Enterré Vivant

Intervew réalisée et publiée avec l'aimable autorisation de France, Black, Death, Grind (Facebook ICI ou LA).

Remerciements à Cyrille et Yann-Pascal.

 

 

Chroniques sur Thrashocore, vidéos sur Youtube, livre, album avec Enterré Vivant, son actualité en cette année 2021 est  plus que jamais débordante. Il ne manquerait plus qu'il nous annonce sa candidature à l'élection présidentielle. Sakrifiss fait  partie du décor de la scène Black Metal française et il était intéressant pour nous de lui poser quelques questions.

 

Sacrées orifices !

Malci, Malsoir...c’est bon, si vous suivez un tantinet soit peu la scène Black Metal, vous aurez certainement reconnu les  bons mots de l’homme à la tête de Jeans.
Sakrifiss est un personnage intriguant. En dehors de France, Black, Death, Grind, mon métier m’a permis d’apprendre en quelques secondes, qui est la personne en face de moi. Quand j’ai vu pour la première fois l’une de ses vidéos, je ne suis pas parvenu à le cerner. C’est troublant lorsque cela vous arrive, je peux vous l’assurer. Peu de personnes arrivent à  manier travail de fond et grandguignolesque. Soit tu es l’un et souvent tu es l’autre, malgré toi.
Lui, il lie les deux à la fois et maîtrise cet art peu commun. Cela demande une intelligence particulière que l’on appelle  l’aura, la prestance, voire le talent.
D’ailleurs, ma femme mauricienne est un bon indicateur pour cela. Elle aussi, possède cette énergie si particulière. Parmi les nombreuses vidéos que je visionne pendant qu’elle danse avec insouciance sur ses musiques indiennes, lorsque  Sakrifiss est apparu sur mon poste de télévision, elle s’est arrêtée. Un peu comme un chien marquant sa proie. Le personnage l’avait interpellé aussi. Rien à voir avec son univers mais elle avait décelé que quelque chose était inhabituelle dans ce que je regardais. Et d’ailleurs, depuis le temps qu’il officie, vous êtes toujours de plus en plus nombreux à  l’apprécier et comprendre que ce gars est particulier.
Parfois le personnage est décrié. « C’est quoi cet hurluberlu ? » « Oui, Sakrifiss, avec ses vidéos, c’est juste un Youtubeur  qui cherche à se faire du fric. Quand tu es connu, c’est facile de vendre des livres, des CD... On sait que tu es le fils de Gérard Louvin. Tes yeux bleus te trahissent ! D’ailleurs, s’il est au Japon, c’est parce qu’il tourne actuellement une sitcom pour AB Productions, Malut les Sucés ! » Sakrifiss sort un livre ? « Ben maintenant qu’il est connu, tout le monde veut le pomper. Il paraît même qu’il s’est associé avec BHL pour l’écrire ! » Si ça se trouve, Sakrifiss est une marionnette créée par le Nouvel Ordre Mondial pour que l’on s’acharne sur lui afin que nos hauts représentants puissent mettre en place leurs plans maléfiques tranquillement dans leur coin !

Alors, qui est ce fameux Sakrifiss ? Est-il humain ? Revêt-il aussi une manche de Jeans sur sa teub ? Quelle est sa  véritable philosophie ? A-t-il la tête qui enfle avec ses actualités débordantes, livre, album, vidéos Youtube, chroniques sur Thrashocore ...? Autant de questions auxquelles nous avons exigé qu’il réponde car chez France, Black, Death, Grind,  nous avons les moyens de faire parler même les plus récalcitrants.
Mais attention, Sakrifiss est comme un serpent, quand tu penses l’avoir coincé, il parvient toujours à se faufiler par une pirouette dont il a le secret. Avons-nous réussi à le capturer réellement ? Nous vous laissons en juger à travers ses  réponses...
                                                                                                                                    Cyrille.

