Thrash Metal >> CHRONIQUES POWER/SPEED/THRASH/HC/DM/BM 83-93
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Mardi 13 Mai 2025 - 16:17:40

ARMORED SAINT – March of the Saint (Chrysalis ’84) : voici enfin un groupe signé chez une major, auteur d’un album rempli de métal pur à 100%. Le guitariste David Prichard avait raison lorsqu’il me disait que la musique de son groupe n’est tout simplement que du HM. Armored Saint sonne quelques fois comme Judas Priest, mais c’est loin d’être aussi flagrant que chez les allemands de Tyran’ Pace. La chanson-titre fait directement mordre à l’hameçon, sur une production excellente qui permet pleinement de mettre en valeur la dextérité de chaque interprète. Prichard & Sandoval sont les moteurs de la formation, et leurs solos sont toujours courts, précis et efficaces, notamment sur mes titres favoris comme l’éponyme, Madhouse, Seducer, Glory Hunter et Stricken by Fate. Avec les signatures récentes de groupes comme Malice, Savatage, Warlock et Keel, les labels élargissent leur horizon vers du vrai & bon HM, et j’espère que les radios suivront. En attendant, supportons la croisade pour l’essor du heavy-metal. Une juste cause, non ? 10/10, Johnny Hart, Metal KO n°07, Québec, 1984.

 

ARMORED SAINT – March of the Saint (Chrysalis '84, import) : Parmi la multitudede groupes issus de L.A., Armored Saint est avec Ratt celui qui bénéficie de la meilleure réputation scénique, et force est de reconnaitre qu’avec leur album March of the Saint, nos pieux angelots s’affirment comme les chefs de file (toujours avec Ratt) de ces hordes californiennes qui ont trouvé là un leader fortement influencé par le heavy-metal européen. Tant au niveau de l’image qui se réfère au monde médiéval qu’au niveau des riffs forgé dans la plus pure tradition du british steel et coulés dans le même métal qu’un certain Judas Priest, Armored Saint ne se contente pas de singer le gang d’Halford et, s’il lui emprunte cette rigueur toute britannique dans la riff mania, il possède sa propre personnalité et d’excellents techniciens en chaque musicien, notamment cette paire de guitaristes (Dave Prichard et Phil Sandoval), qui tissent d’impeccables mélodies et pratiquent harmonies et duels de la meilleure façon qui soit. S’il est difficile d’extirper quelques titres de cet amas de metal parfaitement produit par Michael James Jackson, retenons tout de même le priestien Envy, l’affolant éponyme et le rouleau compresseur de single Can U Deliver. Armored Saint entame sa marche inexorable et triomphante vers le paradis des metal bands et il ne tient qu’à vous qu’elle ne se transforme pas en chemin de croix.
Bruno Khaled – Enfer Magazine n°20, janvier 1985.   


ARMORED SAINT – March of the Saint (Chrysalis '84) : Si Armored Saint arbore un look guerrier digne de Mad Max III, il n’a néanmoins pas inventé la poudre. En effet, si l’ensemble tient debout et se laisse écouter sans qu’on cherche à s’enfuir, on ne peut pas dire non plus que cet album déchaine l’enthousiasme. Les morceaux filent et le temps passe sans qu’il ne se passe grand-chose. Bref, le genre d’album ‘indispensable’ à ceux qui achètent tout ce qui sort. Que les autres gardent leurs thunes pour acheter des roses à leur copine.
Killer Nono – Metal Attack n°18, mars 1985.

 

THRUST - Fist Held High (Metal Blade '84) : Si vous connaissez Cirith Ungol (sinon grosse bavure !), vous aurez une très mauvaise impression en vous passant Fist Held High, à l'écoute du chanteur John Bonata, dont la voix se rapproche de celle de Tim Baker. Le frontman devrait utiliser ses cordes vocales pour sécher son linge dehors plutôt que chanter, ce qui fera en plus de la compagnie aux oies et aux canards. Le côté instrumental n'est en revanche pas mal du tout, Fist Held High progressant au fil des morceaux jusqu'à Thrasher et Torture Chamber, qu'on peut aisément ranger dans la case speed-metal. Quoi qu'il en soit, on ne pourra pas dire que John Bonata manque de tripes. Qu'est-ce que ça doit donner en concert ! Gotié, Tympans n°05, Wallonie, 1985.



Mercredi 14 Mai 2025 - 16:25:18

 
BACKWATER – Revelation (Disaster ’84) :
si vous aimez Venom et Motörhead, ruez-vous sur Revelation, premier album de Backwater, nouveau groupe allemand (eh oui, encore un !). Revelation, tout comme Sentence of Death (Destruction) a su me redonner confiance dans l’avenir du black, speed ou death-metal. Le guitariste Thomas Guschelbauer nous offre des riffs réellement inspirés au lieu de nous lâcher une série de bruits difficilement identifiables. Dirty Pigs, Too Much Alcohol, The Creed, Shut Up and Love et Rock Hard sont des morceaux très speed, tandis que Bad Choice et Witchchaser sont très black, surtout ce dernier avec son atmosphère à la Black Sabbath. Je pense que l’avenir du speed-metal est entre de bonnes mains avec des groupes comme Destruction et Backwater, et je suis certain que Voivod et Slayer confirmeront ce point. D’ailleurs, le speed-metal est le genre de HM qui compte le plus d’adeptes, non ? 8/10, Johnny, Metal KO n°09, Québec, début 1985.
 

