Art(s) et littérature >> Que lisez-vous en ce moment ? (4)
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Jeudi 25 Mars 2010 - 20:19:46
Ben non au contraire, il est allé jusqu'au bout de ses idées d'un idéal ascétique de vie heureuse et assumée ainsi que d'une Destruction de toute forme de pensée à travers une stylistique parmi les plus raffinées qui soit... Cioran c'est le bonheur total, d'ailleurs dans la vie c'était un homme très drôle qui avait toujours le mot pour rire, et qui était TOTALEMENT sociable, tout le contraire du portrait que les médias ont fait de lui rapport à ses écrits volontairement, profondément pessimistes... Cioran est mort à plus de 80 ans dans son lit tranquillement après une vie de bonheur!


Samedi 27 Mars 2010 - 11:41:03

citation :
Baudelaire dit : Je viens de commencer la trilogie "Gormenghast" de Mervyn Peake .
Tome 1 : Titus d'enfer .

Tu me diras quelle a été ton appréciation à l'issue de cette lecture cher Baudelaire, car je dois dire que j'ai enregistrée voilà quelques mois les téléfilms tournés par la BBC et diffusés par Arte, et je ne les ai toujours pas regardés !
Les livres ne me parlent pas pour l'instant (par priorité, et ma liste est déjà bien longue), mais les téléfilms, si (même si je traîne).

@ Walty (si tu me permets ce diminutif) :
Eh beh en ce cas, comme l'ami Bob, j'ignorais que Cioran avait été un homme joyeux, et les médias ont dû bien m'éloigner de la réalité du personnage indeed.
En tout cas, bien que je n'aie pas (encore ?) d'affection particulière pour lui, il est à l'origine de certains aphorismes que j'ai découverts récemment et qui décrivent à merveille mon paradigme (tragico-hellénico-nietzschéen ) du monde. Notamment ceux sur la mélancolie dans Le Crépuscule des pensées, chapitres II et VIII.

"Quel que soit le lien entre les maladies et notre constitution, il est impossible de ne pas les en dissocier, comme extérieures, étrangères ou non avenues. C’est pourquoi, parlant d’un homme qui n’est pas en bonne santé, on spécifie sa maladie comme une annexe fatale, un supplément d’irrémédiable à son identité initiale. Il reste, devant nous, avec sa maladie, qui garde une certaine indépendance objective. Mais comme il est difficile de dissocier la mélancolie d’un être ! Maladie subjective par excellence, inséparable de celui qu’elle possède, elle adhère jusqu’à la coïncidence : incurable. N’y aurait-il aucun remède contre elle ? Sans doute : mais alors, il faudrait se guérir de son propre moi. La Nostalgie d’autre chose, dans les rêveries mélancoliques, n’est que le désir d’un autre moi, mais que nous cherchons dans les paysages, dans les lointains, dans la musique, en nous trompant involontairement sur un processus beaucoup plus profond. Nous revenons toujours mécontents et nous abandonnons à nous-mêmes, car il n’y a pas d’issue à une maladie qui porte notre nom et sans laquelle, si nous la perdions, nous n’existerions plus."

"La mélancolie est de la folie au sens où le parfum dépasse la nature."

"La mélancolie exprime toutes les possibilités célestes de la terre. N’est-elle pas le rapprochement le plus lointain de l’Absolu, une réalisation du divin par la fuite de Dieu ? En dehors d’elle, qu’opposerait-on au Paradis, lorsque rien ne nous lie plus au monde que le fait de vivre en lui, et le vide positif du cœur."

Etc.

Bon et sinon, ma lecture du moment :


Jacqueline de Romilly est une helléniste humaniste (gros pléonasme) en laquelle je me retrouve parfaitement, parce que je pense que seule la pensée grecque restituée hors de tous les courants philosophiques antiques qui l'ont traversée (quoique le courant anté-socratique puisse se rapprocher le plus de cet art de vivre général) possède en son essence la plus haute idée de l'Humain, aujourd'hui terriblement flouée par les modernités scientifique et économique, et par toutes les saloperies qu'elles amènent sur cette planète gangrenée.


Samedi 27 Mars 2010 - 13:00:57
Je ne connais pas ce livre, mais je connais Jacqueline de Romilly... Et effectivement, heureusement que des personnes comme elle sont présentes à l'Académie Française pour défendre les langues anciennes, grec ou latin, et les empêcher de disparaître de l'enseignement.


Samedi 27 Mars 2010 - 14:11:14
Je lis A l'ombre du bayou de Lisa Jackson
Le début est très bien, mais le temps pour lire est restreint ^^

Samedi 27 Mars 2010 - 14:29:33
Le semainier de l’agonie :  suivi de Post Mortem

D'Albert Caraco

Samedi 27 Mars 2010 - 16:47:56

citation :
Flint dit :

@ Walty (si tu me permets ce diminutif) :
Eh beh en ce cas, comme l'ami Bob, j'ignorais que Cioran avait été un homme joyeux, et les médias ont dû bien m'éloigner de la réalité du personnage indeed.