 

1. Mr Sakrifiss, vous êtes cerné ! Il est encore temps de tout avouer ! Les Renseignements Généraux, nous ont missionnés pour percer les secrets de ce nom qui hante la scène Black Metal depuis 1999 ! Qui se cache derrière l’homme à la tête de jean ? A-t-il un âge ? Pourquoi vous êtes-vous réfugié au Japon ? Un problème avec le fisc français ? Vos fans auront-ils  l’occasion de vous voir prochainement en France ? (CB)

Malsoir, c’est Sakrifiss de Thrashocore, et j’apprécie ta sincérité ! M’avouer ainsi que ce sont les Renseignements  Généraux qui t’envoie, c’est un renseignement généreux !
Par contre, cela ne m’étonne pas tant que ça puisque déjà ils avaient infiltré le site auquel je participais activement il y a une dizaine d’années : Postchrist ! Vers 2008- 2009, les amateurs de black metal inquiétaient apparemment. Les RS se  chiaient dessus en prenant certains messages au premier degré ! Si sur le forum tu notais que « les ambiances de cet  album me donnent envie d’aller planter une machette dans le crâne du premier venu ! », tu retrouvais des agents de l’état en pleine panique. Et puis, ils ont dû comprendre que nous parlions beaucoup mais que nous étions finalement aussi inoffensifs qu’un seau complet de Croco Dragiween. Pouf, ils ont disparu. Remarque, Sakrifiss existait déjà, mais il n’avait pas encore son fameux masque à ce moment-là. C’est en 1999 qu’il a choisi cette appellation pour se débarrasser de prénoms et nom bien pourris qui ne servaient qu’à le ficher. C’est l’année où il est arrivé au Japon et a débuté les échanges sur Internet d’ailleurs. Après les espaces de discussion de Yahoo, il est passé par plusieurs sites pour atterrir finalement en 2012 sur Thrashocore. Tu y vas de temps en temps j’espère ! Sinon panpan cucul hein.
Mais si je parle facilement de cette vie liée au black metal, je suis normalement moins bavard sur le reste, car cela est sans intérêt. Savoir que Sakrifiss fait ceci ou cela n’a pas d’importance particulière. Cela n’apporte rien à qui que ce soit de savoir si j’habite dans un immeuble ou dans un pavillon, si je préfère les sushis ou les yakitoris...
L’objectif de Sakrifiss est de transmettre ce qu’il connait en black metal et d’orienter l’auditeur vers des groupes qui  pourraient lui plaire. Donc même quand Sakrifiss rentre en France, il n’en fait jamais l’annonce, et ne risque pas d’organiser des rencontres « #ViensFaireBisouaSakri ». La seule possibilité serait que ce rendez-vous serve à la scène ! Donc, celui ou celle qui espérait pouvoir tripoter les fesses dodues de Sakrifiss dans les coulisses sera déçu... Qu’il ou elle m’envoie un MP, on trouvera un autre moyen de satisfaire ses fantasmes les plus sales, rahahahaaaahhaaahahaha !

 

2. A travers vos vidéos sur Youtube, nous voudrions savoir comment se passe la conception et le choix du thème de celles-ci ? Êtes-vous le seul maître à bord à la réalisation ? (YPM)

