van résume bien la situation, mais je vais ramener ma fraise...
En ce qui me concerne, j'étudie l'économie depuis plus de 6 ans et je viens d'entrer dans une école de commerce. Je peux vous dire que j'en ai bouffé des trucs sur les retraites... Et avec le recul que j'ai maintenant sur ce que j'ai appris tout au long de ces années, je pense pouvoir affirmer humblement qu'il n'y a strictement aucune mesure qui satisfasse tout le monde dans le cas présent.
La problématique des retraites n'est pas une problématique nouvelle, comme vous le savez tous. De très nombreuses réformes ont été tentées par le passé, et je
Dis bien "tentées" car ça a souvent tourné au vinaigre. La réforme Juppé a d'ailleurs déclenché un tel tollé que le type a brassé du vent à l'époque... Beaucoup d'autres se sont cassés les dents là-dessus, que ce soit Balladur, Jospin, ou autre. Pour Fillon, c'est un peu particulier, vu que c'était sur les régimes spéciaux... Si je ne me trompe pas, cette réforme n'avait pas fait trop de vagues. Mais comme tout politique qui se respecte, le voilà maintenant confronté à la chienlit populaire face à la question des retraites. Eh oui, la France aime les conflits, c'est pas nouveau...
Leitmotiv de l'UMP : augmenter la durée de cotisation, et donc l'âge de départ à la retraite, en s'appuyant sur l'argument démographique (qui est, au passage, un excellent argument). C'est un fait, la société subit actuellement un vieillissement global prononcé. Les démographes parlent à la fois de vieillissement par le haut pour désigner l'augmentation de l'espérance de vie ainsi que la baisse de la mortalité, et de vieillissement par le bas pour désigner la diminution de la natalité. Conséquence logique de cette évolution : une augmentation de ce qu'on appelle techniquement le ratio de dépendance (rapport entre inactifs et actifs). Ca veut dire quoi, concrètement ? Eh bien, ça signifie tout simplement qu'il y a de plus en plus de personnes à la retraite (ou inactives), relativement au nombre de travailleurs. Fatalement, si on ne fait rien, c'est la cata... Le rapport Charpin, rapport très important sur la question des retraites, évoquait trois types de mesures pour sauvegarder le système des retraites : celle de l'UMP débattue actuellement, une diminution des pensions, ou une incitation à la capitalisation. Il va de soi que la voie choisie par la droite me paraît la plus raisonnable, du moins la plus juste, même si elle est difficile à accepter. Baisser les pensions serait une très mauvaise idée : l'inflation provoquée par l'arrivée de l'euro a considérablement érodé le pouvoir d'achat des Français, sans parler de la crise... Donc si on commence à baisser les pensions, déjà pas énormes pour beaucoup de personnes âgées, on tend vers un système du style : retraite = précarité. Impensable aussi d'augmenter quantitativement les cotisations sociales vu que ça ruinerait le pouvoir d'achat d'un bon nombre de personnes actives, personnes qui font tourner l'économie par leur travail... Enfin, pour la capitalisation, c'est pas dans les moeurs françaises. On n'est pas aux Etats-Unis ici ! Quoique c'est en train de bouger là-bas grâce à Obama... Bref. Le système par répartition est un régime fondé sur la solidarité. Si l'on détruit cela et que l'on sombre dans la logique du "chacun pour sa gueule", les pauvres n'auront aucune retraite et les riches vont se la couler douce.
Les riches, parlons-en... Le PS se targue de détenir la solution ultime à tous nos problèmes, ce à quoi je réponds qu'il faudrait que le parti arrête son cinéma et arrête de se croire dans
Robin des Bois. Ponctionner les riches, en voilà une riche idée justement ! Sauf que là, on n'est pas dans la forêt de Sherwood. Si on commence à faire chier les riches avec des impôts de tous les côtés, bah, ils vont aller voir ailleurs. D'où l'importance du bouclier fiscal, parce qu'il ne faut pas oublier que les plus riches d'entre nous sont des investisseurs et constituent un véritable moteur de l'économie. Si tous ces investisseurs se cassent, on est dans la merde. Pourquoi ? Ben, c'est simple : moins d'investissement => moins de croissance => moins d'emploi => moins de cotisations => moins de retraites. C'est con, c'est exactement l'inverse de l'objectif initial... Alors, bien sûr, si la gauche a la solution miracle pour mettre fin à l'évasion fiscale, je veux bien la suivre. Mais c'est pas demain la veille...
Pour ce qui est de la pénibilité, il faut aussi avouer que c'est presque impossible de se mettre d'accord. C'est quoi objectivement un travail pénible ? Ségogo n'a évoqué que la pénibilité physique, et il est certain que c'est à prendre en compte. Mais, par exemple, comment évaluer la pénibilité psychologique de certains emplois ? Regardez ce qui s'est passé chez France Telecom il n'y a pas si longtemps... Le moins que l'on puisse dire, c'est que la vague de suicides n'est certainement pas un indice de bien-être dans l'entreprise. Enfin, je dis ça, je dis rien...
« Sans la musique, la vie serait une erreur. » (Friedrich Nietzsche)