Talviyö

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Nom du groupe Sonata Arctica
Nom de l'album Talviyö
Type Album
Date de parution 06 Septembre 2019
Style MusicalPower Mélodique
Membres possèdant cet album16

Tracklist

1.
 Message from the Sun
 04:06
2.
 Whirlwind
 06:32
3.
 Cold
 04:29
4.
 Storm the Armada
 05:08
5.
 The Last of the Lambs
 04:22
6.
 Who Failed the Most
 04:44
7.
 Ismo's Got Good Reactors
 03:43
8.
 Demon's Cage
 04:58
9.
 A Little Less Understanding
 04:16
10.
 The Raven Still Flies with You
 07:39
11.
 The Garden
 06:17

Bonus
12.
 You Won't Fall (Japanese Edition)
 

Durée totale : 56:14

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Sonata Arctica


Chronique @ Eternalis

15 Septembre 2019

"Talviyö" est une immense déception qui, malheureusement, n’est pas une véritable surprise

Une purge. Totale. Prévisible mais qui fait si mal, tant on aurait aimé y croire plus longtemps, continuer de se remémorer le passé en espérant que les choses s’améliorent. Mais non, rien n’y fait. Talviyö est raté.
Retour en cinq points sur ce naufrage attendu.

Elias Viljanen : le guitariste qui n’aimait pas la guitare.

Malgré un "The Days of Grays" que je continuerais de défendre becs et ongles et qui figure selon parmi les plus réussites du metal finlandais, force est d’admettre que le Sonata de Jani Liimatainen n’est pas exactement le même que celui de Elias Viljanen. Si les tempos ont évidemment baissé, ce qui avait conduit au départ (en plus de ses soucis légaux) de Jani qui ne se retrouvait plus dans la musique de Tony, cela n’explique pas la si faible influence du guitariste sur les compositions actuelles. Et en ce sens, "Talviyö" touche vraiment le fond.
Jamais les guitares avaient été aussi absentes, brillant par leur inconsistance. Des riffs passe-partout, parfois à peine audible dans une production vraiment faiblarde, dans laquelle on ne distingue globalement que le chant et les claviers, laissant étrangement la place à une basse n’ayant jamais été aussi audible. Si nous ne nous attendions pas forcément à des riffs comme ceux de "8th Commandment" ou "False News Travel Fast", il y a quand même certaines limites. L’intro de "Whilwind" fait peur par exemple tant elle est mal agencée et ridicule. On se croirait face à une démo d’un groupe de clampins, entre la mélodie, la basse qui joue dans son coin et le riff totalement inconsistant. Et c’est tellement représentatif du disque...rien n’est fait comme il faut, tout semble sortir de bœufs mal orientés qui n’auraient pas été pensés suffisamment. Incompréhensible pour un groupe aussi pro qui sort son 10e album.
Côté guitare, l’acoustique un brin folk de "Cold" sauvera un peu la prestation, ainsi que son beau solo et son atmosphère proche d’un "I Have a Right" dans l’esprit féérique du couplet, même si le riff du pont est une fois de plus brillant par sa fainéantise, le solo qui suit nous rassure un peu. Que la guitare ne soit plus en avant est un fait, mais que ses apparitions soient si faibles et qu’Elias semble si peu concerné dans ce qu’il joue ou propose est un vrai problème. Un problème que Sonata traine depuis trop longtemps ...

Henrik Klingenberg : démesure et déchéance ...

Architecte des albums plus récents de Sonata, Henrik est l’une des forces créatives du groupe, même si Tony amène la quasi intégralité des idées. Ses sons, ses idées pour les orchestrations ("The Last Amazing Gray" et son passage à la Nightwish) et pour ses sonorités presque expérimentales (souvenez-vous "Somewhere Close to You"), il est l’un des plus talentueux à son poste. Alors que s’est-il passé cette fois ?
Pourquoi s’enliser dans ces synthés d’un autre âge et ces mélodies d’une niaiserie absolue tout du long ? Il y a "Storm the Armada" et ses arrangements identiques tout du long, son ouverture pour "Message from the Sun" qui aurait pu être d’une poésie Burtonienne mais qui se retrouve bien pale car expédié en 30 secondes pour laisser la place à un faux rythme rapide de speed metal fatigué et ennuyeux.
C’est en revanche, une fois n’est pas coutume, lui qui sauve les meubles sur les morceaux les plus cinématographiques, comme le sentencieux "The Last of the Lambs" et ses arrangements lointains et ses orchestrations lourdes et pesantes. En revanche, il se fourvoie dans ses sonorités retro Hammond 70s sur un "Demon’s Gate" qu’on n’aurait jamais souhaité entendre chez Sonata ou encore le long "The Raven Still Flies with You" chiant à mourir possédant un solo à la Jordan Rudess complètement hors-sujet (bien mal embarqué par un break de batterie surréaliste à ce niveau). Car simplement, il ne se passe rien. Il y a beau avoir un nombre important de pistes superposées, d’arrangements, de couches de synthés...l’ensemble est pauvre, manque de vie, d’envie et cruellement d’émotion.

