The Giants' Fall

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16/20
Nom du groupe Elysatium
Nom de l'album The Giants' Fall
Type Album
Date de parution 14 Octobre 2022
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 The Hunger
 05:50
2.
 Safe World
 04:49
3.
 Virtual Lives
 04:44
4.
 The Giants' Fall
 04:00
5.
 Insomnia
 04:41
6.
 Destiny
 05:34
7.
 Flirting with Death
 05:56
8.
 Your Memory Lives On
 05:36
9.
 Dead Zone
 05:22
10.
 Who We Are
 05:13
11.
 My Nothingness
 04:08
12.
 Demons in Paradise
 06:51

Durée totale : 01:02:44

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Elysatium


Chronique @ ericb4

24 Novembre 2022

Une ogive à longue portée aux effets dévastateurs en guise de message de bienvenue...

Encore un énième groupe de metal symphonique à chant féminin, sans doute voué, comme tant de ses pairs, à une disparition prématurée des tabloïds, me direz-vous ? Et qui, en ces temps agités par la féroce concurrence dont ce registre metal continue de faire l'objet, pourrait bien songer à vous donner tort ? Ce serait faire fi de l'indéfectible motivation dont certaines formations seraient habitées, au sein lesquelles ce discret trio nord-européen sorti de terre en 2007.

Conscient des enjeux et des risques courus à se jeter tête baissée dans la bataille, c'est pierre par pierre qu'il échafaudera l'édifice, l'opiniâtre combo n'accouchant de son premier single, « Virtual Lives », que quelque 15 années plus tard ! C'est là le point de départ de la palpitante aventure où nos valeureux gladiateurs vont nous mener, les événements en venant alors, et contre toute attente, à s'accélérer. Aussi, s'ensuivront pas moins de six autres singles au cours de cette même année, chacun des sept efforts faisant alors partie intégrante de son introductif et présent album full length, « The Giants' Fall ». A l'aune de cette galette, la troupe aurait-elle les armes artistiques et techniques requises pour espérer tenir la dragée haute à ses si nombreux homologues stylistiques ?

Ce faisant, Stine Grove, soprano aux fluides inflexions doublées d'un léger vibrato, Steen Caspersen, guitariste virtuose, et Mark Kevin, fin batteur de son état, nous plongent au cœur d'un metal mélodico-symphonique pur jus, dans le sillage atmosphérique de Nightwish, délivrant des chapelets d'harmoniques que l'on croirait empruntés à un Within Temptation des premiers émois, et calant son message musical sur une mélodicité toute de fines nuances cousue, dans la veine de Xandria et Beyond The Black. Laissant également entrevoir une technicité instrumentale éprouvée sans pour autant se faire inutilement démonstrative, et témoignant d'une cohésion orchestrale coulée dans le bronze, cette solaire, altière et luxuriante galette renseigne déjà sur le pédigrée de nos artistes patentés.

Jouissant, par ailleurs, d'arrangements instrumentaux de fort bonne facture et d'une production d'ensemble ne souffrant que d'infimes irrégularités, c'est dire que le confort auditif procuré par les 12 pistes dispensées autoriseront l'écoute d'un seul tenant des 62 généreuses et vibrantes minutes du luxuriant propos. Pour mettre les petits plats dans les grands, le trait affiné d'inspiration fantastique et la large palette de couleurs dont se pare la pochette relèvent de la patte experte du prolifique et talentueux graphiste français Pierre-Alain Durand (Dimlight, Age Of Athena, Elegy Of Madness, End Of The Dream, Enemy Of Reality, Gohrgone, Witherong Soul...) ; une simple mise en bouche du spectacle qui va s'offrir à nous...

Le trio interpelle tout d'abord par sa faculté à essaimer ces séries d'accords des plus enveloppantes qui, consciemment ou non, vous resteront gravées en mémoire longtemps encore après y avoir plongé le pavillon. Et c'est sur des charbons ardents que nous mène le plus souvent le collectif, non sans disséminer quelques gemmes çà et là sur son chemin. Ainsi, c'est d'un battement de cils que le refrain catchy exhalant du pimpant up tempo « The Hunger » aspirera le tympan ; doté d'enchaînements intra piste ultra sécurisés, de lignes de claviers des plus immersives, alors apparentées à celles de Within Temptation (WT), et mis en exergue par les cristallines impulsions de la sirène, ce rayonnant single joue assurément dans la catégorie des hits en puissance, que l'on ne quittera que pour mieux y revenir. Faisant jeu égal avec lui, le ''xandrien'' « Destiny », lui, se pose tel un poignant up tempo heavy symphonique au léger tapping et investi d'un inattendu changement de tonalité ainsi que d'un flamboyant solo de guitare ; dans son ombre se glisse le non moins headbangant « My Nothingness », véritable torche incendiaire, relevé par les limpides ondulations de la princesse. Dans cette énergie, difficile également d'éluder sans éprouver de tenaces regrets tant les couplets finement ciselés que les riffs vrombissants du ''delainien'' single « Safe World ». Et comment ne pas se sentir happé par le souriant paysage de notes dont se pare « Insomnia », entraînant effort aux arrangements ''nightwishiens'' et à l'entêtante mélodie, que n'aurait probablement reniée Beyond The Black ?