  
ATLAIN – Living in the Dark (Mausoleum ’84) : Tiens, un nouvel album de speed-metal, mais pas si méchant. A l’écoute d’Atlain, on a l’impression voire la confirmation que le speed devient une monnaie un peu trop courante, qui devient une mode à l’intérieur même du heavy-metal. Living in the Dark est un album bien fait, bien qu’il manque de tripes. Altain n’a pas l’air de croire totalement en ce qu’il joue et c’est dommage car les musiciens sont bons. Enfin, tant qu’il nous reste le power-metal, rien n’est perdu ! 7/10, Gotié, Tympans n°05, Wallonie, début 1985.         

ATLAIN – Living in the Dark (Mausoleum '84, import) : Atlain remporte la palme de la défonce du mois avec son premier album. C’est un brasier qui flirte avec le speed sans oser le demander en mariage. Un massacre à la tronçonneuse avec pompe aspirante pour ne pas trop tâcher la moquette. Efficacité garantie, contexte satanique parfaitement niais mais savamment exécuté avec, ô miracle, un bon chanteur. L’originalité n’étant désormais plus qu’un souvenir des temps immémoriaux, le fait qu’un groupe ne sonne comme aucun autre pourrait être l’un des principaux critères de jugement. Christian Vinot, Metal Attack n°20, mai 1985.


  
BRAINFEVER – Capture the night (Earthshaker '84) : Voici Brainfever, dernier arrivage en provenance d’Allemagne, un groupe pas vraiment thrash comme certains le laissent croire, mais bien heavy speed cependant. Le tout reste plus que comestible dans le style speed qui ne décoiffe pas trop. Into the Sky, Brainfever et Capture the Night donnent à cette bière allemande un goût de nitro pas désagréable. ‘Prosit’, et que ça mousse ! Gil Tadic, Metal Attack n°20, mai 1985.


 
BLOODY SIX - In the Name of Blood (Mausoleum / Gama ’84) : alors que Krokus monopolise le marché du heavy-metal Suisse depuis quelques années (pauvres kids !), voici un nouveau groupe helvète. Après le désastre d’Hellhammer (euh, pardon, Celtic Frost). L’originalité de Bloody Six réside dans le fait que son line-up est composé de trois guitaristes, bien qu’un seul aurait pu obtenir le même résultat. In the Name of Blood ne restera pas dans les annales du heavy-metal, bien qu’il vaille la peine qu’on y jette une oreille. Le groupe ne s’aventure pas et se contente de composer des titres assez communs, qui ont toutefois la pêche. Du heavy bien emballé qui pourrait plaire à beaucoup d’entre vous, d’autant que le timbre de voix du chanteur est particulier et assez accrocheur. 7/10, JMM, Tympans n°06, Wallonie, 1985.  


 

STEELTOWER - Night of the Dog (Mausoleum / Earthshaker ’84) : si Steeltower s’en était tenu à un mini-LP de 5 titres, je lui aurais certainement attribué 9/10. Steeltower est  musicalement très mûr et le prouve durant l’intégralité de la première face de Night of the Dog, qui renferme cinq morceaux bien ficelés, bien produits, différents les uns des autres, montrant le large éventail des capacités de la formation allemande. Malheureusement, sans doute à court d’imagination, Steeltower plagie Judas Priest en face B, en très mal pour finir de gâcher. 5/10, JMM, Tympans n°06, Wallonie, 1985.   



Jeudi 15 Mai 2025 - 15:24:27

  

Stormwitch fait très fort avec Walpurgis Night (Gama '84) un heavy-metal torride, qui dégouline d’idées et de technique, des breaks systématiques après deux couplets / refrains, et un chanteur du genre doué. Un disque fortement recommandé, tout comme le Victim of Chains de Gravestone (Gama '84). Le premier morceau Fly Like an Eagle démarre sur un riff à la Scorpions puis des vocaux à la Accept. Le reste de l’album, hargneux, ne vous décevra pas si vous n’êtes pas réfractaires à ce genre de voix. Si tel est le cas, vous adorerez aussi Heart Attack de Restless (Gama '84), qui  comprend dans ses rangs un dénommé Czeki, qui est quant à lui carrément le frère le plus affuté d’Udo, ainsi que deux gratteux relativement impressionnants. Un dernier monument pour en terminer avec les chefs-d’œuvres teutons, Neutralized de Talon, un disque moins brutal mais tout aussi tueur, qui fourmille de mélodies et de riffs accrocheurs. Et enfin côté scandinave, dont l’invasion se poursuit inlassablement, vous pourrez vous arrêter sur l'intéressant EP de Parasite. Christian Vinot – Extrait rubrique ‘imports’, Metal Attack n°16, décembre 1984.


 
RESTLESS – Heart Attack (Gama ’84) : J'aimerais bien qu’on m'explique comment s'effectue une telle copie conforme, car dans ce jeu, ce gang teuton des environs d’Hanovre a fait un travail de pro. Il n'y a qu'à se pencher sur le nom pour que l'empreinte du maître Accept saute à l’esprit. Et musicalement, le papier carbone a fonctionné à merveille. On assite de prime abord à un terrifiant dédoublement entre le chant d’Udo (Accept) et celui Czeki (Restless). Il faut croire que la réputation d'Accept poursuit ces cinq sauvages jusqu'au cœur de leurs phantasmes les plus tordus. Fire Train cavale aussi vite que Fast as a Shark (Restless and Wild), tandis que le title-track est un parent pauvre de Starlight (Breaker). Le reste des morceaux se détache quand même de la griffe du professeur, mais la voix trop semblable rappelle immédiatement à l’ordre. Dommage car un titre comme Devil (quelle originalité…) dégage très bien dans le genre marteau-pilon. Infatigable peut-être mais pas très ‘wild’ en tous cas, ce quintette, qui se situe vingt crans en dessous de Grave Digger durant ses crises d'UDOïte aiguë. Mais chapeau, il fallait oser. Metal Step n°01, Wallonie, 1984.