Oui, mais ça me paraît étrange quand même... En attestent les phrases suivantes, que j'ai retenues de Cioran (je rappelle que mon thème de philo de cette année est la vie...) :

"Avant d'être une erreur de fond, la vie est une faute de goût que la mort ni même la poésie ne parviennent à corriger." / "Le secret de mon adaptation à la vie ? J'ai changé de désespoir comme de chemise." (Cf. Syllogismes de l'amertume)

"La mort est un état de perfection, le seul à la portée des mortels." (Cf. Ebauches de vertige)

"Le fait que la vie n'ait aucun sens est une raison de vivre, la seule du reste." (Cf. Aveux et anathèmes)

Sans être un spécialiste de Cioran, je ne trouve pas que ça respire la bonne humeur...


citation :
Flint dit :

Bon et sinon, ma lecture du moment :







Samedi 27 Mars 2010 - 16:59:04
Hypothermia, d'Arnaldur Indridason, en anglais. Bon, je sais, lire un bouquin islandais traduit en anglais alors qu'on est français, c'est pas ce qu'il y a de plus logique, mais bon... C'est pas trop compliqué à lire (moins que d'autres auteurs de polars anglophone, du genre de Connelly...), et c'est vraiment un écrivain que j'apprécie beaucoup. En plus, des histoires qui se passent en Islande, c'est plutôt rare...


Samedi 27 Mars 2010 - 17:16:01
Les "chairs de poule" 0 0 0  que de souvenirs
@zehus: mais on se croise partout !

Samedi 27 Mars 2010 - 17:18:50

citation :
BadaOfBodom dit :

citation :
Flint dit :
@ Walty (si tu me permets ce diminutif) :
Eh beh en ce cas, comme l'ami Bob, j'ignorais que Cioran avait été un homme joyeux, et les médias ont dû bien m'éloigner de la réalité du personnage indeed.

Oui, mais ça me paraît étrange quand même... En attestent les phrases suivantes, que j'ai retenues de Cioran (je rappelle que mon thème de philo de cette année est la vie...) :
"Avant d'être une erreur de fond, la vie est une faute de goût que la mort ni même la poésie ne parviennent à corriger." / "Le secret de mon adaptation à la vie ? J'ai changé de désespoir comme de chemise." (Cf. Syllogismes de l'amertume)
"La mort est un état de perfection, le seul à la portée des mortels." (Cf. Ebauches de vertige)
"Le fait que la vie n'ait aucun sens est une raison de vivre, la seule du reste." (Cf. Aveux et anathèmes)
Sans être un spécialiste de Cioran, je ne trouve pas que ça respire la bonne humeur... 

Ce qu'on écrit reflète toujours son soi intime, soit en totalité... soit en partie.
Pour ma part, je ne vois pas où est le binz. Ce sont souvent les êtres les plus désespérés, ceux qui pressentent à leur paroxysme toute l'horreur et le sordide de l'existence qui sont en fait les plus heureux, car les plus aptes à apprécier aussi les choses simples de la vie, et qui s'accrochent le plus à elle, et qui ont en elle le plus de foi. C'est toute une philosophie de l'absurdité que je partage et cela s'approche de la pensée grecque dont je parlais plus haut, pensée tragique par excellence. Et n'est-ce pas par l'art tragique, autrement dit par "l'esthétisation" de l'horrible que les Grecs ont réussi à vivre ? (> Un lien ici)
Ne jamais oublier que Dionysos et Apollon sont les deux faces d'une même pièce. Tout comme l'horreur et l'extase devant ce qu'est la Vie. C'est dans le paradoxe que se trouve la vérité. Et heureusement. Les êtres monolithiques sont si ennuyeux.

Je vais être cash, mais je pense que ta lecture est superficielle, Bob. Essaie de dépasser la forme pour atteindre le fond, de lire entre les lignes ou plutôt par-delà elles. D'ailleurs je remarque que tu t'es contredit, et que tu as cité un aphorisme qui finalement sert mon argumentation :
"Le fait que la vie n'ait aucun sens est une raison de vivre, la seule du reste."
Philosophie grecque de l'absurdité et du tragique. Avec Cioran on est en plein dedans.
Nietzsche aussi était un homme désespéré et certains de ses textes font montre d'une grande violence envers ses semblables et son époque, mais l'on sait qu'il fut d'une courtoisie et d'une politesse extrême envers eux. Les personnes les plus désespérées sont en fait les moins vulgaires et les plus joyeuses de vivre.


Samedi 27 Mars 2010 - 17:20:34
Mouais, faut croire qu'on a la même tendance à aller fouiner et mettre nos grains de sel un peu partout
Sinon pour les "Chair de poule", personnellement j'ai jamais vraiment été fan... C'est le genre d'histoires qui m'ont jamais vraiment intéressé. J'étais plutôt Le Seigneur des Anneaux ou trucs du genre (je le suis toujours d'ailleurs ).