TenTimesTwo

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Nom du groupe Celestivl
Nom de l'album TenTimesTwo
Type Album
Date de parution 06 Mai 2019
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1.
 Melisandre
 04:11
2.
 Shattered Pictures
 04:14
3.
 My Place in the Stars
 04:18
4.
 Spires
 03:43
5.
 Along the Way
 02:51
6.
 Blasphemous
 03:48
7.
 Sabrina (I'll Cover You)
 04:09
8.
 Once, Inside a Dream
 04:22
9.
 TenTimesTwo
 10:00

Durée totale : 41:36

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Celestivl


Chronique @ ericb4

19 Mai 2019

Carton plein ou presque pour la formation britannique...

D'aucuns diront que les formations metal symphonique à chant féminin se succèdent à un rythme effréné et quasi ininterrompu, tendant, en prime, à une certaine uniformité, avec, pour corollaire, la disparition prématurée de la plupart d'entre elles de cette scène-là. Conscient de cet état de fait, cet expérimenté quartet britannique propose précisément une alternative originale à son assise rock'metal mélodico-symphonique, car mâtinée d'une rare touche électro gothique, aux relents atmosphérique gothique et pop dance. Un intrigant mais somme toute heureux panachage de styles qui, à terme, pourrait bien faire école...

De plus, substituant une céleste et limpide empreinte vocale à un sempiternel chant lyrique, l'éloignant quelque peu des poncifs du genre, ce projet joue délibérément la carte de la prise de risque. Aussi, leurs sources d'inspiration seraient-elles à chercher davantage du côté de Delain, Amaranthe, The Birthday Massacre que de Nightwish, Xandria, Epica et consorts. Indices révélateurs d'un ardent désir de digression et de dépoussiérage en creux d'un registre pourtant déjà bien codifié et toujours en proie à une féroce concurrence. Quelles seraient alors les atouts de ce combo pour espérer le voir l'emporter et maintenir en respect ses homologues ?

En dépit de sa récente fondation, le collectif d'outre-Manche n'en est plus à ses balbutiements. Créé en 2012 à Birmingham sous l'appellation Celestial Wish, et déjà à la tête d'un encourageant EP, « Our Creation » (2014), duquel est extrait le vibrant single « Crossing the River », il y eut fort à parier que le groupe n'allait pas s'arrêter en si bon chemin. En effet, quelque cinq ans plus tard, le voici à nouveau sur les rails, le groupe décidant alors de faire peau neuve en changeant de nom. Ainsi naquit Celestivl, et ce, sous l'impulsion commune de la soprano Saneeta Ram, du guitariste, programmeur et compositeur Daniel Carpenter, du bassiste Andy Morris (ex-Methodemic) et de la batteuse Louisa Scarff.

De cette fructueuse collaboration émane un premier album full length dénommé « TenTimesTwo » ; auto-production où s'enchaînent sereinement 9 pistes sur un ruban auditif de près de 42 minutes. Ce faisant, on effeuille une œuvre à la fois frondeuse, souvent fringante, volontiers enjouée et un brin romantique. Disséminant moult sonorités inédites, témoignant d'arrangements instrumentaux difficiles à prendre en défaut, et faisant montre d'une ingénierie du son passée au peigne fin, à commencer par un enregistrement de bonne facture, la troupe britannique annonce clairement la couleur de ses louables intentions...


Quand la cavalerie s'emballe, tenter d'enrayer sa progression serait une tentative avortée d'avance. Ce faisant, le plus souvent, le convoi instrumental nous mène prestement en de célestes contrées. Le combo réserve alors à ses passagers ces séries d'accords qui longtemps vous resteront gravées en mémoire. Ainsi, tous deux arc-boutés sur un riffing épais, les tubesque et ''delainiens'' up tempi « Melisandre » et « Blasphemous » ne tardent pas à essaimer leur enchanteur paysage de notes. Glissant sur une ligne mélodique quasi imparable et mis en habits de lumière par les cristallines et néanmoins puissantes inflexions de la sirène, chacun de ces rutilants espaces pop metal gothico-symphonique poussera irrémédiablement le chaland à la remise du couvert aussitôt l'ultime mesure envolée. Tout aussi impulsif et non moins accrocheur, « Spires », quant à lui, libère une sidérante force de frappe corrélativement à une rythmique résolument sanguine. Au carrefour entre Amaranthe et The Birthday Massacre, jouissant d'un refrain immersif à souhait, cette piste rock'n'metal atmosphérique gothique aux relents symphonisants joue, elle aussi, et à juste titre, dans la catégorie des hits en puissance.

