Thrash Metal >> CHRONIQUES POWER/SPEED/THRASH/HC/DM/BM 83-93
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Vendredi 24 Octobre 2025 - 08:14:41

MESSIAH – Hymn to Abramelin (Chainsaw Murder ‘86) : Tout droit issu des cavernes helvètes, Messiah joue une sorte de thrash/hardcore lourd et puissant, à l’image de morceaux comme Total Maniac ou The Dentist. Dommage qu’il n’y ait toutefois qu’une guitare, car la rythmique est quelque peu délaissée durant les solos. La voix est grave et caverneuse, et la production est pas mal pour le style. Évitez cependant les écoutes prolongées sans avis médical. Phil, Troubadour n°04.


MESSIAH - Hymn to Abremelin (Chainsaw Murder '86)
: ayant absolument adoré les deux premières démos de ce thrash band helvète, je me suis littéralement jeté sur son premier album, suite logique de ses débuts. Le title-track ouvre le disque, suivi de Messiah, dix fois plus speed que la première version, ou encore du fabuleux instrumental & hyper-thrash Thrashing Madness, du très lourd Future Aggressor ou du concept The Dentist, où l'on peut apprécier les nombreux thèmes. A noter qu'une citation historique a été placée entre chaque morceau. Les musiciens sont incroyables et mènent à un rythme d'enfer les neuf titres, dotés d'une production pas si mauvaise pour un premier LP (tiré à 1500 exemplaires !) Messiah peut déjà se préparer à un avenir prospère. Et désolé à ceux qui ne possèdent pas encore le disque, d'ores et déjà sold-out ! 10/10, Gilles, Apocalyptic Noise n°04, 1986.  

 

MORBID ANGEL – Abomination of Desolation (demo ’86) : Alors là ça fait très mal, surtout au niveau des oreilles. Du thrash à la limite du Hard Core, des morceaux à vous réveiller un mort, à la limite du supportable. Voilà un album qui porte très bien son titre. C’est vraiment une abomination de désolation, surtout pour les malheureux acquéreurs. 1/5 T.Speedos, Sang et Sueur n°01, décembre 1987.
 

 

WARFARE NOISE – Brazilian compilation (Cogumelo ’86) : Quatre groupes dans la veine de Sepultura et tous un cran au-dessus. Ils jouent tous un heavy Death Metal basique avec des paroles typiques, doté d’une puissance qui fait rapidement oublier les faiblesses de la production. Sarcofago joue comme Sodom dans un style plus rapide et c’est sacrément bon. Mutilator se hisse à la première place des groupes de l’écurie Cogumelo tandis que Chakal et Holocausto font figure de solides outsiders. 7,5/10. Domino, Decibel of Death n°07, second semestre 1987.

 

CORONER – Death Cult (Autoproduction, ’86) : Dans un an, il s’agira sûrement des successeurs de la vague Metallica / Anthrax / Slayer… On parle beaucoup de Coroner ces temps-ci, surtout depuis leur signature sur Noise en Allemagne. Revenons dans le temps, à l’époque où le groupe sût surprendre tous les hard-rock critics en leur adressant un matériel promotionnel inédit, à savoir la célèbre démo Death Cult tirée à 250 exemplaires numérotés sur laquelle figurait au chant le célébrissime Tom G. Warrior de Celtic Frost. Coroner est né à Zürich en 85, fondé par le batteur Marquis Marky qui s’entoure de Ron Royce (chant, basse) et Tommy T. Baron (guitares). Étant à la recherche d’un véritable chanteur pour enregistrer une démo, leur amitié avec Tom Warrior résout le problème (entre suisses, on s’entraide). En définitive, Coroner restera trio après l’enregistrement. Les titres de la démo, Spectators of Sin, Spiral Dream, Aerial Combat et The Invincible sont de petits chefs-d’œuvre. La production est parfaite et, musicalement, l’ensemble combine hard-core et heavy-thrash tout en ne négligeant pas une tendance mélodique mettant en évidence les qualités exceptionnelles des musiciens. Le duo rythmique est époustouflant, le guitariste joue en 78 tours ! Les compositions ressemblent à de véritables démonstrations. Un conseil : si vous avez l’occasion de voir passer cette démo, achetez-là, car elle vaudra bientôt de l’or. Considérez que vous tenez-là l’une des meilleures démos de tous les temps. Je n’ose pas imaginer ce que va donner l’album, s’ils gardent une telle rigueur et une certaine ambition. Du côté de Noise, c’est le mutisme total. Les grands dossiers sont toujours bien gardés. Perfector, Hard Force n°8, juin 1987.

