D'Anjou en Vasconie - la Très Grande Chasse d'Hellequin

Liste des groupes Black Folklorique Ilbeltz D'Anjou en Vasconie - la Très Grande Chasse d'Hellequin
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17/20
Nom du groupe Ilbeltz
Nom de l'album D'Anjou en Vasconie - la Très Grande Chasse d'Hellequin
Type Split
Date de parution 10 Décembre 2011
Labels Antiq Records
Style MusicalBlack Folklorique
Membres possèdant cet album5

Tracklist

ILBELTZ
1.
 Gauaren Babes Tenkian Burdibagaz Haraindi (in the Tight Cover of the Night...)
 06:16

Durée totale : 06:16



HANTERNOZ
1.
 Comme le Son du Cor Est Triste au Fond des Bois!
 15:13

Durée totale : 15:13



ANCEISURAL ERITANCE
1.
 De l'Art de la Fauconnerie en Noir Anjou
 09:59

Durée totale : 09:59

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Ilbeltz

Anceisural Eritance

Hanternoz


Chronique @ enthwane

03 Juin 2012

Un voyage superbe et contemplatif dans les forêts de l'Ouest.

Parfois, on voudrait se remettre à l'écriture, mais l'inspiration ne vient pas. Pourquoi ? Ce ne sont pas les excuses qui manquent : un disque pas assez prenant, trop classique dans le fond comme dans la forme, ou encore une paresse larvée font que parfois, se remettre derrière son ordinateur pour raconter un disque n'est pas envisageable. Et parfois, on peut trouver un disque qui, d'un seul coup, redonne suffisamment l'envie d'écrire à son sujet. Le disque que je m'apprête à chroniquer en fait indéniablement partie, découvert complètement par hasard et immédiatement séduit par la pochette ainsi que l'atmosphère qui s'en dégageait.

Malgré un retard conséquent de deux semaines dans la commande, l'objet, présenté comme un "ProCDr", est très beau, et n'a rien à envier aux objets pressés de manière plus industrielle. Le booklet est en papier légèrement glacé, et laisse la "parole" aux trois groupes présents sur ce split album; Le tout étant richement enluminé par le graphiste Camille Roudier. Rien dans l'apparence ne laisse présager que "D'Anjou en Vasconie" a été bricolé de manière artisanale. Félicitations au label Antiq, sacré boulot que vous avez fait là.

Concernant le contenu, à présent. Pour être tout à fait honnête, je ne connaissais ni d'Eve, ni d'Adam les groupes qui jouaient sur ce Split. Ilbeltz est un groupe basque, déjà auteur d'un full-length au nom imprononçable, sorti en 2010. Hanternoz viennent d'Angers, et à leur actif un album studio, "Metal Kozh", sorti chez Wild Hunter Prod. Pour finir, Anceisural Eritance viennent du même coin, et à part deux démos obscures sorties en 2006 et en 2007, le groupe n'a rien sorti depuis ce "D'Anjou en Vasconie". Bref, pour ces trois groupes rattachés par l'amour profond porté à l'histoire de leurs régions, composer de longs morceaux (presque 40 minutes au compteur pour trois titres, tout de même !) racontant cet attachement ne pouvait qu'être chose aisée.

On peut en tout cas dire que, musicalement, les trois groupes ont une approche assez différente pour nous conter les errances dans les bois, et tour à tour une rencontre avec Merlin, le cor de chasse qui résonne dans la forêt, et la maîtrise du fauconnier. Globalement, tout se recoupe dans "la très grande chasse d'Hellequin", une sorte de grande chasse au "Diable" (Cernunnos ? Pan ?) organisée en des temps anciens par les tout aussi anciens superstitieux.

