Entendre dans ce
Lies' Device, premier véritable album des Italiens de
Kalidia fondé en 2010 sous l'impulsion de Nicoletta Rosellini aux chants, Federico Paolini à la guitare, Alessandro Cecchini à la batterie (aujourd'hui remplacé derrière les fûts par Gabriele Basile) et Nicola Azzola aux claviers, un quatuor bientôt complété par Roberto Donati à la basse, des accents musicaux directement hérités de ce
Power Metal si cher au vieux continent est un constat que les plus sceptiques ne pourront pas nécessairement contredire tant il est vrai qu'il y a ici une parenté évidente entre l'âpreté de la musique des
Edenbridge,
Amberian Dawn ou
Skyward et celle de ces Ultramontains. Néanmoins il faudra grandement nuancer ce propos tant l'aspect excessivement mélodique de la voix diaphane de cette chanteuse, mais aussi de certains des refrains composés pour l'occasion, donne à l'ensemble un visage d'une douceur, et parfois même d'une pâleur, excessives rapprochant dangereusement cet effort de l'estampille ô combien impersonnelle de "
Metal à chanteuses".
Quoi qu'il en soit débutons donc l'analyse de ce manifeste par le commencement en évoquant sa production. Manquant singulièrement d'équilibre (mettant par exemple les chants bien trop en exergue) et de relief, elle donne à cet opus un aspect très monolithique que l'interprétation d'une vocaliste incapable d'apporter à ces titres suffisamment de nuance vient encore souligner. Un manque de diversité vocale d'autant plus flagrant et embarrassant d'ailleurs que dès lors qu'Andrea Raco (
Etherna) viendra rompre cette uniformité de sa voix particulièrement éraillée et rugueuse, sur un intéressant
Harbinger of
Serenity, le propos de ces Italiens deviendra, enfin, séduisant.
Toutefois, malgré ce traitement sonore un peu indigent et ces prestations vocales bien trop monotones, l'entame de ce disque demeure agréable (The
Lost Mariner, Hiding from the Sun).
Malheureusement au-delà de ces quelques chansons sympathiques, la suite sera d'un tout autre acabit confirmant l'incapacité fâcheuse de ce quintette transalpins à nous proposer des morceaux digne d'intérêt. Tout, ou presque, reste ici, en effet, d'une insipidité consternante effleurant la surface d'un monde fastidieux et nous plongeant dans les affres d'un ennui atterrant (
Winged Lords, In Black and White,
Dollhouse (
Labyrinth of Thoughts), mais aussi, par exemple, Reign of
Kalidia).
Le summum de ce voyage insipide est même atteint avec la ballade
Shadow will be Gone qui, quant à elle, est une bluette d'une fadeur sans commune mesure.
Non, rien n'y fait. Ce disque manque cruellement de ces contrastes susceptibles de transcender une expérience désespérément plate. Il manque de cette force capable de mettre en exergue la douceur, de ces ombres accentuant admirablement la lumière ou encore de ce noir soulignant la blancheur immaculée. Il manque de grandeur, d'ambition, d'espace, de couleurs, d'aspérités...Il manque surtout de ce talent dont tant d'autres savent user et qui fait affreusement défaut à
Kalidia.
@Insmomnium: La production de ce disque est nettement insuffisante. Elle donne un aspect très monotone à l'ensemble. Ca c'est un fait...
Après c'est plus une question de gouts mais personnellement j'ai trouvé la prestation de Nicoletta sur ce disque très monocorde.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire