LINEAR SPHERE nous vient d'Angleterre et nous pond avec "Reality Dysfunction", un premier album tout simplement exceptionnel. Formé de musiciens habitués au travail en studio, bardés de diplomes jusqu'aux oreilles pour certains, LINEAR SPHERE est un pavé de plus dans la
Mare du conformisme musical actuel. Ici on alterne sans soucis le Thrash Metal, le Jazz, la
Fusion ou encore le Prog (dans le premier sens du terme). Et ce qui aurait pu n'être qu'une suite de démonstrations sans
âme, se transforme en une marmite bouillonnante de titres techniquement parfaits aux changements de rythmes incessants.
Bien calé entre
Cynic,
Spiral Architect,
Watchtower ou encore
Atheist, LINEAR SPHERE perpétue un genre assez peu prisé car assez difficile d'accés. Et comme tous ses predecesseurs, le groupe à un tres grand sens de la mélodie, toujours presente quelque soit l'ambiance des titres. La voix est peut etre la partie la plus inatendue de cet opus. Trés agressive, montant regulierement dans les aigus (mais pas trop), quelques fois claire comme sur l'intro de "Life of Gear" et sa partie acoustique, la voix de Jos Geron, apport Hollandais du groupe, est parfaite pour ce genre de musique. Elle donne un aspect plus sombre aux compos et, de par sa diversité et les effets utilisés, on pourrait croire que le chant est une suite ininterrompue de dialogues entre plusieurs vocalistes.
Alors pour entrer dans le vif du sujet rien de mieux que le premier titre, "Reversal", un pavé de 11 minutes. Le groupe utilise beaucoup de dialogues sur les intros des titres et celui ci ne deroge pas à la regle. Aprés une partie legerement tribale au niveau de la batterie, le ton est donné : envolées guitaristiques à la
John Petrucci, breaks comme on en retrouvait sur le "Control And Resistance" de
Watchtower (1989), une voix qui change sans cesse de registre et une base rythmique qui se permet quelques incursions vers des soli hors normes. Le morceau est tellement diversifié qu'on ne s'aperçoit méme pas que l'on est déja passé au second, "Father Pyramid". Quelques passages plus "Funk" au niveau de la rythmique viennent s'ajouter à ce déja trés riche mélange. "Life of Gear" comme vu un peu plus haut, vient calmer un peu cette folie, en proposant une base semi acoustique mais toujours percutante.
Et quand tout le monde décide de se lacher, ça donne "From Space To Time", monumental titre de 25 minutes découpé en quatres parties, qui clot l'album. Et là c'est carrement l'orgie. Duels de guitares assassins, longs passages instrumentaux, descentes de manches vitesse grand V, rythmique lourde à la
Meshuggah ou ethérée à la FATES WARNING. Chant guttural, clair, enlevé, criard, trafiqué comme jamais. Batterie syncopée, Jazzy, Metal. Basse omnipresente, Funk,
Fusion, Metal, Jazz. Et encore j'ai du en oublier.
La production est impeccable, tous les instruments sont traités sur un pied d'égalité, le son est clair et limpide. L'artwork est sobre, peut etre méme trop d'ailleurs comparé à la richesse de la musique, et vous donnera à refléchir quand à sa signification et à celle du nom du combo.
D'une durée de plus de 65 minutes, ce "Reality Dysfunction" vous réservera encore des surprises apres une dizaine d'ecoutes, et si vous etiez à la recherche du pendant extréme de
Dream Theater, ne cherchez plus, vous venez d'en lire la chronique.
Chtulhu for President. Why Choose the Lesser Evil?