De temps en temps, il est de ces albums qui vous collent au front dès la première écoute, qui tournent en boucle à la maison, dans la voiture, et dont vous ne savez pas vraiment pourquoi. Il est de ces albums que vous rangez très rapidement aux côtés des références du genre. C’est à un disque de cette trempe que nous avons affaire ici. Ça fait deux mois que j’ai acheté ce skeud. Et ça fait deux mois que je n’arrive pas à l’extraire de ma platine. Cela ne m’était pas arrivé depuis un certain
Death Magnetic...
Emmenée par deux vétérans de la scène française, Alain Joumel (guitare, ex-Respect) et Chris Caprin (batterie, ex-
Sweet Lips, ex-Firefox), la formation, dans un registre Heavy-
Trash fort bien achalandé, nous assène une dizaine de compos, homogènes, fluides et envoutantes. Les compères se sont adjoint des partenaires à la hauteur de leur prestation avec Vincent à la basse et Michaelle au chant. Ensemble, ils ont surtout réussi à s’extraire du carcan «
Metal Français» estampillé 80’s dont ils sont issus. Le groupe cite volontiers
Black Sabbath, Alice in Chains ou encore
Sevendust parmi ses influences. Il a su pour autant s’en démarquer et propose quelque chose d’assez personnel.
C’est en partie dû à Michaelle. La miss transcende les morceaux de ses interventions tout en évitant de glisser dans la marre du «
Metal à chanteuse». Il faut entendre la belle s’époumoner sur «Protective Son» ou encore le très bon «Delivery». Les membres fondateurs excellent chacun en ce qui les concerne. Chris fait claquer quelques intros («Protective Son», «Aftertaste», «Meaningless»…) avant d’imprimer un rythme, plutôt massif, tout au long de cet opus. Si l’ex-
Sweet Lips a mis entre parenthèses sa carrière musicale durant quelques années, il n’a pas lâché les baguettes et possède toujours une belle et lourde frappe. Cette dernière est bien épaulée par les lignes massives que balance Vincent («Ashamed», «Sowing the Seeds»). Alain possède le sens du riff, c’est le moins que l’on puisse dire. Il illumine cette galette de ses six cordes et développe quelques solos que ne renierait pas le grand Satch («Fake», «
Symbiosis», «Get Drunk»), mais pas seulement.
L’album est produit par le groupe et Luc Derhi, le premier bassiste de la formation, qui appose avec réussite des nappes de claviers sur «Delivery».
Avec ce premier essai les toulonnais d’
Heavy Duty ont placé la barre assez haut. On le sait depuis longtemps, au pays du fromage, faire du Rock et à fortiori du
Metal, n’est pas une sinécure. Remercions ces gens de garder la foi dans un PAF faisandé depuis trop longtemps.
J’ai pris le temps avant de faire mon journaliste anglais moyen et de porter au pinacle ce skeud et par conséquent ce groupe. Je suis allé vérifier en live également. Mon Dieu, quel potentiel! Un futur grand? Il n’en tient, en partie, qu’à nous... Si vous n’avez pas envisagé de venir en aide aux récents sinistrés du Var ou si vous avez été déçus par les bleus, soyez chauvin tout de même. Soutenez ces zicos varois qui méritent vraiment un coup de pouce. French
Metal exportable !!
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