Alors en ce qui concerne les thèmes choisis pour les vidéos, il y a plusieurs cas de figure. Soit je pars d’une thématique, soit je pars d’un groupe. C’est à dire qu’il arrive que je décide de traiter de la forêt, de l’aigle ou de la lune par exemple, et qu’à partir de là je replonge dans ma mémoire et dans ma collection pour trouver 5 groupes adaptés.
Dans le cas de la lune, je découperais la vidéo en plusieurs parties. Dans l’une (lune, rahahahaa), je parlerais de groupes  dont le nom contient le mot « Moon » en anglais, parce qu’il y en a beaucoup : MOON, MOONSORROW, WINTERMOON, BROKEN MOON... Une deuxième partie présenterait peut-être d’autres groupes qui ont choisi cet astre pour leur nom, mais pas en anglais... histoire de faire un petit cours de langue : MORTE LUNE, LUNA MORTUUS, FROSTLAGTE MÅNE, А ЗА СОЛНЦЕМ ЛУНА... Puis je ferais la troisième partie sur des titres black metal qui parlent de la lune comme Under A Funeral Moon de Darkthrone par exemple, la quatrième sur des visuels qui montrent la lune comme celui de Moth and the Moon d’AUGRIMMER, et la dernière sur les raisons pour lesquelles la lune est si présente dans le black metal ! Et tu sais quoi ? C’est une vidéo que je n’ai jamais tournée mais d’en parler ensemble, ça m’a incité à la créer dans
un avenir proche rahahaha.
Ça c’était pour les situations où je veux partir d’une thématique. L’autre possibilité, c’est de partir du groupe en lui-même. Avoir envie d’en parler et trouver comment le faire. Ça peut être par sa nationalité et faire une spéciale « Roumanie », ça peut être par son statut : « Spécial groupes nouvellement formés » ou par ce qui me passera par la tête à ce moment-là.
J’essaie aussi de varier, et d’éviter d’aborder des sujets trop proches d’une sortie à l’autre... Par contre je ne fonctionne pas à la demande. Me présenter un groupe oui, tu peux bien entendu... et j’irai jeter mes oreilles dessus avec plaisir, mais me proposer d’en parler dans une vidéo, ce n’est pas possible. J’ai mauvais caractère et je ne supporte pas qu’on me dise quoi faire, ouin ouin !
Une fois que j’ai choisi le déroulé d’une vidéo, je la tourne, je fais le minimum en montage, et j’envoie ça à Sagamore, qui va ajouter des images, des musiques, des effets spéciaux légers. Et c’est dans la boite !

 

 

3. J’avais une petite histoire à raconter. La semaine dernière, sur la messagerie de France, Black, Death, Grind, nous avons reçu le message d’un petit groupe Black Metal (dont nous croyons fortement en son talent) qui se plaignait parce que nous n’avions pas publié son post dans les temps qu’il espérait (Nous étions à la fin de notre semaine spéciale Forest Fest). Il nous a dit que nous avions chopé la grosse tête parce que nous préférons poster des photos que nous avions faites avec Seth et Cie plutôt que de diffuser des groupes underground. Nous en sommes venus à parler d’Enterré Vivant  et donc de Sakrifiss et Erroiak. Il me répond : « Ouais, mais c’est facile pour eux, ils ne font pas partie de l’underground. Sakrifiss, il a sa chaîne Youtube, il est connu de partout... » Quelle est la philosophie de Sakrifiss par rapport au fait que pour les puristes du genre, le Black Metal doit rester underground ? Avec votre activité sur Youtube et sa popularité qui va avec, est-ce des remarques que vous entendez parfois ? Sakrifiss est-il blessé quand il entend ou lit cela ? (CB)

