Theatrum Mundi

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12/20
Nom du groupe Abyss Gazes
Nom de l'album Theatrum Mundi
Type Album
Date de parution 06 Décembre 2019
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 The Curtain Rises
Ecouter03:42
2.
 Predator
Ecouter03:26
3.
 Unloved - They Do Not Sleep
Ecouter07:16
4.
 Creature
Ecouter04:00
5.
 Time Stands Still
Ecouter05:10
6.
 They Are Watching
Ecouter03:24

Bonus
7.
 Shemale
Ecouter04:48

Durée totale : 31:46

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Abyss Gazes



Chronique @ ericb4

31 Juillet 2020

C'est à bord de cette plaisante mais fragile embarcation que se poursuit l'aventure...

Nous ayant laissés sur une note en demi-teinte à l'aune de son premier album studio, « Dark Letter », le groupe irlando-polonais initialisé par la claviériste Małgorzata Antosz-Konieczna (ex-Dark Letter, ex-Dracon) et l'alto Agata Pawłowicz (ex-Desdemona) en 2018 ne sera pourtant pas resté bien longtemps à bout d'arguments. Aussi, ne mettra-t-il qu'une petite année pour revenir dans les rangs, et ce, à l'instar d'un second opus de même acabit dénommé « Theatrum Mundi » ; auto-production modeste de ses 32 minutes où ne s'égrainent guère plus de 7 compositions, chacune d'entre elles témoignant désormais d'un enregistrement de bonne facture doublé d'un mixage aujourd'hui plus équilibré qu'hier. Indice révélateur d'une plus sérieuse envie d'en découdre de la part de nos acolytes.

Fidèles à leurs fondamentaux, sans pour autant s'y être exclusivement limités, nos deux maîtres d'oeuvre et le guitariste Roman Antosz (Drakon, ex-Dark Letter, ex-Snake Eyes) nous immergent à nouveau dans un message musical à la fois pulsionnel, énigmatique et romanesque, d'obédience rock'n'metal symphonique gothique aux relents dark, opératique et cinématique, dans la lignée de Nightwish, Xandria, Draconian, Tristania et Flowing Tears, non sans quelque inédite sonorité au programme. Ce faisant le jeune trio détiendrait-il dorénavant une arme suffisamment efficace pour le muer en outsider avec lequel l'âpre concurrence devra composer ?

Quand il nous projette sur des charbons ardents, plus qu'il ne l'a réalisé jusqu'alors, le groupe trouve quelques clés pour nous rallier à sa cause. Ainsi, déroulant ses riffs crochetés doublés de soyeuses gammes au piano et calé sur une ligne mélodique des plus enivrantes, où déambulent parallèlement les chatoyantes inflexions de la sirène, « The Curtain Rises », mid/up tempo à mi-chemin entre Xandria et Flowing Tears, ne se quittera qu'à regrets. Dans cette mouvance, si l'on peut retenir l'enfiévré « Creature » à la lumière d'un refrain immersif à souhait, d'enchaînements intra-pistes ultra sécurisés et d'un fin legato à la lead guitare, on regrettera, toutefois, un lent démarrage de la cavalerie et des couplets un tantinet évanescents.

Nous immergeant, par ailleurs, au cœur d'une opulente pièce en actes symphonico-progressive, la troupe parvient là encore à nous interpeller. Ce qu'atteste le low tempo progressif « Unloved - They Do Not Sleep », altière et mélancolique fresque déroulant ses 7 minutes d'un spectacle abondant en coups de théâtre et à l'heureux dénouement, même si l'ensemble pourra manquer un peu de pep pour un pavillon coutumier du genre. Evoluant sur une violoneuse assise et d'ondulantes rampes pianistiques, déversant ses couplets éthérés relayés chacun d'un refrain propice au total enivrement de nos sens, la luxuriante offrande saura néanmoins faire plier l'échine à plus d'une âme rétive.

Lorsqu'il feutre ses ambiances, le trio nous mène tantôt au cœur d'un subtil et pénétrant paysage de notes, tantôt en d'oniriques contrées. Ce qu'illustre, d'une part, « Shemale », ballade romantique jusqu'au bout des ongles, disséminant de délicats arpèges d'accords au piano, reposant sur de soyeuses et enveloppantes nappes synthétiques, voguant au fil d'une sente mélodique d'une confondante fluidité et des plus hypnotiques. D'une sensibilité à fleur de peau, la caressante aubade se dote en prime d'un petit supplément d'âme la rendant à la fois émouvante et attachante. Sans nul doute l'un des gemmes de l'opus. D'autre part, c'est bien au-delà du plancher des vaches que nous propulse la ballade atmosphérique « Time Stands Still », pour un voyage en totale apesanteur. Un instant privilégié pétri d'élégance, doté d'un fondant refrain, poussant peu ou prou à une remise du couvert sitôt l'ultime mesure envolée.

Malgré de louables points d'évolution, le combo peinera pourtant à emporter la totalité de l'adhésion, certaines portées demeurant absconses, voire déconcertantes. Ainsi, accusant un désarçonnant cheminement d'harmoniques et une sente mélodique éminemment linéaire, distribuant des couplets peu loquaces que relayent des refrains résolument éthérés, le ''tristanien'' mid tempo « Predator » tout comme le « They Are Watching » ne disposent pas d'un arsenal suffisamment étoffé pour espérer faire illusion auprès de l'aficionado du genre. On passera donc son chemin.

Résultat des courses : nos acolytes nous octroient un message musical à la fois troublant, empreint de mystère, un tantinet évanescent et d'un magnétique romantisme, témoignant d'une ingénierie du son dorénavant plus soignée, la rondelle ne concédant dès lors que peu de sonorités résiduelles. On aurait toutefois espéré des exercices de style plus variés, davantage de variété sur les plans atmosphérique et vocal, et le consentement de l'une ou l'autre prise de risques, ici aux abonnés absents. Ce faisant, si le potentiel technique s'est quelque peu affermi, les sentes mélodiques, quant à elles, se sont certes affinées mais leur impact émotionnel demeure parfois en-deçà de nos attentes. C'est dire qu'en dépit des progrès esthétiques, techniques et logistiques réalisés, à l'instar de cet effort en dents de scie, le combo peinera à s'illustrer parmi les espoirs de ce si concurrentiel espace metal. La balle est désormais dans leur camp...

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