CORONER – Death Cult (demo, ’86)
: fondé par le batteur Marquis Marky à Zurich en août 85, Coroner a eu de suite de bonnes idées pour ses compositions, car Marquis faisait déjà partie d'un premier groupe qui aurait dû enregsitrer une démo en '84. Sur Death Cult, demo de 4 titres, le line-up se compose du batteur, accompagné de TommY T Baron à la guitare et de Ron Royce à la basse, tandis que Tom Warrior (Celtic Frost) occupe le micro. Spectators of Sin et Spiral Dream se rapprochent du répertoire de Mercyful Fate et Celtic Frost, Aerial Combat est une piste instrumentale, et The Invicible est du pur Hellhammer en un peu plus complexe. Les quatre morceaux sont longs (en moyenne six minutes), la production est très réussie et la pochette est superbe. Hélas, j'annonce aux thrashers qui voudraient cette démo qu'elle n'est destinée qu'aux fanzines et aux radios, alors attendez la prochaine. Je signale également que Coroner est actuellent classé troisième à la WBMB Witching Hour Radio (NYC) et huitième à la WBCR powerthrash Radio (NYC). Ca promet pour la suite ! 9/10, Gilles, Apocalyptic Noise n°3, Suisse Romande, 1986.



Vendredi 24 Octobre 2025 - 12:07:52

Il y a eu un 2ème numéro à Sang et Sueur ?

" Des morceaux à la limite du supportable".. 

Ca commence mal.. -) 



Vendredi 24 Octobre 2025 - 13:54:39

Oui, un second : le troisième numéro a été abandonné.



Samedi 25 Octobre 2025 - 08:19:00

 

EXUMER – Possessed By Fire (Disaster ’86) : Contrairement à Zenith, Exumer se préoccupe bien peu de son chiffre d’affaires. Si vous faites partie de ces amateurs de vociférations en tous genres, et si vous ne pouvez concevoir les limitations de vitesse, en musique comme sur la route, téléphonez à votre concessionnaire et venez essayer Exumer. Avec deux guitaristes maniant leurs instruments comme d’autres utilisent la râpe à gruyère, un batteur utilisant un marteau-piqueur pneumatique à compression (dérobé par une nuit de pleine lune sur un chantier) et un bassiste-chanteur dont les exactions terroriseraient Cronos, vous êtes à bord d’un bolide tournant au nitro-méthanol. Exumer n’est pas de ces groupes minables qui dévalorisent le speed-métal ; ce groupe fait du speed, sans nul doute, mais du bon ! (Encore faut-il apprécier le genre, soyons réalistes) ; Exumer, assez proche de Slayer, en surprendra plus d’un par la qualité (relative) de son jeu. Des morceaux de la trempe de Possessed by Fire ou Xiron Darkstar, ça ne se trouve pas tous les jours. Mais n’en abusez pas, vous y laisseriez votre santé. Hervé S.K. GUEGANO, Hard Force n°7, mai 1987.
 

ANVIL BITCH – Rise to Offend (New Renaissance ’87) : voici le premier album de ce quatuor de Philadelphie. Son style se décrit comme du speed-metal à influences crossover. Le title-track ouvre le bal de façon éclatante, sur la voix de Gary Cappriotti parfois très haute, l'excellent travail de John Plumley à la guitare, la basse folle de Dave Carr et la batterie explosive de Chuck Stadulis. Lie Trough Your Teeth ou Time To Die suivent dans un tempo d'enfer, Arsenic & Cyanide s’illustre par la qualité de des soli, et Shark Attack, la meilleure plage de l’album, est totalement crossover. La production est assurée par le groupe lui- même, avec l'aide de Shawn Tierney. Rise to Offend est un très bon premier album, que je conseille à tous. 17/20, Lunatic, Noise Metal n°08, Wallonie, début 1987.