 
TALON – Neutralized (Bacillus ’84) : Neutralized est doté d’une belle pochette et en plus le groupe est allemand, autant d’arguments qui invitent à y jeter une oreille. Difficile à classer précisément, Talon joue du HM, qui manque toutefois de puissance et d’originalité. Neutralized reste toutefois un album de qualité, de quoi passer un bon moment. Ce n’est pas la découverte de l’année mais l’achat reste intéressant. 7/10, Gilles Mallette, Metal KO n°08, Québec, 1985.  


 
PARASITE – S/T (Roadrunner ’84)
 : emballé dans une belle pochette, les premiers pas vinyliques de Parasite débutent sous forme de mini-LP, aux quatre morceaux se démarquant les uns des autres. Après une petite intro harmonieuse, le disque s’enchaine sur un premier titre au rythme rapide, à la façon de Tysondog, suivi du plus heavy Nightwinds, où le rythme est mené par une guitare au riff idéal. Sur la seconde face, Chalice of the Soul est plus original, nanti d’un chant lent & heavy sur d’un tempo speed & saccadé, alors que Lonely Eagle clôture hélas le disque en catastrophe, une sorte de slow rapide et à chier, au son dégueulasse. 7/10, JMM, Tympans n°05, Wallonie, début 1985.    



Vendredi 16 Mai 2025 - 15:51:54


PILEDRIVER – Metal Inquisition (Cobra ’84) : Enfin, un groupe canadien jouant du vrai HM et signé par un label canadien ! Centré autour du chanteur, Piledriver, ce nouveau venu, joue un HM très power, rappelant un peu Exciter. La production ne donne pas la pleine valeur à ce disque, malheureusement. Metal Inquisition et Sex with Satan sont mes titres préférés de la première face. Quant à Witch Hunt, avec ses sept minutes et son refrain répétitif, il est décidément trop long, Piledriver ayant mieux fait de le raccourcir et d'inclure un autre morceau. On sent que l'influence majeure du groupe est Black Sabbath, surtout sur ce titre-là. La deuxième face est plus équilibrée mais, encore une fois, la longueur des pistes ne m'a pas emballé. En résumé, Metal Inquisition est un excellent album et, si Piledriver corrigeait ses défauts à l’avenir, son prochain album pourrait bien être celui de la consécration. 7/10, Johnny Hart, Metal KO n°08, Québec, début 1985.

PILE DRIVER - Metal Inquisition (Cobra Records '84) : Piledriver, c’est du vrai pilonnage. Si la pochette est d’un ridicule à vous faire fermer le porte-monnaie, laissez-vous toutefois tenter par un heavy rempli d’écume et de mercure jusqu’à la gueule. Ce nouveau quintette canadien très original tue sans trop décoiffer, avec des riffs faciles à retenir. Gil Tadic - Metal Attack n°22, juillet 1985.
 


HEXX – No Escape (Shrapnel ’84)
 : Formé en 1978, Hexx ne trouve son line-up idéal qu’à partir de 1983, année durant laquelle il tourne en première partie de Dio, Quiet Riot ou Lita Ford. Doté d’une certaine réputation, le groupe décide en 1984 d’envoyer une démo au Hyde Street Studio de San Francisco, où Mike Varney (Icon, WASP), surpris par la qualité, lui propose une signature chez Shrapnel, au même titre que Chastain. No Escape est un disque plaisant d’un bout à l’autre, et s’il vous faille un dessin, devinez qui est remercié pour l’inspiration : Dio. Vous avez tout compris. 8,5/10, Metalnick, Tympans n°06, Wallonie, 1985.

HEXX : No Escape (Shrapnel ’84)
: Hexx joue un heavy-metal quelquefois influencé par Priest et Maiden. Le chanteur Manzo possède une voix très originale, supporté par les bonnes guitares de Dan Watson. Sans clairement être classées dans le genre speed, les neuf morceaux de No Escape sont assez rapides, avec une préférence personnelle pour Invader, Look in the Sky, Night of Pain et Live for the Night. Le boss de Shrapnel, Mike Varney, vient de frapper un grand coup avec quatre groupes aussi bons les uns que les autres (Hexx, Griffin, Trauma, Chastain), chacun ayant son propre style. Je ne peux honnêtement pas dire lequel est le meilleur mais, en tout cas, ce sont quatre formations dont on en entendra parler beaucoup parler dans les mois à venir. Johnny Hart, Metal KO n°09, Québec, 1985.


 
GRIFFIN - Flight of the Griffin (Shrapnel ’84) : si Chastain, Hexx ni Trauma n’a réussi à vous séduire, chose à peine croyable, Griffin pourrait bien le faire. Quoiqu’assez proche de Chastain, ce dernier reste toutefois plus lourd et moins speed. Ne croyez pas pour autant que Flight of the Griffin soit un disque plat et bêtement ordinaire. Au contraire, Hawk the Slayer fera tourner les têtes avec ses changements de rythmes fréquents, tandis que les autres morceaux sont entrainants et tout aussi colorés. Bref, Flight of the Griffin promet un excellent moment métallique. 8,5/10, Metalnick, Tympans n°06, Wallonie, 1985.