L’objectif de Sakrifiss est clair. Il n’a pas l’envie, ni la prétention, de faire découvrir le black metal à Monsieur tout le monde. Il ne souhaite pas non plus changer l’esprit du black, qui est d’ailleurs multiple. Il n’est même pas véritablement actif Sakrifiss, dans ses vidéos. Il s’adresse alors plutôt à des amateurs, des personnes déjà expérimentées, et il espère simplement qu’elles vont découvrir et apprécier certains des groupes présentés. Comme Sakrifiss ne pense pas qu’il y a des groupes meilleurs que les autres, mais des groupes qui nous touchent plus ou moins, il essaie surtout de varier les plaisirs dans différentes branches du BM.
Je ne réfléchis pas en termes d’underground. Ce terme ne veut pas dire grand-chose, et il se définit selon les critères de chacun. « Il a sorti un CD ? Il n’est plus underground ! ». « Il est sur Spotify : Il n’est plus underground ! ». « Il a été  présenté chez Sakrifiss ? Il n’est plus underground ! ». J’imagine bien que l’un ou l’autre de ces affirmations a déjà été  prononcé, même si pour l’instant je n’ai pas encore vu de groupe ou de labels ajouter un sticker sur son CD, en jaune fluo et indiquant : « Présenté par SAKRIFISS ! ». Rahaahahahah.
Quoi qu’il en soit, un groupe fait des efforts pour sortir son album en physique. Imaginons qu’il en sorte 200. C’est pour s’en séparer, pour trouver acquéreur. Et malheureusement, il lui en reste toujours sur les bras (ou celui de son label). Donc j’espère juste donner ce coup de pouce pour que certains exemplaires partent. Mais même ma présentation ne permet pas de vendre tous les albums restants, donc je ne permets pas de changement de statut d’un groupe...
Ensuite, c’est bien entendu totalement injuste que le fait de faire des vidéos me donne une visibilité plus importante pour présenter mon groupe. Est-ce qu’ENTERRE VIVANT aurait eu le même « succès » si je n’avais pas de chaîne ? Non. C’est clair et net, non. Mais j’incite toujours le public à acheter les albums des groupes dont j’ai parlé et qu’ils ont aimé. Des labels et des groupes me confirment fréquemment que ça a une incidence sur leurs ventes... Et les artistes en ont besoin pour la suite de leur carrière. Pour créer un nouvel album, il faut qu’ils se sachent attendus, qu’ils sachent qu’ils ne vont pas y perdre un bras mais juste quelques doigts... Et aussi ne pas devoir repartir à la recherche d’un label, parce que eux aussi décident généralement de garder ou pas un poulain en fonction des résultats...

 

4. Vous avez sorti récemment un livre « Une vision du Black Metal ». Que peut-on y retrouver dedans ? A combien d’exemplaires est-il sorti et peut-on encore se le procurer ? Une suite est forcément prévue, non ? (CB)

C’est un livre Malgnifique. Avec beaucoup plus d’amour et de compassion qu’on peut le croire. De l’amour, parce qu’il a été concocté afin que l’on puisse le lire aisément. Il peut être lu par n’importe qui, et surtout pas uniquement par des novices. Bon, ça ne leur ferait pas de mal, mais si ce qu’ils recherchent ce sont les groupes connus du BM ou bien un historique du style, ils vont pas s’y retrouver. Ici on parle plus de groupes moins exposés, pour la plupart des années 2000 et 2010, et on se demande pourquoi le black metal est ce qu’il est ou ce qu’il n’est pas. Et si je dis qu’il est aussi compassion, c’est parce qu’il n’essaie pas d’établir une vérité absolue qui n’existe pas, mais donne plutôt des pistes de réflexion. Les raisons du black vues par Sakrifiss, son évolution, son chemin, son univers... L’éditeur a tiré suffisamment d’exemplaires pour que tout le monde en fasse cadeau à sa maman à Noël prochain. Ça changera de l’habituel vibromasseur ! Et le livre existe dans une version simple N&B trve, ainsi que dans une version couleur et fantaisiste post.
Une suite directe au livre ? Je ne pense pas, mais pourquoi pas autre chose. J’ai déjà des envies et des sujets qui me tiennent à cœur... Rien n’est encore écrit donc il faudra beaucoup de patience par contre.

 

 

5. Concernant Enterré Vivant, la présence de Sakrifiss au Japon peut-il avoir une influence sur le développement du projet ? Quelle est la popularité de Sakrifiss là-bas ? Y est-il noyé dans la masse ? (CB)

