Unreflected Mirror

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Nom du groupe Hamen
Nom de l'album Unreflected Mirror
Type Album
Date de parution 12 Novembre 2018
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1.
 Let the Circle Break
 01:25
2.
 Intimate Future (Invasive Feelings 1)
 06:18
3.
 The Silence of the Soul
 04:34
4.
 Lost Feelings (Invasive Feelings 2)
 05:02
5.
 The Life Has Passed
 05:55
6.
 Falling Skies
 05:04
7.
 A New Beginning
 04:01
8.
 Invisible Eyes
 04:50
9.
 Song of the Heart
 04:52
10.
 Chimerical Love
 05:32
11.
 My True Freedom (Invasive Feelings 3)
 05:06
12.
 Dark Room
 04:52

Durée totale : 57:31


Chronique @ ericb4

16 Octobre 2019

Un retour sur des chapeaux de roue pour le collectif sud-américain...

Trois années déjà que le groupe brésilien n'avait donné signe de vie suite à son introductif et friable EP « Altar », s'étant alors consacré à la réalisation de son premier album full length « Unreflected Mirror ». Le temps pour le combo de peaufiner son ingénierie du son, de faire mûrir ses compositions, d'affiner le trait de sa plume et de remanier son line-up. S'illustrent désormais : le guitariste Cadu Puccini, le batteur Gabriel Pedroso (en remplacement de Thiago Mello), le bassiste et arrangeur Matheus Maia (en lieu et place de Gean Carlos Souza) et, naturellement, la frontwoman au limpide grain de voix Monica Possel, initiatrice du projet, en 2013. Fidèle à ses fondamentaux, la troupe ainsi constituée nous octroie un méfait rock'n'metal mélodico-symphonique gothique et progressif, généreux de ses 57 minutes où s'enchaînent sereinement 12 pistes inédites, à nouveau inspiré par Nightwish et Epica, mais aussi Xandria et Stream Of Passion. Ainsi pourvu, le quartet sud-américain peut-il dores et déjà s'illustrer à l'international, à l'instar de ses compatriotes Vandroya, Silent Cry, Lyria et Perpetual Legacy, et sans complexe venir inquiéter les Beyond The Black, Elvellon et autres Metalwings sur leurs propres terres ?

De cette fraîche collaboration émane un propos à la fois vivifiant, parfois empreint de mystère, doté d'une grisante touche latina, témoignant d'harmoniques éminemment infiltrants, d'un potentiel technique éprouvé et judicieusement exploité, et de sentes mélodiques plus nuancées et accrocheuses qu'autrefois. Bénéficiant d'arrangements de fort bon aloi et de choeurs bien plus présents aujourd'hui qu'hier, le luxuriant opus se dote en prime d'une qualité d'enregistrement désormais difficile à prendre en défaut et d'un mixage parfaitement équilibré entre lignes de chant et instrumentation, signés Caio Duarte (Dynahead), expérimenté et polyvalent vocaliste venu prêter main forte à nos acolytes à deux reprises. Pour l'occasion, a également été sollicité le toucher de l'émérite guitariste soliste Marcelo Barbosa (Angra, Khallice, Rec/All, ex-Almah...). Comme pour mettre les petits plats dans les grands, l'artwork d'inspiration néo-romantique a été confié au claviériste et créateur de la société d'arts graphiques ArtSide, Carlos Barbosa (Underpain), connu pour avoir oeuvré pour Evergrey, Flowerleaf, Shaman, Walk In Darkness, Perpetual Legacy, Arena, parmi tant d'autres. Il semble que l'on soit dorénavant entré dans une tout autre dimension...


A l'image de son prédécesseur et comme souvent dans ce registre, c'est sur un laconique instrumental cinématique aux airs de grande production hollywoodienne que démarrent les hostilités. Ainsi, sonne un tambour martial d'une régularité pendulaire sur « Let the Circle Break », classieuse, linéaire et dispensable entame d'inspiration ''nightwishienne''. Par un délicat fondu enchaîné on glisse dans une tout autre énergie...

A la lumière de ses passages les plus enfiévrés, le combo marquerait déjà quelques points. Ainsi, l'accroche s'effectuera sans encombre sur « Intimate Future (Invasive Feelings 1) », frondeur et mélodieux espace d'expression d'obédience power symphonique à mi-chemin entre Epica et Ancient Bards. Recelant un tapping martelant et de saisissantes accélérations du rythme de ses frappes, l'échevelant effort délivre également un fringant solo de guitare. En réponse aux claires inflexions de la sirène, tel une gorgonesque créature, Caio Duarte glisse subrepticement ses growls ombrageux, et ce, parallèlement à une chorale qui, peu à peu, finit par nous envelopper de sa présence. Dans cette mouvance, le tubesque et ''nightwishien'' « Lost Feelings (Invasive Feelings 2) » ne mettra qu'une poignée de secondes pour encenser le tympan de son refrain catchy. Dans ce champ de turbulences, on ne saurait éluder la féline présence de Caio, ici mué en baryton, donnant le change aux seyantes envolées lyriques de la déesse.

