postée sur ce topic, car elle fait trois lignes :

Mutilation

Ce couteau qui tu plantes dans ta main
Ce sang qui ruisselle entre tes doigts
Efface ta douleur à l'aide de la douleur



.


Et voilà, ASF viole des nones corporations tout droits réservés, attention à l'Hadopi qui peut vous tomber dessus si vous copiez coller, tout ça.