Something's Dripping

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17/20
Nom du groupe Bonafide
Nom de l'album Something's Dripping
Type Album
Date de parution 2009
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album11

Tracklist

1. Dirt Bound
2. Hard Livin'Man
3. No Doubt About It
4. Straight Shooters
5. Elvis Chapel Blues
6. Fill Your Head with Rocks
7. Dog
8. Shot of You
9. Butter You Up
10. Swan Song
11. Sicker Than I Think

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Bonafide


Chronique @ samolice

26 Octobre 2012

Fill Your Head With Rock

En juin 1991 sortait sur les écrans français "La relève". Ce film de et avec le grand - au propre comme au figuré - Clint Eastwood ainsi que le petit - au figuré - Charlie Sheen traitait d'un sujet qui revient souvent ces temps-ci dans les pages des canards "métal", celui de ... la relève (comme c'est étonnant!). En d'autres termes, comment prendre la place (bientôt) laissée libre par les glorieux ainés? Judas Priest, Iron Maiden, Saxon, Motörhead, la liste est longue. Quand bien même certains se portent bien, ils ne sont pas éternels comme nous l'a rappelé brutalement l'actualité de ces dernières mois (Jani Lane, Ronnie Dio, Gary Moore, John Lord et d’autres - cherchez l'intrus).

Ceux qui ont déjà eu l'occasion de tomber sur une de mes excellentes chroniques savent que je fais dans le papi métal, à savoir des papiers d'albums issus des 80's. J'essaie pourtant au quotidien de ne pas être un nostalgique du c'était-mieux-avant et de chercher chez les nouveaux arrivants cette fameuse relève. Aujourd'hui, c'est du cas d'Ac/Dc dont je souhaite vous parler. Leur dernier album ne vous pas laissé sur le cul? Moi non plus.

Qui donc pour leur succéder sur le trône? Airbourne? Ca manque un peu de groove et de variation dans les tempis. Les espagnols de 77? Trop nostalgiques de l'ère Bon Scott et limite plagiat. Danko Jones? Trop irrégulier sur ses derniers méfaits. Non vraiment, quelles que soient les qualités incontestables de la plupart de ces combos, pas un n'a su réellement combler le vide. Jusqu'au jour où, le hasard faisant parfois bien les choses, ma misérable existence s'est faite botter le c-l par un groupe suédois qui m'était (jusqu'alors) inconnu : Bonafide. Je ne sais pas ce qu'ils mettent dans leurs biberons en Suède, mais en matière de rock, de sa branche la plus extrême à celle la plus "pépère", ils nous enterrent.

Bonafide voit le jour en 2006, à Malmö, à l'initiative du chanteur guitariste et quasi-unique compositeur Pontus Snibb. Ce mec sait tout faire puisqu'il assure parallèlement le poste de batteur au sein du culte tout autant que méconnu Jason & The Scorchers. Après quelques changements de line-up, le guitariste Mikael Fässberg, le batteur Sticky Bomb et le bassiste Micke Nilsson le rejoignent. Votre mission si vous l'acceptez : jouer un putain de bon vieux bluesy heavy rock. Yes we can!

En octobre 2007, le premier (et bon) album éponyme « Bonafide » leur permet d'assurer un grand nombre de dates dans les pays scandinaves et d'ouvrir notamment pour des pointures telles que Deep Purple, Europe, Whitesnake, Status Quo, Y&T, LA Guns et The Quireboys. C'est à partir du mois de janvier 2009 que le groupe s'installe aux studios MusicMatic à Göteborg (Gothenburg pour les intimes) pour s'attaquer à ce « Something´s dripping ». L'opus sort le 18 septembre de cette même année sur le label Black Lodge Records. Il atteint la 16ème place dans les charts suédois, se payant même le luxe de devancer l'album « Endgame » de Megadeth sorti à la même date. Bruce Dickinson les programmes dans son émission radio de la BBC. Jusqu'ici tout va bien.

