citation :Baudelaire dit : Je viens de commencer la trilogie "Gormenghast" de Mervyn Peake . Tome 1 : Titus d'enfer . |
Tu me diras quelle a été ton appréciation à l'issue de cette lecture cher Baudelaire, car je dois dire que j'ai enregistrée voilà quelques mois les téléfilms tournés par la BBC et diffusés par Arte, et je ne les ai toujours pas regardés !
Les livres ne me parlent pas pour l'instant (par priorité, et ma liste est déjà bien longue), mais les téléfilms, si (même si je traîne).
@ Walty (si tu me permets ce diminutif) :
Eh beh en ce cas, comme l'ami Bob, j'ignorais que Cioran avait été un homme joyeux, et les médias ont dû bien m'éloigner de la réalité du personnage indeed.
En tout cas, bien que je n'aie pas (encore ?) d'affection particulière pour lui, il est à l'origine de certains aphorismes que j'ai découverts récemment et qui décrivent à merveille mon paradigme (tragico-hellénico-nietzschéen

) du monde. Notamment ceux sur la mélancolie dans Le Crépuscule des pensées, chapitres II et VIII.
"Quel que soit le lien entre les maladies et notre constitution, il est impossible de ne pas les en dissocier, comme extérieures, étrangères ou non avenues. C’est pourquoi, parlant d’un homme qui n’est pas en bonne santé, on spécifie sa maladie comme une annexe fatale, un supplément d’irrémédiable à son identité initiale. Il reste, devant nous, avec sa maladie, qui garde une certaine indépendance objective. Mais comme il est difficile de dissocier la mélancolie d’un être ! Maladie subjective par excellence, inséparable de celui qu’elle possède, elle adhère jusqu’à la coïncidence : incurable. N’y aurait-il aucun remède contre elle ? Sans doute : mais alors, il faudrait se guérir de son propre moi. La
Nostalgie d’autre chose, dans les rêveries mélancoliques, n’est que le désir d’un autre moi, mais que nous cherchons dans les paysages, dans les lointains, dans la musique, en nous trompant involontairement sur un processus beaucoup plus profond. Nous revenons toujours mécontents et nous abandonnons à nous-mêmes, car il n’y a pas d’issue à une maladie qui porte notre nom et sans laquelle, si nous la perdions, nous n’existerions plus."
"La mélancolie est de la folie au sens où le parfum dépasse la nature."
"La mélancolie exprime toutes les possibilités célestes de la terre. N’est-elle pas le rapprochement le plus lointain de l’Absolu, une réalisation du divin par la fuite de Dieu ? En dehors d’elle, qu’opposerait-on au Paradis, lorsque rien ne nous lie plus au monde que le fait de vivre en lui, et le vide positif du cœur."
Etc.
Bon et sinon, ma lecture du moment :
Jacqueline de Romilly est une helléniste humaniste (gros pléonasme) en laquelle je me retrouve parfaitement, parce que je pense que seule la pensée grecque restituée hors de tous les courants philosophiques antiques qui l'ont traversée (quoique le courant anté-socratique puisse se rapprocher le plus de cet art de vivre général) possède en son essence la plus haute idée de l'Humain, aujourd'hui terriblement flouée par les modernités scientifique et économique, et par toutes les saloperies qu'elles amènent sur cette planète gangrenée.