GRIFFIN - Flight of the Griffin (Shrapnel ’84) : l'autre album de la série de quatre parue récemment sur Shrapnel (Hexx, Trauma, Griffin, Chastain). Griffin a dû écouter à de nombreuses reprises tous les disques d'Iron Maiden, à commencer par le son de son LP, sans que ce dernier ne soit qu’une faible copie sans intérêt. McKay est un chanteur solide et le travail des deux guitaristes est sans faiblesse. Chose remarquable, c'est le son développé par les guitaristes, surtout sur les riffs empruntés à Black Sabbath, où les guitares sont diablement heavy. Flight ot the Griffin n’offre aucun répit de sa première à sa dernière note. Tout comme Chastain, Griffin sera un grand groupe de HM, sans qu’on puisse le classer dans un genre strictement défini, ni speed, ni power, ni black mais un cocktail de tout ça ! Un disque à se procurer absolument ! 9/10, Johnny Hart, Metal KO n°09, Québec, 1985.

GRIFFIN - Flight of the Griffin (Steamhammer, import RFA '84) :
Issus de San Francisco, ce quintette écume la Californie depuis pas mal d’années, mais sa réputation flatteuse n’a pas trouvé sa parfaite traduction sur cet album qui commence à dater un peu. Non que la musique soit mauvaise (un peu de Manowar avec une larme de Blue Oyster Cult époque Fire of Unknown Origin), mais l’ensemble manque de passion. Une production trop écrasée, peut-être ? Pourrait mieux faire. Mad Scott – Enfer Magazine n°43, décembre 1986.



TRAUMA – Scratch and Scream (Shrapnel ’84)
 : après son apparition sur Metal Massacre 2, Trauma revient avec son premier album. Imaginez un croisement entre Helstar et Lizzy Borden, avec une pointe de Metallica (passage de Cliff Burton dans les rangs, oblige) pour obtenir Trauma. Si le résultat peut paraitre flatteur, Trauma n’arrive hélas pas à la cheville de ces groupes. Scratch and Scream démarre pourtant sur les chapeaux de roue mais s’essouffle au fil de son avancée. Sans grande originalité, le groupe a toutefois une chance de plaire aux fans de Slayer ou Warfare. 5/10, Metalnick, Tympans n°06, Wallonie, 1985.    

TRAUMA – Scratch and Scream (Shrapnel ’84)
 :Trauma fait partie des quatre disques que Shrapnel nous a offert pour notre plus grand plaisir (Trauma, Hexx, Griffin, Chastain). Le groupe joue une musique très power-speed. Scratch and Scream offre un éventail complet, avec du speed sur The Day All Hell, Brooke Loose ou Bringin’ the House Down, et du power sur le title-track, The Warlock ou Lay Low. Malgré le départ de Cliff Burton (Metallica), Trauma a su poursuivre avec ce premier album, excellent d'un bout à l'autre. Johnny Hart, Metal KO n°09, Québec, 1985.

TRAUMA - Scratch and Scream (Shrapnel '84) : Côté outre-Atlantique, voici à présent un groupe répondant au nom de Trauma. Je précise qu’il s’agit de l’ancien groupe de Cliff Burton, bassiste de Metallica. Si beaucoup de groupes prennent un malin plaisir à se jeter corps perdu sur les premiers sillons, Trauma n’échappe pas à cette coutume, ma foi fort sympathique, et parvient à vous brancher la ciboulette sur le fil à haute-tension. Même si c’est le genre de jeu dont je raffole, Trauma a dû certainement penser qu’il en fallait pour tout le monde, en associant à quelques autres titres speed des tempos franchement puissants, et tout cela sans plagiat. Un album de grande qualité avec une première face de tout premier choix. Gil Tadic, Metal Attack n°20, mai 1985.

TRAUMA, HEXX et GRIFFIN : Hexx avoue s’inspirer de R.J.Dio (c’est inscrit sur le verso de la pochette) et parvient à être plus que persuasif dans sa connerie. Le guitariste d’Hexx joue presque aussi bien que Philippe Touchard (chroniqueur d’Enfer Magazine). Passé deux écoutes, l’album reste supportable mais ne pas dépasser six écoutes sur indication d’un spécialiste. L’album de Griffin reste quant à lui supportable mais ne pas dépasser six écoutes sur indication d’un spécialiste. Attention, le guitariste de Griffin exhale une mauvaise odeur des pieds passés huit heures du soir. Concernant Trauma, son guitariste joue presque aussi bien que ceux de Hexx et Griffin. Passé deux écoutes, son LP devient franchement chiant. Cliff Burton a été inspiré lorsqu’il a faussé compagnie à ses camarades qui, en matière de traumatisme psychique, se posent lourdement. JF Jimenez – Enfer Magazine n°24, mai 1985.

=> Les critique d'Enfer Magazine ont été écrites alors que les disques n'avaient visiblement mêmes pas été écoutés. Celle de JF Jimenez s'apparentait à un jeu adressé au lecteur où il fallait en gros cocher entre plusieurs propositions ou rayer les mentions inutiles, un amusement éprouvant, débile, sans intérêt et sans queue ni tête, où au final les albums étaient descendus en flèche, peu importe les choix retenus. J'ai rassemblé les morceaux pour que ça ressemble à quelque chose mais non ça ne ressemble toujours à rien. Dans celle de MAd Scott, le mec d'Enfer avait oublié que sa rédaction avait déjà reçu Flight of the Griffin mais, de toutes façons, ça ne change pas grand chose. Quant aux deux critiques de Metal Attack, je les ai extraites des dossiers "imports spécial speed" de Gil Tadic. Le chroniqueur montre davantage de respect, Dieu l'en remercie. ++ FABIEN.