ANVIL BITCH – Rise to Offend (New Renaissance Recs ‘86)
 : Après une excellente demo en ’85, le groupe revient cette année avec un très mauvais album. La production ne joue de surcroît pas du tout en sa faveur, à l’image de celle du LP craignos de Phantom Lord (85), jadis chroniqué en ces pages. C’est dommage car quelques morceaux auraient pu tuer, comme Maggots Infestation ou Arsenic & Cyanide. Bref, encore un disque merdique. Si je devais donner un conseil à Anvil Bitch, c’est de travailler avec un meilleur ingénieur du son et d’écrire des morceaux plus lourds et plus rapides. 1/10. Ramses – Decibel of Death n°06, juillet 1987.

ANVIL BITCH – Rise to Offend (New Renaissance Recs ‘86) : Voici le premier LP de ce groupe américain prometteur, au thrash core entêtant. Lie Through your Teeth ou Maggots Infestation sont quelques belles illustrations des décibels que vous prendrez dans les tympans. Le problème majeur réside dans la production, mettant les guitares un peu trop en arrière par rapport à la batterie, bien que l’on s’y fasse assez vite. Un album pour les thrashers. 3/5, Speedos, Sang & Sueur n°01 décembre ’87.

ANVIL BITCH – Rise to Offend (New Renaissance Recs ‘86) : Rise to Offend est sans doute l’album le moins bon du catalogue actuel de New Renaissance. Anvil Bitch a rassemblé scolairement tout ce qui se fait en Speed Metal, pour le graver en un seul disque. Si ça passe à la première écoute, le disque devient ensuite rapidement chiant. L'ensemble est bon, sans que le gang de Philadelphie n’ait réussi à composer une musique qui lui est propre. Espérons qu’Anvil Bitch s’affirmera sur son prochain album. Korrigan, Troubadour n°05.



Dimanche 26 Octobre 2025 - 08:43:11

DRESDEN – Too Many Skeletons (Incas Records ’86) : Quand vous aurez réussi à surmonter l’incoercible dégoût, dû à une pochette hideuse, précipitez-vous sur le dernier titre de la face A, curieusement intitulé Sound of Silence. Le doute s’insinue dans votre esprit : voyons, voyons, ne faites pas l’ignorant, vous savez très bien de quoi je veux parler. Extirpez donc la ‘chose’ du recoin ténébreux de votre cerveau où vous l’aviez volontairement enfouie. Car il s’agit bien ici d’une reprise d’un vieux succès des non moins vieux Simon & Garfunkel ; évidemment, en version speed, elle n’a guère de rapport avec la version originale et le résultat est comique, caustique, irrévérencieux, irrespectueux et parfaitement ridiculisant. Ce titre, à lui seul, chef-d’œuvre de la dérision, justifiera amplement l’achat de l’album. En prime, vous bénéficiez d’un instrumental thrash (dépaysement et intérêt garantis deux ans, pièces et main d’œuvre) et d’une brochette de morceaux taillés, certes, dans une bavette de qualité courante, mais agrémentée d’une voix rocailleuse à la mord-moi le noeud, qui colle à merveille à la musique. En résumé, vous tenez un LP qui satisfera tous les inconditionnels du genre et un titre (Sound of Silence) qui déridera les longues soirées d’hiver de tout adepte carnassier et iconoclaste. Hervé S.K. GUEGANO, Hard Force n°7, mai 1987.

 

TYRANT – Running Hot (Gama '86) : Tyrant est un groupe qui restera sans doute dans l’ombre. Avec déjà deux précédents LP ajoutés au dernier en date, le combo allemand ne semble en effet pas attirer beaucoup d’attention auprès des fans de Heavy Metal lourd et hargneux, alors qu’il est pourtant l’un des plus habiles dans le style. Son troisième album Running Hot marque la séparation avec le lead guitariste Holger Thiele, trouvant peut-être que les nouveaux morceaux étaient trop lents. Le disque contient dix morceaux, qu’ils soient rapides ou à retardement, taillés pour passer à la radio. Si Tyrant risque de rester en encore retrait, on ne peut en revanche pas lui ôter une volonté de fer. Yack, Metal Action n°06.

TYRANT – Running Hot (Gama ’86)
: pur metal aux riffs tueurs, aux soli ravageurs, à la voix puissante & agressive, et aux tempos lourds & parfois surchauffés. En ajoutant un très bon son, de l’originalité, une superbe pochette et un bon grain de folie, on obtient un album exceptionnel, qui va faire de Tyrant l’une des révélations de l’année. Pumpkin, Metal Ink n°01, juin 1987.