A la première écoute, il est possible et même probable que beaucoup parmi vous soient dérangés par l'influence très (trop?) présente (pesante?) du gang australien - non, pas Airbourne -, période « Back In Black » ("Fill your head with rock", "Dirt bound, "No doubt about it", "Sicker than I think", "Dog", "Swan song"). Je vous dirais deux mots. Accrochez vous. Oui, accrochez vous car l'héritage va bien au delà de nos kangourous-boys préférés. Des exemples?
"Shot of you" nous renvoie à la plus belle époque de Rod Stewart et ses Faces. "Straight shooters", qui propose un duo entre Pontus Snibb et Mia Coldheart des Crucified Barbara, n'est pas si éloigné de Kiss. Le superbe blues rock, hommage au King, "Elvis chapel blues", penche du côté du Whitesnake de la période « Lovehunter ». On pourrait également citer The Cult du grand « Electric » (le riff introductif - que l'on retrouve sur le refrain - de "Sicker than I think"). Enfin, "Butter you up" est un pur rock n roll hyper entraînant qui ralentit le tempo en fin de solo pour annoncer un break batterie/voix/guitare fort bien senti.

Voilà en tous les cas un groupe qui porte bien son patronyme : authentique (bona fide dans la langue de Shakespeare). La liste des groupes préférés de Pontus donne le ton : Led Zeppelin, Rose Tattoo, Ac/Dc, Bad Company, Muddy Waters et Black Crowes. J'ai aussi pensé parfois aux canadiens d'Helix sur l'album "Wild In The Streets".
A la différence d'Airbourne, qui part à fond, accélère au milieu et finit au sprint - non ce n'est pas de l'acharnement, je les aime bien en plus, si si je vous le jure -, Bonafide a bien retenu des ainés une leçon essentielle selon moi. Pas besoin d'appuyer sans cesse sur la pédale d'accélérateur pour faire mouche.
Si "Dirt bound", "Hard livin' man" ou "Fill your head with rock" étaient sortis sur le dernier album de nos australiens préférés (non, pas Airbourne, n'insistez pas ça devient lourd!) le jackpot était garanti. Quoi que, même sans ces titres le jackpot a bien eu lieu, merci pour eux, mais ceci est une autre histoire. Prenez "Fill your head with rock". Intro en picking, quelques arpèges, riff basique à trois accords accompagné par une basse qui tabasse, et ce jusqu'à l'assaut final via un refrain imparable. La recette n'est pas nouvelle, certes, mais qu'est-ce que c'est bon! Pourquoi est-ce si compliqué de faire simple? C'est pourtant tellement efficace.

Les soli, où rôde toujours l'influence d'Angus - la Gibson SG est de sortie -, sont basés avant tout sur la mélodicité (ça existe ce terme?). Les chœurs, présents sans trop en faire, sont efficaces et les refrains enjoués. Le tout est parfaitement mis en valeur par la production impeccable de Chips - avec la bière y'a pas mieux - Kiesbye (The Hellacopters). Le son est puissant, les instruments et la voix parfaitement installés dans le mix.