Samedi 17 Mai 2025 - 19:33:59

SAMAIN – Vibrations of Doom (Roadrunner '84, import NL) : Dans la série ‘Ne mourrons pas idiots’, une visite au Petit Larousse nous apprend que Samain est le nom de l’ancienne fête païenne des morts, qui était célébrée le 1er novembre avant d’être remplacée par la Toussaint chrétienne. On peut se demander pourquoi cinq jeunes allemands ont choisi un tel nom, car leur musique n’évoque pas vraiment ce genre de climat. Mais trêve de méchanceté, pour une fois que des teutons ne cherchent pas enfin à copier Scorpions, chose si rare de nos jours. Voilà un premier album extrêmement prometteur, bien qu’il souffre des défauts inhérents au rock germanique, à commencer par son manque d’originalité. La production de Frank Becking est plutôt bonne, aidée par l’excellente mise en place d’un groupe déjà fort mature dans ce domaine. Si vous additionnez Kiss, Accept, un soupçon d’Aerosmith, une goutte de Hawkwind et une larme de Viva (avec des claviers un peu plus discret), vous obtiendrez un cocktail assez proche de Samain. En plus, le chanteur Peter Vorwerk semble avoir été bercé par Lemmy, Algy Ward (Tank) et Paul Stanley, autant de bonnes fées qui ne l’empêchent pas d’être un peu irritant par moment. Les compositions manquent de ce petit quelque chose qui les distinguerait tout à fait de la masse, bien que l’ensemble soit harmonieux et fort agréable à écouter. Les deux guitaristes Ralf Wiethoof & Manfred Bayer, sans être des génies du manche, se livrent à quelques duels qui évoquent un peu Wishbone, un ton au-dessous toutefois. Somme toute, Samain nous livre un bon album qui, sans être totalement indispensable, n’en constitue pas moins une base de départ avec des régions qui pourraient devenir passionnante. Mad Scott – Enfer Magazine n°21, février 1985.

 

FACT – As A Matter Of (Earthshaker '84: Ach, gross malheur, nicht gut ! Sincèrement, il est réellement difficile de ne pas haïr de telles productions. Le groupe sonne amateur, style Accept bourré, mais pas plus amateur que Cutty Sark, Helloween ou Dark Avenger et autres goodies. La production est rotten to the core, la pochette hideuse à en couper l’appétit un soir de réveillon, bref le genre de disque que Phil le Boss me réserve chaque mois avec les honneurs et les touchantes excuses de rigueur (il faut bien que quelqu’un les chronique), mais là je dis stop. Désormais, retourne ce type de LP à l’envoyeur, invoque un manque de place, une fausse adresse ou une erreur d’aiguillage, invente quelque chose, car ma platine souffre de trop et je l’entends tousser le soir, pleurant son cancer du diamant, tandis que mes enceintes connaissent une inadmissible inflammation des boomers et que mon ampli court-circuite volontairement toutes les deux écoutes comme s’il voulait se suicider. Boss, comprend moi, plus jamais ça ! JF Jimenez – Enfer Magazine n°21, février 1985.


=> Deux labels plus portés sur le speed à cette époque, mais là c'est plutôt heavymetal. Bref, si je déborde parfois du côté heavymet', notamment teutonique, faites comme si. ++ FABIEN.



Dimanche 18 Mai 2025 - 19:20:30

SLAYER – Live Undead (Roadrunner '84) : Slayer, qui sort à peine son second LP, revient déjà à la charge avec Live Undead. Le quatuor joue à l’unisson, ce qui est déjà une bonne nouvelle, bien qu’on ait pu espérer encore plus de folie, dans le genre Slayer en 33t joué en 45t. Dommage que la seconde face ne présente que des morceaux studios non inédits. Cela étant, Slayer vaut toujours mieux que bien d’autres. Gil Tadic - Metal Attack, juillet 1985 n°22.

SLAYER – Live Undead (Roadrunner '84) : maxi de Slayer avec une face live comprenant un inédit, Captor of Sin : Slayer capturé sur scène représente la folie pure, la défonce totale rappelant par l’ambiance qui semble y régner les concerts dingues que donnaient les deux grands groupes mythiques MC5 et Stooges. La seconde face studio renferme deux morceaux de Show no Mercy, ainsi qu’un inédit remarquable : Haunting the Chapel. Fans de speed, courrez chez votre disquaire. Slayer vous y attend pour vous catapulter au sein de l’apocalypse. Walter Shark – Metal Attack n°22 – juillet 1985.


 
METALLICA – Creeping Death (Roadrunner ’84)
 : Après le EP Jumping in the Fire en support du LP Kill’ Em All, voici le EP Creeping Death, qui reprend ce title-track en face A, considéré par beaucoup comme le meilleur morceau du LP Ride the Lightning. En face B, le maxi renferme deux inédits, Am I Evil issu du répertoire de Diamond Head (Living on, Borrowed Time), dont Metallica a avoué être un grand fan, et Blitzkreig, reprise du groupe du même nom. La version orginale de Diamond Head est en tout point respectée, voire améliorée, ou disions plutôt actualisée. Les riffs sont plus puissants, le rythme et les solos sont plus rapides et la voix de James Hetlfied est supérieure à celle de Sean Harris. Tous ces éléments donnent une véritable cathédrale musicale, bâtie sur les fondations d’un morceau déjà fantastique l’origine, et qui s’inscrit parfaitement dans la lignée de Ride the Lightning. Avec Blitzkrieg, on se croirait de retour au temps de Kill’em All, ce que renforce la formule « Garage Days Revisited » écrite au verso, qui renvoie aux premières répétitions de Metallica dans les bas-fonds de Los Angeles. Le morceau est rapide, assez agressif, survolte les neurones, bref une autre pièce formidable. Avec ce maxi 45t, Metallica fait mouche une nouvelle fois. Gotié, Tympans n°04, Wallonie, 1985.