 

TYRAN’ PACE – Watching You (Noise ’86) : Tous les bénéfices de Watching You seront versés aux caisses de retraite d’Accept et Judas Priest. Dominique, Metalorgie n°08, 1987.



Lundi 27 Octobre 2025 - 08:03:43

AGENT STEEL – Unstoppable Force (N.E.W Musidisc ’86) : Le hasard veut que ce mois-ci sortent simultanément deux albums très fortement influencés par le dernier Queensrÿche. Cela se sent peut-être moins sur ce LP d’Agent Steel que sur le nouveau Helloween (Keeper), mais on a tout de même souvent l’impression (pas toujours agréable) d’écouter un tout autre groupe que celui indiqué sur la pochette. Le style est pourtant très différent de celui adopté par le gang de Geoff Tate, Agent Steel se situant plutôt dans la vague des groupes speed-thrash américains. Mise à part la structure des morceaux, qui reprend souvent les schémas mis au point par Queensrÿche, on penserait plutôt à l’influence de groupes comme Judas Priest (Never Surrender, Rager), Metallica (The Day at Guyana, Traveler) ou Maiden (Nothing Left). On ne penserait donc pas obligatoirement à Queensrÿche, s’il n’y avait le style et les intonations si particulières de Geoff Tate derrière presque toutes les parties vocales de John Cyrris. Cela mis de côté, Agent Steel reste tout de même une bonne surprise de par le talent des musiciens et la qualité de leurs compositions. Malheureusement, ce qu’on demande avant tout à un groupe, c’est d’apporter quelque chose d’original, voire d’inédit, qui nous change un peu de tous ces disques qui ont le même son, et non pas de faire de l’excellente copie. Agent Steel possède des qualités et un potentiel certains, il ne leur reste plus qu’à en prendre conscience ? Même en plus heavy, on n'a pas besoin d’un deuxième ou d’un troisième Queensrÿche. Jean-Pierre SABOURET, Hard Rock Magazine, avril 1987.


AGENT STEEL – Unstoppable Force (Combat, MFN, New Musidisc '86) : Agent Steel
fait partie de ces groupes californiens attendu au tournant à l’occasion de son second album, tout comme Hexx et Griffin. Fort d’un excellent Skeptic Apocalypse paru en 1985, le groupe a su être à la fois speed et mélodique à souhait. Moins rapide, Unstoppable Force n’est pas plus mélodique pour autant, au contraire. Bien qu’efficaces, les soli de Juan Garcia et de Bernie Versye (fraichement parti) ne sont par ailleurs plus aussi accrocheurs. Quelques morceaux en première face valent toutefois le détour, comme Chosen to Stay à l’intro très typée Queensrÿche, ou Still Searching bien plus lourd. La seconde face est qualitativement plus homogène, avec ma préférence personnelle pour la balade Traveller (qui rappelle fortement Metallica) et surtout pour Rager, mon titre préféré de l’album. Thierry - L’âme de Fond n°06 – avril/mai 1987.

 

AGENT STEEL – Unstoppable Force (MFN ’86, distr. Musidisc) : Malgré un speed recherché, Agent Steel n’a jamais fait dans la dentelle. Avec ce LP, c’est la surprise ! S’il y avait eu Crimson Glory (même producteur), c’est aujourd’hui à Agent Steel d’élever Queenrÿche au rang de maître. Le groupe a donc complètement refondu son speed/thrash au profit d’un chant calqué sur celui de Geoff Tate et des constructions de titres aux tempos syncopés comme-qui-vous-savez. Belle copie. L’ensemble présente des qualités indéniables comme Never Surrender et The Day at Guyana. Agent Steel possède même un énorme potentiel, car il a été capable de changer radicalement de style tout en restant techniquement à la hauteur. Malheureusement, il perd le bénéfice d’une métamorphose réussie en réalisant un plagiat pur et simple. C’est dommage. Espérons qu’Agent Steel trouvera dans le futur le chemin de sa vraie personnalité musicale. Alors, il ira directement à la case des bons en passant par la case départ. Perfector, Hard Force n°8, juin 1987.