Pasi Kauppinen : le bassiste qui voulait se faire entendre

Symptomatique de la surprise que provoque ce nouveau disque, un commentaire sur Youtube m’a fait sourire lorsqu’un internaute s’est surpris à entendre la basse sur "Who Failed the Most". Car oui, par effet ricochet de l’absence de cohérence (ou absence tout court parfois) de guitare, la basse n’en ressort que gagnante dans le mix, surtout que Pasi est loin d’être un manche et est peut-être le seul dans cet album à surnager et faire de multiples efforts pour proposer des parties intéressantes. Aventureuses et s’éloignant d’un unique schéma rythmique, la basse apporte un aspect organique, vivant et fait respirer des compositions au bord de l’asphyxie.
On se surprend souvent à l’entendre distinctement sans trop savoir si c’est ou non une bonne chose en définitif ...

Tony Kakko : le poète qui ne voulait plus chanter ...

Tony. TONY ! Parlons-en...
Un artiste hors-pair, unique, sensible et constamment enfermé dans son monde, dans sa bulle pour écrire ce qui lui plait. Lui qui avait mal vécu de devoir réécrire certaines parties de "Pariah’s Child" car Nuclear Blast avaient souhaité des modifications. Lui qui est resté un enfant qui rêve, qui vit sa vie et nous emmène dans son univers. Mais ça semble fini.
Car à l’écoute de l’album, une chose est claire. Tony a passé bien plus de temps à travailler ses textes, très forts (sur l’enfance, la chute de l’humanité, l’environnement, notre place autour de la nature, notre propension à ne pas comprendre notre monde...) que ses piètres parties vocales. En plus d’avoir composé des titres faibles, il ne semble prendre aucun plaisir à chanter. Aucune variation, il ne monte jamais dans les aigus qui avaient fait son succès mais ne démontre plus également la passion d’antan, crachant son texte parfois de façon presque narrative et passéiste. Tempo rapide, lent ou morceau au piano, sa voix ne bouge pas d’un iota, de façon presque caricaturale.

Il n’y a guère que "The Garden", le dernier morceau, qui semble trouver grâce en nous renvoyant à des atmosphères qu’un Unia n’aurait pas renié. Nous pourrions également parler du bonus japonais, "You Won’t Fall" qui s’avère pourtant un des nouveaux titres les plus réussis...mauvaise pioche donc, une fois de plus. Inutile de s’acharner plus...j’espère simplement qu’il en sera autrement pour les prochains concerts et les futurs albums. Car dans l’état actuel des choses, cela ne donne que trop peu envie d’aller le voir chanter dans ses conditions ...

Tommy Portimo : le batteur fatigué de penser

Étant donné tout ce qui a déjà été écrit ci-dessus, il est assez évident de connaitre les griefs retenus contre Tommy. Batteur depuis les débuts, si nous n’attendions là encore plus forcément la force supersonique des premiers disques, il est déconcertant, lorsque l’on réécoute les premiers disques, d’apercevoir la différence entre l’intelligence des parties de "Ecliptica" et celle de "Talviyö". Quand il avait moins de 20 ans et aujourd’hui.
Pas un break ne ressort (ne parlons même pas de celui justement de "The Raven Still Flies with You" qui frise l’amateurisme), la double est au ralenti quand il en joue, pas un instant où on peut se dire « quelle bonne idée » dans ses interventions. Il se cale uniquement pour une assise rythmique, apportant aussi peu qu’une batterie programmée pour une demo. La mollesse de l’ensemble est clairement à sa décharge tant il n’insuffle ni rythme, puissance ou dynamique dans les compositions, même « rapide » ("Message From the Sun" ou l’instrumental "Ismo's Got Good Reactors").


Récapitulons : un chanteur qui préfère écrire, un guitariste qui ne joue pas, un claviériste qui se perd, un batteur au chômage et un bassiste qui cherche à exister...dur de faire honneur à son nom dans ce cas et permettre de conserver la flamme pour les fans. On pourra trouver quelques bons moments épars, ici et là, mais presque jamais sur un même titre. "Talviyö" est une immense déception qui, malheureusement, n’est pas une véritable surprise tant on sentait les finlandais sur la pente descendante depuis quelques années. Il n’est que la concrétisation de nos craintes. Quel avenir dans ces conditions ? Difficile de savoir mais il va falloir remuer ciel et terre car, il est évident que si le groupe n’était pas Sonata Arctica, jamais un tel album n’aurait atterri chez Nuclear Blast. Ou un autre label d’ailleurs ...

