Thrash Metal >> CHRONIQUES POWER/SPEED/THRASH/HC/DM/BM 83-93
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Samedi 21 Mars 2026 - 06:35:53

 

TYRANT – Too Late To Pray (Roadrunner ’87) : le Tyrant américain échappe de peu à la carte de membre du club des 'truands'. Fort heureusement, il y a encore une justice divine, et les dieux ne l’ont effectivement pas entendu de cette oreille (chez eux aussi ça rend sourd… la musique), car Too Late to Pray (à ne pas confondre avec l’album de Cerebus, sous peine d’amende), n’est quand même pas suffisamment médiocre pour être condamné au pilori. S’il fallait bannir tous les groupes qui ne savent pas trop où ils mettent les pieds, entre le HM, le power-metal ou le speed-metal, nous n’aurions plus qu’à fermer boutique, ou à rédiger trois pages de rubriques les 'truands'. Hervé "S.K." GUEGANO, Hard Force n°19, juin 1988.
 

  • Disque estampillé 1987 sur l’édition Combat/MB et Roadrunner/MB. Avec une référence RR9658, le disque se situe dans le catalogue RR aux côtés de Crimson Glory, Awaken the Guardian, Menace to Society, The Curse et Mayhem Fuckin' Mayhem (Crimson Glory, Fates Warning, Lizzy Borden, Omen et Warfare), tous parus à l’automne 1986. Je n’ai aucune date d’enregistrement ni de sortie exacte de cet album, mais je pense ainsi fermement que Too Late to Pray a été enregistré en 1986 (par Bill Metoyer), un an après les sessions du premier album Legions of the Dead. Lorsque Hervé Guégano reçoit le disque en juin 1988 à la rédaction de Hard Force, deux années ont vraisemblablement passé et le contexte entre 1986 et 1988 n’est déjà plus le même, surtout à cette époque. ++ FABIEN.


Dimanche 22 Mars 2026 - 08:16:32

 

S.D.I. – Sign of the Wicked (Gama ’87) : On a beaucoup déblatéré par le passé sur le compte de SDI, et principalement sur son premier album Satan’s Defloration Inc, l’accusant de tous les maux, le traitant de tous les noms et le traînant dans la boue. SDI ne méritait pourtant pas pareille infâmie. Nulle trace de thrash de mauvais goût dans SDI, qui n’est qu’un (autre) groupe de power-metal allemand. Certains rétorqueront que trop c’est trop, que cela commence à bien faire, et qu’il serait grand temps que les allemands cessent de nous abreuver de leurs productions insipides. Mais faites-les taire, docteur ! Je ne vais pas me plaindre de la prolifération des clônes de Mötley Crüe, moi ! Alors laissez donc les allemands délirer comme ils l’entendent. D’ailleurs, à tout prendre, mieux vaut n’importe quel clône de Helloween qu’un clown de Mötley Crüe. En outre, pour clôturer le sujet, j’ajouterai que SDI, faisant preuve d’un d’un esprit d’initiative fort à propos, ne s’est pas le moins du monde inspiré de Helloween. Mais, bien qu’étant en conséquence moins complexe, moins mélodique et donc moins affirmé que ce dernier, SDI n’est absolument pas dévalorisé en face d’un tel compétiteur. Sensiblement plus rapide (sans tomber dans le thrash, à l’exception de Megamosh, à la rigueur, et encore moins dans le HC, comme la référence Scrathcorne de Gama Records le laisse supposer) et plus compact que Helloween et ses nombreux dérivés, SDI a, comme tout un chacun, ses qualités et ses défauts, et, doté d’un chant rentre-dedans, ne tenant ni du beuglement grave, ni du hurlement strident hystérique, et de chorus ma foi bien sympathiques, appartient à cette race des groupes que l’on prend véritablement plaisir à écouter. La guerre des étoiles n’aura pas lieu. Hervé "S.K." GUEGANO, Hard Force n°19, juin 1988.

 

S.D.I. – Sign of the Wicked (Gama ’87) : Groupe allemand, SDI est déjà l’auteur d’un premier album paru en 1986, Satan’s Defloration Incorporated, qui forme d’ailleurs l’acronyme de son nom, bien qu’il ne soit nullement satanique. Le groupe est aujourd’hui de retour avec Sign of the Wicked, un second album magnifique, grandiose, qui se résume simplement par cinq qualificatifs : speed, original, mélodique, puissant et sauvage. Un chef d’œuvre du speed-metal à se procurer d’urgence. Pat, Mephisto n°02 – 09-10-11/1988.



Lundi 23 Mars 2026 - 08:00:39

 

SOB – Don’t Be Swindle (Selfish '87) : SOB ravira les auditeurs dont les goûts musicaux oscillent entre Wehrmacht et Napalm Death. A ne pas écouter dans un état fébrile, sous peine d’effets secondaires indésirables tels que névrose, psychose, schizophrénie, j’en passe et des meilleurs… Cédric Pungier, Mephisto n°04 – printemps '89.



Mardi 24 Mars 2026 - 08:13:11

SINDROME – Into the Halls of Extermination (demo '87) : Bien que datant de plus d’un an, cette cassette devait trouver place dans nos pages. Voici un thrash de premier choix, où tous les ingrédients sont réunis, avec des musiciens alliant vitesse et maîtrise, une voix agressive et un très bon son. L’influence de Slayer se fait parfois sentir, bien que cela soit souvent inévitable dans ce registre. Notons que Chris Mittlebrun (Master) vient de quitter le groupe, remplacé au pied levé par Mick Vega. Troubadour n°07, mars 1989.



Mercredi 25 Mars 2026 - 08:11:14

 

APOCALYPSE– S/T (Crash ’87 / NEW Musidisc ‘88) : Il semble que la Suisse ait pas mal de ressources dans le domaine speed et trash, à l'image d'Apocalypse qui délivre quant à lui des compositions sobres mais très efficaces, des riffs galopants et des soli qui assommeraient un bœuf, comme sur le le morceau Fuck and Die. Tout comme Messiah et Coroner, Apocalypse se situe dans la lignée de ces groupes actuellement fort appréciés pour leur technicité à toute épreuve, propre à la nouvelle génération du speed-metal. Espérons qu’une formation française parvienne un jour à se situer à ce niveau. Metal Cratch n°02, 1988.


APOCALYPSE– S/T (Crash '87 / Out of Tune ‘88) : Si vous êtes convaincus que les suisses sont mous, ce disque vous prouvera le contraire. Mixé par Fleming Rasmussen (Ride the Lightning, Master of Puppets), l’album éponyme d’Apocalypse ne souffre d’aucun temps mort, regorgeant d’un speed-metal particulièrement réussi. Les interprètes possèdent une technicité au-dessus de la moyenne, et se permettent même de lâcher deux instrumentaux pas piqués des vers (Crash, Dark Sword). Le seul petit reproche que j’adresse tient dans la voix de Carlos, qui manque un peu d’agressivité par moments. Mis à part cette broutille, ce LP est chaudement recommandé. Dead zone, Trash Maniac n°08, sept/nov ’88.


APOCALYPSE – S/T (Crash ’87 / NEW Musidisc ‘88) : fort d'un premier LP enregistré par Flemming Rasmussen aux Sweet Silence Studios de Copenhague, ce groupe suisse doit certainement avoir quelque chose d’exceptionnel. Eh bien en fait, pas vraiment. Apocalypse joue un bon power-metal, sans grande originalité mais plutôt efficace. L’écoute de son album éponyme n’est pas désagréable mais il manque les ingrédients qui façonnent un chef d’œuvre. Le groupe vaut le détour, mais ne vous attendez pas à découvrir le nouveau Metallica, loin de là. La production est bien sûr impeccable mais ce n’est pas suffisant pour coller un 8 ou 9/10 à l’album. Apocalypse est un bon groupe qui gagnera à être plus original dans le futur. Mon confrère d’Hard Force a écrit : « ça vaut le détour mais il n’y a rien de spécial ». 7/10, Jean-Mard Ferrier, Sprashcore n°02, 1988. 


APOCALYPSE – Apocalypse (Crash '87 / N.E.W. Musidisc ’88) : jetez une oreille (une seule, pas les deux) sur Apocalypse et son album Apocalypse, car, bien que l’apocalypse ne soit pas pour demain (ni pour après-demain non plus, rassurez-vous), on peut prendre plaisir et accorder un peu de repos à son encéphale en se changeant les idées avec du power-metal direct et sans prétentions. Hervé S.K. GUEGANO, Hard Force n°21, septembre 1988.


APOCALYPSE – S/T (Crash ’87 / NEW Musidisc ‘88)  : Apocalypse est originaire de Suisse et, contrairement à son pays d’origine, il ne fait pas du doom mais du speed de très bonne qualité. Lorsque vous saurez que le producteur de son premier album n’est autre que Flemming Rasmussen ayant produit les derniers disques de Metallica, il y a des chances que vous couriez acheter le vinyle après la lecture de cette chronique ! L’âme de fond n°13 – nov/dec ‘88 jan ’89.