SLAYER – Live Undead (Roadrunner ’84)
: annoncé sur son maxi Haunting the Chapel, voici Live Undead. Le rôle de ce nouveau maxi, dans l’attente du second album, consiste à raviver les cendres de Show no Mercy (Antichrist, Fight ‘til Death) et Haunting the Chapel, tout en nous faisant goûter à la sauvagerie de Slayer en concert (Black Magic, Die by the Sword, Captor of Sin). Les aspirines sont de rigueur ! 8/10, Gotié, Tympans n°06, Wallonie, 1985.
 

 

BATHORY – S/T (Black Mark ’84) : Bathory est la replique suédoise de Venom en plus extrême. Sur le dos du LP, seul le nom du guitariste / chanteur Quorthon est inscrit, tous les musciens ayant bossé sur le disque ayant été virés entre temps, le leader les trouvant un peu trop mous pour des trashers. L’album renferme huit morceaux aux thèmes ouvertement sataniques, pour citer Necromancy, Hades ou In Conspiracy with Satan. Musicalement, le disque se rapproche du Venom de l’époque Welcome to Hell, en plus speed, et peut être décrit comme du black/speed-metal avec quelques amorces de solis de-ci de-là. Le meilleur morceau de l’album, War, est un véritable appel à la guerre et au chaos. D’autres titres cartonnent, comme Hades ou Raise the Dead, bien qu’on puisse regretter un côté un peu trop venomien. Quoi qu’il en soit, Bathory tue ! 8/10. La Glu – Hardos Mag’ n°08, juin/juillet ’85. 


 

CELTIC FROST – Morbid Tales (Noise ’84) : voici le nouvel album de la saga du black-metal, Morbid Tales de Celtic Frost, récente formation suisse comprenant deux anciens membres d’Hellhammer. L’hostie noire que nous font avaler ces trois prêtres diaboliques est certainement la plus représentative du heavy-metal satanique à ce jour. Nettement plus travaillé et techniquement supérieur à celui d’Apocalyptic Raids (Hellhammer), le son de Morbid Tales s’impose comme un bloc de béton armé, supporté par une basse dominante et un chant grave, le tout baignant dans une atmosphère de messe noire peuplées d’esprits sanguinaires. Une lueur macabre scintille au fond des yeux durant l’écoute de Danse Macabre, tandis que le morceau Visions of Mortality réjouira les amateurs de speed-metal. Evitez de préférence les écoutes après minuit !  7/10, Gotié, Tympan n°06, Wallonie, 1985.

CELTIC FROST – Morbid Tales (Noise '84) : Tom Warrior et Martin ain recutent Issac Darko et décident de transformer Hellhammer en Celtic Frost. L’association ne dure que peu de temps et Steve Priestly arrive vers mai / juin 1984 en tant que batteur de session, accompagnant le groupe en studios du 8 au 15 octobre 1984 pour les sessions de Morbid Tales. Bien que Tom ait annoncé une musique plus heavy et plus technique, le style reste fondamentalement le même, même si les nouvelles compositions sont effectivement mieux structurées et davantage travaillées. Les tempos tendent quant à eux plus vers le speed, à l’image d’Into the Crypts of Rays. Pas de faux pas, hormis Dance Macabre, un interlude plus énervant que vraiment morbide. Le futur de Tom Warrior se nomme désormais Celtic Frost, le leader ayant renié ses débuts : « Je prenais Hellhammer trop au sérieux, car c’était mon tout premier groupe. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’une histoire passé, totalement ridiciule ». Thierry, Wimpie n°01, mai / juin ’86.

 

=> Voilà, c'en est fini des albums de 1984 que j'avais à publier, avec quelques absents comme le blackthrash d'Hellhammer, le HC virulent de Siege, Charged GBH et Corrosion of Conformity, le heavyspeed des américains des anglais de Tysondog, le heavypower'prog de Fates Warning ou encore les MLP d'Hawaii et Dark Wizard. ++ FABIEN.

    
 



Dimanche 18 Mai 2025 - 22:37:07

Merci pour cette série metallo-archeologique ! J'ai je hâte de lire la suite !



Lundi 19 Mai 2025 - 07:14:37

Merci pour ce travail de déterrage ô combien instructif et ravivant quelques belles (re)découvertes 



Lundi 19 Mai 2025 - 15:24:52

SAVAGE GRACE – Master of Disguise (Black Dragon '85) : Le combo californien Savage Grace revient en force avec Master of Disguise, une évolution naturelle qui transcende littéralement le concept musical du mini-album The Dominatress. Ce murissement étonnant débouche sur la réalisation attendue d’un des tous meilleurs albums US sortis ces derniers temps. Si les lourdeurs de style semblent certes avoir disparu, l’ensemble rappelle souvent Iron Maiden, mais version speedée dans le style d’Hawaii. Savage Grace travestit sa musique avec une réussite déconcertante et, à ce titre, rarement un titre d’album comme Master of Disguise a exprimé son contenu avec tant de cohésion. Titres à écouter en priorité tout en étant vêtu des fringues adéquates : Into the Fire (du speed en uniforme de pompier), Born to Be Free (encore du speed en habits de prisonnier en cavale), Sins of the Damned (toujours du speed en déguisement de pomme, serpent ou Le Pen), Sons of Iniquity (du heavy-mélodique en déguisement de chroniqueur, secrétaire ou photographe d’Enfer Magazine). Les autres morceaux sont du même cru, mais je vous laisse imaginer le travestissement. JF Jimenez, Enfer Magazine n°22, mars 1985.