Si la force d'attraction des passages les plus enfiévrés ne saurait être contestée, l'attention du chaland demeurera tout aussi inébranlable à la lecture des passages à la cadence un poil réfrénée. Ce qu'atteste, en premier lieu, « Virtual Lives », tubesque mid tempo progressif glissant, lui aussi, sur un grisant torrent synthétique estampé WT. Encensé, à son tour, par l'angélique filet de voix de la déesse, et recelant, en prime, une insoupçonnée et sidérante montée en régime du corps orchestral, on comprend que les arguments sont loin de manquer à l'appel de cette pépite. Non moins magnétiques, les délicats arpèges au piano comme la radieuse sente mélodique inscrite dans les gênes du ''xandrien'' mid tempo « The Giants' Fall » seront de nature à faire plier l'échine à plus d'une âme rétive. Dans cette mouvance, on ne saurait davantage esquiver ni « Flirting with Death », mid/up tempo heavy symphonique, '' nightwishien'' en l'âme, au regard des troublantes modulations de la belle et de son fuligineux solo de guitare, ni le ''xandrien'' mid tempo progressif « Who We Are », eu égard à la saisissante densification de sa couverture instrumentale, ayant alors pour corolaire de puissants coups de boutoirs.

Quand ils nous immergent au sein de leurs espaces ouatés, nos compères se muent dès lors en de véritables bourreaux des cœurs en bataille, nous livrant par là même leurs mots bleus les plus sensibles. Ainsi, la petite larme au coin de l'oeil, qu'il tentera bien d'occulter, finira par perler sur la joue de l'aficionado du genre intimiste sous l'impact de « Your Memory Lives On », ''evanescente'' ballade d'une sensibilité à fleur de peau, aux airs d'un slow qui emballe. Instillé de délicates gammes au maître instrument à touches, recelant un poignant solo au synthé, mis en habits de soie par l'hypnotique vibrato de la diva, et se chargeant en émotion au fil de sa progression, l'instant privilégié incitera à une remise en selle sitôt l'ultime mesure évanouie. Un poil moins satiné et sans pour autant perdre de sa superbe, le ''nightwishien'' low tempo progressif « Dead Zone » ne nous poussera pas moins dans nos retranchements pour ne plus nous relâcher. Lorsque les éléments en viennent à s'emballer, difficile alors de ne pas se voir aspiré dans la tourmente, le chavirant instant se faisant, à son tour, des plus émouvants au fur et à mesure de son avancée.

Mais c'est à quelques lieues du terme de notre périple que la troupe révèle ses plus beaux atours, et ce, à l'instar de son ample pièce en actes d'obédience metal symphonico-progressif et cinématique, aux relents folk. Aussi, les quasi 7 minutes de « Demons in Paradise » nous mènent au sein d'un vaste champ de turbulences, à la confluence de Nightwish et d' Eluveitie, où les coups de théâtre sont loin de manquer à l'appel. Voguant sur d'ondulantes nappes synthétiques, pourvue d'un tapping effilé et d'une cornemuse samplée en substance, cette trépidante offrande aux riffs crochetés se fait à la fois joviale, altière et frissonnante. A la maîtresse de cérémonie, eu égard à son gracile filet de voix, d'achever de nous convaincre de nous trouver aux prises avec l'une des gemmes de la livraison, rien de moins...

Carton plein donc ou presque pour nos acolytes à l'instar de ce dantesque effort, d'une redoutable efficacité mélodique et bénéficiant d'une ingénierie du son aux petits oignons. Variant ses exercices de style à l'envi, éblouissant par ses phases technicistes comme par la richesse de ses harmoniques, et fortement chargé en émotion, ce premier mouvement revêt l'aspect d'un bâton de maréchal pour nos trois intrépides aventuriers. Si l'ombre de leurs maîtres inspirateurs plane encore sur moult séquences d'accords et si les prises de risques sont encore peau de chagrin, tant la qualité des arrangements que celle des enchaînements et des prestations oratoires dispensés relativiseront ces carences. Message fort est ainsi lancé à la concurrence, d'où quelle vienne. Bref, une ogive à longue portée aux effets dévastateurs en guise de message de bienvenue, plaçant dès lors l'inspiré trio nord-européen parmi les sérieux espoirs du metal symphonique à chant féminin. Qu'on se le dise...

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