ENTERRE VIVANT est donc le groupe créé par Sakrifiss et Erroiak, et il a sorti un premier EP, Shiki, en janvier 2021, et un premier album, Les ténèbres ne sont pas formées d’ombre, en septembre 2021, chez Drakkar. Il suffit déjà d’en voir les visuels pour comprendre qu’ils ont un lien avec le Japon. Cela fait 20 ans que Sakrifiss y vit. Il est donc évident que son être profond est influencé par le pays. Et qu’il intègre sans même se poser de questions des éléments de cette culture. Mais c’est sans doute différent de ce qui est habituellement choisi par certains étrangers lorsqu’ils veulent faire référence à ce pays. Ce n’est pas le Japon des samouraïs, ni celui des mangas que je souhaite faire transpirer dans le groupe. C’est le Japon de tous les jours, celui que je vis réellement. Et le Japon actuel, ce n’est pas des Geishas qui se promènent en kimono. Les bâtiments, les vêtements, beaucoup de restaurants sont comme partout ailleurs. Ce qui fait le Japon  désormais, c’est le mélange très naturel de la tradition et de l’Occident. Un temple ou un Tori en plein milieu de la ville... des sons de clochettes, de cigales, de Shishiodoshi... des odeurs de cuisine particulières qui s’échappent des échoppes... Ce sont de nombreux détails qui font le Japon. Et c’est ce que je voulais intégrer dans cet. Si l’album était totalement tourné vers le Japon ancestral et bien plus marqué par les éléments typiquement japonais « ancien », il serait presque parodique, et sans doute lasserait-il. Du fait que les éléments japonais sont plus rares et discrets, ils ont un meilleur impact.
Le Japon est un pays délicieux, et où l’on peut vivre particulièrement serein. Beaucoup critiquent la difficulté de s’y faire des amis, le manque de conversations d’opinion, l’hypocrisie en surface. Je pense que ces personnes regrettent simplement de ne pas pouvoir reproduire ce qu’ils faisaient en France. L’éducation, le rapport à la société y sont différents, et les moyens de s’exprimer le sont aussi. Il faut un effort pour les comprendre, les accepter et s’y adapter. Il faut faire des Sakrifiss, et ne pas non plus s’attendre à être considéré comme un Japonais. Les Japonais ne sont pas racistes, dans le sens où ils ne se considèrent pas au-dessus des autres, mais ils ne peuvent pas non plus imaginer qu’un blanc soit japonais. On est donc à vie un étranger vivant au Japon. Et ce n’est pas faux, donc pourquoi s’en offusquer... C’est comme si tu étais un renard venu vivre parmi les loups. Puisqu’ils acceptent que tu vives parmi eux, pourquoi regretter qu’ils te voient comme un renard et pas comme un loup ?

 

 

6. Par rapport au dernier titre de l’album, Sakrifiss serait-il : Plus de haine ou plus de haine ? (CB)

Eh bien, c’est volontaire, et il n’y a pas de réponse à la question. La lecture peut être celle que l’on veut, et différente à chaque écoute. L’album parle beaucoup de dualités et elle est présente dans beaucoup d’éléments. Nous sommes un duo, nous vivons sur deux continents différents, nous parlons de deux cultures éloignées... Il y a donc aussi des sensations et des sentiments opposés qui apparaissent sur l’album. De la sérénité, puis de l’agressivité... Et il y a donc cette haine qui peut disparaître, revenir, évoluer ou muter. D’ailleurs, quand une haine disparaît, une autre apparaît. L’humain a besoin de ce sentiment, et il le récrée quoi qu’il en soit. Si je te présente 50 personnes, tu vas avoir celle que tu aimes le moins. Si je  l’enlève, ton sentiment va se reporter sur une autre parmi les 49 qui restent, et ainsi de suite.

 

 

7. Vous avez dernièrement consacré une vidéo dédiée au Black Francais avec de très bonnes références. Cependant comment se porte selon vous la scène Black française ? (YPM)

La scène française est toujours l’une des plus actives dans le monde. L’une de celle qui ne s’épuise jamais, avec beaucoup de formations qui en ont influencé d’autres.
Nous sommes le pays des Légions Noires, de la scène toulonnaise, de BLUT AUS NORD et DEATHSPELL OMEGA, de ANOREXIA NERVOSA et ALCEST, de MYSTIC FOREST et PESTE NOIRE. Il n’y a que des Français qui doutent encore de l’importance de leur scène. Allez voir les commentaires sous des vidéos YouTube de groupes français et vous  constaterez à quel point la France est louée par des étrangers ! Nous avons également beaucoup de groupes moyens,  sans aucun doute, mais c’est normal vu le nombre qu’il en existe.