Parfois, le cocher ralentit la cadence de son attelage, avec pour effet de nous intimer de ne pas quitter précipitamment la calèche. Ainsi, dès les premières portées exhalant du mid tempo symphonico-électro-gothique « Shattered Pictures », on comprend que le spectacle sera au rendez-vous de nos attentes. A mi-chemin entre The Birthday Massacre et Delain, évoluant sur d'ondulantes nappes synthétiques et nous gratifiant d'un flamboyant solo de guitare, l'enjoué propos génère, en prime, des couplets finement ciselés relayés d'un refrain certes convenu mais des plus magnétiques. Dans une même énergie, dans l'ombre d'Amaranthe s'inscrit « My Place in the Stars » ; grisant effort évoluant sur un cheminement d'harmoniques éminemment infiltrant, mis en exergue par les claires et sensuelles volutes de la belle, et octroyant d'insoupçonnés changements de tonalité.

Lorsque le climat se fait apaisant et que s'évanouissent les tensions, une fois de plus, nos acolytes trouvent les clés pour nous retenir plus que de raison. Ce qu'illustre « Along the Way », touchante ballade a-rythmique alimentée par un piano/voix d'une sensibilité à fleur de peau et aux troublantes modulations, et que n'auraient reniée ni Delain ni The Birthday Massacre. Tel une légère brise venant inlassablement nous caresser le visage, l'instant privilégié glisse avec célérité dans nos pavillons alanguis pour ne plus en ressortir. Dans cette veine, l'aérien mouvement « Once, Inside a Dream », quant à lui, nous immerge au cœur d'un féerique paysage de notes sur fond d'ondoyantes et soyeuses nappes synthétiques. En outre, cette ballade romantique jusqu'au bout des ongles laisse entrevoir un fondant refrain enjolivé par les limpides et pénétrantes ondulations oratoires de la maîtresse de cérémonie. Nul doute que l'émotion requise sera, là encore, au bout du chemin.

Mais là où nos compères se seraient littéralement transcendés concerne le périlleux exercice des dantesques pièces en actes d'obédience metal symphonico-progressif. Ainsi, le titre éponyme de l'opus « TenTimesTwo » déploie fièrement et sans ménagement ses 10 minutes d'un époustouflant spectacle épique aux relents gothico-cinématiques et japonisants. Tout en évoluant sur des charbons ardents, cette galvanisante fresque abonde en effets de contrastes rythmiques, à l'image des nombreuses péripéties qu'elle nous réserve au cours de sa traversée. Dans ce champ de turbulences, s'intercalent les inflexions haut perchées d'une interprète bien habitée, contribuant alors à magnétiser le tympan jusqu'à la note ultime de l'orgiaque propos. A la fois complexe et teintée d'originalité, jouissant d'une mélodicité toute en nuances, dotée de sidérantes montées en régime du corps orchestral et d'un petit supplément d'âme, cette offrande constituerait, selon votre humble serviteur, le point d'orgue de cette livraison.

A la lecture d'un manifeste doté d'une énergie aisément communicative, propice bien souvent à un headbanging bien senti, et jouissant d'une esthétique mélodique difficile à prendre en défaut, est-ce à dire que le sans-faute sera au bout du chemin ? Pas tout à fait. En effet, en dépit de son caractère enjoué et de la qualité de ses arrangements, « Sabrina (I'll Cover You) » peine à convaincre de son efficacité. Accusant une sente mélodique certes avenante mais en proie à d'incompressibles linéarités et étant sujet à une usante répétibilité de ses séries d'accords, l'impact de ce méfait restera définitivement en-deçà de celui de ses voisins. On passera donc son chemin, pour cette fois...


Aussi, le combo britannique signe-t-il une œuvre à la fois puissante et envoûtante, à la rayonnante mélodicité, empreinte d'une forte charge émotionnelle et non dépourvu d'un zeste d'originalité. Dotée d'une ingénierie du son aux petits oignons et témoignant d'une inspiration féconde de ses auteurs, cette luxuriante et charismatique galette fait aussi montre de sonorités peu convenues et d'une optimale mise à distance de leurs sources d'influence. Une manière quelque peu différente, voire renouvelée, d'appréhender un registre metal aujourd'hui galvaudé, attend donc le chaland en quête de sensations alternatives.

On aurait peut-être souhaité voir l'un ou l'autre instrumental inscrit dans le cahier des charges et espéré une pluralité de l'offre sur le plan vocal (duos en voix claires et/ou de contraste, choeurs...). Toutefois, en dépit d'un relatif bémol, nos quatre mousquetaires affichent un réel potentiel logistique, technique et mélodique, susceptible de les placer d'ores et déjà parmi les sérieux espoirs du metal symphonique à chant féminin. Bref, un premier mouvement d'envergure laissant augurer d'une aventure au long cours pour la formation d'outre-Manche...


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