AGENT STEEL – Unstoppable Force (NEW records ‘86)
– Quelle déception. Si Agent Steel jouait vite jusqu’à présent, l'EP Mad Locust Rising inclus, il a largement ralenti la cadence sur Unstoppable Force. Peu importe si le disque est indestructible ou rageur : c’est de la merde. C’est vrai que je ne jure que par Slayer ou Repulsion, mais ces groupes sont meurtriers. Au contraire, ce disque est mauvais, et encore plus la voix de John Cyriss qui me tape sur les nerfs, même s’il faut reconnaitre que c’est un bon chanteur. Si vous aimez le pop/speed mélodique à la Queensrÿche, vous aimerez ce disque, sinon retournez au lit ! 2/10. Ramses – Decibel of Death n°06, juillet 1987.


AGENT STEEL – Unstoppable Force (Music for Nations ’86) : Successeur de l’album Skeptics Apocalypse et du mini-LP Mad Locust Rising, Unstoppable Force est différent de ce qu’Agent Steel a proposé jusqu’à lors. Le son est surprenant et le groupe californien renonce en de multiples occasions à des attaques speed, ce qui le conduit à un Heavy Metal plus lent et mélodique, semblable à Queensrÿche. Ce speed-metal plus superficiel pénalise Agent Steel qui, avec sa nouvelle orientation musicale, limite son potentiel thrash malgré des progrès évidents, à commencer par l’amélioration du chant de John Cyriss. Les parties Heavy Metal sont plus ou moins réussies, suivant la technicité des guitaristes Juan Garcia et Bernie Versye. Le quintette a perdu sa maxime « Masters of Metal – Agents of Steel ». The Ripper, Possessed by Speed n°08 (1987).


AGENT STEEL – Unstoppable Force (MFN ’86) :
cet album d’Agent Steel est vraiment fantastique. Quelles guitares et quel chant ! Les morceaux sont très rapides et mélodiques, dotés d’un son parfait. Bref, tout y est. Vous pouvez vous jeter sur le disque sans tarder car ce serait une erreur de passer à côté !  François, Metal Rendez-vous n°13/14 (1987).

 

AGENT STEEL – Unstoppable Force (Music for Nation ‘86) : Si tous les speed-métallistes considéraient déjà Agent Steel comme un groupe génial et très compétent, le quintette qui avait déjà sorti d’un chef d’œuvre avec son premier album accouche aujourd’hui d’une pièce d’anthologie, en ralentissant un peu l’allure, en progressant techniquement et en étant enfin doté d’un son digne de lui. Les guitares sont plus mélodiques tandis que John Cyriss contrôle mieux sa voix, en prenant quelques intonations à la Geoff Tate tout en restant plus agressif que ce dernier. La balade Traveler, un peu ennuyeuse, reste l’unique point faible d’Unstoppable Force à ajouter d’urgence à votre liste d’achats prioritaires. Troubadour n°03 (1987).


AGENT STEEL – Unstoppable Force (Music for Nations ‘86) : Les journalistes de la presse officielle ayant comparé Unstoppable Force d’Agent Steel avec Rage for Order de Queensrÿche sont de vrais bouffons. Ce second disque d’Agent Steel est en effet une perle de heavy-speed metal pur et dur. Bien que moins furieux que son prédécesseur Skeptics Apocalypse, ses compositions sont tout aussi soignées et variées, ses riffs tout aussi meurtriers, et sa production tout aussi parfaite. Si un ou deux morceaux débutent à la manière de certains titres de Queensrÿche, ça ne suffit pas à avancer le fait qu’Agent Steel a copié sur son confrère. A ce tarif, autant en dire autant de WASP, Ratt ou Mötley Crüe. Quant au chant désarmant de John Cyriis, il élève définitivement le disque au rang de perle, 38 minutes de heavy-speed mélodique puissant, influencé par Iron Maiden, et Exodus pour les guitares, en tête. Rako, Metal Ink n°02, Janvier 1988.



