Outloud n’est certainement pas le groupe Grec le plus connu. Par contre, certains de ses musiciens le sont.
Outloud, c’est tout simplement l’une des autres formations de
Bob Katsionis (
Firewind) dans lequel il s’est allié avec le chanteur américain Chandler Mogel (Iron Bridge Band,
Talon). Ce
Let's Get Serious est donc le troisième opus du groupe et il sera distribué par
AOR Heaven courant 2014. C’est le très renommé Tommy Hansen (
Pretty Maids,
Helloween,
Tankard...) qui s’est occupé du mixage et du mastering comme pour le précédent. La particularité viendra des invités puisque c’est
George Kollias (
Nile) qui s’est occupé de toutes les parties de batterie et
Mike Orlando (
Adrenaline Mob) vient faire une apparition sur l’un des titres.
On passera rapidement sur l’artwork un chouia racoleur avec une charmante demoiselle rousse aux charmes évidents pour aller directement à l’essentiel.
AOR Heaven est plutôt connu pour faire plus dans la dentelle ciselée que dans le rouleau compresseur. Alors, même si on est quand même très éloigné de l’extrême, on ne peut pas dire que
Let's Get Serious fasse dans le soporifique. Enfin pas tout le temps.
Dés le titre d’ouverture, Death Rock (un clin d’oeil pour Kollias?), on entre dans le vif de la bête. C’est enlevé, à la limite du Speed parfois, ça tricote sévère aux niveau des grattes et ça frappe fort. On retrouvera cet esprit sur A While to Go, un peu plus loin sur l’album, un petit coté Prog en plus ou sur Toy Soldiers.
La voix de Mogel n’est pas exceptionnelle mais tient bien la route pour ce genre de musique.
Pas trop haut perchée, puissante, pleine d’émotion sur les titres plus mainstream et les passages calmes. Quelques effets sont utilisés dessus (Bury the
Knife, Another Kind of
Angel). Peu de choeurs à se mettre dans le fond de l’oreille hormis pour souligner quelques phrases par ci par là. Et sauf aussi sur les titres apparentés
Power Ballad ou là c’est plus l’envahissement qu’autre chose (Bury the
Knife).
Au niveau de l’interprètation des morceaux, techniquement on n’est pas loin du top niveau, le CV des musiciens parlant pour eux. Ca descend du manche vitesse grand V pour les soli, les morceaux regorgent de mélodies, les guitares sont parfois à l’unisson et les rythmiques puissantes (Toy Soldiers).
On aurait pu penser que Kollias allait s’ennuyer ferme dans ce genre de groupe mais apparemment ça n’a pas l’air d’être le cas. Il se permet de coller de la double par ci par là (Death Rock, Bury the
Knife, Let’s Get Serious), ce qui permet à
Outloud de sortir un peu du lot.
Des claviers viennent s’immiscer dans ce Let’s Get Serious, rommolissant quelques fois la sauce (I Was So
Blind), rappelant ainsi que
Outloud reste à la base un groupe de
Hard Mélodique qui sait accélérer le tempo de temps à autre. Le son de ceux ci reste bien ancré dans les années 80 ou l’
AOR (la musique, pas le label) régnait en maître sur les radios US. Le groupe semble parfois tiraillé entre l’envie d’en mettre plein la gueule (le break de Bury the
Knife, A While to Go) et celui de gagner quelques millions d’auditeurs outre Atlantique. L’illustration parfaite étant It Really Doesn’t Matter avec ses guitares acoustiques et son clavier qui, même si il n’intervient que par petites touches, vient gâcher un morceau qui aurait pu être très sympathique sans lui. Même constat pour All in
Vain, par exemple qui aurait gagné en puissance sans eux. Malgré tout, il arrive parfois à se révéler indispensable (l’intro enlevée de Another Kind of
Angel). N’est pas
Pretty Maids qui veut, enfin pas sur tout les morceaux...
Le titre éponyme est une démonstration pure et dure du talent de composition et d’interprétation des musiciens. Cet instrumental de plus de 5 minutes aux allures progressives se rapprochant parfois mélodiquement d’
Helloween en met plein les ouies. La combinaison puissance, technique, rapidité, mélodie en fait un véritable joyau.
Le final de cet opus avec la reprise du
Enola Gay de Orchestral Manoeuvres In The
Dark sauce
Outloud n’apporte pas vraiment grand chose de plus et restera au mieux anecdotique.
En fait, Death Rock qui ouvre l’album fait un peu office d’arbre qui cache la forêt. Au moins au départ. Car avec une entrée en matière pareille, on était en droit de s’attendre à un truc qui allait nous avoiner la gueule. Et a bien y regarder, c’est la deuxième partie de l’album qui se trouve être la plus intéressante avec les titres les plus rapides et ou le clavier est le moins présent. Avec deux ou trois titres en moins dans le ventre mou de l’album, on tenait là, l’une des grande sorties du style pour 2014.
Au final, on se retrouve avec un album plutôt classique avec quelques grains de folie qu’on aurait aimé beaucoup plus nombreux.
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