Creature (FRA) : Eloge de l'Ombre

Black Progressif / France
(2021 - I, Voidhanger Records)
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Les paroles


1. VENIN

Sors de l’ombre
Viens éclairer nos peurs
Oh! Séparer les décombres
Libérer nos aigreurs
Oh! Souverain des rancœurs

Déchaîne, révoque la noirceur
Accumulée depuis toujours
Souverain rédempteur
Délivre le venin agglutiné
Qui pourrit dans nos chairs


2. CONSCIENCE MÉCANIQUE

Née dans la matrice, ignorant tout de cette illusion
La haine vocifératrice l’aspire à vivre dans la douleur
Même la plus belle fiction ne l’attire pas
Attendant bêtement que vienne le trépas

L’illogisme de l’éloge de la vie
Mystérieux événement du temps éternel

Elle fuit ce monde qui ne lui convient pas
Elle en a cherché d’autres mais n’en trouve pas

Le stress l’enivre et son absence l’appelle
Le poids du chaos constamment supporté
Parfume la vanité de son existence

Famine, racisme, injustice, malveillance
Arrogance, pauvreté, génocides, attentats
Tous ces maux ne l’affectent pas

Harmonie, altruisme, luxure, bienveillance,
Passion, équité, sérénité, abondance
Rien à foutre le résultat sera le même.

Fuir dans la matrice


3. MÉTÉORITE

Pourquoi écrire ces mots lui donne la sensation que c’est juste?
Qu’une sorte de force tacite met la pression?
Qu’elle risque de regretter si elle n’atteint pas la fin?
Que rien d’autre ne lui importe mais que ça ne lui apportera rien?

Chaque fois que l’envie de partir se manifeste
Elle dévoile devant elle des visages, des contrées, des certitudes parfaites

Regarde tous ces gens, souffrant réellement
Crois-tu que ton cas n’est pas futile?
Comme un sentiment de gerbe continue
Ça ne sert à rien qu’elle continue
Elle vit sa vie dans la simulation
Trop peur d’être honnête, de passer pour un con
L’observateur est à son tour observé
Meurtri, calciné, finit par tomber

Prépare-toi au déluge des météorites
Aussi triste que magnifique
La récolte est enfantine, descendant de l’équivoque
Il faut que ton esprit à présent se débloque
L’observateur est à son tour observé
Meurtri, calciné, finit par tomber
Vacillant sur la crête de la réalité


4. NOIRE

Pauvre enfant qui me regarde
Je n’ai rien compris
Toute une histoire s’achève
Sans rien espérer, sans dépit
La lune est à l’envers
Pourtant on se tient debout

Sinistre éclat qui nous illumine sans fin
Nos voyages ont un sens

J’y ai mis toute mon âme
J’ai bâti tout mon dessein
Tout est calculé

Sale enfant qui me dévisage
N’as-tu rien compris
Ta folle histoire précieuse
Ne vaut pas mieux que la misère
La lune est à l’envers

Pourtant c’est clair
Que la nuit est plus belle encore
Quand elle est noire

Je jure que j’aimerais me taire
Tant qu’il est encore temps
Me taire pour ne pas détraquer
Ton bonheur potentiel

Cristalliser le moment
Crier la haine lentement
Car la nuit est plus belle encore
Quand elle est noire


5. L'EMPIRE DES SINGES

On remue la boue
Outils primitifs, à la recherche
De poux, pour nous nourrir
Nous maintenir à genoux
A l'aube de l'empire

Un crépuscule s'annonce
Celui d'un avenir grotesque
Présage d'une société qui s'annonce
Soumissions intrinsèque

Homo Habilis, Homo Sapiens ; bipèdes, ineptes
Des cacahuètes et des noix pour seuls seins

Des jeux et du pain
Pour amuser la plèbe
Noyé, inondé, une vie sans faim
Du désir né, une soumission au vin.

D'un avenir sans lendemain, je m'interroge
D'une faille, de mes deux mains
Je scrute la fourmilière, en recherche
De quoi satisfaire ma faim

Suis-je l'homme au chapeau
Sous le chapiteau
Une farandole d'animaux comme spectacle
Et je suis le clown de vos débâcles

À coups de fouet, je domine
L'animal, sous vos yeux
De son socle, le singe vous dit adieu

Les spectateurs deviennent acteurs
D'une performance si grotesque
Qu'il paraît difficile de séparer obsèques
Et union d'une orgie qui nous unit dans la peur.

D'un avenir sans lendemain, je m'interroge
D'une faille, de mes deux mains
Je scrute la fourmilière, en recherche
De quoi satisfaire ma faim

Après des siècles, toujours absurde
Je vous présente, un spectacle, une arnaque
Sous vos yeux ébahis, un avenir sombre
Et le rideau tombe


6. MAUSSADE

Si seulement je pouvais voir la vie en couleurs
J’ai essayé de trouver une lueur
Je ne crois plus, rien n’a de sens
L’espoir demeure le seul fruit de l’extase

Faut-il se résigner pour accéder au bonheur?
Cela paraît contradictoire mais je ne connais pas d’autre alternative

Peut-on se moquer des autres quand on n’a pas le courage d’être soi-même?

Je déteste ce que je deviens
Sans aucune emprise, c’est ça le destin
Comment survivre sans l’éclat?
Le vernis sur vos corps ne tient pas

Personne ne sait comment ça fonctionne
Mais tout le monde donne son avis
Sous les projecteurs de l’indifférence
Revanche sur l’empire
J’ai appris ses règles, peu importe le jeu
Difficulté extrême dès que t’aspires à mieux,
Que d’obstacles semés au gré des chemins

Si je pouvais voir la vie en couleurs,
Si j’arrivais à saisir la lueur
N’attendez pas ma rétraction
Trop tard, le cynisme est ma religion


7. ALTERNATIVE

(Instrumental)


8. LES FRAGMENTS

Dans leur routine stratosphérique
Ils déambulent, cadavériques
J’suis seul sur Terre, je suis maverick
De l’upside down je les critique

Comme un ninja sans le savoir
Dissimulé dans la nuit noire
Je vois la vie dans le miroir
Qu’ils ont brisé depuis l’abattoir

Restent des séquelles et des reliquats
Tessons de bouteilles, reflets délicats
Seules ces couleurs cristallisées
Me rattachent à la réalité

Indélébiles à l’instar de l’angoisse
Dans mes poches de la suie, j’ai les mains qui s’encrassent
Mais au fond de la vase il y aura toujours comme base
Des fragments colorés, l’héritage des passés

Est-ce que t’as vu, là-bas, le naufrage
Tu pensais l’éviter, pourtant il s’abat sur nous
Est-ce que tu crois encore que cet orage
Pourra se dissiper avant qu’il ne soit trop tard

Les pièces ne s’assemblent pas
J’ai essayé de les rattacher, en vain

Dans cet océan d’encre, l’aquarelle immiscible
L’art de la dépression qui ne pousse pas au suicide
Se détachent des lueurs, des pensées indicibles

N’essaie pas d’mélanger toutes ces belles nuances
T’obtiendras des effets proches de la répugnance
L’instant de joie singulier ne s’additionne pas
Prends-le tant qu’il est là, mange-le avec les doigts

Toutes ces facettes m’ont rendu fou
Que fallait-il penser alors que la moralité avait déjà fait l’objet de mon deuil?
Tous les maléfices mis au fond d’un trou
Tous ces reflets m’ont rendu la vue floue
Il ne reste rien, il ne reste que nous

Est-ce que t’as vu, là-bas, le naufrage
Tu pensais l’éviter, pourtant il s’abat sur nous
Est-ce que tu crois encore que cet orage
Pourra se dissiper avant qu’il ne soit trop tard

J’aperçois le monde au travers d’un kaléidoscope défectueux
Parbleu
Comme un daltonien devant un Matisse, comme un cartésien devant Dieu
Si triste
J’aperçois le monde au travers d’un kaléidoscope défectueux
C’est beau
Comme un daltonien devant un Matisse, comme un cartésien devant Dieu
Si triste


9. EST-CE QUE TU DANSES?

Tous les produits de la conscience sont négatifs
Tous les moments de joie intense sont primitifs
La positivité est un concept tendance
Créé pour effacer la nature de la conscience

Trois temps pour une valse
Un seul pour une rafale de balles
Bâillonné, sous le visage social
Un système bancal

Les gens m’ont appris à me détester et au passage à les haïr a priori
C’était trop mal vu d’avoir une bonne estime de soi
Il a fallu la saccager pour ne plus paraître arrogant

Telles sont les règles imposées, je les applique sans contester
Renfermant des rancœurs et frustrations
Qui pourrissent dans les entrailles de la moralité

Retraçons le chemin de l’évolution
Retraçons-le à contre-courant

Trois temps pour une valse
Un seul pour une rafale de balles
Bâillonné, sous le visage social
Un système bancal

Quatre temps, on frôle l'ironie
De notre attitude envers autrui
Destruction mutuelle assurée
Dans le mensonge je me complais
Est-ce que tu danses?