Mardi 28 Octobre 2025 - 08:25:46

COVEN – Blessed is the Black (Blessed Bastard ’86, EverRat '87, Medusa/Enigma '88) : Le paysage thrash n’est pas uniquement fait de speederies et peut même faire la nique aux tempos inexistants, en témoigne Coven. Du bel ouvrage côté production, avec des guitares ciselantes qui labourent de bon ton, une section rythmique compacte qui sonne rond, le tout saupoudré d’un humour ravageur (Iron Dick, Mc Donald Land Massacre). A l’exception de The Monger au thrash qui tâche, toutes les compositions reposent sur des tempos nettement perceptibles et c’est en cela que Coven atteint la cible, en déployant sa rage et ses penchants thrash en les agrémentant d’une excellente prise de son et d’un vent sarcastique qui remet tout en question (6669, Rock this Church, Another Life), plagiat volontaire des mélopées du modèle Scorpions, tout en gardant ce côté sale grâce à Jay Clack, son éructeur de fond, spécialiste du raclage de gorge incantatoire (Blessed Is the Black). Qu’on le veuille ou non, Coven surprend et pourrait bientôt propager ses arguments en béton.
Dominique Dujean, Hardrock Magazine mai 1988.


COVEN - Blessed is the Black (Medusa/Enigma '88) : Coven
, maudit jusqu'à la septième génération, a pour lui un sens assez spécial de l'humour (c'est bien la première fois que je vois des américains conspuer leur sacro-sainte institution qu'est le hamburger (MacDonaldland Massacre), un chanteur pas mauvais du tout (quand il veut bien s'en donner la peine) et une musique assez élaborée. Pourtant, le courant n'est pas passé, et Coven n'est pas parvenu à faire vibrer mes parties les plus intimes de mon individu. Mesdames & mesdemoiselles, ne vous découragez pas : vous avez quant à vous une chance avec Blessed is the Black. Hervé "S.K." GUEGANO, Hard Force n°19, juin 1988.



Mardi 28 Octobre 2025 - 08:58:14

Quel magnifique travail....on peut observer 1 certaine médisance des "journalistes musicaux"...enfin cette remontée musicale du temps permet de mesurer l'évolution stylistique.

Merci beaucoup 



Mardi 28 Octobre 2025 - 12:36:14

   

AGONY – Execution Of Mankind (demo ’86) : Mal enregistrée, cette démo ne permet pas franchement d’apprécier le groupe à sa juste valeur. A la limite, on pourrait presque croire qu’Agony est un bon groupe, ce qui est loin d’être le cas. Pratiquant un Speed Metal classique et sans grande envergure, Agony porte bien son nom, tout au moins pour les réfractaires du genre ; les afficionados y verront, eux, un nouveau martyr, génie incompris des médias, qu’il convient d’ajouter à l’immensément longue liste de ses prédécesseurs et d’aduler en tant que tel. De toute façon, ce n’est pas spécialement gênant, puisque les différences sont minimes et que nous ne sommes plus à une unité près. Restons honnêtes, et signalons toutefois la présence inopinée d’un bon titre (Stealing your Life) sur les quatre que contient la maquette. Peut-être l’album à venir nous réservera-t-il des surprises ? Pour le moment, et jusqu’à preuve du contraire, ce n’est vraiment pas la peine d’en faire tout un plat. Hard Force n°7, mai 1987.

HEATHEN – Pray For Death (demo ’86) : Retenez bien ce nom. Si l’album en préparation est de cette qualité, vous pouvez légitimement vous attendre à entendre parler d’Heathen ; tous les atouts sont dans son jeu : des musiciens et un chanteur compétents, des compositions bien speedées, mais originales et savamment construites. Adeptes du bruit à l’état pur, laissez Heathen à ceux qui sauront l’apprécier. Situé entre les premiers Metallica et Flotsam & Jetsam, Heathen donne dans le speed intelligent. Ne pas confondre : lui fait du speed par goût, à la différence d’une multitude d’autres, dont on ne sait pas vraiment si c’est par goût, par dépit ou par incapacité totale de jouer autre chose. Quoi qu’il en soit, en ce qui le concerne, Goblin’s Blade, Deaf in the Silence et World’s End sont de véritables joyaux. Des bonnes parties de guitares aux vocaux chantés avec hargne et puissance, mais non pas braillés, comme c’est trop souvent le cas, en passant par des breaks brillamment amenés, toutes les qualités qui distinguent le bon grain de l’ivraie sont ici réunies. Que voulez-vous de plus ? Un album ? Ne vous en faites pas, il arrive, et je l’attends aussi avec la plus grande impatience. Hard Force n°7, mai 1987.