23 Commentaires

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pielafo - 10 Octobre 2019:

Je te félicite pour avoir eu le courage de tenter de défendre ce truc... Mais au fond de toi tu le sais bien que c'est peine perdue. Ca se sent que ca te fait chier de l'admettre a lire ton texte, mais tu le sais que tu le sais bien. Tu ne veux pas le voir. Je comprend totalement étant donné de la facon dont ce groupe a pu nous faire voyager dans le passé. Mais la... Pffff

Theodrik - 10 Octobre 2019:

@piefalo : En fait, je ne cherchais pas à le défendre particulièrement. D'ailleurs, la conclusion est sans appel. C'est "sans doute le plus mauvais". Pour moi, il est un peu mou comme "Unia", mais avec un ratio refrain plus faible, carrément moins bon musicalement que "The Days Of Grays" (que j'envisage peut-être comme étant le meilleur sur ce point), plus mou et avec un ratio refrain égal que "Stones Grow Her Name". Il n'a pas vraiment de morceaux comme "Wolves Die Young", "Cloud Factory" , "Half A Marrathon Man", "X Marks the Spot" qui sauvaient et justifiaient l'achat de "Pariah's Child". Il est clairement moins bon musicalement et au niveau des refrains que "The Ninth Hour". Bref, c'est le plus mauvais. Peut-être ex-aequo avec "Stones Grow Her Name". Et encore, même pas sûr. 

Non, ce que j'ai essayé de faire, c'est pas de le "défendre". C'est juste qu'au bout de la 2ème écoute, je me suis pas vraiment retrouvé dans l'idée que c'était une "purge" de musiciens peu motivés. Je remarquais qu'à certains moments, l'ambiance hivernale était là, que la patte "Sonata Arctica" était là. Mais en même temps, c'était vraiment pas terrible niveau refrains marquants, et vraiment trop mou sur les compositions. Et surtout durablement, sur presque tous les morceaux. Ce n'est pas parce que je dis qu'un album mauvais à "quand même des qualités" que je le "défends". Tu vois ^^ ? Ce que je veux dire, c'est que Sonata Arctica n'est pas tout d'un coup devenu nul, incapable de composer un seul moment intéressant dans l'album, un seul refrain marquant, et qu'ils ne sont pas devenus inaudibles non plus. C'est juste dans la continuité de leur baisse depuis "Unia" (baisse qui a déjà 10 ans), et sûrement le pire album de cette période. J'essayais de décrire ce qui n'allait pas et ce qui allait, bonnant-malant, quoi. ^^'

pielafo - 10 Octobre 2019:

Oui non bien sur. Mais le truc c'est que ton analyse basée sur les refrains et une thématique exclusiement basée sur le ABAB... Bof. quoi. On est un peu au dessus de ca dans le Metal. Sonata arctica en particulier. On peut pas dire que Unia soit un album a refrains... Et meme un album a refrains a quelque chose, sauf dans le cas de Sabaton par exemple ou la c'est un format totalement pop sans aucune exception pratiquement. Un titre comme Life sur The Ninth Hour par exemple, le refrain est nul a chier, mais les couplets sont d'une poésie hallucinante. c'est tres réducteur comme démarche. On ne peut penser la musique, en particulier la notre avec des schémas aussi binaires. Ou alors c'est le progueux en moi qui parle je sais pas... 

Theodrik - 11 Octobre 2019:

J'ai l'impression que ce qu'on considère important dans le Metal dépend vachement de ce qu'on écoute majoritairement dedans. Genre mon frangin est plutôt blackeux, et du coup, il s'en fout de la marquance des refrains. C'est l'instru qui l'intéresse. Moi, j'écoute majoritairement du Power. Et justement, l'une des caractéristiques du Power (et du Heavy), c'est d'avoir des refrains répétés pour qu'ils soient marquants, efficaces, mémorisables. J'ai le sentiment que c'est pas un hasard. Du coup, peut-être que le fait que tu te dises "progeux" fait que tu considères cela comme moins important. 

Après, justement, je me suis fait la reflexion récemment. Sur le fait que j'avais tendance à ne pas expliquer qu'un morceau m'avait plu ou déplu, et pourquoi, quand j'écrivais sur la musique. Et que je développais essentiellement sur la marquance des refrains. C'est quelque chose qui me travaille pas mal. Et du coup, dans cet avis "final" pour cet album, j'ai veillé à aussi en parler. Je pense à un système nouveau pour préparer mes prochaines chroniques, d'ailleurs. Pour n'oublier aucun aspect d'un album, bien décrire ce qui va et ce qui ne va pas, et que ça compte bien pour la note finale, sans laisser une part d'arbitraire à cause de ce que moi, j'ai tendance à trouver très important. 

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