L'Appel du Vide

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
17/20
Nom du groupe Kir (PL)
Nom de l'album L'Appel du Vide
Type Album
Date de parution 06 Décembre 2024
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 DestinationVoid
 01:14
2.
 Monument
 04:34
3.
 Znów
 07:47
4.
 Eter
 07:54
5.
 Apoptosis
 09:28

Durée totale : 30:57

Acheter cet album

 buy  buy  buy  buy  buy  buy  buy
Spirit of Metal est soutenu par ses lecteurs. Quand vous achetez via nos liens commerciaux, le site peut gagner une commission

Kir (PL)


Chronique @ Icare

13 Décembre 2024

Un premier album redoutablement efficace aux ambiances immersives, parfaitement maîtrisé et intelligemment composé.

KIR est un trio polonais de black metal qui voit le jour en 2017 sous l’impulsion de Ferment (guitare, basse) et Harvest (vocaux) qui traînent leur mal-être dans les pubs crasseux de Cracovie. Le label local Godz ov War Productions repère le potentiel du groupe et c’est ainsi que nous parvient cet impressionnant premier album aussi beau que violent, L’Appel du Vide, qui nous étourdit et nous file le vertige.

DestinationVoid est une courte intro où résonnent le grondement sourd d’un vortex et des nappes de guitare lointaines qui enflent lentement, typique d’un black ambiant spatial. Les premières percussions résonnent, presque étouffées par le silence de cet immense vide dévorant, mais pas assez pour que l’on ne pressente pas la violence qui va nous jaillir à la gueule sur Monument, qui pilonne d’entrée un rythme rapide et impitoyable et plaque des accord noirs et répétitifs à nous foutre le tournis. Un break central lent, froid et majestueux nous permet de reprendre notre souffle avant de repartir sur une nouvelle rafale dévastatrice (le jeu du batteur Krzysztof Klingbein est d’une puissance et d’une rapidité phénoménales), rappelant pas mal le Indifferent Universe d’Ordalie dans ce black glacial et hypnotique mêlant habilement la froideur et le côté déshumanisé du cosmic/ambiant et la noirceur de la mouvance orthodoxe. Rien d’original pour ce premier titre mais une rossée massive et millimétrée à la froideur clinique, une leçon de brutalité aussi déchaînée que maîtrisée, un peu comme la furie d’une horde de bergers allemands parfaitement dressés pour tuer s’acharnant sur un corps sanguinolent et qui stoppent immédiatement le carnage au simple claquement de doigts de leur maître. Ce côté animal et hostile est renforcé par les vocaux rauques et aboyés de Ferment, ainsi qu’une production froide et clinique qui sied parfaitement au genre, avec une basse particulièrement mise en avant.
Les Polaks enfoncent le clou, avec un Znów plus organique et compact aux légères influences indus – la basse nous fouette les chairs de ses claquements secs comme des coups de trique et la batterie cogne comme les pistons d’une immense machine toute puissante – qui, une fois de plus nous saute d’emblée à la gorge. Ceci dit, cette piste possède des passages plus traînants, avec cette partie mélancolique dès 2,38 minutes aux relents d’ivresse et de déchéance avec ces chants clairs pitoyables qui semblent vouloir redonner un peu de fierté à une humanité s’étouffant dans ses derniers spasmes d’agonie : ici, le trio semble vomir le désespoir, l’isolation et la désolation urbaines, les barres bétonnées et les bars enfumés et poisseux de bière de Cracovie qui ont vu se fracasser tant d’idées, de rêves et de destins.

S’ensuit Eter, dont l’arpège et le rythme rappellent inévitablement l’intemporel Freezing Moon, annonçant une deuxième partie d’album plus immatérielle et moins frontale. Il y a quelques explosions de violence (la fin d’Eter) mais l’ensemble se fait plus lent et introspectif, avec des mélodies de guitare insidieuses dispersant toujours ces germes de malaise et de rouille. Le très bon Apoptosis vient clore l’album du haut de ses 9,28 minutes, morceau plus atmosphérique et mélodique que les précédents où une certaine paix intérieure semble avoir été trouvée, comme si la mort de toutes les cellules humaines avait purgé le monde de ses turpitudes et permis l’éclosion d’une nouvelle vie mécanique sans vicissitude ni émotion.

En conclusion, L’appel du Vide est une excellente surprise d’un groupe qui sort de nulle part, premier album redoutablement efficace aux ambiances immersives. Parfaitement maîtrisé et intelligemment composé, voilà un beau condensé d’art noir qui pourra plaire aux amateurs de groupes aussi diversifiés qu’Angrenost, Lunar Aurora, Ad Hominem ou Eoront, tout juste pourra-ton lui reprocher une durée un peu courte (31 petites minutes au compteur à peine) et un manque d’originalité évident mais loin d’être rédhibitoire. Si l’on a coutume de dire que le kir est un alcool de petite nature, méfiez-vous de celui-là, cette mixture polonaise risque bien de vous mettre par terre au bout de quelques gorgées seulement… Na zdrowie !

1 Commentaire

7 J'aime

Partager
MarcoThrash - 07 Janvier 2025:

Et sait-t'on pourquoi cet album porte un nom français ?

    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Autres productions de Kir (PL)