Iraena's Ashes

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16/20
Nom du groupe Alpine Fault
Nom de l'album Iraena's Ashes
Type Album
Date de parution 11 Novembre 2011
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album9

Tracklist

1. Into the Night
2. I'll See You Soon
3. Mourning Has Broken (Sleep)
4. Requiem
5. Above the Storm
6. The Watcher Beneath
7. March of the Tides
8. Severance
9. Under a Dying Sky

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Alpine Fault


Chronique @ LeLoupArctique

28 Avril 2014

Un hommage à la jeune femme bouleversant au travers d'un album de toute beauté

Si l'Australie est depuis longtemps considérée comme une terre de metal (principalement grâce à AC-DC et Airbourne) en Océanie, son petit voisin la Nouvelle-Zélande reste encore peu remarqué. Il existe bien évidemment une scène metal là-bas, mais elle a du mal à s'exporter. Votre serviteur ici présent est là pour y remédier. Alpine Fault est en réalité un groupe mi-australien mi-néo-zélandais ; ses membres sont en majorité néo-zélandais, mais ils sont venus à Brisbane (côte Est de l'Australie) pour jouer. La musique qu'ils jouent n'est pas définie dans un style précis, et pour être honnête, on s'en fiche complètement. Il faut juste remarquer que le chant est partagé entre une femme et un homme, avec quelques rares growls, mais surtout un violon omniprésent, qui joue un grand rôle dans la personnalité du combo (il n'y a qu'à regarder la pochette pour s'en convaincre).

Petite précision, l'album n'est pas basé sur un concept à part entière, mais les paroles ainsi que la pochette gravitent autour d'une histoire qui a visiblement marqué le groupe. Il s'agit d'une disparition mystérieuse et inexpliquée, qui va donner à l'album une force et une quantité d'émotions impressionnante. Iraena Asher est une jeune femme néo-zélandaise, très appréciée de son entourage, qui gagne sa vie comme modèle et institutrice. Un soir de 2004, elle participe à une fête sur la côte près de Piha (en Nouvelle-Zélande). Arrive un moment de la fête où on ne trouve plus Iraena nulle part. Des recherches sont alors lancées, et les enquêtes et les témoins montrent que la jeune femme se serait dirigée vers la plage, et n'a plus été vue après. À l'heure actuelle plusieurs thèses ont été avancées, mais le mystère reste entier sur cette disparition.

Alpine Fault a donc choisi de rendre hommage à la jeune femme au travers d'un album de toute beauté, bouleversant et fascinant. Si le violon et le chant pourront apparaitre comme les éléments principaux de cet album, tous les instruments font néanmoins jeu égal, et c'est en réalité une remarquable performance de groupe que nous offre Alpine Fault.

Tout commence d'une manière bien sombre, avec le son au loin du tonnerre, et dès les premières secondes, c'est comme si l'on était plongé dans l'ambiance obscure mais fascinante de le pochette. Les instruments arrivent, accompagnés par ce fameux violon, avant que la voix dynamique de Nadia Vanek ne sublime le tout. Son chant clair accompagne parfaitement la musique, et lorsqu'elle chante en duo avec Anthony Royle lors du refrain, c'est un bonheur pur. La section rythmique est diablement efficace, avec cette batterie très prog qui utilise beaucoup ses cymbales. On a l'occasion sur ce morceau d'entendre quelques growls, qui renforcent encore cette atmosphère pesante et pressante.

C'est une atmosphère à laquelle il faudra s'habituer, car elle ne nous quittera pas une seule seconde durant les cinquante minutes que dure ce Iraena's Ashes. Les deux mots qui caractériseraient le mieux cet album sont "mélancolie et mélodie". Alpine Fault fait preuve ici d'une mélancolie de toute beauté, digne des meilleurs groupes de metal gothique. En témoigne le très justement nommé Requiem, qui, en plus de montrer le violon dans toute sa splendeur, réussit à proposer quelque chose de plus calme mais tout aussi intéressant. Même la guitare joue le jeu, lors d'un solo mélodique particulièrement touchant.

The Watcher Beneath, dans un registre résolument progressif, laisse passer un petit rayon de soleil, qui rend l'ambiance légèrement plus joyeuse. Le contraste est fort ici entre les courts intermèdes à la guitare sèche et les grosses parties rythmiques qui tiennent beaucoup du death metal (Opeth n'est pas très loin). Pendant ce temps, sur ce titre presqu'instrumental, le violon de la sud-africaine Yvette Van Wyk tournoie, virevolte, et survole complètement les débats. La prestation de cet instrument est la plus grosse raison d'écouter cet album. On l'entend instiller des grains de folie sur Severance, pendant que les vocaux d'Anthony Royle se font de plus en plus terrifiants. Un délicat passage plus doux de quelques secondes achèvera toute résistance de la part de l'auditeur, et il n'y a plus qu'à se laisser entraîner sur l'air de la douce voix de Nadia, aux quelques accents lyriques.

I'll See You Soon et Mourning Has Broken sont deux monuments de mélancolie et d'émotions pures. La vidéo, disponible en fin de chronique comme d'habitude, met parfaitement en valeur la musique, et recréer très bien l'ambiance ressentie. Les lignes de chant d'I'll See You Soon sont particulièrement belles mais pourtant si naturelles. Combien de fois ai-je eu ce "So far from home" dans la tête des heures après l'avoir écouté ? Les refrains sont somptueux, même si dans le duo c'est cette fois la voix de miss Vanek qui prend le pas sur celle d'Anthony. On notera tout le passage instrumental de Mourning, avec ce solo de guitare proprement jubilatoire soutenu par une batterie déchaînée.

Palladio viendra confirmer le talent de la violoniste avec cette interprétation sans faille, avant de malheureusement clôturer l'album par le très beau Under a Dying Sky. La mélancolie est maintenue jusqu'au dernier moment, avec ces somptueux chœurs, avant la terrible montée en puissance du refrain où éclatent quelques growls judicieusement placés. Une voix narrative fait son apparition, rappelant une fois de plus la douloureuse histoire. Alpine Fault aura été parfait jusqu'au dernier moment, jusqu'au fondu qui termine Under a Dying Sky.

Que dire de plus ? La composition et l'interprétation sont sans défaut, et le travail post-enregistrement est solide. Adam Merker a réalisé un travail d'orfèvre à la production, et Jens Bogren est fidèle à lui-même. L'écoute d'Iraena's Ashes est un moment à part, à passer seul, afin de s'imprégner au mieux des émotions transmises par la musique. Près de dix après, l'histoire tragique d'Iraena Asher peut encore toucher ceux qui s'y intéressent, et ce, grâce à la musique d'Alpine Fault.

Iraena's Ashes sera d'ailleurs le seul manifeste d'Alpine Fault, le groupe s'étant séparé en octobre dernier. Peut-être pensaient-ils qu'ils ne pourraient jamais renouer avec la grandeur de cet album. Peut-être pensaient-ils simplement avoir fini leur travail, le dernier hommage à mademoiselle Asher ayant été rendu. Quoi qu'il en soit, les néo-zélandais nous auront offert un excellent assemblage de talent, avec une contribution égale de chaque instrument, pour un ensemble majestueux.

"Still searching for Iraena
Visions lost in wasted dreams
Drifting slowly without direction
Seven days in this endless sea" Requiem.

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