"Historiquement, dans la
Rome antique, le mot latin forum désignait d'une manière générique la place publique d'échange".
Initialement, on part de là.
Je pense que comme tout ce mot s'est vidé de sa substance première pour devenir ce que l'on connaît actuellement.
Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte comme par exemple le fait que sa virtualité exempte ses membres de toutes idée de responsabilité bien concrète.
Il y a également notre époque et son mode de fonctionnement: individualisme, narcissisme, représentation du monde, éducation...
Je suis inscrit depuis fin 2011, c'était ma première participation à un forum, et je crois avoir fait cette démarche dans une optique d'humilité, avec un réel désir d'apprendre.
La participation de certains a été capitale dans cette recherche, et ce sont ces mêmes membres que je retrouve dans le forum privé auquel je participe.
Les forum privés illustrent la difficulté et les concessions que représente la vie en commun.
L'entre nous est bien plus facile que l'universel.
J'ai pour ma part tenté de partager avec d'autres membres, dont certains qui n'apparaissent jamais qu'au bas de page des connectés, au hasard, dans une totale démarche d'échange.
J'en suis très vite revenu, tous prenaient et personne ne donnait.
Marcel Mauss a établit que ce qui a fait la civilisation est la notion de: Donner (le don, offrir, partage), Recevoir (pas comme un dû, c'en est presque rituel), Rendre (on rend la pareille, reconnaissance, partage, ouverture...).
Personnellement je constate ce manque total de savoir-vivre partout et pas seulement ici.
J'en suis devenu d'autant moins sympathique que le rapport de force (inévitable, mais la question c'est sa graduation)
Oblige à adopter certaines postures.
Aimant la polémique de part son côté constructif et participatif, j'ai tenté ça et là d'en créer sans jamais véritablement atteindre l'objectif souhaité.
Entre aussi en compte la censure, les choses qu'on ne doit pas dire, l'inquisition de la pensée.
Je me souviens d'un membre qui avait gommé une pseudo svastika de la pochette d'un album de Black.
Je n'ai pu m'empêcher de penser à la Russie Stalinienne et de trouver cela totalement absurde.
Il y a embourgeoisement, c'est un fait.
La sociologie nous aiderait peut-être à saisir pourquoi: qui sont les membres, d'où viennent-ils, à quoi aspirent-ils...
C'est peut-être aussi une autre conséquence de notre époque ultra aseptisée, prônant une diversité qui au final fait de nous les mêmes d'un coin à l'autre de la planète.
Certains cadres vieillissants (absolument pas péjoratif) ne se contentent peut-être plus que de faire de la gestion, le moins pire demandant moins d'effort et l'idéalisme étant forcément effacé par une vision beaucoup plus réaliste.
Du risque ? Je suis pour.
Il me semble pourtant que cette recherche de plus de sécurité a été voulue et que c'est bien cela la conséquence de cette perte de liberté.