Rockin' Hell

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Nom du groupe Overdrivers
Nom de l'album Rockin' Hell
Type Album
Date de parution 29 Avril 2016
Labels Self-Produced
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1. Rockin Hell
2. Bertha Rottenfold
3. She Hides a Big Packet
4. Hard Rock Hard Life Hard Night
5. Hot Driver
6. Dirty Girls Island
7. Big Mary
8. Rock Your Life
9. Girls Gone Wild
10. Limbs of Rock 'n' Roll

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Overdrivers



Chronique @ AlonewithL

24 Janvier 2018

ils ont les moyens de retourner l’enfer.

Aux yeux des puritains de tous poils le hard rock est une musique du diable. Ainsi, on a eu le droit aux théories les plus farfelues à son égard et provenant de ces énergumènes. Certains y ont vu des messages subliminaux; une théorie avancée évoquait un ode hypnotique sataniste concernant le fameux “Stairway to Heaven” de “Led Zeppelin“. L’illustre troupe australienne “AC/DC” n’a pas échappé au traitement de faveur. Un numérologue y avait jeté son dévolu en tentant de prouver une correspondance entre le groupe des frères Young et Satan par l’intermédiaire des chiffres et de toute une série d’opérations. Liens supposés avec le démon ou non, une chose est sûre, cette musique est perçue comme dangereuse. Pire encore, sataniste. Et chacun sait que nous sommes tous stimulés par ce qui est interdit, intéressés de prendre l’”Highway” vers l’enfer.

Certains d’entre nous, quelque part dans le Nord de la France ont passé l’interdit pour fonder leur propre groupe de hard rock. C’est ainsi qu’apparaît sur la scène “Overdrivers“, projet lancé par Adrien Desquirez et Anthony Clay en 2011, qui va réellement prendre forme aux alentours de l’année 2014, rejoint par le bassiste Sébastien Lorquet et le batteur Florian Morgano. Ils font alors ce que tout vrai groupe exerce: ils entament ensemble plusieurs concerts et auront l’occasion de jouer aux côtés de “Sticky Boys” ou des légendaires “Vulcain“. Leur style de hard rock se distingue de ces deux noms cités, pourtant il est particulièrement courant dans le circuit. En fait “Overdrivers” est à considérer pour l’instant en énième formation d’”AC/DC” worship comme il en existe tant. Mais, il faut bien leur reconnaître, grâce à la découverte de leur premier album paru en 2016 et intitulé “Rockin’Hell“, qu’ils ont les moyens de retourner l’enfer et de s’attirer les foudres des fous de Dieu.

Cette vénération pour “AC/DC” est tellement ostensible qu’elle saute littéralement aux oreilles dès le premier morceau éponyme. On reconnait bien sa rythmique, son riffing endiablé, incisif et répétitif. Pour cela “Overdrivers” s’emploie à servir avantageusement le maître par une musique efficace et de qualité, ajoutant sur ce titre précisément un solo de haute volée. “Limb of Rock n’ Roll” offre d’ailleurs une vision très similaire, avec simplicité, fraîcheur et paré ici d’un chant plus espiègle. Les riffs agissent très souvent par à coups. Les structures pourront être jugées simples, parfois même simplistes, et donnent du coup le sentiment de passer rapidement d’un morceau à l’autre et que tout, au final, se ressemble. Ainsi, on ne verra à peine passer le palpitant “Big Mary” et “Dirty Girls Island”paraîtrait redondant malgré sa tournure rock n’ bluesy. Plus intriguant, mais quand même inquiétant “Hot Driver” dans ses contours lents et blues est en quelque sorte un calque de “Night Prowler” d’”AC/DC” plus qu’évident pour qu’on le prenne réellement en considération.

Ce premier disque des nordistes n’offre certes pas la perfection souhaitée, mais beaucoup adorerons leur sens du rythme et des mélodies. L’auditeur sera saisi par la montée en pression, la maestria technique des guitares sur “She Hides a Big Packet”, qui d’ailleurs s’illustre parfaitement à travers le solo inclus dans l’ombrageux “Hard Rock Hard Life Hard Night” ou encore dans celui de “Girls Gone Wild”. Ce dernier morceau est très sympathique dans l’esprit, développant des riffs sexy, un jeu constant agrémenté d’un chant scandé de la part d’Adrien. Il faut souligner que ce jeu très enclin à produire ou reproduire du “AC/DC” trahit par moments d’autres influences. Ainsi, on peut deviner aussi bien sur “Girls Gone Wild” que sur “Rock Your Life” un dynamisme et un semblant de naïveté qui rappelle fortement les débuts des “Sticky Boys“. Étrangement sur le ténébreux “Bertha Rottenfold” on retiendra davantage l’influence de “Dire Straits” dans la musique. Le chant tire dans un autre registre, mais le tout se complète parfaitement, délivrant là un des meilleurs extraits de la galette.

Passé quelques signes de fragilité et un manque certain d’originalité, “Overdrivers” parvient par son premier album à proposer à tous amateurs de hard rock quelque chose de sérieux et de foutrement badass. L’effort technique pris par les musiciens, leur grande régularité et surtout une qualité sonore bluffante pour un disque autoproduit sont les points forts avancés par cette production. C’est sans complexe que l’on peut placer “Overdrivers” aux côtés de tous ces groupes qui impulsent aujourd’hui le hard français. Faire du “AC/DC” worship aujourd’hui ne les contraint pas à s’employer vers d’autres sillages demain, et pourquoi pas à se modeler une véritable identité dans un circuit, qui, il est vrai, tourne souvent autour d’une poignée d’influences. Pour cela, qu’il doit y avoir de la vie, de l’audace, de l’action, d’autres acteurs. Et que l’on puisse enfin avec tous ces ingrédients recréer une fournaise égale à l’Enfer.

14/20

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