Black
Metal-France, il y a de très bons groupes dans le fin fond du Black Underground français et
Wyrms est l'un de ces groupes, méconnu et talentueux, et qui fera parler de lui par la suite. Formé en 2007, le groupe sortit cette démo deux ans plus tard à un tirage très limité, initialement autoproduite par le groupe, puis ensuite distribuée sous la bannière de Stonkerway Records. C'est avec cette démo que
Wyrms est parvenu à mes oreilles et je fus emballé dès la première écoute.
Tout d'abord, c'est cette pochette énigmatique qui a retenu mon attention et qui m'a donné envie de me plonger dans la musique. Pochette sur laquelle on perçoit un amas de sapins dans une nuit de pleine lune, enveloppée d'un épais brouillard. On ne sait pas vraiment s'il s'agit d'une silhouette en bas de la pochette ou s'il s'agit simplement de conifères. Un aspect assez abstrait s'en dégage et chacun en tirera sa propre interprétation. D'ailleurs, il en va de même pour la double page du livret représentant les membres du groupes, dessinés tels des guerriers ou créatures de la nuit, et nullement des photos respectives des membres en temps réel. Un travail réalisé par Tedd le guitariste du groupe, et qui, jusqu'à présent, s´occupe de toutes les illustrations et pochettes des albums, pour notre plus grand plaisir visuel.
"Des forêts de cadavres", le premier morceau est très percutant par sa cadence offensive martelée par le rythme rageur de la batterie et les riffs lacérants des guitares, le tout accompagné d'un chant écorché et viscéral. Malgré une virulence certaine, il s'en dégage une atmosphère poignante, les riffs incisifs des guitares ainsi que le rythme martial nous donnent la sensation d'être immergés en pleine forêt lors d'une ballade nocturne. Du moins c'est ce que m'évoque ce morceau et peu de groupes m'évoquent autant la nature sous un aspect aussi noir.
Vient ensuite "Passé est mort" qui change directement la donne sans pour autant casser l'ambiance du disque. Le morceau démarre en douceur par quelques notes de synthé avant que les guitares ne viennent nous percuter. Le ton s'avère plus mélancolique, avec des claviers à l'aura fantomatique qui viennent nous heurter et nous enfoncer dans les précipices des bois. Un certain dégoût et désespoir ressort promptement du chant et ce titre reste sans conteste le plus mélancolique de la galette.
Le morceau éponyme de l'album "
La Mort de l'Ermite" est uniquement acoustique. Toujours ancré dans un aspect mélancolique fredonné par les guitares, c'est le titre le plus court de la démo. Un peu de douceur pour apaiser notre âme, celle-ci étant en quête de repos, égarée dans les sentiers tortueux de la forêt.
"Chevalier Esclave" vient clôturer cette épopée forestière dans un profond désarroi. La cadence est plus accentuée par une accélération soudaine et effrénée menée par la batterie et par le chant plus poussé que sur les morceaux précédents, le tout accompagné par des claviers dont il émane un aspect tragique et mortuaire. En définitive, on ne ressort pas indemne de cette écoute, toutefois assez brève mais envoûtante, et dans laquelle nous sommes contraints de nous immerger de nouveau, tel l'appel addictif des bois la nuit tombée.
Pour conclure, une superbe démo dont l'artwork retranscrit parfaitement l'esprit, qui vaut largement le détour et qui s'écoute de préférence en pleine forêt dans l'obscurité la plus totale.
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