Alors on tourne, simplement
Tout s’émerveille, des étincelles s’envolent au vent
Calmement

Le bal reprend son cours, le plateau son mouvement
Les maîtres manient la cour, fabriquent l’accoutumance
Sous le dôme de cristal, la brume et le confort
On nous range dans un coffre-fort

Sache profiter de ce fantasme
Sache arrêter tous ces sarcasmes
Laisse-toi inviter à cette danse
Même si tu sais que c’est une manigance
Il n’y aura jamais mieux

Retraçons le chemin de l’évolution
Dans le mensonge je me complais
Est-ce que tu danses?


10. PAS LE MÊME

Les souvenirs sont matériels
Ils siègent dans la tête
Sous ton crâne

Ton cerveau en sortant de la pièce
Est composé d’une autre manière
Qu’avant d’arriver

Quelques cellules ont changé
Échangé des liens dans le réseau
Associées à des nouvelles cellules nerveuses

Une transformation organique
S’est produite dans la membrane qui te constitue

À chaque fois que je te vois
Je ne suis plus le même
Après avoir arrêté de te voir
Je ne suis plus le même


11. ÉLOGE DE L'OMBRE

Une seule issue y'a pas dix solutions
La Créature contrôle tes pulsions les plus sombres

Une seule issue, un destin partagé
Mais combien ont fermé les yeux ont les deux mains attachées
Comme pris en otage
J’plante mes crocs d'nécrophage dans leur corps bien trop fragile

Des rires aux larmes, des larmes à la folie
C’est ta santé mentale qui s’atrophie
Ça devient assez bancal mais t’encaisse à en vomir

Pas d’sens pas d’raison
Dans l’Empire des singes pas d’sens pas d’raison
J’fais l’éloge de l’ombre pas l’éloge de c’monde
Donc j’attends patient dans les tréfonds

Joignez les mains ou levez-les au ciel
Les Hommes sont des Primates aux pensées obscènes
Les erreurs s’répètent pour les siècles des siècles
Les Hommes sont des milliards les péchés sont sept

Où s’est cachée la lumière qui f’sait briller tes pupilles?
Maintenant tu subis
T’essayes de survivre
Les fragments à jamais resteront désunis

Le ciel est ombragé
La haine est contagieuse
Jouez pas les outragés
C’putain d’jeu est injuste

Des yeux rouges dans la nuit noire
Comme un bruit blanc après la dissonance
Mon emprise commence
Comme une présence contradictoire
Très doucement mes griffes s’enfoncent

Créature prédateur dans ton esprit créer la rupture
‘Suffit d’un murmure pour t’inculquer la peur
‘Suffit d’un malheur pour enterrer ton futur

Les serpents, les corbeaux s’écartent
Mon chemin s’éclaire
Des symptômes jusqu’aux séquelles
Ton état se dégrade
Mais personne n’ose regarder en face c’qui l’effraie

Chaque jour qui passe c’est un trait à graver sur le mur
Chacun d’tes battements te consume
Plus rien n’est constant tout dans l’imposture
Écoute ma voix comme si elle était posthume

Tu peux serrer les dents ça enlèvera pas l’goût d’amertume
Les mêmes actions pour les mêmes répercussions pourquoi ça t’perturbe?

Les secondes ralentissent… quand ma silhouette se rapproche
Protège ta carotide trop tard pour les reproches

Les questions s’effacent un fois sous mon étreinte
Tes passions s’enflamment pourquoi les restreindre?
Nos corps et nos démons s’entendent mes paroles répondrons à tes craintes
Le soleil se lèvera encore mais pour toi tout commence à s’éteindre

La Créature contrôle tes pulsions les plus sombres
N’oublie jamais qu’il n’y a qu’une seule issue


12. RÉTROGRADE

Les mémoires de l’Âge de Pierre
Faussées depuis des millénaires
On était tous dans la misère
Survivant grâce à notre flair
La plus belle ère
De notre espèce

L’humanité déjà prospère
On cueille les fraises et les groseilles
Le bruit du viol et de l’inceste
Le cri des loups que l’on dépèce
Les yeux béants
Injectés de sang

Je rêve d’une époque sans confort
Et même si j’en jouis ils ont tort
Je souhaite redevenir obsolète

Du silex au cristal, de la pierre au métal
Nos souvenirs reposent sur l’idée que l’évolution n'est qu'une difformité
Un amalgame de pixels qui autrefois reposait sous un vitrail
De Versailles au carbone 14 ils excellent

Respire, avance

1981: nouvelle génération
la peine de mort et son abolition

Une pensée rétrograde
Des néons en cascades
Figent nos esprits dans cette mascarade
Et tous nos écrans dictent les mêmes utopies infernales

Le pantin du pantin, sans fin,
Nous sommes manipulés par des dépravés
Vite, regarde vers le passé,
De notre conscience mécanique l'avenir cesse d'exister
Stimule ma résilience, donne-moi ma dopamine,
Enferme-moi sous une cloche de cristal
Et détruis la clé, point final.

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