Lassé par les contraintes incessantes d'une vie nomade qui, paradoxalement, conduit l'homme à s'éloigner de ceux, et de celles, qu'il aime et l'artiste à se rapprocher de celles, et de ceux, qui l'apprécient, l'ineffable légende de la batterie, Jörg Michael (dont le cursus ferait pâlir d'envie tout musicien éclairé) a quitté
Stratovarius. Une décision sur laquelle aura aussi, sans aucun doute, pesé la maladie de l'artiste, mais également, de surcroit, semble-t-il, un inextinguible désir de trouver de nouveau challenges musicaux alors qu'il sentait, petit à petit, la ferveur s'amenuiser au sein d'une machine aussi imposante et éprouvante que celle crée par
Timo Tolkki.
Le chanteur R.D. Liapakis (
Mystic Prophecy) affichait, quant à lui, son ambition de s'éloigner de ces poncifs parfois éreintant d'un
Power Metal académique. Bientôt rejoint par le guitariste Laki Ragazas et par le bassiste Jari Kainulanen (ex-
Evergrey, ex-
Stratovarius), la quartette prends le nom de
Devil's Train et sort un premier album éponyme en cette année
2012.
Le premier constat qui nous frappe alors que résonne les excellents titres que sont
Fire and Water, au préambule délicieusement terrien joué à l'harmonica, et
Devil's Train, est cet écart crucial existant entre le
Power Metal des groupes évoqués précédemment et le
Hard Rock délicieusement gras, légèrement Bluesy, superbement Groovy que nous propose ici cette nouvelle formation.
Non content de s'exprimer en des contrées pour lesquelles nul ne pouvait soupçonnée une quelconque appétence, eu égard aux parcours des acteurs présents ici, le groupe propose, par ailleurs, de nous séduire avec une force de conviction et un talent insolent. Une entreprise réussi assez aisément fort des morceaux déjà cité, mais aussi d'autres tels que, par exemple, les magnifiques Roll the Dice, Sweet
Devil's
Kiss ou encore Room 66-64 aux superbes soli de guitare.
De plus, si d'aucuns pouvaient regretter les chants écorchés, rugueux, rond et chaleureux de R.D. Liapakis alors qu'il peine, selon eux, à offrir quelques nuances aux travaux de
Mystic Prophecy, force est de constater qu'il sied parfaitement au genre de musique lourde, grasse et Roots défendue ici. Des vocaux dont certaines intonations au cœur de certaines pistes (Forever, The Answers) nous rappellent subrepticement ceux de David Glenn Eisley alors qu'il officiait au sein de
Dirty White Boy. Puisque nous en sommes à louer le talent des artisans de cette réussite, saluons aussi ceux de ce guitariste, Laki Ragazas, dont les interventions donnent un supplément d'âme à des compositions qui, pourtant, n'en avaient pas réellement besoin.
Pour conclure abordons la chanson qui clôt merveilleusement cet opus. Il s'agit d'une reprise d'American Woman extraite de l'album du même titre sortis en 1970 par The Guess Who.
Devil's Train, sans lui offrir un angle suffisamment nouveau pour la sublimer, en propose une version attachante fort des caractéristiques qui sont les siennes. Pointons le fait qu'il existe de nombreuses relecture, et non des moindres, de ce morceau, mais que la version la plus populaire, à l'instant où votre humble serviteur noircis ces quelques lignes, reste celle de Lenny Kravitz composé pour la Bande Originale du deuxième film de la saga Austin Powers (Austin Powers - L'espion qui m'a Tirée). Une version qu'il inclura dans la réédition de 1999 de son album intitulé 5.
Sans bouleverser aucunement le paysage
Hard Rock actuel,
Devil's Train, avec ce premier album éponyme, nous propose une musique aboutie et habitée qui ne saurait laisser indifférent les adeptes du genre.
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