Lorsque le propos se fait techniquement plus complexe, et donc, moins immédiatement lisible, il n'en délivre pas moins une énergie aisément communicative. Ce qu'illustre, d'une part, « The Silence of the Soul », ''xandrien'' mid/up tempo aux riffs acérés et laissant entrevoir de soudaines montées en puissance du corps orchestral. C'est précisément sur des charbons ardents que vogue un refrain immersif à souhait, mis en exergue par les limpides impulsions de la belle. A contrario, s'il nous octroie de ragoûtants couplets, le mordant « Falling Skies » délivre parallèlement des refrains accusant d'incompressibles linéarités. Fort en contrastes rythmiques et disséminant de déconcertantes séries d'accords, le pulsionnel « The Life Has Passed » pourra, quant à lui, requérir quelques passages circonstanciés préalablement à son éventuelle assimilation. Mention spéciale toutefois pour l'éblouissant solo de guitare estampé Marcelo Barbosa.

Quand la cadence se fait plus mesurée, nos acolytes trouvent plus aisément les clés pour nous rallier à leur cause. Ainsi, dans la veine d'Epica, le mid tempo progressif « Song of the Heart » livre ses riffs épais adossés à une rythmique tempérée qui, parfois, se plaît à prendre l'ascendant, pour notre plus grand plaisir. Disséminant des couplets bien customisés relayés chacun d'un entêtant refrain, le grisant effort jouerait, à sa façon, dans la catégorie des hits en puissance. Secondées d'une armée de choeurs, les cristallines modulations de la frontwoman, elles, font mouche où qu'elles se meuvent. Plus encore, c'est d'un battement de cils que « My True Freedom (Invasive Feelings 3) » s'imposera à nos tympans alanguis. Cet altier et fringant mid tempo progressif de la trempe d'un Xandria seconde mouture recèle une ensorcelante sente mélodique et des arrangements instrumentaux d'excellente facture. A la mezzo-soprano, eu égard et à l'élargissement de son spectre vocal doublé d'une confondante tenue de note, de contribuer à magnifier sans doute l'une des pépites de l'opus.

Comme elle nous y avait déjà sensibilisés à l'instar de « Altar », la troupe nous convie une fois encore à d'intimistes moments susceptibles de nous retenir plus que de raison. Aussi, ne résistera-t-on que malaisément à la charge émotionnelle dégagée par « Chimerical Love », troublante ballade progressive à la confluence entre Epica et Stream Of Passion. Si de soyeux arpèges sont dispensés par le maître instrument à touches, et ce, sur fond d'enveloppantes nappes synthétiques, l'instant privilégié se pare également d'un flamboyant solo de guitare. S'observent également un sillon mélodique aussi pénétrant qu'exigeant quant à son élaboration et d'insoupçonnés changements de tonalité. A mesure que l'on s'enfonce dans cette mer d'huile, s'épaissit graduellement le corps orchestral parallèlement aux frissonnantes montées en puissance de la maîtresse de cérémonie. Bref, une poignante offrande que l'aficionado du genre se fera fort de ne pas passer sous silence... La petite larme ne saurait non plus être esquivée bien longtemps sur « Dark Room » ; ballade atmosphérique aux fines nuances mélodiques, octroyant d'hypnotiques variations et mise en habits de soie par l'envoûtant filet de voix d'une sirène bien habitée.

En dépit de louables qualités techniques et esthétiques, le manifeste accuse hélas quelques baisses de régime. Ce qu'atteste, tout d'abord, « A New Beginning », ''tristanien'' mid tempo au désengageant cheminement mélodique et en proie à une intarissable répétibilité de ses pâteux harmoniques. Et ce ne sont ni l'habile legato à la lead guitare, ni les sensibles gammes au piano, ni même les chatoyantes patines de la belle qui démentiront le sentiment d'être aux prises avec le bémol de l'opus. On ne sera guère plus épargné par les innombrables chemins de traverse empruntés par « Invisible Eyes », ébouriffant up tempo aux relents d'After Forever. Doté d'une indéfectible et headbangante vivacité, le libertaire méfait concède, en revanche, un cruel manque de finition et de flottants enchaînements intra-piste. On passera son chemin, là encore.


On ressort de l'écoute de l'opus interpellé par les progrès techniques, mélodiques mais aussi vocaux réalisés par la formation brésilienne, cette dernière nous conviant ainsi à un message musical à la fois headbangant, enivrant et des plus émouvants. Force est de remarquer que le groupe a élevé d'un cran le niveau de ses exigences en matière de teneur compositionnelle et de qualité de production, livrant dès lors une œuvre diversifiée sur les plans atmosphérique, rythmique mais aussi vocal, tout en ayant soigné son ingénierie du son.

Il leur faudra toutefois, pour espérer emporter l'adhésion, veiller à éradiquer tout espace de remplissage, s'éloigner de rivages hostiles à toute tentative d'assimilation, et consentir à l'une ou l'autre prise de risque. De plus, si ses sources d'influence semblent digérées, le combo sud-américain devra rendre son propos un poil moins emprunté pour le voir y gagner en épaisseur artistique. Mais, nos acolytes ont encore bien le temps de faire évoluer leur art. Oubliées les erreurs de jeunesse et désormais mises au rebut les premières portées, nos gladiateurs disposeraient dorénavant de l'arsenal requis pour jouer dans la cour des sérieux espoirs du metal symphonique à chant féminin...


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