citation :Paganthrasher dit : La patte de ce grand peintre c'est toujours de représenter toute présence humaine en miniature (exception faite du Voyageur au-dessus d'une mer de nuages) [...]. |
En effet et à cela, je propose une explication : comme je l'ai écrit plus haut, ce tableau a une histoire particulière (bon, tant pis si je l'ai déjà dite dans un autre topic du forum puisqu'ici la répétition est essentielle). Cet homme est très certainement un défunt ami de Friedrich, que le peintre a représenté sur cette toile quelques jours après sa mort.
On peut donc considérer que c'est premièrement pour lui rendre hommage qu'il l'a peint en « taille réelle », et non pas en miniature (car il faut quand même reconnaître que certains personnages sont démesurément petits par rapport à l'immensité ; l'échelle des tableaux ne respectant ainsi pas la proportionnalité à une échelle réelle) : cet homme en effet n'a pas été « inventé » comme tous les autres personnages de Friedrich, il a une signification intime pour lui, il n'est pas un être lambda noyé dans l'immensité parmi des milliers.
Ensuite, cet homme se tient face à une immensité qu'il semble, si l'on y regarde bien (et si l'on accepte de se laisser aller à l'interprétation que je délivre) dominer, ou prêt à étreindre. Il a rejoint le Royaume de Dieu, il s'est transcendé et peut enfin dire : « j'ai triomphé de l'angoisse existentielle de la mort (et donc triomphé de la vie, plus que de la mort elle-même). À présent que la terreur du passage est terminée, je suis libre. Je n'aurai jamais plus peur. C'est l'immensité
(retourner à la poussière...) que je suis devenu et que je vais dorénavant maîtriser, car je m'y suis enfin incarné ».
C'est très panthéiste et ici, ce panthéisme semble ne s'atteindre que dans la mort.
(J'y pense mais quand même, la
Femme dans le Soleil du Matin pourrait venir contredire ton affirmation, Paganthrasher

...)