 

8. Vous êtes très attaché au style Black Metal de part vos vidéos sur Youtube, de part votre activité de chroniqueur et  depuis peu par votre activité dans Enterré Vivant, cependant nous voudrions savoir ce que vous pensez des autres styles liés au metal extrême ? Vous arrive-t-il d’en écouter ? Avez-vous dans ce cas des groupes de prédilection ? (YPM)

Je ne supporte tout simplement pas les autres scènes. Tout le monde sait que je ne suis pas un « metalleux », et que je ne suis pas intéressé ou touché par le thrash, le death, le doom... Je suis un grand amateur de black metal, mais pas du reste. Pas en tant que genre musical ! Mais par contre il y a certains groupes que j’écoute. Ça veut tout simplement dire que je ne suis pas fan du genre, mais fan du groupe. J’ai toujours écouté MEGADETH, mais je n’ai jamais accroché à METALLICA par exemple. J’ai toujours vénéré IRON MAIDEN, mais jamais JUDAS PRIEST. HYPOCRISY oui, KREATOR non. Ce n’est pas une critique, mais tout simplement un constat. Nous sommes de toute façon tous soit fan d’un genre, soit fan d’un groupe, soit fan d’un album. Je suis fan de black metal, et fan de quelques groupes qui jouent autre chose...

 

9. Enfin, quels groupes Black Metal du Japon, nous conseilleriez-vous d’écouter ? (CB)

Alors attention, je vais digresser. Mais bien méchamment ! Parce que là, c’est l’occasion de répondre à ta question, mais aussi de la salir comme les fesses à papa ! Tout d’abord je suis sage et parle vraiment de black metal japonais, avec un groupe japonais souvent oublié, et que moi-même je n’ai pas souvent mis en avant. C’est MANIERISME ! J’ai découvert en 2006, et j’avais accroché à ses compositions ultra dégueulasses au son terriblement honteux. Il y a derrière cette couche de crasse une mélancolie surprenante. Mets un extrait, tiens : https://www.youtube.com/watch?v=OLNeVyoVG20


Ensuite, ta question me donne l’occasion de parler un peu de « genres musicaux ». Bien entendu, ce qui m’attire et qui me touche, c’est évidemment le black metal, parce que je suis sensible à sa manière de cracher les souffrances de ses créateurs. Mais le mal-être n’est pas l’apanage du black metal. Il en est une manifestation auprès de ceux qui ont eu accès à ce style. L’humain utilise la musique de son environnement pour s’exprimer, et je trouve intéressant de voir comment des personnes qui nous paraissent opposées à nous utilisent la musique pour transmettre des sentiments similaires. Chacun utilise les armes qui étaient à sa portée, et le groupe japonais BLUE HEARTS utilisait tout simplement le rock, lorsqu’il était actif jusqu’au milieu des 90’s. Mais quand tu lis les paroles, et quand tu vois l’attitude du chanteur sur scène, tu peux trouver des points communs avec ton univers. Le groupe avait d’ailleurs bien perturbé en performant sur une chaîne publique : https://www.youtube.com/watch?v=wsegnRfMnR8


Et puis c’est pareil avec le rappeur ONI. Oui, là encore comme je le disais plus haut, même si je ne m’intéresse pas à un style musical, je peux sentir un écho chez l’un de ses représentants. Lui, il a un regard critique et mature sur son pays, nous mettant les yeux dans une réalité qui est très souvent dissimulée au Japon. Les médias essaient de montrer un pays idéal, avec des citoyens unis et heureux. On nous y mattraque un modèle parfait : jouer du piano, apprendre la danse, réussir des études qu’on n’a pas choisies. Comme le black metal réfléchit et espère détruire des codes irréfléchis, ONI débouche les chiottes et te repeint le visage avec ce qu’il a trouvé dedans. Le titre est « Kowareta Omocha » (Jouet cassé)
https://www.youtube.com/watch?v=6NZuyBW0u1c

 

 

Voilà, et sur ce, malut !

 

      Propos recueillis par Cyrille et Yann-P pour France, Black, Death, Grind

interview réalisée par France Black Death Grind

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