Du coup, fini plus vite que prévu car je ne l'ai presque pas lâché de la journée :
Bret Easton Ellis - Lunar Park
Le dernier ou presque (il me manque le recueil Zombies) que je n'avais pas lu d'Ellis. Et vu l'effet que m'avait fait Moins que Zéro, American
Psycho ou Glamorama, je me préparais à la claque en pensant connaître le monsieur maintenant.
Mais il m'a encore eu, en conservant son style particulier et ses thèmes principaux, mais en changeant la forme, abandonnant les scènes de sexe ou de
Massacre, par une ambiance plus fantastique et horreur qui rappelle parfois Stephen King.
Et il va jusqu'au bout de ces idées encore une fois, en se mettant lui-même en scène comme pour une autobiographie, puis en brouillant les pistes, qu'est ce qui est vraiment arrivé dans ce qu'il écrit ? Puis, ce qui se passe dans le livre est-il réel ou bien est-ce une hallucination du personnage principal ? Qui et quoi croire, le livre ne répond pas ou plutôt donne matière à faire une réponse, laissant le lecteur dans ses nombreuses théories, en en éliminant ou en créant de nouvelles au fur et à mesure que les pages se tournent. Un effet proche du combat intellectuel à mener pour comprendre un film de
Lynch, mais un effort jouissif tant j'y ai pris plaisir et j'y étais entièrement concentré.
Car je m'y accroche comme rarement à ce livre, il me parle en même temps qu'il parle du rapport entre les générations, d'une nouvelle qui arrive, du monde Occidental apeuré ou hésitant. On retrouve même une poésie frappante dans cette lutte de tous les jours de ce personnage, de cet écrivain, pour rester en vie et conserver l'envie de la vivre. Entre ces monstres, ces pleurs, ces drogues, il y a une part vraiment humaine dans ce livre comme dans l'oeuvre d'Ellis en général, qui s'achève ici sur une conclusion parmi les plus belles et marquantes qu'il m'ait été donné de lire.
Pas le livre avec lequel découvrir l'auteur car les références à ces autres écrits sont nombreuses, mais l'un de ses plus grands si ce n'est le plus grand. Je m'incline devant cette oeuvre en tout cas, que j'ai dévoré en même temps que j'ai essayé d'étirer le plaisir de la lecture à son maximum