Même s'ils ne sont pas trop connus,
Satarial est l'un des premiers groupes russes à s'être aventuré sur les sentiers du black metal folklorique, et cet album est aussi un excellent témoignage de ce que le groupe pouvait faire à cet époque.
Ponctués d'ambiances forestières (les habituels chants d'oiseaux) ou guerrières (galops de chevaux, ...), les longs titres metal alternent avec d'autres où Morena chante sur un fond de synthé et de flûte.
C'est donc des chants féminins, avec quelques touches de folks, qui ouvrent le premier titre, morceau de metal plus festif que guerrier, qui nous emmène dans les fêtes païennes en pleine forêt.
Car dans l'ensemble,
Satarial se veut bien plus léger et festif que d'autres groupes slaves, même si les ambiances païennes à souhaits ne sont jamais loin; le violon folk, la flûte et l'inoubliable synthé sont là pour le rappeler, de même que les rythmes typiquement folkloriques de certains passages. Et cet ensemble est très réussi, plus qu’envoûtant, c'est un vrai bonheur à entendre !
Bien sûr, la violence vengeresse de
Nokturnal Mortum n'a pas plus de prise que la noirceur inquiétante de
Hate Forest, mais c'est pas mal aussi d'avoir un peu de repos entre les sacrifices et les batailles !
Le son est très bon, puissant, clair et ravageur dans les passages un peu plus violents, écrasants ou doucereux sur les autres, même si l'aspect "terroir" est gardé, heureusement !
Même si à priori, le rythme n'est pas très élevé pour du black metal, on se rend compte que les Russes savent aussi accélérer quand il le faut, surtout vers le milieu de l'album. J'en profite pour dire que le jeu de batterie est très bon, que ce soit les roulements de caisse de "Asbatt of
Witchcraft" ou la double pédale sur "I damn you, Holy One". Un des grands moments de l'album est aussi la fin du très bon "Son of the
Astral Fire", son rythme militaire, le chant plaintif et le synthé bien prenant.
Comme souvent avec les Russes (
Arkona, Temnozor,
Butterfly Temple), il est difficile de parler de black metal; le style de
Satarial mélangeant allégrement black sympho, heavy et folk metal, cela donne un genre à part, typiquement russe et pourtant assez personnel; l'alternance chant folklo masculin/féminin, chant narratif et bien sûr chant black (bien maîtrisé d'ailleurs) y est pour grand chose, de même que le duo flûte/violon.
Cet album est sûrement le meilleur de
Satarial (en tous cas de leur période pagan metal), et mérite l'attention de tout amateur du genre; ce n'est pas la pochette un peu décalée ni le clip du titre éponyme (où on y voit une belle païenne à demi nue se dandiner sur les "la la, la-la-la") qui sont représentatif du groupe: car même s'ils ont l'art de jouer avec les clichés,
Satarial ont un réel potentiel, qu'ils exploitent à 200% sur ce "Queen Of The Elve's
Land", que ce soit niveau atmosphère, technique ou mélodies.
Vous qui aimez les ambiances de fêtes folkloriques et de magie pas si noire que ça, les vieilles légendes païennes plus romantiques que terrifiantes et l'héroïsme guerrier, ne cherchez-plus: cet album est fait pour vous !
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