Ilbeltz choisit de traiter le premier dans une approche très folklorique, ou la superbe introduction à base de guitare, d'accordéons et de flûtiaux, avec cette basse en fond qui ne se réveille que lors du climax des crescendos. Les chants clairs apportent une touche indéniable à la composition, car ils sont puissants, maîtrisés, et mélancoliques à la fois. La composition est très justement partagée entre les passages très folkloriques et les parties très "Métal", ou la batterie tonne et les guitares crachent des riffs puissants, inspirés, et des montées en puissance prenantes au possible. Le chant en Basque, est absolument incompréhensible, certes, mais maîtrisé comme il est, ce n'est en rien gênant. Pour couronner le tout, le son est absolument excellent, sa place est laissée à chaque instrument et l'ensemble cohabite très bien.

Hanternoz choisit de conter les bois bretons de manière moins fine qu'Ilbeltz, même si le côté folklorique y est extrêmement présent, en témoignent ces passages à la flûte et la guitare, solidement encadrés et rythmés par des coups réguliers sur les toms de la batterie. La voix, tantôt criarde et grasse, tantôt très sentencieuse (une vraie voie de barde, en résumé), déclame des textes en français plutôt bien écrits : l'écueil majeur de la masturbation aura ainsi été évité, et c'est tant mieux - on ne les comprend cependant que lors des parties en chant clair. Le son est un peu moins propre que chez les basques, à peine plus "raw" dans les parties violentes, et le groupe garde même une petite place pour quelques blasts bien sentis, qui sonnent plutôt bien, même si l'on aurait préféré un petit effort sur le son de la batterie, complétement couvert par le bruit du charleston . Enfin, ne crachons pas dans la soupe, l'atmosphère qui émane des parties folks est, chez Hanternoz, incroyablement forte. Même si, bien entendu, l'influence Peste Noire est assez flagrante dans la manière de jouer de temps en temps, la partie jouée par le groupe s'en tire avec les honneurs. Chapeau bas.

Viennent ensuite les Angevins d'Anceisural Eritance, qui ferment la marche avec un titre parlant, comme son nom l'indique, "De l'art de la Fauconnerie en Noir Anjou". Pour commencer, le son est très cru, et la batterie assez inaudible, hormis les cymbales qui sont les seules choses qui viennent marquer le rythme; Et ce surtout lors des blasts, qui sont d'ailleurs un peu trop rapides à mon goût. Non pas que ça me dérange en temps normal, mais ici, ils ne collent pas à l'atmosphère du tout, et viennent à en dénaturer le son plaintif du cor qui résonne de temps à autres en fond de la composition. Les guitares, quand elles ne consistent pas en un mur très compact, s'autorisent quelques envolées du plus bel effet, comme au deuxième quart du titre, ou la batterie se ralentit à peine pour permettre aux six-cordes de s'exprimer. Je reprocherais une seule chose réellement gênante au groupe : ce besoin compulsif de blaster à tout prix, qui fait parfois rater quelques croches ou s'emmêler les pinceaux dans le plan rythmique concerné (c'est rare, mais ça arrive). Le chant, pour finir, quand il s'adonne à l'exercice du conte à voix forte, est parfaitement intelligible; Mais les grognements plus Black sont, comme d'habitude, incompréhensibles.

En résumé, "D'Anjou en Vasconie" est une excellente découverte pour moi. Elle m'aura permis de me familiariser avec le son de trois groupes qui m'étaient totalement inconnu, et ce par le biais d'un split conceptuel qui fleure bon les vieilles terres et le moyen-âge, remplies de parties folkloriques : tout pour me plaire. Si vous n'êtes pas allergique à ce genre de compositions à base de binious et que vous voulez investir dans un bel et fort bon objet, n'hésitez pas. Son prix dérisoire au vu de la qualité des compositions en fait même un achat indispensable pour tout amateur qui se respecte. Malgré les quelques regrets que j'ai pu citer un peu plus haut, complétés par le fait que le livret de comporte pas les paroles, réellement frustrant quand les concepts et thèmes abordés sont aussi importants dans un disque. Bravo toutefois à Antiq pour cette sortie. soyez sûr que je suivrai l'actualité de ces trois groupes de très près.

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