La voix justement, venons y. Chaleureux. Voilà le qualificatif que j'emploierai pour décrire l'organe de Pontus Snibb. Une touche de Sammy Hagar ("Sicker Than I Think"), quelques accents de Coverdale, en plus rocailleux, et un amour évident pour Paul Rodgers (on imaginerait bien Bonafide reprendre "Rock steady" de Bad Company) et Rod Stewart.
Que demande le peuple?
"Un peu d'originalité peut être" s'écriront les grognons - qui n'auront pas non plus complètement tort -. Ok y'en a pas (d’originalité, parce que les grognons en revanche, ça ne manque pas). Et je m'en fous. Je m'en fous parce que « Something's Dripping » est, au choix :
- le genre de disque que si tu l'écoutes - désolé de cette tournure de phrase pour les amateurs de la langue française - en voiture sur une quatre voies, tu te retrouves dans les secondes qui suivent 30km/h au dessus de la vitesse autorisée à faire crépiter les flashs de nos chers radars automatiques.
- le genre de disque que si tu l'écoutes, tu progresses vitesse grand V en air guitar.
- le genre de disque que si tu l'écoutes, obligé tu finis chez le kiné pour te faire remettre en place les cervicales.
- le genre de disque que si tu l'écoutes, tu exploses rapidos le pack de bières que maman a acheté la veille.
- le genre de disque que si tu l'écoutes, il réveille en toi les instincts les plus primaires et que ce soir au lit c'est toi le roi de la jungle.
- le genre de disque que si tu l'écoutes, les cheveux longs de tes 20 ans repoussent instantanément - ah j'en vois au fond que ça intéresse!-.

Quand même, y'a pas à dire, quand les groupes ont encore de la morve qui leur coule du nez, c'est pas pareil qu'à l'âge adulte (quand bien même ces mecs ne sont pas des poulets de trois jours). Innocence, fougue, conviction. C'est pour ça aussi que c'est bien la relève.
C'est bien simple, depuis le « Sleep Is The Enemy » de Danko Jones, j'attendais avec impatience une telle dose de rock'n'roll sur-vitaminé. Une véritable potion magique contre la morosité ambiante - et y'a de quoi en ce moment... hélas -. Bizarrement pas encore remboursée par la sécurité sociale. Pour paraphraser une pub célèbre, Bonafide, c'est une bonne claque aux petites mauvaises odeurs.

Moment de grâce ou relève assurée. Wait and see... Le cap du troisième album, qui vient d'ailleurs de sortir (« Ultimate Rebel » et son hit imparable "The mess"), apporte souvent des éléments de réponse intéressants.
En attendant, tournez le bouton du volume de votre chaine stéréo vers la droite, loin, très loin vers la droite, et "Fill Your Head With Rock"

Enfin histoire d'enfoncer une nouvelle fois une porte ouverte, signalons qu'en cette fin d'année 2012, 14 (!) dates du groupe sont programmées en Espagne, 0 en France. Espérons que Bonafide ne soit pas atteint du syndrome Armored Saint...

16 Commentaires

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adrien86fr - 28 Octobre 2012: Très bonne chronique, merci pour l'article. Parfois, certains groupes actuels parviennent à nous donner un once d'espoir et d'illusion que le Rêve n'est pas encore terminé.. Respect à eux.

Dans les héritiers (ou décrits comme tel) de l'irremplaçable AC/DC, comment considères-tu Koritni par simple curiosité ?
samolice - 28 Octobre 2012: Tout à fait Adrien, Lex rentre parfaitement dans les clous (son attitude, sa musique, tout). Encore un australien d'ailleurs tiens (même s'il m'a l'air de passer le plus clair de son temps dans notre douce France). Bizarre parce que nous on rêve de l'Australie. On est jamais content de ce qu'on a.
TasteofEternity - 19 Octobre 2013: Ah si seulement ce groupe avait autant d'inspiration que le chroniqueur... Merci Sam' pour cette excellente chronique qui se lit avec un plaisir infini ; le titre en revanche me laisse sceptique (trop d'influences reconnaissables mal digérées, on dirait un tribute band). Alors j'ai fait mon choix (depuis longtemps), je laisse Bonafide sur le bord de la route (au moins ils gêneront personne) et je continue à prendre un vrai plaisir en plongeant dans tes chroniques.
samolice - 30 Novembre 2013:

Désolé Taste, ton message m'avait échappé. Je veux juste redire qu'il y a sur ce disque des titres qui se détachent nettement de leur influence kangouresque : "Shot of you", "Straight shooters", ou encore le magnifique "Elvis chapel blues" que je ne parviens pas à trouver sur YT pour vous convertir. Sinon, le nouvel album est pas mal aussi :-)

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