J'approuve également ce que dit BG.
Regarder les paroles est la première chose que je fais lorsque je découvre un groupe.
Bien avant la musique. J'ai toujours été subjuguée par les textes.
Ils achèvent de transmettre le message. Alors ok, même si certaines paroles ne sont que stéréotypes, ne sont clairement pas inspirées, ou n'ont (en apparence) aucun sens, reste qu'elles traduisent bien l'état d'esprit dans lequel elles ont été écrites, et ça nous en dit alors plus long sur l'auteur que la musique que lui et son groupe vont composer sur le texte, ou ont déjà composée. Du moins, c'est comme ça que je le perçois.
Je dirais que la musique, bien qu'elle soit primordiale, est un peu le contenant (je ne dis pas cela de façon péjorative), et les paroles le contenu. Elles achèvent de transmettre le message – je le redis.
Quand vous lisez un bouquin, vous n'allez pas rester bêtement sur les premières et quat' de couv', hein ? Vous allez l'ouvrir pour en lire le contenu, qu'importe qu'il soit nul ou non, selon vous. Mais pour le savoir, encore faut-il aller voir par-delà l'emballage (si je puis dire) !
Certes, la musique est primordiale mais pour moi, le moyen de communication le plus important à l'homme restera la parole, écrite ou parlée. Même si le gars n'est pas inspiré, je ne pense pas qu'il se casse les burnes à écrire des paroles (ou composer un texte à partir de citations quelconques) pour que l'on passe à côté : c'est aussi, je le pense, une question de « respect » envers le temps que cela a pris à l'auteur, aussi passionné soit-il.
Ensuite – j'allais l'oublier –, certains sujets abordés sont culturels, et ont le mérite de nous en apprendre beaucoup : c'est par exemple en écoutant « Son of the Sun » de
Therion que j'ai appris que le Pharaon Akhénaton avait tenté d'instaurer le monothéisme dans l'Égypte antique (sûrement le premier monothéisme au monde, d'ailleurs), mais sans succès... Cependant, je ne l'aurais moi-même jamais appris directement si je ne m'étais demandée à quoi T. Karlsson faisait clairement référence (car dans le texte, c'est implicite), et si je n'avais pas mené mes recherches en conséquence : je pensais même qu'il avait inventé ce délire du Pharaon et du Dieu unique... c'est dire !
D'autre part, certains textes, même s'ils n'ont aucun sens (mais je ne peux pas le croire. J'essaie toujours de percer le sens à travers ce qui est abscons voire « délirant »), sont compensés par des sonorités poétiques dans la structure même des vers. C'est toujours agréable de chanter quelque chose de fluide, qui coule, quelque chose de musical car, comme le disait Verlaine : de la musique avant toute chose.
Et oui, on peut faire de la musique avec les mots...
Enfin, pour en revenir à ma parenthèse sur les « citations quelconques », c'est à certains groupes que je dois d'avoir découvert des écrivains, poètes, cinéastes..., ainsi que leurs œuvres, grâce aux extraits de ces dernières que lesdits groupes ont incorporés dans leurs paroles

.
In fine, les paroles sont primordiales et je pense que, même en plus de les lire pour les lire, il faut les travailler bien après le groupe, se les approprier, chercher le sens caché (même s'il n'y a pas pour vocation d'en avoir), et les références culturelles pourquoi pas... Un auditeur n'a pas à être passif. S'approprier une chanson, un groupe, ça passe par les sensations transmises par la musique et la recherche exégétique autour des paroles ; de là, ces dernières – si et seulement si l'on adhère au message, bien sûr ! – seront capables de nous transmettre des sensations supplémentaires, et nous serons susceptibles d'apprécier encore plus la chanson dans sa globalité.
(Oh putain, c'est confus pour une fois. Quand je vous dis que je suis nulle pour parler de musique !)