IXION – In Hoc Signo Vinces (demo ’86) : Constitué de trois musiciens de Blackghost (aujourd’hui dissout par l’assemblée) : Jean-Michel (batterie), Dominique (basse, synthétiseur) et Jean-luc (vocaux, guitare), Ixion s’affirme bel et bien comme son successeur direct. Beaucoup plus achevé et mieux construit musicalement, celui-ci est indiscutablement plus percutant. Cette progression spectaculaire s’est cependant accompagnée d’une régression des vocaux, qui ont perdu leurs intonations marrantes (dans lesquels résidait, à mon sens, l’intérêt de Blackghost), à mon plus grand regret. Il est toujours triste de perdre l’un des rarissimes chanteurs de speed que l’on a pris plaisir à entendre. Faites quelque chose, appelez la SPA, c’est une espèce en voie de disparation. Ixion, fils illégitime de Slayer et de Trouble (devinez qui met le porte-jarretelle le soir ?), souffre quelque peu d’acné juvénile, mais les traitements hormonaux qu’il suit en feront plus tard un beau gosse, s’il ne mange pas trop de charcuterie. Hard Force n°7, mai 1987.

VIKEN – Viken (Autproduction ’86)
: À l’écoute de cette maquette, on comprend mieux les raisons pour lesquelles ce groupe joua en première partie d’ADX. On sent chez Viken une indéniable influence du grand frère ADX. Du sublime instrumental Cavalier de la Mort au non moins superbe Cauchemar, les similitudes sont frappantes. Mais Viken n’est pas un vulgaire imitateur ; ses compositions, même si elles sont bâties suivant les recettes déjà éprouvées, propres au meilleur groupe français, n’en sont pas moins personnelles. Malheureusement, tout n’est pas (encore) parfait chez Viken. Certains morceaux auraient besoin d’un bon lifting (Condamne à Mort et Femme Fatale notamment), les riffs qui les composent étant plutôt poussérieux et relativement falots. Le chanteur, quant à lui, oscille entre les intonations sur-aigues que prenait parfois Marc Fery (Blaspheme) et les ondulations déconcertantes de Paskal (ex-Der Kaiser), avec ce que cela peut impliquer en bien comme en mal. Cela étant dit, je suis persuadé que Viken parviendra à se corriger et à rejoindre ADX sur les premières marches du podium. Viken est un des plus grands espoirs du hard français et rien ne semble pouvoir l’arrêter dans sa course folle vers le sommet. Qui plus est, Vike , même avec ses quelques petits défauts de jeunesse, reste toujours bien meilleur que nombre d’autres groupes français déjà établis sur le marché du disque. Hard Force n°7, mai 1987.


> Après cette petite parenthèse sur ces trois demo-tapes chroniquées sur Hard Force, c’est désormais terminé pour cette année 1986 (merci à Horsefucker de déterrer la quasi-intégralité des chroniques Hard Force et Hard Rock Magazine). Si d’autres articles d’époque me tombent sur la main, je les insérerai à l’occasion. Beaucoup de LP ‘86 absents en heavyspeed teuton, comme Atlain, Grave Digger et Vectom, mais aussi Black Fate, Carrie, High Tension, Invader, MP (Metal Priest), No Trouble, Pain et Renegade. Aucune trace non plus des LP powerspeed de Tysondog et Warhead, ni d’Asgard & Mysto Dysto pour l’Europe hors RFA, et trois grands absents pour en powerspeed US, à savoir Helstar, Obsession et Tension. On aurait aussi aimé quelques lignes à propos des albums de Concrete Sox, Dr Know, The Brood et X-Creta en HC/thrash, et enfin des brésiliens de Dorsal Atlantica, ainsi que des allemands d'Holy Moses en speedthrash. Je précise enfin que tout est indexé en page 1, avec une chronique de mai 1979 sur Overkill (Motörhead), en prime : "Tagaga boum boum Overkill tagaga boum boum", comme dirait l'autre.

 
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> Et pour clôre, dernière parenthèse sur le logo "speedmetal swirl" (swirl = tourbillon) que vous connaissez tous. Pour ceux qui ignorent l'origine, sachez qu'il avait été créé par le label Banzai Records, qui distribuait sous licence de nombreux albums heavyspeed/thrash au Canada, et qui avait posé ce logo sur les pochettes de dix-huit vinyles de '84 à '86 que vous reconnaitrez sans problème :

++ FABIEN.



Mardi 28 Octobre 2025 - 18:21:00

Superbe topic façon Madeleine de Proust. Bravo Fabien