SAVAGE GRACE – Master of Disguise (Black Dragon ‘85) : Faire chroniquer un album de speed par un amateur de belles mélodies, c’est prendre un disque, mais ce n’est pas un problème avec Savage Grace. Le quintette californien nous offre en effet neuf compositions, dont huit signées par le guitariste Christian Logue, qui réjouiront les fans de speed et qui ne manqueront pas de réjouir les plus sceptiques quant aux qualités de certains groupes de speed. Que de progrès accomplis depuis son apparition sur la compilation Metal Massacre Vol.II et le mini-LP The Dominatress. Des compositions plus travaillées et de gros progrès techniques, surtout au niveau du chant, permettent de classer Master of Disguise parmi les meilleures sorties ces derniers mois en provenance des USA. Bien que certains morceaux aient un air de déjà entendu et pêchent par manque d’originalité, je serais étonné que Sons of Iniquity et Bound to Be Free ne vous accrochent pas dès la première écoute. Dommage que le mixage mette trop en avant une section rythmique honnête au détriment des prestations des deux guitaristes. Il n’empêche que l’ensemble reste de très bonne facture, marqué par une influence évidente d’Iron Maiden concernant les intros et les breaks. A signaler que Master of Disguise est proposé par un nouveau label français, Black Dragon. Bonne Initiative ! Hard Force n°01, 1985.

SAVAGE GRACE – Master of Disguise (Black Dragon ’85)
: déjà élevé sur un piédestal par l’ensemble de la presse internationale spécialisée, Master of Disguise est en effet l’unes des meilleures productions américaines de speed mélodique. Vous n’avez désormais aucune excuse pour ne pas l’acheter, d’autant que le disque est disponible chez un label français à un prix très raisonnable. 9/10, JMM, Tympans n°06, Wallonie, 1985.



Mardi 20 Mai 2025 - 15:40:26

CROSSFIRE : Second Attack (Mausoleum'85) : Voici le second album du quintette belge, comme son nom l’indique. Sans savoir exactement pourquoi, je m’attendais à une éventuelle déception et à user une fois de plus de mon ingrate médisance habituelle, du moins était-ce mon état d’esprit avant écoute. Non pas que je n’apprécie pas le HM du premier album de Crossfire, mais la pochette de Second Attack s’avérait être trop vilaine pour éviter les désagréments d’une critique soit disant objective. Après écoute, bien des choses ont changé. D’abord parce que le HM de Crossfire persuade très vite d’abandonner tout désir de passage à tabac injustifié, ensuite car les musiciens ont une démarche très sincère depuis la compilation Metal Clogs (1982), que seuls ses morceaux rendaient acceptable au milieu d’une masse insignifiante de groupuscules ensommeillés (Frankenstein, Impact, Gilgamesj). Crossfire a su survivre et garder l’énergie revigorante de ses débuts. Coincé entre un Accept de l’époque Fast As a Shark et le premier LP d’Anthrax, Second Attack satisfera aussi les speed-freaks en mal d’électricité brute  (Second Attack, Feeling Down, Atomic War) que les amateurs d’un HM plus conventionnel (Highway Driver, Master of Evil, Scream and Shout). Evitez tout de même Running for Love qui clôt plus que minablement ce sympathique album. JF Jimenez – Enfer Magazine n°24, mai 1985.

CROSSFIRE – Second Attack (Mausoleum '85) : Ignorant superbement toutes les histoires douteuses colportées à leur sujet, ces belges restent les plus européens de tous. La preuve est faite avec leur second album. Il y a un peu plus d’un an, un concert de leur part m’avait laissé entrevoir un avenir meilleur, mais la surprise a encore été plus grande que je l’imaginais. Ce quintette m’a fasciné par la netteté de contour de sa musique métalloïde, cette sobriété dévastatrice des rythmes, cette propreté digne d’une salle d’opération, un vrai traitement de choc. Curieusement, il est difficile de dire si Second Attack est supérieur ou non aux bons albums du moment. Au niveau d’un LP comme celui-ci, tout fait bloc : pas de morceaux en creux ni de bravoure. Du boulet rouge à la ballade, chaque pièce fait le plein de vigueur et de maitrise, affirme la sérénité d’un groupe qui manie la haute énergie comme un cure-dent. Second Attack est réellement une masse égale et équilibrée et prouve en tout cas que Crossfire est enfin au point. Gil Tadic – Metal Attack n°22, juillet 1985.

CROSSFIRE : Second Attack (Mausoleum ’85) :
Le metal belge se porte bien à en juger par les albums d’Acid, Thunderfire et Crossfire. Second Attack est le deuxième album de Crossfire, comme son nom l’indique, successeur de See You in Hell qui était assez réussi. Cette fois, le groupe a décidé d’en finir avec tous ceux qui lui résisteraient, fort d’un nouveau disque particulièrement agressif, au son très lourd, et aux riffs endiablés se succédant à une vitesse folle, pour citer Atomic War ou le titre éponyme. Le groupe ne donne pas dans le speed brouillon et fait preuve d’une vraie musicalité. Pendant qu’un de ses anciens membres croupit en taule pour meurtre, Crossfire revient quant à lui avec un pur album de heavy metal, très enthousiasment . Eric - Hard & Heavy n°05 (fanzine), juin/juillet ’85.