    
    

Voilà, c’en est terminé pour cette année 1987, bien couverte dans les magazines et fanzines francophones de l’époque, avec peu de disques d’importance passés à la trappe, ou du moins pour lesquels je n’ai trouvé aucune chronique. Au rayon des absents, signalons les albums des brésiliens d’Anthares, Attomica, Overdose et Ratos de Porao, qui n’avaient sans doute pas bien dû traverser nos frontières, tout comme ceux des canadiens d’Aggression et Messiah Force, celui des australiens de Renegade, et ceux des américains de Fantom Warior, INC et Intruder, sans compter ceux de Devastation (le groupe de l’Illinois) et Dresden, qui ne seront exhumés quant à eux que bien des années plus tard. Concernant l’Europe, quelques absents comme les albums d'Amebix, Deathwish, Virus et le MLP d’Atomkraft pour l’Angleterre, MP (Metal Priest) pour l’Allemagne et Necrodeath pour l’Italie. J’aurais également bien aimé remonter au moins une critique de la fameuse demo-tape des suédois de Morbid, assez déterminante, m’enfin bon. ++ FABIEN.



Jeudi 26 Mars 2026 - 08:20:29

 

MEGADETH – Soo Far So Good (Capitol ’88) : Megadeth avance sans oublier de progresser, et nous présente ici son meilleur LP. Nul n'est besoin de dire que ce Megadeth nouvelle formule séduit, même si les compositions puissantes, équilibrées et originales ne se rattachent plus au mouvement speed que par quelques riffs. Grâce a ce nouvel album, suite logique de Peace Sells, il y a fort à parier que le public du groupe va s'agrandir. Seulement voilà, s'agira-t-il toujours des mêmes fans ? À noter la présence de Steve Jones (Sex Pistols) pour la reprise Anarchy in the U.K. Metal Warriors Magazine n°03, Wallonie, début 1988.


MEGADETH – So Far So God So What (Capitol ’88) :
Voici enfin le troisième album de Megadeth après deux ans d’absence. Le mixage de Michael Wagener (Poison, White Lion) est vraiment impressionnant, le son distançant largement celui du premier LP. Les compositions sont superbes et la collaboration entre Dave Mustaine et son bassiste Dave Ellefson est à son top niveau. Du fabuleux instrumental Into the Lungs of Hell en passant par l’envoûtant In My Darkest Hour, inspire par la mort de Cliff Burton, Dave Mustaine dévoile tout son talent. Le guitariste-chanteur possède l’art de bâtir des compositions à la structure complexe et au développement inattendu, à l’image du morceau Mary Jane. On a également droit à Anarchy in the UK, reprise des Sex Pistols tout aussi destroy que l’original, et où Steve Jones se charge du solo en souvenir du bon vieux temps. Les textes sont quant à eux sulfureux (Liar, Hook in Mouth) à l’image de l’inspiration du leader. Si Lars Ulrich disait il y a quelques années que le problème de Dave Mustaine était celui de trouver de bons riffs, il devrait se pencher sur So Far So Good, un chef d’ouevre comparable à Master of PuppetsTrash Maniac n°06, février ’88.


MEGADETH – So Far So Good So What (Capitol ’88) : Précisons tout d’abord que je suis un fan absolu de Peace Sells et que j’ai donc acheté son successeur So Far So Good les yeux fermés. Ma foi, ce disque est assez différent des deux premiers albums et il m’a fallu plusieurs écoutes pour être finalement conquis. Il regorge en outre toujours autant de subtilités et de refrains accrocheurs, et sa seconde face se révèle même plus puissante que la première, sans compter le petit bijou instrumental Into the Lungs of Hell qui ouvre l’album. Bref, un troisième album qui vaut largement le détour. 5/6. Underground Power n°04, fevrier ’88.


MEGADETH – So Far, So Good… So What ! (Capitol ’88) : Certains albums, dès les premières mesures, vous donnent des frissons. So Far So Good, vous procura des sensations intenses & profondes et vous mettra littéralement sur orbite du côté Alpha du Centaure ! So hot, so big, si thrash ! Un son énorme, transcendant et époustouflant. Une production monstrueuse pour des compositions toutes plus surprenantes les unes que les autres. Un instrumental Into the Lungs of Hell fantastique… Tout dans l’ambiance. Tout explose ensuite avec Set the World Afire : on croit rêver ! La folie intense, un moment culte ! Mustaine se permet même une reprise des Sex Pistols, et pas n’importe laquelle : Anarchy in the U.K. Quelle puissance, quelle agressivité. Avec Mary Jane, Dave Mustaine attaque Metallica de face, les assassinant tout simplement à coups de grands délires inspirés et créatifs ; la seconde face vous crucifiera instantanément ; 502 vous écrasera sans pitié et avec In my Darkest Hour, Liar et Hook in Mouth, vous agoniserez de plaisir. Pas d’erreur : le meilleur album de Megadeth, un disque qui risque de planter sur place nos quatre puppets s’ils ne réagissent pas très vite. En clair, l’évènement speed de ce premier trimestre et pourquoi pas de l’année. Stéphane GIRARD, Hard Force n°16, mars 1988.


