
Bon, je vais me faire un peu l'avocat du diable parce-qu'il me semble qu'on simplifie un peu trop le sujet (alors qu'il est politiquement extrêmement complexe). Si on part du principe que le Tibet n'est pas un état indépendant (et c'est le cas), il n'y a aucune raison à ce que le Chef de l'Etat consente à rencontrer son représentant officiellement. Ca, c'est le protocole. Il pourrait le recevoir en tant que représentant d'un culte reconnu en France, mais rien ne l'y oblige (même si les bonnes manières voudraient que ce soit le cas). Compte tenu également des impératifs commerciaux importants qui vont générer de l'emploi et des revenus financiers non négligeables pour le peuple français, le Président a sans doute pris la décision la plus judicieuse.
La Chine, si elle déssert l'étau tibétain, risque de voire s'écrouler d'une pièce sa toujours jeune république. Les vélléités indépendantistes ne manquent pas dans ce pays qui est un continent à lui tout seul. L'URSS, qui sous Gorbatchev a concéder des libertés (dans un premier temps purement administratives) aux pays baltes, s'est complètement disloqué par la suite, alors qu'en 1989, les Soviétiques étaient au pouvoir depuis le même laps de temps que les communistes chinois maintenant, à une décennie près (ce qui ne représente rien en fait). La suite on la connait...mais dans un esprit purement tactique, on ne peut que comprendre (mais pas accepter!!!) la façon de procéder souvent brutale des autorités de Pékin. Et toujours dans cet esprit, la politesse diplomatique à l'égard de cette super-puissance reste toujours la solution la plus adéquate et la plus sage (et malheureusement lâche aussi, la frontière entre sagesse et lâcheté étant souvent fort peu claire : on ne fait pas quelque chose car on se persuade qu'il est plus sage de ne pas le faire mais en fait c'est le courage de le faire qui manque).
AS Long As I Fall I Don't Hit The Ground.