CROSSFIRE – Second Attack (Mausoleum ’85) 
: troisième meilleure vente belge et parmi les meilleures ventes du label Mausoleum, Second Attack permet à Crossfire d’être le groupe belge de heavy le plus apprécié à l’étranger, ce qui est amplement mérité puisque la formation prend, grâce à son second album, dix longueurs d’avance sur ses compatriotes wallons et flamands. Crossfire a mis en boite sept nouvelles bombes qui ridiculisent SS-20, Pershing et autre Cruise. Le morceau Atomic War est un véritable hymne à la puissance, une symphonie guerrière qui terrasse dès les premiers accords. La voix de Peter De Wint atteint son apogée avec un timbre qui éclate les tympans, tandis que les guitaristes n’ont rien à envier à Kirk Hammet. D’autres titres élaborés sont davantage à retardement, comme Master of Evil ou Running for Love, une ballade envoutante où les guitares bercent d’une puissante douceur pour exploser ensuite dans une folle partie de soli. Les autres morceaux sont tout aussi calibrés et possèdent les mêmes mégatonnes de décibels. L’ensemble est couvert par une production sans faille et Jos Kloeck, qui apporte un relief considérable à cette apocalypse musicale. Tous ces éléments font de Second Attack un album largement supérieur à la majorité des productions américaines ou anglo-saxonnes. Si la Belgique n’avait déjà pas à rougir des ses produits nationaux, elle peut désormais en parler la tête haute et faire confiance à Crossfire, en le consacrant ambassadeur du heavy-metal belge. 9/10, JMM, Tympans n°06, Wallonie, 1985.
 

CHASTAIN – Mystery of Illusions (Shrapnel ’85) : issue des US, voici la perle actuelle du heavy-metal. Grâce à sa grande ouverture musicale, Chastain plaira autant aux fans de Bon Jovi qu’à ceux de Metallica. Formé par le guitariste David T. Chastain et le bassiste Mike Skimmerhorn, le groupe trouve la bonne chanteuse en la personne de Leather, dont le timbre de voix colle idéalement au style. Si Black Night ou Night of the Gods vous séduiront d’emblée, la ballade éponyme musclée charme tout autant, notamment lors des solos du guitariste prodige, son sans rappeler son homologue Yngwie Malmsteen. Il ne vous reste plus qu’à acquérir Mystery of Illusions, qui en vaut carrément la peine. 10/10, Metalnick, Tympans n°06, Wallonie, 1985.    

CHASTAIN – Mystery of illusions (Shrapnel ’85)
 : Shrapnel vient d'envahir le marché avec quatre nouveaux albums aussi excellents les uns les autres (Hexx, Griffin, Trauma, Chastain), son boss Mike Varney ayant décidé de couper sur la quantité et d'axer ses efforts sur la qualité. A l'écoute de ces quatre petits chefs-d'oeuvre, on ne peut que le féliciter de cette décision. Chastain, livre un premier album rempli de guitares, le tout agrémenté de la voix de mademoiselle Leather Leone. A titre de comparaison, seule la très jolie Doro Pesch du groupe allemand Warlock peut rivaliser avec elle, pour le titre de meilleure chanteuse HM. Quant à David Chastain, il se passe pleinement de claviers pour donner une pleine liberté à l’expression de son immense talent à la guitare. Si ses différents homologues ont la fâcheuse habitude de rendre leur son "wimpy" par l'apport de claviers, le son de Chastain est totalement heavy. On sait que la musique HM a toujours été un excellent véhicule pour propulser les guitares-héros comme Hendrix, Trower, Winter ou Marino, et plus récemment comme Van Halen, Rhoads, Malmsteen, Schenker ou Moore. David Chastain fait désormais partie de cette catégorie privilégiée. Les morceaux de Mystery of Illusions à écouter en priorité sont Black Night, I’ve Seen Tomorrow, l'excellente ballade Endlessly et Night of the Gods, la perle de cet album, nantie d’un solo de guitare à faire pâlir les maîtres. 10/10, Johnny Hart, Metal KO n°09, Québec, 1985.

CHASTAIN – Mystery of Illusion (Shrapnel '85)
 : Une production de qualité, un soliste génial & "manchot" (attention Yngwie Malmsteen) et un "amateurisme" indiscutable, sont ici au "rendez-vous".  Ecoutez le morceau speed I’ve Seen Tomorrow à la Loudness puis Night of the Gods & We Shall Overcome, tous deux marqués d’un tempo heavy emphatique. "A hurler de rire". Le guitariste de Chastain joue aussi bien que Le Pen est naze. Passé deux écoutes, l’album reste supportable. Les gros malins désireux de pousser jusqu’à une dizaine d’écoutes consécutives voudront bien avoir l’extrême amabilité de me communiquer leurs réactions après expérience. Faites-le pour la France, par pitié. JF Jimenez – Enfer Magazine n°24, mai 1985.


=> La critique d'Enfer Magazine de Chastain est issue du jeu débile (Trauma, Hexx, Griffin) où il fallait "cocher" entre plusieurs propositions ou "rayer les mentions inutiles", sans ni queue ni tête, où au final les albums étaient descendus en flèche, peu importe les choix retenus. J'ai rassemblé les morceaux pour que ça ressemble à quelque chose mais non ça ne ressemble toujours à rien. Quelle différence flagrante avec les écrits de nos amis wallons et québécois. C'en à en pleurer. ++ FABIEN.