MEGADETH – So Far So God So What (Capitol / EMI Pathé Marconi ’88) : En mixant cet album, Michael Wagener (Dokken, White Lion) s’est aventuré pour la première fois sur les sentiers du speed-metal, et sa seule participation fait spontanément la différence. Généreusement échafaudées, les compositions sont enrobées d’une super production et affublées d’étonnants effets spéciaux, qui contribuent à donner à cet album l’allure du vinyle culte en matière de speed saccadé. Qu’il s’agisse de l’inénarrable intro qui nous précipite dans les méandres de la cinquième dimension, ou de la puissance survitaminée de My Darkest Hour, la science infuse du nouveau line-up fait largement état de sa monstrueuse capacité instrumentale. Émotionnellement, l’album se révèle si complet que Megadeth se permet quelques réflexions marginales sur la pseudo-ballade Mary Jane ou sur sa version destroy d’Anarchy in the UK, rendue vraisemblable par l’intervention de Steve Jones (Sex Pistols) en solo. Megadeth est ainsi venu à bout de sa créativité confuse, qui avait donné à Peace Sells l’allure d’un album confectionné avant tout pour épater la galerie. So Far So Good est un album orgueilleux à l’image de son dictateur Mustaine, inspiré à la mesure de son talent fiévreux, et sans doute aussi légendaire que les productions de son ex-quatuor. Phil Pestilence, Hardrock Magazine n°44 avril 1988.


MEGADETH – So Far So God So What (Capitol ’88)  : Désormais quelques années après son éviction de Metallica peu avant les sessions du légendaire Kill ‘em All, Dave Mustaine semble avoir calmé ses ardeurs verbales en évoquant ses anciens confrères. Cela se ressent à l’écoute de So Far So Good So What, sans doute l’un des meilleurs albums de speed/thrash de cette année ’88, au son monumental et au mixage de Michael Wagener irréprochable. Les compositions assurent tout autant, avec un instrumental de haute volée (The Lungs of Hell), une reprise de Sex Pistols au son plus puissant (Anarchy in the UK), ainsi que de grosses débauches thrashantes à la Megadeth, comme l’intro de Set the World Afire et Liar, mes deux titres préférés, quoique Mary Jane et 502 valent également leur pesant de décibels, sans occulter Hook in Mouth et Darkest Hour, ce dernier rappelant Metallica. So Far so good so What est un album de grande classe, complet définitif et original, du grand Megadeth, le master of speed tel qui l’aurait dû toujours être. JM, The Jack n°03, avril 1988.


MEGADETH – So Far So Good So What (Capitol ’88) : Le troisième LP d’un groupe est souvent une étape essentielle de sa carrière. Dave Mustaine l’a bien compris en changeant de guitariste et de batteur, redonnant à son groupe toute la pêche nécessaire. Le disque démarre sur les chapeaux de roue avec un instrumental qui fait grimper aux rideaux, puis chaque morceau s’enchainent avec une grande classe, jusqu’au titre final Hook in Mouth ultra ravageur, sans occulter Anarchy in the UK, reprise explosive des Sex Pistols. So Far So Good est un superbe album qui annonce parfaitement la couleur et, si Mustaine se décidait à déterrer la hache de guerre avec Metallica, je ne suis pas certain que son confrère en sortirait vainqueur. Tristan, Metal Invasion n°03, avril/mai 1988.


MEGADETH - So Far so good So What (Capitol ’88) : Après un Killing étonnant et un Un Peace Sells stupéfiant, So Far est un album géant, un chef d’œuvre, à commencer par ses morceaux Set the World Afire, In my Darkest Hour et Liar, ainsi qu’Anarchy in the UK, superbe reprise de Sex Pistols. On retrouve cette musique et ce son si particuliers à Megadeth, tandis que le batteur Chuck Beller et le guitariste Jeff Young n’ont rien à envier à leurs prédécesseurs en termes de technicité et d’efficacité. Dave Mustaine n’a quant à lui jamais aussi bien joué. Un disque à se procurer l’urgence. Sentence, Deflagration n°02, juillet-août ’88.