Les revenus du président français créent la polémique. En préconisant une hausse de 172 % de la rémunération de son locataire, l’Elysée affirmait vouloir aligner le salaire de Nicolas Sarkozy sur celui des autres chefs d’Etat et de gouvernement.
Voyage au coeur des feuilles de paie des grands dirigeants du monde…
Le salaire du Président de la République dépassera celui du Premier ministre, à compter du 1er janvier 2008, pour atteindre 19 331 € nets mensuels. Une augmentation qui s’accompagne du triplement du budget de l’Elysée à plus de 100 millions d’euros par an. Appartements privés de 260 m2 à l’Elysée, mobilier national à disposition pour la déco, cuisinier à son service, résidence d’été, le chef de l’Etat utilise rarement sa carte bancaire.
Superpuissance égale super salaire ? Pas vraiment. Le régime américain a beau être hyper présidentiel, George W. Bush, qui cumule les fonctions de chef d’Etat et de gouvernement, reçoit 400 000 $ par an, soit environ 23 000 € par mois. Une rémunération comparable à celle des grands pays européens pour l’homme le plus puissant du monde.
A la tête du plus grand pays d’Europe occidentale, la chancelière allemande touche 23 000 € par mois dont 16 000 en tant que chef du gouvernement, auxquels s’ajoutent son traitement de député et ses indemnités de représentation. Si elle est plutôt bien payée, la femme la plus influente du monde, selon le magazine Forbes, n’est pas logée par le contribuable allemand : elle paie le loyer de son appartement près du Parlement.
Le chef du Kremlin a doublé son salaire en 2004 et empoche aujourd’hui 4 500 € mensuels. Cependant, l’Etat fédéral russe prend en charge les frais liés à la vie quotidienne de Vladimir Poutine et de sa famille. Et le budget de l’administration présidentielle atteignait 160 millions d’euros en 2006… c’est 7 fois plus que celui du gouvernement !
Le Premier ministre espagnol n’est pas très bien loti. Malgré 3 % d’augmentation cette année, le salaire de José Luis Zapatero plafonne à 7 600 € par mois. Ce qui en fait le dirigeant d’Europe occidentale le moins bien payé. Le contribuable espagnol est bien plus généreux avec la famille royale, qui reçoit chaque année une dotation de 8,6 millions d’euros.
La Reine d'Angleterre, la souveraine la plus riche d’Europe, perçoit chaque année une dotation publique de 11,2 millions d’euros pour ses dépenses quotidiennes, ses frais de représentation et l’entretien des palais royaux. Un montant voté en 2001, pour dix ans, par le Parlement britannique. Quant au Premier ministre, Gordon Brown, il reçoit 22 000 € par mois en cumulant ses indemnités de chef de gouvernement et son salaire de député.
La présidente finlandaise,
Tarja Halonen, bénéficie d’un revenu mensuel de 10 500 €, fixé par le Parlement, plus 171 000 € par an pour ses frais de représentation. En revanche, lors d’une soirée sans dîner officiel, la présidente devra sortir son chéquier personnel pour se nourrir. Dans les pays scandinaves, on ne badine pas avec les finances publiques.
35 000 € par mois, c’est le montant du salaire versé à Mohammed VI par ses sujets. Nombre de dépenses du roi du Maroc sont aussi prises en charge par l’Etat : du personnel du palais royal (plus d’un millier de salariés) aux pensions versées à sa famille en passant par la nourriture de ses chevaux et jusqu’à la générosité du monarque, qui entre dans la case « subventions » du budget marocain. Le budget global de la monarchie dépasserait les 200 millions d’euros.
Difficile d’évaluer le patrimoine du Lider Maximo. Selon le magazine Forbes, il était en 2006 à la tête d’une fortune estimée à plus de 600 millions d’euros. Contrarié de voir son nom au palmarès des dirigeants les plus riches de la planète, Fidel Castro avait répliqué en précisant que sa fortune personnelle était égale à zéro et que son salaire ne dépassait pas 30 € par mois.
Point de salaire au sultanat de Brunei, mais le dirigeant le plus riche du monde profite personnellement des richesses naturelles du pays, essentiellement pétrolières. Haji Hassanal Bolkiah, qui dirige depuis 40 ans ce minuscule Etat sur l’île de Bornéo, serait assis, selon Forbes, sur une fortune de 15 milliards d’euros.